+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Pourquoi communier sous une seule espèce

 

Source : John Henry, Cardinal NEWMAN
Essai sur le développement de la doctrine chrétienne(1845)
CHAPITRE IV. EXEMPLES A L’APPUI
Communion sous une seule espèce . Ed. DDB

cardinalnewman  Au début du XVe siècle, le concile de Constance décréta: “Dans l’Église primitive le sacrement de l’Eucharistie était reçu par les fidèles sous les deux espèces; cependant, afin d’éviter certains dangers et scandales, l’habitude s’est introduite avec juste raison que les prêtres consécrateurs communient sous les deux espèces, et les laïcs sous celle du pain seulement; puisqu’on doit croire fermement et sans aucune sorte de doute que le corps et le sang de Jésus-Christ sont réellement contenus aussi bien sous l’espèce du pain que sous celle du vin . ”

Il s’agit alors de savoir si la doctrine ainsi affirmée, et mise en pratique dans l’usage sanctionné ici, était acceptée par l’Église primitive, et si on peut la regarder comme un juste développement de ses principes et de ses pratiques. Je réponds qu’en partant de la présomption que le concile fait autorité dans l’Église, ce que nous devons supposer ici, nous trouverons assez de raisons pour le défendre, et nous serons convaincus qu’il faut répondre affirmativement à la question; nous en arriverons aisément à cette conclusion, que la communion est licite sous l’une ou l’autre espèce, chacune d’elles transmettant le don entier du sacrement.

L’Écriture nous fournit deux cas de ce que l’on peut tenir raisonnablement pour des communions sous l’espèce du pain, sans le vin: à savoir l’exemple donné par Notre-Seigneur lui-même avec les deux disciples d’Emmaüs , et la conduite de saint Paul sur la mer durant la tempête. En outre, saint Luc nous dit des premiers chrétiens qu’ils étaient fidèles “ à la fraction du pain et à la prière ” et que le premier jour de la semaine “ ils se réunissaient pour rompre le pain ”.

De plus, au VIe chapitre de saint Jean, Notre-Seigneur dit absolument : “ Je suis le pain vivant, lui qui me mange vivra par moi. ” Et bien qu’il note distinctement qu’il nous sera accordé de boire sang aussi bien que de manger sa chair, néanmoins il n’a pas un mot pour signifier que de même qu’ est le pain du ciel et le pain vivant, il est également le vin céleste, le vin vivant’. Et saint Paul dit de son côté que “ quiconque mangera ce pain ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable du corps et du sang du Seigneur ”.

Plusieurs des types de la sainte Eucharistie, selon leur portée, invitent à la même conclusion. Tels sont la manne , à laquelle Notre-Seigneur se réfère, l’agneau pascal , le pain de proposition, les sacrifices où le sang de la victime était répandu, et le miracle des pains, figures du pain seulement; tandis que l’eau du rocher, et le sang s’échappant du côté de Notre-Seigneur correspondent au vin sans le pain. D’autres types représentent les deux espèces:, ainsi l’offrande de Melchisédech, et le miracle d’Elisée sur l’huile et la farine .

De plus, il était sûrement d’usage, dans la primitive Église, de communier en certaines circonstances sous une seule espèce, ainsi que nous l’apprennent saint Cyprien, saint Denys, saint Basile, saint Jérôme et d’autres. Par exemple, saint Cyprien parle de la communion donnée à un enfant sous l’espèce du vin, et à une femme sous celle du pain. Saint Ambroise raconte que son frère, dans un naufrage, enveloppa le pain consacré dans un mouchoir et se l’attacha autour du cou. Il n’est guère vraisemblable que les moines et les ermites du désert aient été d’ordinaire en possession du vin consacré aussi aisément que du pain. Et voici une lettre de saint Basile, d’où il ressort que non seulement les moines, mais tous les laïcs communiaient ordinairement sous la seule espèce du pain. Son correspondant semble lui avoir demandé si, en temps de persécution, il était licite, en l’absence de prêtre ou de diacre, de prendre la communion “dans sa propre main ”, ce qui indique qu’il s’agit évidemment du pain. Il répond que cela peut être justifié par des faits analogues, qu’il mentionne en gardant un silence complet sur le calice. “ Ce n’est certainement pas une faute, dit-il, car un long usage nous fournit des exemples qui autorisent cette pratique. Tous les moines qui vivent dans le désert, où il n’y a pas de prêtres, gardent la communion chez eux, et la prennent d’eux-mêmes. A Alexandrie et en Egypte, chaque laïc, en général, possède la communion dans sa maison, et quand il le désire il la prend de lui-même. Car une fois que le prêtre a célébré le sacrifice et donné la communion, celui qui l’a reçue comme un tout et qui ensuite la prend chaque jour, peut raisonnablement penser qu’il la reçoit de celui qui la lui a jadis donnée et qu’il la partage avec lui. ” Nous devons ajouter qu’au commencement de la lettre, ses expressions laissent croire qu’il parle de la communion sous les deux espèces, en la déclarant “ bonne et profitable ”.

Tel était l’usage du Pont, de l’Egypte, de l’Afrique et de Milan. Nous devons y ajouter l’Espagne, s’il faut entendre un canon espagnol comme le fait un auteur moderne; et la Syrie aussi bien que l’Egypte, moins à une époque récente, puisque Nicéphores dit que les Acéphales, n’ayant plus d’évêques, rompaient le pain que leurs derniers prêtres avaient consacré, et le distribuaient par miettes, chaque année à Pâques, pour la communion.

Mais on peut dire qu’après tout c’est une mesure si hasardée et si terrible que de priver aujourd’hui les chrétiens de la moitié du sacrement, qu’en dépit de ces précédents, on a besoin de quelque garantie directe pour que l’esprit puisse s’y faire. Il a pu se rencontrer des circonstances dont nous ne savons rien, qui ont amené  saint Cyprien ou saint Basile, ou avant eux les chrétiens de l’âge apostolique, à tronquer le sacrement. Si c’était sans danger pour eux, il ne s’ensuit pas que ce le soit pour nous. Une garantie est certainement nécessaire et cette garantie se trouve précisément dans l’infaillibilité de l’Église. Si nous pouvons avoir implicitement confiance en elle, rien dans l’état de la preuve n’autorise à élever d’objection contre sa décision dans ce cas, et notre difficulté diminue dans la mesure où nous découvrons que nous pouvons nous fier à elle. (…) Il est plus sûr d’acquiescer à un changement sous la garantie d’une autorité que sans elle; plus sûr de croire que l’Eglise est le pilier et le fondement de la vérité, que de penser qu’en une matière si importante elle risque de se tromper.

Publicités

2 commentaires sur “Pourquoi communier sous une seule espèce

  1. Pingback: Preuve de la Présence Réelle | +†+Yesus Kristus azu+†+

  2. Pingback: Chronologie des inventions et hérésies catholiques | +†+Yesus Kristus azu+†+

Réagir à l'article

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :