+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

L’enseignement de l’Antiquité sur Marie : Ève et Marie

Cardinal John Henry Newman : « Lettre à Pusey » (extraits)

cardinalnewmanConcernant la Bienheureuse Vierge, (…) je vais premièrement interroger la doctrine de l’Église
indivise au sujet de ses prérogatives.

Quel est l’enseignement le plus élémentaire de l’Antiquité la plus ancienne concernant la Vierge ? Par « enseignement le plus élémentaire », j’entends la première vue de sa personne et de son rôle, une large esquisse de ce qui nous a été transmis sur elle, l’aspect sous lequel elle vient à nous, dans les écrits des Pères.

Elle est la seconde Ève ! Maintenant, réfléchissons à ce que cela implique. Ève a eu une position essentielle et bien définie dans la Première Alliance. Le destin de la race humaine repose en Adam : c’est lui qui nous représentait. C’est en Adam que nous sommes tous tombés. Bien qu’Ève ait chuté, encore une fois, si Adam avait tenu debout, nous n’aurions pas perdu les privilèges surnaturels qui lui avaient été accordés en tant que notre premier père. Cependant, bien qu’Ève ne soit pas le chef de la race, encore une fois au regard de cette même race humaine, elle a une place qui lui est propre . En effet, Adam, qui avait reçu l’ordre divin de nommer toute chose, la nomma « la Mère des vivants », un nom significatif assurément, non seulement d’un événement, mais aussi d’une dignité. Mais bien plus encore, puisqu’elle a sa propre place vis-à-vis de la race humaine, elle a aussi sa propre place dans sa tentation et dans sa chute en Adam ! De ces événements primordiaux, Ève eu intégralement sa part : « La femme, séduite, était dans la désobéissance ». Elle écouta l’ange mauvais ; elle offrit le fruit à son mari, et il en mangea. Elle coopéra au péché , non comme un instrument irresponsable, mais profondément et personnellement : elle l’occasionna. Comme l’histoire le raconte, elle fut une cause positive, active, sine qua non de cela. Et elle partagea aussi la punition ; dans le jugement prononcé contre elle, elle fut reconnue comme un acteur effectif de la tentation et de ses suites, et fut punie en conséquence. Dans cette affreuse transaction, trois parties étaient concernées – le serpent, la femme et l’homme ; et à l’époque de leur punition leur fut annoncé un événement à venir, dans lequel ces mêmes trois parties se rencontreraient à nouveau : le serpent, la femme, et l’homme ; mais ce seraient un nouvel Adam, une nouvelle Ève, et la nouvelle Ève serait la mère du nouvel Adam : « Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre sa descendance et ta descendance ». La descendance de la femme est le Verbe Incarné, et la femme, dont il est le fils (ou « la descendance »), est sa mère : Marie. Cette les cas, ce parallélisme est dans la doctrine des Pères, dès les temps les plus anciens. Ceci étant établi, nous sommes capables, par la position et le rôle d’Ève dans notre chute, de déterminer la position et le rôle de Marie dans notre rachat.

Je vais ajouter des passages de leurs écrits, en notant leur pays respectifs et les dates ; les dates iront de leur naissance ou leur conversion à leur mort, puisque ce qu’ils proposent est à la fois la doctrine qu’ils ont reçue de la génération précédente, et la doctrine qui était acceptée et reconnue comme vraie par la génération à laquelle ils l’ont transmise.

Tout d’abord, Saint Justin Martyr (100-165), Saint Irénée (120-202) et Tertullien (160-240).

De ceux-ci : Tertullien représente l’Afrique et Rome, Saint Justin Martyr représente la Palestine ; et Saint Irénée de Lyon l’Asie Mineure et la Gaule ; – ou plutôt il représente Saint Jean l’Evangéliste, puisqu’il fut enseigné par Saint Polycarpe, Martyre, qui fut intimement associé à Saint Jean, aussi bien qu’à d’autres Apôtres.

