+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Les canonisations sont-elles une nouvelle Révélation ?

Par Mark Shea, Président de www.catholicexchange.com

 Communion des Saints 2     Il semble que l’Église catholique se contredit, me dit un ami. D’un côté, l’enseignement catholique stipule que la Révélation divine s’est achevée avec la fin de l’âge apostolique.

Cependant, prenons la canonisation de, disons, Jeanne d’Arc. Il semble que l’Église doit croire un des cas suivants :

1.                 La Révélation continue. Il fut révélé au pape en 1920 que Jeanne d’Arc était au Ciel.

2.                 La Révélation s’est terminée avec les Apôtres, mais avant l’Ascension, le Christ avait donné à Pierre une longue liste de ceux qui allaient être canonisés, et le nom de Jeanne était sur cette liste.

3.                 Il n’existe pas de Révélation concernant Jeanne d’Arc, et il n’y a aucun moyen de savoir où elle est maintenant. 

Pour toucher le fond de cet – apparemment – insoluble mystère, nous devons comprendre ce que l’Église appelle une « nouvelle Révélation » et ce qu’est la canonisation d’une personne . Quand l’Église déclare que la Révélation est achevée et qu’aucune autre Parole de Dieu n’est attendue, beaucoup de gens pensent qu’elle indique que Dieu s’est tu en 90 ap. J.-C., s’est retiré dans un silence de pierre au plus haut des cieux, et a cessé de se montrer à nous, mortels. 

En réalité, cependant, l’Église signifie qu’en offrant son fils Jésus et en scellant la plénitude de l’Évangile par ses Apôtres et Lui, Dieu nous a déjà donné en possession la plénitude des biens qu’Il nous destine, le don de lui-même ( Et une fois que Dieu a donné Dieu Lui-même, il n’y a pas grand-chose à ajouter). 

Si ceci n’est pas clair, peut-être qu’une illustration nous aidera à saisir. Comparez, par exemple, l’Évangile catholique et la vision des choses des Mormons. Pour les catholiques, à l’époque du Nouveau Testament, l’Évangile était comme un nouveau-né. L’Église n’a jamais caché le fait qu’un bébé doive grandir et expérimenter la vie plus profondément. En effet, le Seigneur Jésus nous a donné l’assurance qu’il guiderait l’Église dans la vérité toute entière (Jean 16:13) et que l’Église grandirait et approfondirait sa foi et l’intelligence de celle-ci. Mais Il a dit que cela se ferait, non par une nouvelle Révélation, mais par l’Esprit nous rappelant toute chose qu’Il nous a déjà dite. (Jean 14:26) 

Au contraire, le mormonisme assure que Dieu continue de nous montrer des choses radicalement nouvelles, et qui n’avaient jamais été dites auparavant. La foi mormone dans une nouvelle révélation ajoute ouvertement de nouveaux (et fréquemment contradictoires) éléments au dépôt de la foi transmise par les Apôtres. Elle ajoute, par exemple, de nouvelles écritures, une nouvelle annonce que Dieu le Père fut un jour un homme comme nous, et déclare que les trois personnes de la Trinité sont en fait trois dieux séparés. Bref, le mormonisme proclame une divinité polythéiste et mouvante, en flagrante contradiction avec le Nouveau et l’Ancien Testament. 

Maintenant, c’est une affaire différente que la vue du catholicisme du développement doctrinal. Car le mormonisme n’a cure d’innover, là où l’Église (commencée avec les Apôtres) n’a toujours cherché qu’à conserver et cultiver. Quelle différence ? C’est la différence entre s’occuper d’un bébé jusqu’à maturité d’un côté et, de l’autre côté, lui faire subir une chirurgie radicale pour lui ajouter une jambe ou une paire de yeux en plus. Et comme il est naturel qu’un petit garçon finisse par développer de la barbe par la suite, de même, il est naturel que l’Église développe aussi, disons, la Trinité de la semence de l’enseignement des Apôtres. Car la barbe et la doctrine étaient dans les gènes du bébé dès le départ. En revanche, il n’est pas  naturel que le bébé développe une tumeur. Pas plus qu’il n’est naturel que la foi proclame soudainement une nouvelle Révélation en flagrante opposition avec l’enseignement de Moïse, des prophètes, de Jésus et des Apôtres. Pour les catholiques, le bébé  » Foi  » a eu besoin de la nourriture et de la boisson des sacrements et d’exercer la sainteté pour grandir à l’entière mesure de la plénitude du Christ. Pour ceux qui croient en une nouvelle Révélation, le bébé a eu besoin d’un nombre toujours plus grand de nez, de doigts, d’oreilles et de yeux. 

