+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Démonstration de l’autorité de la Tradition 2/8

Texte de saint Pierre Canisius, docteur de l’Eglise.

Question II

Quels sont ces préceptes des apôtres et des anciens que saint Paul a ordonné de garder ?

Saint Denis l’Aréopagite, disciple de saint Paul, dit que ces règlements sont de deux espèces, les uns étant écrits, les autres étant restés non écrits. On doit appliquer à l’une comme à l’autre de ces deux espèces ce que dit l’évangéliste saint Jean : Celui qui connaît Dieu nous écoute ; celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute point. C’est par là que nous connaissons l’esprit de vérité et l’esprit d’erreur.

Et quant à la première espèce de ces règlements, qui sont les règlements écrits, il est aisé de la connaître, puisqu’elle est tout entière renfermée dans les livres canoniques.

Pour la seconde, elle embrasse les instructions et les statuts, qu’on a coutume de comprendre sous le nom générique de tradition, et qui sont désignés sous ce nom par les Pères. Car, à la différence des premiers, ils n’ont pas été donnés par écrit, mais de vivo voix, et sont parvenus ainsi jusqu’à nous en passant comme de main en main, d’une génération à une autre, sous la garantie des pasteurs de l’Eglise.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

Saint Jean, IV, 6. C’est le passage rapporté dans le corps de la réponse.

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. Saint Denis l’Aréopagite, Lib. de ecclesiasticâ hiérarchiâ, c. 4 :  « Nos premiers pères dans la hiérarchie. . . ., selon de saintes ordonnances, et en des enseignements écrits et non écrits, nous ont fait entendre par des images sensibles ce qui est céleste par la variété et la multiplicité ce qui est parfaitement un, par les choses humaines ce qui est divin, par la matière ce qui est incorporel, et par ce qui nous est familier les secrets du monde supérieur. »

2. Saint BasileLib. de Spiritu sancto, c. 27 : « Des dogmes qu’enseigne l’Eglise, les uns nous ont été transmis par écrit, les autres nous sont venus des apôtres par le canal secret de la tradition. Les uns et les autres ont une égale autorité pour nous former à la piété, et on se gardera bien de s’inscrire contre, pour peu qu’on soit instruit des lois de l’Eglise. Car si nous voulions rejeter comme de peu d’importance tous les usages dont l’Ecriture ne dit rien, il nous faudrait condamner par une témérité inouïe des choses que l’Evangile nous déclare être nécessaires au salut, et même réduire à un vain nom la prédication même de la foi. Un de ces usages, pour commencer par le plus généralement pratiqué, c’est de marquer du signe de la croix ceux qui ont mis leur espérance en Jésus-Christ ; où le trouve-t-on enseigné par écrit ? Un autre, c’est de nous tourner vers l’Orient pour prier ; où avons-nous pris cela dans l’Ecriture ? Les paroles d’invocation dont nous nous servons en montrant le pain eucharistique et le calice de bénédiction, dans quels écrits des saints les trouvons-nous ? Car nous ne nous contenions pas de ce qui se trouve dans l’Apôtre ou dans les évangélistes ; mais nous y ajoutons, et avant et après beaucoup de formules, que nous ne savons que par tradition, et qui servent à relever l’importance du ministère. Nous consacrons l’eau du baptême, l’huile des onctions, la personne même du baptisé ; mais en vertu de quels écrits ? N’est-ce pas plutôt en vertu d’une tradition secrète ? Quelle écriture a jamais enseigné les onctions même que nous faisons (au baptême) ? En vertu de quelle autorité faisons-nous trois immersions ? Dans quel livre inspiré trouvons-nous les autres choses qui se pratiquent au baptême comme de renoncer à Satan et à ses anges ? N’est-ce pas plutôt dans une tradition secrète et mystérieuse que nous avons puisé cet usage ? N’est-ce pas dans les doctrines que nos pères ont conservées intactes au moyen du silence, qui les a protégées contre la curiosité et la malignité ? C’est que leur sagesse leur avait appris qu’enveloppées de secret, ces doctrines deviendraient plus vénérables. Car quelle convenance y aurait-ile u à mettre par écrit la doctrine relative à des mystères qu’il n’est permis de contempler qu’aux seuls initiés ! Eh ! que se proposait Moïse, lorsqu’il pourvut à ce que tout le monde ne pût voir ce qui se passait dans le sanctuaire, en établissant un parvis pour le peuple, et une autre partie du temple réservée aux seuls lévites ?. . . . . C’est avec la même sagesse que les apôtres et leurs successeurs les plus immédiats en instituant dès l’origine de l’Eglise certaines cérémonies, ont garanti au moyen du secret et du silence le respect dû aux mystères. Car ce n’est plus un mystère, que ce qui va se répéter de bouche en bouche parmi le peuple. C’est pour cette raison que certains dogmes nous ont été transmis sans écrit, de peur que trop répandus parmi le peuple, ils n’en devinssent pour lui un objet de mépris. Un dogme est autre chose qu’un édit. Les édits doivent être promulgués ; les dogmes au contraire ont besoin du mystère ou du silence. »

