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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Les indulgences: les dons spirituels les plus mal compris au monde

Texte de Mark Shea.

Dieu le PèreLa plupart des catholiques vivent et même meurent béatement inconscients que l’Église offre encore des indulgences malgré tout. (Un ami catholique auquel je disais que j’écrivais sur ce sujet me dit : « Elles ont disparu avec Vatican II, n’est-ce pas ? »). Pratiquement, peu de catholiques y accordent beaucoup d’attention. Elles attendent dans le grenier des bibelots de l’Église.
 

Alors, pourquoi se préoccuper d’elles ? Deux raisons. D’abord, les indulgences (bien que relativement insignifiantes dans la grande organisation des choses) sont néanmoins des affluents mineurs de la rivière de la grâce du Christ et par conséquent sont intéressantes en soi. Mais en second lieu, (et c’est le plus important), une compréhension normale des indulgences parmi les laïcs est incroyablement intéressante pour guérir les cicatrices du Corps du Christ. Car bien que les indulgences soient négligées par la plupart des catholiques, les protestants curieux regardent vers Rome toujours aussi nerveusement et les trouvent toujours aussi scandaleuses. En effet, le mot même d’ « indulgences » peut mettre au coeur de protestants agités le pressentiment profond que, quoiqu’en disent les « papistes », ils sont esclaves du salut par les oeuvres – une suspicion seulement fondée quand l’ignorance des catholiques donne sa crédibilité à la crainte des protestants que Rome garde son troupeau dans les ténèbres sur ce qu’elle enseigne réellement.

Je connais assez bien ces sentiments. Et je ne dénie pas que Luther était dans le vrai à propos du « scandaleux trafic des indulgences » sur lequel certains hommes d’Église de la Renaissance étaient coupables. Même le Concile de Trente était d’accord avec cela. Mais, comme converti, j’ai découvert que ces indignes hommes d’Église de la Renaissance étaient coupables, non pas sur la théologie des indulgences (qui est, comme nous le verrons, simplement la théologie de la grâce charismatique), mais de simonie – – c’est-à-dire, de vendre peccamineusement cette grâce pour de l’argent liquide comme un capital investi. Alors, Luther avait raison en partie. Mais Rome avait raison aussi (dans sa théologie, pas dans sa pratique lors de la Renaissance). Comment ?

Ainsi, par exemple, elle parle de « punition temporelle des péchés » ce qui semble pour les protestants signifier que Jésus n’avait pas fait assez pour nous et que nous ayons encore à subir des tortures supplémentaires pour être enfin « pleinement » punis d’un reste des 80 à 90% de notre punition qu’il a Lui-même portée.

En fait, « punition temporelle » est le langage catholique correspondant au langage protestant de « châtiment ». C’est-à-dire la souffrance de la vie, telles que les Écritures en parlent quand elles disent que Dieu punit ceux qu’il aime comme ses enfants (Hébreux 12 : 5-6). Bref, la « punition temporelle » est une partie de la manière dont Dieu rachète nos péchés et transforme leurs conséquences en occasion de sanctification plutôt que de damnation. Car comme Paul l’a dit : « la tribulation produit la constance, la constance une vertu éprouvée, et la vertu éprouvée, l’espérance. Et l’espérance ne déçoit pas, parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par le Saint-Esprit qui nous fut donné » (Romains 5 :3-5). C’est ce bon sens qui explique pourquoi les meurtriers repentants sont pardonnés, mais pour autant pas dispensés de prison. Les conséquences du péché restent, mais par la grâce, ils se retournent en gloire.

Bien, comme avec ce terme confus de « punition temporelle », ce talent catholique pour envelopper une grande idée dans une terminologie opaque est particulièrement visible avec la notion d’indulgences. Car les indulgences dépendent d’un terme que les protestants trouvent particulièrement néfaste : « le trésor des mérites ».