L’Église proclame en effet que la Révélation publique est close avec la fin de l’âge apostolique. Mais affirmer qu’il n’y a plus de nouvelle Révélation publique, ne signifie pas que l’Esprit Saint se tait depuis la fin de l’ère apostolique. Plutôt, cela signifie qu’Il ne dit rien de différent, pas plus qu’il n’ajoute une cinquième saison aux quatre originales. Bref, comme Il recrée le printemps tous les ans (bien qu’il soit âgé de millions d’années), ainsi dans l’Évangile, Il dit continuellement la même chose encore et encore, jusqu’à ce que nous l’entendions vraiment. Et à chaque génération, des hommes, des femmes, et des enfants l’ont réellement entendu et ont été « rajeunis », ce qui nous ramène à la canonisation de Jeanne d’Arc et des autres saints. 

Au fond, qu’est-ce que la canonisation ? La canonisation n’est pas une nouvelle Révélation, mais l’utilisation par l’Église du don de discernement. En d’autres termes, il a été donné à l’Église de « discerner les esprits »  comme le dit Paul (1 Co 12:10) et de les « connaître par leurs fruits » (Comme Jésus l’a spécifiquement commandé [Mat 7:15-20]). En canonisant, l’Église déclare « Là était quelqu’un d’obéissant à l’Évangile des Apôtres que nous avons toujours prêché ». Cela n’est pas altérer le contenu de l’Évangile, ni par addition, ni par soustraction. C’est simplement faire ce que Dieu à la fois commande et permet à son Église de faire . Comme lorsque Saint-Paul pria pour l’Église  pour que :

« les yeux de votre coeur soient illuminés pour que vous puissiez connaître l’espérance à laquelle Il vous a appelé, et les promesses de son glorieux héritage avec les saints » (Eph 1:18).

Objectivement, il s’ensuit que Dieu mettra devant nos yeux, certains des plus brillants exemples de ces saints qui ont montré leur fidélité à l’Évangile. 

Comment alors l’Église sait-elle que Jeanne d’Arc est au Ciel ? Pas par une nouvelle Révélation, mais par une ancienne Révélation. Car le Christ a promis le Ciel il y a longtemps à qui obéirait à son Évangile. Si l’Église, qui garde cet Évangile, discerne à travers les fruits de Jeanne l’obéissance à celui-ci , alors l’Église (selon les mots même du Seigneur) a le don et a l’autorisation de reconnaître un tel fait publiquement, pour la gloire de Dieu et notre enrichissement spirituel. 

En disant cela, nous devons ajouter une qualification. Car à ce point, certaines personnes sont soudainement enclines à lire une signification égale et opposée dans le silence de l’Église concernant tous les autres, comme si seuls Sainte-Jeanne et le petit nombre des gens officiellement canonisés étaient au Ciel. Mais il n’en est pas ainsi. En effet, l’Église espère et prie pour le salut de tous (bien qu’elle ne puisse le garantir, puisque le salut dépend de notre libre accueil ou rejet de la grâce). Donc, le silence de l’Église c’est juste cela : un silence. Il n’implique rien sur le destin du reste de l’humanité. 

Pour illustrer encore une fois, nous pouvons dire que, en examinant la galaxie de l’humanité, l’Église est comme un astronome observant une supernova. Elle peut s’exclamer à propos d’un saint : « C’est une supernova ». Mais en faisant cela, elle ne dénigre pas les autres étoiles plus obscures ou les planètes qui peuvent, dans les vues de Dieu, être tout simplement aussi belles. C’est ce qui explique que l’Église a toujours encouragé les prières à nos chers aînés dans la foi, mais cependant non canonisés, comme des grands-parents bien-aimés qui sont morts en Jésus-Christ. Le grand-père de ma femme, Antonin, est un saint pour nous, bien qu’il ne sera jamais probablement canonisé. 

C’est cette généreuse et discrète ouverture d’esprit sur la miséricorde de Dieu qui explique également que l’Église, alors qu’elle reconnaît un grand nombre de saints, ne s’est jamais prononcée sur la damnation, ou pas, d’une personne. Il n’y a jamais eu « d’anti-saints » de définis .  Pas même Hitler ou Judas Iscariote (que nous pensons convenir parfaitement au poste). Cela a-t-il une grande importance de deviner la destinée éternelle de ces deux messieurs ? L’Église cache-t-elle une foi secrète dans l’universalisme ?  Non, c’est simplement les placer dans les mains de Dieu qui sait ce qu’il en fera ( et prier qu’Il ait pitié de leurs âmes).

Nous ferions bien d’imiter cela. Car la tâche nous est donnée, non de juger, mais d’égaler la sagesse de l’Église et d’accepter tout simplement que nous ne savons pas et que nous ne sommes pas compétents pour assigner une personne à l’Enfer, fut-elle Hitler. Plutôt, notre devoir est de prier pour de tels hommes et alors, nous détournant de ce qu’ils ont pu faire d’atroce, d’obéir au Seigneur et regarder fixement, non pas les choses terrestres ou infernales, mais le trésors des saints que notre Église nous donne avec un tel enthousiasme.  Car en eux nous voyons ce que Dieu veut nous donner : son évangile éternel et son extraordinaire grandeur que revêt sa puissance pour nous, les saints. (Eph 1:19).

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