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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Démonstration de l’autorité de la tradition 6/8

Texte de saint Pierre Canisius, docteur de l’Eglise.

Question VI

 

Erreurs modernes sur les traditions apostoliques et ecclésiastiques.

Bien des gens méprisent ces traditions ; d’autres s’en occupent fort peu, ou ne les estiment pas plus qu’ils ne feraient des constitutions des magistrats politiques, faisant des unes comme des autres autant d’institutions humaines, qu’on est libre d’observer ou de négliger comme de très-mince, ou plutôt comme de nulle importance, comme indifférentes en un mot.

Quelques-uns voudraient que toutes les traditions fussent de même valeur, et ils font un détestable abus de l’Ecriture, en confondant dans une même réprobation les traditions pharisaïques et les traditions apostoliques, celles des juifs et celles des chrétiens, les traditions privées ou particulières, et celles qui sont reçues unanimement par toute l’Eglise, justifiées par la pratique constante de tous les gens pieux, et transmises comme de main en main de tous les lieux du monde jusqu’à nous. 

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. Romains, XIII, 1-4 : « Que toute personne soit soumise aux puissances supérieures ; car il n’y a point de puissance qui ne vienne de Dieu, et c’est lui qui a établi toutes celles qui sont sur la terre. – Celui donc qui résiste aux puissances, résiste à l’’ordre de Dieu ; et ceux qui y résistent attirent la condamnation sur eux-mêmes. – Car les princes ne sont point à craindre, lorsqu’on ne fait que de bonnes actions ; mais ils le sont, lorsqu’on en fait de mauvaises. Voulez-vous donc ne point craindre les puissances ? Faites ce qui estbien ; et alors elles n’auront que des éloges à vous donner. – Car le prince est le ministre de Dieu pour le bien qui doit se faire ; mais si vous laites le mal, vous avez raison de craindre, car ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée. »

2. Matthieu, XV, 9, 3-6 : « C’est en vain qu’ils m’honorent, puisqu’ils enseignent des maximes et des ordonnances humaines. – Pourquoi vous-mêmes violez-vous le commandement de Dieu pour suivre votre tradition ? Car Dieu a dit : Honorez votre père et votre mère ; et : Que celui qui dira des paroles outrageuses à son père ou à sa mère soit puni de mort. – Et vous, au contraire, vous dites : Quiconque dira à son père ou à sa mère : Tout don que je fais à Dieu vous est utile, satisfait à la loi, encore qu’après cela il n’honore ni n’assiste son père et sa mère : et ainsi vous avez rendu vain le commandement de Dieu par votre tradition. »

3. Colossiens, II, 8, 20-23 : « Prenez garde que personne ne vous séduise par la philosophie et par des raisonnements vains et trompeurs, qui ne sont fondés que sur les traditions des hommes, et sur les principes d’une science mondaine, et non sur la doctrine de Jésus-Christ. – Si donc vous êtes morts avec Jésus-Christ à ces premières et grossières instructions que Dieu a données au monde, comment vous laissez-vous imposer des lois, comme si vous viviez dans ce premier état du monde ? – Ne mangez pas, vous dit-on, d’une telle chose ; ne goûtez pas de ceci, ne touchez pas à cela. – Toutes choses dont l’observation mène à la mort, comme n’étant fondée que sur des maximes et des ordonnances humaines, – quoiqu’elles aient quelque apparence de sagesse dans une superstition et une humilité affectée dans le rigoureux traitement qu’on fait au corps, et dans le peu de soin qu’on prend de rassasier la chair. »

4. Marc, VII, 3-4 : « Les pharisiens et tous les juifs ne mangent point qu’ils ne lavent souvent leurs mains, gardant en cela la tradition des anciens. – Et lorsqu’ils reviennent de la place publique, ils ne mangent point sans s’être lavés. Et ils ont encore beaucoup d’autres coutumes qu’ils ont reçues et qu’ils observent, comme de baptiser les coupes, les pots, les vaisseaux d’airain et les lits. »

5. II Thessaloniciens, II, 14 : « Demeurez fermes, et conservez les traditions que vous avez apprises, soit par nos paroles, soit par notre lettre. »

6. Actes, XV, 40-41 : « Paul ayant choisi Silas, partit avec lui, après avoir été recommandé à la grâce de Dieu par les frères. – Il traversa la Cilicie et la Syrie, confirmant les églises, leur ordonnant de garder les préceptes des apôtres et des anciens. »

7. Ibidem, XVI, 4 : « En allant de ville en ville, Paul et Silas commandaient aux fidèles de garder les ordonnances qui avaient été établies par les apôtres et par les anciens de Jérusalem. »

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. Saint Augustinepist. CXVIII ad Januarium, c. 1, comme plus haut, question IV, témoignage 4.

2. Ibidem, c. 2 : « Quant aux autres usages qui varient suivant les pays, comme de jeûner le samedi ou de ne pas jeûner ce jour-là ; de communier tous les jours, ou seulement à des jours marqués ; d’offrir tous les jours le saint sacrifice, ou de ne l’offrir que le samedi et le dimanche, ou même le dimanche seulement, et d’autres usages encore qu’on pourrait nous alléguer, on est libre sur tout cela ; et un chrétien sage et avisé n’aura pas de meilleure règle à suivre là-dessus que de faire ce qu’il voit se pratiquer dans l’Eglise où il se trouve. Car ce qui n’est ni contre la foi ni contre les bonnes mœurs doit être considéré comme indifférent, et on doit l’observer selon qu’on le voit faire à ceux avec qui l’on vit. Voici à ce propos ce qui m’est arrivé à Milan, quoique je croie vous l’avoir déjà dit quelque part. Ma mère qui m’avait suivi dans cette ville, voyant qu’on n’y jeûnait pas le samedi, en concevait quelque trouble et ne savait ce qu’elle avait à faire elle-même. Pour moi, je ne m’en mettais pas en peine, mais par complaisance pour elle je consultai à ce sujet saint Ambroise, de bienheureuse mémoire ; ce saint évêque me répondit qu’il ne pouvait me conseiller rien autre chose que ce qu’il faisait lui-même, puisque, s’il avait pu connaître quelque chose de mieux à faire, il s’y serait porté de préférence. Et comme je me persuadais qu’il voulait m’obliger par sa seule autorité, sans autre raison, à ne pas jeûner le samedi, il ajouta : Quand je suis à Rome, je jeûne le samedi ; quand je n’y suis pas, je ne jeûne pas ce même jour. Vous donc aussi, conformez-vous à l’usage de l’Eglise où vous vous trouvez, si vous voulez ne donner de scandale à personne, et ne prendre vous-même de personne aucun sujet de scandale. Je rapportai cette réponse à ma mère qui y acquiesça sans difficulté. Et moi, toutes les fois que je me la rappelle à la mémoire, je ne puis m’empêcher de la considérer comme un oracle d’en haut. »

3. Le même, Epist. LXXX VI ad Casulanum presbyterum, rapporte de nouveau cette réponse de saint Ambroise

 

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2 commentaires sur “Démonstration de l’autorité de la tradition 6/8

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