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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

L’Eucharistie et la messe ne sont pas un « re-sacrifice »

Texte de Mark Shea, Président de www.catholicexchange.com

       Si vous m’aviez demandé 20 ans plus tôt pourquoi mon église sans dénomination ne célébrait pas la Communion comme le font tous les catholiques et beaucoup de protestants, je vous aurais donné plusieurs raisons.

Les raisons pour lesquelles je rejetais l’Eucharistie


        D’abord, Hébreux 9:27 enseigne que le Christ « s’est offert une seule fois pour porter les péchés de beaucoup » et avertit sévèrement l’Église (Hébreux 6:6) contre ceux qui « recrucifient le Fils de Dieu pour eux-mêmes et l’exposent à l’ignominie. » Alors pourquoi au nom du Ciel aurions-nous parlé du pain de la Communion comme un « sacrifice vivant et saint » du « Corps et du Sang du Christ » compris littéralement comme les catholiques font ?

        De même pour la célébration protestante de l’ancien style de communion comme mémorial, cela nous frappait comme un simple reliquat aux formes catholiques qui aurait fermé les yeux à la vraie nature spirituelle de l’Évangile. Car Jésus lui-même a dit dans le discours sur le Pain de vie, que « l’Esprit donne la vie, mais que la chair ne sert à rien » (Jean 6:63). Alors pourquoi devrions-nous perdre notre temps avec un symbole de chair au lieu de simplement partager, par l’Esprit qui inspire nos prières, dans la vraie communion au Christ qui a accompli notre Rédemption 2000 ans plus tôt ? N’est-ce pas clair dans ce passage que l’essence du christianisme est spirituelle et non physique ?

Une forme de prière évangélique commune

        C’était pour cela que nous ne célébrions pas la communion . Nous étions remplis de l’Esprit et croyions (avec raison) que ce qui importait le plus à Dieu était la disposition du Coeur et pas seulement l’attitude extérieure. Par conséquent, plutôt que de nous engager dans quelque sorte de rituel physique, nous donnions la préférence à la prière du coeur et à l’esprit. De telles prières prenaient beaucoup de formes, et l’une de ces formes les plus populaires était communément appelée « invocation du sang ».

        L’invocation du sang est une prière de repentance et de grâce répandue dans beaucoup de cercles évangéliques ou sans dénomination. Essentiellement, c’est une prière qui demande à Dieu de nous couvrir avec le sang de son Fils Jésus quand nous avons besoin de protection contre la tentation ou que nous avons besoin d’être purifiés du péché. C’est une utilisation puissante de l’imagerie scripturaire comme nous trouvons dans Hébreux 9:14 :

« Combien plus le sang éternel du Christ, qui, par un Esprit éternel, s’est offert lui-même sans tâche à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant »

        La forme de la prière est assez résumée par ce que son nom implique: le croyant devait confesser ses péchés et plaider devant Dieu pour que le sang versé du Christ qui nous a lavé du péché soit appliqué ici et maintenant à ce péché, et qu’il soit délivré pour ne plus jamais commettre ce péché, ni que celui-ci soit compté contre lui le jour du jugement.

        Une telle prière était une manière merveilleuse d’entrer dans le mystère de la Croix et de la Résurrection du Christ. Cela me sembla, pendant de nombreuses années, être une voie plus directe de rencontrer la Grâce de Dieu que n’importe quel énorme baragouin impliquant les sacrements.

Physique =/= Non spirituel

Cependant, j’en suis par la suite venu à changer d’avis. Pourquoi ?

        Il y eut réellement beaucoup de facteurs, parmi lesquels je n’en citerai que peu. Tout d’abord, il s’est trouvé que je me suis un jour posé la question : « Dans quel sens le Sang du Christ est-il spirituel ? » Si seul ce qui n’est pas physique est « vraiment spirituel », alors pourquoi s’occuper du Sang de Jésus – son vrai sang, humide, rouge, et visqueux versé sur la croix ? N’était-il donc « pas vraiment spirituel » ?