Qu’est-ce que le « mérite » ? Et bien, ce n’est pas une « super-justification gagnée par des gens particulièrement bien pour aider l’effort bien intentionné mais insuffisant de notre Sauveur pour la Rédemption » (ce que beaucoup pensent être le « mérite »). Plutôt, le mérite est un terme désuet dont l’équivalent moderne serait l’expression « porter du fruit ».

Maintenant, en territoire protestant ! Les chrétiens, comme tous les protestants le savent , reçoivent la grâce de porter du fruit par les oeuvres du Christ (Jean 15 etc…). Il nous est commandé par Dieu de porter la grâce au monde et les uns aux autres. Car, comme C.S.Lewis l’observe, Dieu « semble ne pas faire de lui-même ce qu’il peut potentiellement déléguer à ses créatures ». Nous devons donc porter du fruit comme agents de la grâce, faisant la volonté de Dieu et généralement en « utilisant nos petits tridents ». Et la puissance de l’Esprit Saint (comme chaque chrétien le sait) est absolument nécessaire pour que ce fruit existe, non moins que pour qu’il mûrisse. Par conséquent, en portant du fruit, nous ne parlons pas « de salut par les oeuvres ». Nous parlons de coopération avec la grâce.

Maintenant, une des manifestations de la grâce, comme tout charismatique le sait, est le charisme ou don spirituel. Les dons spirituels sont des grâces données via les membres de l’Église de sorte que le Corps soit édifié dans l’amour (Rom.12 , 1 Cor. 12, Eph. 4 :11-16). Certains de ces dons donnés à l’Église sont plus connus (langues, prophéties, guérisons, …). Pourtant, caché au milieu d’eux, il y a un don dont on ne parle guère. C’est le don de miséricorde (Rom.12 :8).

Une indulgence est un acte apostolique formellement établi du don de miséricorde. Elle s’adresse aux membres de la communion catholique sous l’autorité apostolique de l’Église par leur baptême. Cela signifie que les indulgences ne sont pas une forme de justification gagnée (puisque cela fut donné gratuitement au baptême) , mais sont plutôt données pour diminuer la punition temporelle due au péché déjà pardonné. En bref, elles sont une aide pour croître dans la sainteté, pas un ticket pour acheter le pardon de Dieu.

Un exemple : Moi, un homme avec un mauvais tempérament, je suis baptisé, invitant le Seigneur pour être sauvé. Qu’est-ce que cela me fait ? Habituellement, cela fait de moi un chrétien avec un mauvais tempérament, puisque la grâce d’une nouvelle vie est une grâce, pas de la magie. Le baptême n’est pas un « guérisseur instantané ». C’est une porte pour la grâce transformante de Dieu qui, avec notre coopération, peut éventuellement guérir nos intellects, coeurs et membres.

Alors donc, je rentre de mon baptême à ma maison, rempli de la grâce transformante et, trouvant que vous ne m’avez pas donné le chocolat de Pâque que je voulais, je casse une vitre dans un accès de colère. Je me repens. Je suis pardonné par Dieu et par vous. Toute ma faute est enlevée par le Sang du Christ au moment même de mon repentir. Mais il me reste à payer pour la vitre et, avec la grâce, j’ai toujours un travail à faire sur mon tempérament. De plus, je dois payer comptant (puisque j’ai plusieurs poursuites judiciaires en cours pour carreaux cassés qui n’ont pas disparues, comme par magie, quand j’ai été baptisé). Mais ( en demandant l’aide de Dieu) je fais ce que je peux pour vous rembourser. Vous (chrétiens, avec le don de miséricorde) pardonnez ce qui reste de ma dette et même vous me donnez un petit quelque chose pour que j’aie les moyens de payer une consultation de gestion de la colère et les honoraires légaux. Vous m’avez, en réalité, obtenu une indulgence partielle, soulageant la punition temporelle de mes péchés déjà pardonnés, et aidé sur le chemin de ma sanctification avec votre charisme.