3. EusèbeLib. 1 de demonstratione evangelicâ, c. 8 : « Moïse avait gravé la loi sur des tables inanimées. Jésus-Christ a gravé dans les âmes, qui sont des tables vivantes, la loi de la nouvelle alliance ; et ses disciples, à l’exemple de leur maître, ont propagé sa doctrine de telle manière parmi les peuples, qu’en faisant connaître aux plus avancés ce qu’il y avait de plus parfait dans cette doctrine, ils ont su s’accommoder à la faiblesse des autres que les passions tenaient encore asservis et qui avaient besoin de ménagement, en ne leur proposant, soit de vive voix, soit par écrit, que ce qu’ils étaient capables d’admettre ou de comprendre. »

4. Saint Epiphane, hæresi LXI contra apostolicos : « C’est une nécessité d’admettre la tradition. Car on ne peut pas tout recevoir de l’Ecriture. C’est pourquoi les Apôtres nous ont transmis leur doctrine, moitié par écrit, moitié par tradition, comme nous le fait connaître l’Apôtre lorsqu’il dit : Vous gardez les traditions et les règles que je vous ai données (I Cor., XI, 2), et plus loin : C’est ce que j’enseigné dans toutes les églises des saints (I Cor., XIV, 33) ; et encore : Si vous avez retenu (l’Evangile) comme je vous l’ai annoncé (I Cor., XV, 2). »

5. Tertulliende Coronâ militis, c. 3 : « Nous avons l’observance ancienne qui, par son antériorité, fait loi. Si l’Ecriture ne l’a point déterminée, toujours est-il que la coutume, qui sans doute est provenue de la tradition, la confirme : en effet, comment un usage s’établirait-il, s’il n’avait sa source dans la tradition ? Tu me diras encore que, pour valider la tradition, il faut une autorité écrite. Examinons donc si on ne doit admettre de traditions que celles qui sont écrites. Nous affirmerons volontiers qu’il ne faut pas recevoir les traditions non écrites, si elles n’ont pas en leur faveur le préjugé d’autres institutions que nous maintenons sans pouvoir alléguer aucun texte de l’Ecriture, à titre seul de tradition, et sur l’autorité de la coutume. Pour commencer par le baptême, avant de descendre dans l’eau, sur le lieu, et un peu avant l’église, nous jurons, sous la main du pontife, que nous renonçons à Satan, à ses pompes et à ses anges ; ensuite nous sommes plongés trois fois, répondant quelque chose de plus que le Seigneur n’a précisé dans son Evangile. Au sortir de là nous goûtons pour la première fois le délicieux mélange du lait et du miel ; à dater de ce jour, nous nous abstenons du bain quotidien toute la semaine. Nous recevons le sacrement de l’Eucharistie dans des assemblées qui ont lieu avant le jour, et seulement de la main de ceux qui président, quoique le Seigneur l’ait confié à tous et à l’heure du repas. Nous faisons annuellement des oblations pour les défunts et aux jours de nativité des martyrs. Nous regardons comme inconvenant de jeûner et de prier à genoux le jour du Seigneur. Nous usons de la même exemption depuis le jour de Pâques jusqu’à la Pentecôte. Que quelque chose de notre calice ou de notre pain tombe terre, nous ne le souffrons qu’avec douleur. S’agit-il de nous mettre en voyage ou de marcher, d’entrer ou de sortir, de nous habiller, de nous chausser, de descendre au bain, de nous mettre à table, de prendre de la lumière, de nous asseoir, ou d’entrer au lit, quelque chose que nous fassions, nous marquons notre front du signe de la croix. »