        Cela m’a arrêté dans mon cheminement. Cela ne pouvait être vrai. Une telle notion s’opposait au vaste océan de l’Écriture du Nouveau Testament qui insiste sur le fait que le Verbe s’est fait chair et que Dieu nous a réconcilié avec Lui et entre nous, pas par le sacrifice de l’esprit du Christ sur la croix, mais par « son corps de chair à travers sa mort » (Colossiens 1:21). En repensant aux enseignements de mon église, il commença à m’apparaître que si ce qui est physique n’est pas spirituel alors même le corps physique du Christ – son corps qui a supporté une mort physique sanglante, violente et atroce – n’est pas spirituel non plus.

        Quelque part dans mon cheminement, j’avais fait une grossière erreur. Et (cela n’a pas échappé à mon attention) j’avais perdu le principal argument de notre église contre la communion. Car si le spirituel et le physique peuvent être unis dans la chair et le sang de Jésus de Nazareth comme ils le sont à l’évidence, cela n’était pas sans signification pour nous, de dire que le simple fait que la communion était physique qu’elle était nécessairement « non spirituelle ».

Participation, pas un re-sacrifice

        « Mais », enseignait mon église, « L‘Écriture dit encore que le Corps du Christ ne peut être de nouveau sacrifié. Nous évitons cette erreur catholique de re-sacrifier le Christ en gardant la communion purement ‘non physique‘ : une communion de prière, pas de sacrement. Car tout ce qui reste aux chrétiens, c’est de s’approprier par la prière le seul et unique sacrifice pour le péché qu’il y a jamais eu et qu’il y aura jamais. Aucun rapport avec le non-sens du re-sacrifice de la Messe. » Cela était pertinent pour moi. Après tout, ce point de vue à propos de ne pas re-sacrifier le Christ était un bon point de vue. Ainsi, de telles pratiques telles qu’en appeler au Sang me semblaient bonnes puisqu’elles signifiaient clairement que nous appliquions l’unique sacrifice du Christ au présent par la prière, plutôt que de le re-sacrifier encore et encore. En invoquant le Sang, nous ne re-crucifiions pas le Christ, mais nous utilisions seulement nos âmes et esprits pour participer, ici et maintenant, à l’unique éternelle réalité qui est survenue dans notre monde au sommet d’une colline de Judée il y a 2000 ans .

        Cependant, en faisant des recherches sur la question, j’ai trouvé que cette théologie parfaitement bonne qui était derrière notre forme de prière ne montrait pas que les catholiques étaient dans l’erreur en célébrant la Messe. Car, comme je le découvris, cette description de l’invocation du Sang comme participation à l’unique sacrifice du Christ était exactement ce que les catholiques disent au sujet de la Messe. Considérez par exemple, le catéchisme catholique du frère John Hardon, S.J. sur ce que les catholiques veulent dire par le sacrifice de la Messe :

« Cette re-présentation signifie que sur la croix, Jésus a offert lui-même toute sa souffrance à Dieu par une immolation de lui-même qui a abouti à la mort physique, mais une immolation qu’il a offerte gratuitement à son Père du Ciel. Sur l’autel, grâce à l’état glorifié de sa nature humaine, « la mort n’a plus sur lui aucun pouvoir » (Romains 6:9). Par conséquent l’écoulement de son sang est impossible. Néanmoins, selon le plan de la divine Providence, le sacrifice continu du Christ est manifesté par des signes extérieurs qui sont des symboles de sa mort. Comment alors? « Par la transsubstantiation du pain en Corps du Christ et du vin en son Sang, son Corps et son Sang sont réellement présents. »

        Bref, j’ai trouvé que l’Église catholique enseignait que « le versement de son sang [c’est-à-dire le re-sacrifice] est impossible», tout comme l’enseignait mon Église. De plus, l’Église catholique enseigne que nous pouvons aujourd’hui participer à cet unique sacrifice, tout comme l’enseignait mon église. Le seule différence entre nous et les catholiques dans ce domaine était que nous participions verbalement en invoquant le Sang et les catholiques participaient physiquement, en buvant le Sang.