C’est ainsi avec l’Église. Car elle a été dotée de tous les charismes, grâces, et fruits (appelés par la théologie médiévale « le trésor des mérites » mais évoqué par Paul comme « toute sorte de bénédictions spirituelles dans le Christ » en Eph.1 :3). Et comme communion des croyants sanctifiés par grâce, l’Église a le pouvoir d’administrer avec autorité cette bénédiction où elle le veut, exactement comme Paul l’avait mentionné : « Car vous avez appris, je pense, comment Dieu m’a dispensé la grâce qu’il m’a confiée pour vous » (Eph.3 :2). En effet, elle fait simplement comme Saint-Paul le lui a demandé et utilise ses dons spirituels, particulièrement celui de la miséricorde, en donnant des indulgences par son autorité apostolique spirituelle – – l’autorité des croyants dotés de la grâce (1 Cor.12 :31).

Il y a longtemps, une telle miséricorde était rendue visible par l’amoindrissement des pénitences sévères infligées à ceux qui étaient coupables de péchés graves – – pénitences qui, mais pour des indulgences, pouvaient durer des mois, voire des années. (C’est pourquoi les vieux livres de piété catholique offrent des « indulgences de 365 jours attachés à la pratique de ceci ou cela ». Ils renvoyaient primitivement, pas tant « aux jours de Purgatoire »[ Après tout, il n’y a pas de montre là-bas], qu’aux jours de pénitences terrestres.) Mais cela nous laisse un peu sur notre faim, puisque de nos jours, l’abandon de ces sévères pénitences rend la grâce des indulgences impalpable. Pour être certain, l’Église dit encore qu’une indulgence peut, d’une manière insondable, nous aider dans le processus de sanctification (et il est difficile de prouver le contraire). Mais la nature de cette aide est très mystérieuse. Peut-être la grâce vient-elle sous la forme d’un plus grand courage d’aimer dans des circonstances difficiles. Peut-être par d’autres voies. Moi, de tout façon, je ne sais pas.

« Mais », laissent échapper mes amis évangéliques, « les gens gagnent les indulgences. C’est du salut par les oeuvres ! » Non, c’est du bon sens pastoral apparenté à la maxime de Paul : « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus ! » (2Thess.3 :10). De la même manière, si un pécheur ne se repent pas en agissant sous l’obéissance à la grâce, il ne recevra pas d’indulgence. Car les indulgences sont comme des bourses d’étudiants pour des gens qui veulent étudier la sainteté, pas comme des diplômes libres pour des étudiants qui veulent s’amuser. Ils sont des dons spirituels pour nous aider à travailler à notre salut avec crainte et tremblement, pas une carte blanche qui nous dispenserait de nous occuper de notre sanctification. Et même ainsi, on les accorde avec une facilité et une fréquence incroyable pour des actes insignifiants d’obéissance à la grâce – comme de dire un « Notre Père » ou lire les Écritures pendant 15 courtes minutes. Évidemment, Dieu et son Église veulent que nous soyons bénis et graciés.

Alors enfin, cet ami évangélique devenu catholique commença à réaliser quel grand dommage c’est (et quel long chemin pour le rectifier) que beaucoup d’honnêtes protestants comme moi aient craint les indulgences comme n’étant rien d’autre qu’un arrangement médiéval pour faire de l’argent. Il n’y a rien de la sorte à l’origine et, bien que leur nom ait été traîné dans la boue par Tetzel et d’autres de son acabit, il n’y a rien eu de la sorte depuis le Concile de Trente. Il est grand temps que les laïcs catholiques soient clairs, en « protestant », les indulgences ne font pas des sous, mais font du sens !