1. Saint Justin :

“Nous savons qu’Il procédait du Père, avant toute créature, par sa force et sa volonté,… et par le moyen de la Vierge Il devint homme, de sorte que de la voie par laquelle la désobéissance venant du serpent avait son commencement, de cette même voie est venu sa fin. Car Ève, étant une vierge et sans tâche, et concevant la parole qui venait du serpent, apporta la désobéissance et la mort ; mais la Vierge Marie, remplie de foi et de joie, lorsque l’Ange lui porta la bonne nouvelle que l’Esprit du Seigneur viendrait sur elle et que la puissance du Très-Haut la couvrirait de son ombre, et que par conséquent l’être saint qui naîtrait d’elle serait appelé Fils de Dieu, répondit : « Qu’il me soit fait selon votre Parole » ” (Tryph. 100)

2.Tertullien :

“Dieu a retrouvé son image et sa ressemblance, dont le démon s’était emparé, par une opération opposée. Car en Ève, pourtant encore vierge, se glissa la parole qui causa la mort. C’est aussi en une vierge que devait être introduit le Verbe de Dieu qui restaura la vie ; ce qui, par ce sexe avait été perdu, a été ramené au salut par ce même sexe. Ève avait cru le serpent ; Marie a cru Gabriel ; la faute que l’une avait commise en croyant, l’autre en croyant l’a effacée.” (De Carn. Christ.17.)

3. Saint Irénée :

“Selon les formes, Marie la Vierge est trouvée obéissance, disant “Voici ta servante, ô Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». Mais Ève fut désobéissante, car elle n’obéit pas, alors qu’elle était encore vierge. Car elle, ayant Adam pour mari, était cependant une vierge… devenant désobéissante, devint la cause de la mort et d’elle-même et de la race humaine toute entière ; De même Marie, ayant l’homme prédestiné, et étant cependant une vierge, étant obéissante, devint et pour elle-même et pour la race humaine toute entière la cause du salut…. Et c’est sur le compte de ceci, que le Seigneur déclara, que les premiers seraient les derniers et les derniers les premiers. Et les prophètes signifièrent la même chose , disant « A la place de tes pères te viendront des fils » (Ps44). Car, alors que le Seigneur, étant né, fut le premier revenu des morts, et reçut en son sein les premiers pères, Il les régénéra dans la vie de Dieu, Lui-même devenant le premier des vivants, alors qu’Adam était devenu le premier des morts. De même Luc, commençant la généalogie à partir du Seigneur la remonta jusqu’à Adam, signifiant ainsi que c’est Lui qui avait régénéré les pères anciens dans l’Évangile de la vie, et non le contraire. Et ainsi le nœud de la désobéissance d’Ève fut dénoué par l’obéissance de Marie ; car ce qu’Eve, une vierge, avait noué par son incrédulité, Marie, une vierge, l’a dénoué par la foi” (Adv. Haer. III,22,34.)

Et aussi :

“Comme Ève qui fut séduite par le discours d’un Ange, de sorte qu’elle se cacha de Dieu, transgressant Sa parole, de même Marie reçut la bonne nouvelle par le moyen de l’annonce de l’Ange, de sorte qu’elle porta Dieu en elle, étant obéissante à Sa parole. Et, bien que la première a désobéit à Dieu, la deuxième fut convaincue d’obéir à Dieu ; de sorte que de la vierge Ève, la Vierge Marie devienne l’avocate. Et, comme à cause d’une vierge la race humaine fut liée à la mort, par une Vierge elle est sauvée, l’équilibre étant préservé car la désobéissance d’une vierge contrée par l’obéissance d’une autre.” Ibid v.19

Maintenant, ce qui est remarquable chez ces trois écrivains, c’est qu’ils ne parlent pas de Marie comme d’un simple instrument physique nécessaire pour l’Incarnation de Notre Seigneur, mais comme d’une cause responsable et intelligente de celle ci ; sa foi et son obéissance furent des éléments de l’Incarnation, et l’obtinrent en récompense. Alors qu’Ève avait failli dans ces vertus, et, par là même, apporté la chute à la race humaine en Adam, Marie, par le moyen de ces mêmes vertus apporta sa restauration. (…)

Les trois pères déclarent unanimement qu’elle ne fut pas qu’un simple instrument de l’Incarnation comme on pourrait considérer David ou Juda ; ils déclarent qu’elle coopéra à notre salut non seulement par la descente du Saint Esprit sur son corps, mais par des actes spécifiques de sainteté, les effets de la descente de l’Esprit Saint dans son âme. Ils déclarent que, de même qu’ Ève avait trahi son héritage par le péché, de même Marie gagna des privilèges par les fruits de la grâce ; qu’alors qu’ Ève fut désobéissante et manqua de foi, inversement Marie fut obéissance et cru ; que, de même qu’Ève fut la cause de la ruine de tous, Marie fut à l’origine du salut de tous ; que comme Ève fit le lieu de la chute d’Adam, Marie fit le lieu pour la réparation de cette chute par Notre Seigneur ; et ainsi, tandis que le don gratuit n’était pas comme l’offense, mais bien plus grand, il s’ensuit que, comme Ève avait coopéré à un grand mal, Marie coopéra à un bien encore plus grand.