 

L’Eucharistie et le Calvaire sont uns

        Bien sûr, il restait beaucoup de questions, et non des moindres comme « les catholiques boivent-ils réellement le sang du Christ ? » Qu’il suffise de dire que j’ai répondu à ces questions pour ma satisfaction, et que j’ai poursuivi en devenant un membre de l’Église catholique comme conséquence. Mais je n’ai jamais oublié la manière étrange par laquelle mes propres croyances évangéliques ont mystérieusement préfiguré et confirmé la doctrine catholique. Pas plus que je n’ai oublié la manière dont la doctrine catholique a suppléé ce qui était déficient dans la théologie de mon église. Ma rencontre ici avec la foi catholique était un exemple dans la succession des nombreuses circonstances qui me prouveront par la suite que nos critiques de la Foi étaient basées sur des malentendus ou des contradictions internes, tandis que la Foi catholique, par contraste, était aussi bien capable d’affirmer la nôtre quand elle était bonne et de la corriger quand elle était mauvaise. Ainsi, la théologie de l’Église n’a jamais montré le début d’une réfutation de la pratique de l’invocation du Sang; elle a seulement réfuté l’équation non biblique que « spirituel » équivalait à « non physique ». De la même manière, l’Église catholique n’a jamais dédaigné l’idée que, par la prière, nous pouvions avoir accès aux grâces obtenues au Calvaire; Elle a seulement corrigé notre notion erronée que de telles grâces ne pouvaient s’obtenir que par des moyens verbaux.

        C’est ce que j’ai dit à mes frères et soeurs évangéliques qui avaient encore mes anciennes craintes au sujet du sacrifice de la Messe. Évidemment, cela n’apaise pas toutes leurs craintes pour eux, mais cela apaise celle-ci, particulièrement quand le rapport est fait avec leur propre expérience de l’invocation du Sang. Car le simple fait est que les catholiques, selon leurs propres catéchismes et décrets dogmatiques, font seulement physiquement ce que les évangéliques font verbalement : pas re-sacrifier quelqu’un mais seulement participer au même sacrifice qui est celui du Calvaire. Les catholiques ne font pas un nouveau pain, ni ne font d’offrandes étranges d’un vin nouveau : ils mangent du seul pain et boivent de la seule coupe qu’il y ait jamais eu et qu’il y aura jamais. Comme les évangéliques, les catholiques en appellent au Sang en mémoire de Lui. Mais mieux que la Foi évangélique, la Foi catholique offre -ici et maintenant- le vrai Corps et le vrai Sang du Christ.

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8 commentaires sur “L’Eucharistie et la messe ne sont pas un « re-sacrifice »

  1. Pingback: Preuve de la Présence Réelle | +†+Yesus Kristus azu+†+

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  3. Biloa Enyegue
    19 décembre 2015

    Bonjour
    j‘aimerais s’avoir si les non consacret peuvent bénir le pain et le vin pour que ce là devienne corp et sang de notre seigneur Jésus Christ

  4. Biloa Enyegue
    19 décembre 2015

    Bonsoir merci pour la reponse bref je tenais à vous remiercier sur la pluralité des theme que vous exposer avec beaucoup de detaille ce là m’aide dans mes debat avec des non catholique
    cordialement

    • Ressources Catholiques
      24 décembre 2015

      Mais il n’y a pas de quoi. La plus grande gloire de Dieu et le Salut des âmes sont noter loi suprême !

  5. jean
    23 décembre 2015

    Ressources catholiques je voudrais avoir ton mail car je voudrais bien t’envoyer un message privé

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