Ibid., c. 4 : « Demande-moi un témoignage des Ecritures en faveur de ces institutions et de mille autres semblables, tu n’en trouveras aucun. Mais on mettra en avant la tradition qui les consacre, la coutume qui les confirme, la foi qui les observe.  » Et un peu plus loin :  » Il est donc manifeste par ces exemples, qu’une tradition non écrite et confirmée par la coutume, fidèle témoin que c’est une tradition approuvée, et se justifiant par la continuation d’elle-même, peut se défendre et se maintenir dans l’observance. La coutume elle-même dans l’absence de la loi, est reçue pour loi dans les choses civiles. »

6. Saint Cyprien (Ce sermon ne paraît pas être de saint Cyprien. – V. NAT. ALEX, Hist. eccl. III sæc.), Serm. de ablutione pedum : « Comme la divinité de l’Esprit-Saint est égale à celle du Christ, ainsi en est-il de l’autorité des institutions qui ont pour auteur l’un ou l’autre ; et ce que les apôtres ont enseigné sous sa dictée n’a pas moins de valeur que ce que le Christ lui-même a enseigné et ordonné de faire en mémoire de lui. Chaque chose ici conserve sa dignité entière et pour toutes le droit est le même : il n’est permis ni d’y ajouter ni d’en retrancher, ni d’y rien corriger ou changer. »

7. Saint Jérôme, dans son dialogue contre les lucifériens, chapitre 4, fait parler ainsi Lucifer de Cagliari : « Ne savez-vous pas que l’usage des Eglises est d’imposer les mains à ceux qui sont baptisés, et d’invoquer en cet état sur eux le Saint-Esprit ? Si vous me demandez où cela est écrit, je vous répondrai : dans les Actes des apôtres. Quand même nous n’aurions pas l’autorité de l’Ecriture, l’accord de tout l’univers sur ce point tiendrait lieu de loi. Car il y a bien d’autres choses qui se pratiquent dans les Eglises par simple tradition, et qui ont toute l’autorité des lois écrites : comme de plonger trois fois dans les fonts du baptême, et au sortir des fonts de présenter aux nouveaux baptisés le lait et le miel mêlés ensemble, en signe de leur enfance spirituelle ; de ne jeûner ni se mettre à genoux le dimanche et tout le temps qui s’écoule de Pâques à la Pentecôte ; et tant d’autres choses non écrites qui n’en sont pas moins religieusement observées. « A quoi l’orthodoxe répond : » Je ne disconviens pas que ce ne soit la coutume des Eglises, que l’évêque aille donner le Saint-Esprit par l’imposition des mains à ceux qui, demeurant dans de petits endroits et loin de la ville épiscopale, ont été baptisés par des prêtres ou des diacres. Mais quel attentat est le vôtre de mettre au service de l’hérésie les lois de l’Eglise ! »

8. Saint Chrysostome, dans sa quatrième homélie sur la seconde épitre aux Thessaloniciens, sur ces paroles du chapitre II : « Demeurez fermes, et conservez les traditions que vous avez apprises, soit par nos paroles, soit par notre lettre, fait l’observation suivante : Par là il est évident que les apôtres n’ont pas tout consigné dans leurs lettres, mais qu’une grande partie de leur enseignement est restée purement orale. Or, cette partie orale de leur enseignement n’a pas moins d’autorité que la partie écrite. Aussi nous faisons-nous un devoir d’admettre avec respect et soumission la tradition de l’Eglise. . . . . C’est la tradition, ne demandez rien de plus. »

 

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