Et en plus de l’argumentaire, qui rappelle la lecture des antithèses de saint Paul traçant l’analogie entre l’œuvre d’Adam et l’œuvre de notre Seigneur, il est bon d’observer les mots choisis sous lesquels la mission de Marie est décrite. Tertullien dit que Marie « « effaça » la faute d’Ève, et « ramena » le sexe féminin ou « la race humaine au salut. » ; et Saint Irénée dit que par l’ « Obéissance elle fut une cause ou occasion » (quelque soit l’original grec du mot) « du salut pour elle et pour l’entière race humaine » ; Que par elle, la race humaine est sauvée ; que par elle ce qu’Ève a enchevêtré est dénoué ; et qu’elle est l’avocate d’Ève , ou son amie dans le besoin. Il est supposé par les commentateurs, tant protestants que catholiques, que le grec pour « avocat » dans le texte original était le mot « paraclet » : quand on nous accuse de donner à Notre Dame les titres et les offices de son Fils, on doit se ressouvenir que saint Irénée lui octroya ce nom et cet office spécial propre au Saint Esprit.

Voilà pour la nature de ce triple témoignage ! Pendant un moment mettons de côté Saint Irénée, et prenons ensemble Saint Justin pour l’Est et Tertullien pour l’Ouest. Je pense pouvoir affirmer que la doctrine de ces deux Pères sur la Sainte Vierge était la doctrine qui était reçue dans leurs temps et leurs places respectifs (Car après tout, les écrivains ne sont que des témoins des faits et des croyances de leurs époques et de leurs lieux respectifs, et ils sont considérés comme tels par toutes les parties dans les sujets à controverse). De plus, la coïncidence des doctrines qu’ils exposent, et encore une fois, l’abord antithétique de leur compréhension, montrent qu’ils ne l’ont pas eux même inventé. La question suivante est , qui l’a fait ? Car cela doit bien venir d’un organe ou d’une source précis, endroit ou personne. Nous alors devons rechercher , combien de temps aurait mis une telle doctrine pour s’étendre, et être reçue, au deuxième siècle sur une si grande distance ; c’est à dire pour être acceptée avant l’an 200 en Palestine, en Afrique et à Rome . Est-il possible de situer la source commune de ces traditions locales à une date beaucoup plus tardive que celle des Apôtres , puisque que Saint Jean lui-même mourut moins de 20 avant la conversion de Saint Justin, et 60 avant la naissance de Tertullien ? Donnez crédit à toutes les objections possibles qui peuvent être faîtes à ce schéma ; mais ensuite, après avoir fait cela, ajoutez aux témoignages concordants de ces deux Pères, celui de Saint Irénée qui est si proche de ceux de l’école de Saint Jean lui-même en Asie Mineure. « Une corde de triple épaisseur, ne rompt pas facilement » dit le sage. (…)

Après avoir apporté ces trois pères du deuxième siècle, j’ai au moins obtenu ceci : à savoir, que personne, qui reconnaît la force du témoignage le plus ancien pour déterminer la vérité chrétienne, ne peut s’étonner, ne peut se plaindre, ne peut objecter, que nous catholiques ayons une si haute doctrine concernant la Sainte Vierge – à moins en effet que des affirmations plus fortes puissent être apportés, d’une conception des choses contraire sur la Vierge, qui soit aussi ancienne, ou au moins d’une date plus tardive. Mais, de ce que je sais, aucune parole de la littérature anté-Nicéenne ne peut être rapportée, qui invaliderait le témoignage de ces trois Pères concernant Marie. Et presque rien ne peut être cité contre jusqu’au quatrième siècle, tandis qu’au quatrième siècle le flux des témoignages traitant de son comportement est aussi positif qu’au deuxième siècle. Et, au cinquième siècle, il est encore plus puissant qu’à aucune autre époque antérieure, tant dans son autorité que dans sa plénitude. Ceci est le verdict concordant de « l’Église indivise »

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2 commentaires sur “L’enseignement de l’Antiquité sur Marie : Ève et Marie

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