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2 commentaires sur “Les indulgences: les dons spirituels les plus mal compris au monde

  1. Pingback: Réfutations des erreurs doctrinales des « chrétiens » anti-catholiques | +†+Yesus Kristus azu+†+

  2. michel
    2 novembre 2016

    «  » » »Alors donc, je rentre de mon baptême à ma maison, rempli de la grâce transformante et, trouvant que vous ne m’avez pas donné le chocolat de Pâque que je voulais, je casse une vitre dans un accès de colère. Je me repens. Je suis pardonné par Dieu et par vous. Toute ma faute est enlevée par le Sang du Christ au moment même de mon repentir. Mais il me reste à payer pour la vitre et, avec la grâce, j’ai toujours un travail à faire sur mon tempérament. De plus, je dois payer comptant (puisque j’ai plusieurs poursuites judiciaires en cours pour carreaux cassés qui n’ont pas disparues, comme par magie, quand j’ai été baptisé). Mais ( en demandant l’aide de Dieu) je fais ce que je peux pour vous rembourser. Vous (chrétiens, avec le don de miséricorde) pardonnez ce qui reste de ma dette et même vous me donnez un petit quelque chose pour que j’aie les moyens de payer une consultation de gestion de la colère et les honoraires légaux. Vous m’avez, en réalité, obtenu une indulgence partielle, soulageant la punition temporelle de mes péchés déjà pardonnés, et aidé sur le chemin de ma sanctification avec votre charisme.
    C’est ainsi avec l’Église. Car elle a été dotée de tous les charismes, grâces, et fruits (appelés par la théologie médiévale « le trésor des mérites » mais évoqué par Paul comme « toute sorte de bénédictions spirituelles dans le Christ » en Eph.1 :3). Et comme communion des croyants sanctifiés par grâce, l’Église a le pouvoir d’administrer avec autorité cette bénédiction où elle le veut, exactement comme Paul l’avait mentionné : « Car vous avez appris, je pense, comment Dieu m’a dispensé la grâce qu’il m’a confiée pour vous » (Eph.3 :2). En effet, elle fait simplement comme Saint-Paul le lui a demandé et utilise ses dons spirituels, particulièrement celui de la miséricorde, en donnant des indulgences par son autorité apostolique spirituelle – – l’autorité des croyants dotés de la grâce (1 Cor.12 : » » » » »

    Nous y revoilà aux toutes sortes de bénédictions spirituelles Ephésiens…je pense à Marie qui elle aussi forcément a reçu toutes sortes de bénédictions spirituelles mais je continue à croire qu’elle n’a rien reçu de Dieu de plus que les autres il est bien écrit « en lui Dieu nous à élu’ bien écrit au masculin on sait quand étant bon français, Marie elle aussi est élue en lui, Dieu nous a élu…les dons spirituels sont p sont pour l’église sur terre et ça dure depuis 2000 ans…en lui (nous qui sommes sur terre) Dieu nous a élu …et je crois sincèrement que c’est parce qu’elle (Marie) était promise à un descendant du roi David qu’elle a porté en sa chair le Fils de Dieu…tout ça est si bien écrit dans St Mathieu et St Luc…bien plus tard on la retrouve Marie on la voit dans une chambre haute avec les apôtres les disciples et les frères de Jésus …pardon vous dites cousins…Marie n’a pas été rachetée de façon éminente en considération des mérites de son fils …en lui Dieu nous a élu de toutes sortes de bénédiction…c’est Paul qui dit tout ça il voyait bien l’église de Jésus-Christ…nous sommes au 21ieme siècle l’enlèvement de l’église vers les cieux ne s’est pas encore produit…

    copier collé extrait du catéchisme catholique…

    492 Cette » sainteté éclatante absolument unique » dont elle est » enrichie dès le premier instant de sa conception » (LG 56) lui vient tout entière du Christ : elle est » rachetée de façon éminente en considération des mérites de son Fils » (LG 53). Plus que toute autre personne créée, le Père l’a » bénie par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ » (Ep 1, 3). Il l’a » élue » en Lui, dès avant la fondation du monde, pour être sainte et immaculée en sa présence, dans l’amour » (cf. Ep 1, 4)….le vrai éphésiens c’est et rien d’autres « en lui Dieu nous a élu et bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles…pour que nous soyons ses enfants d’adoption saints et irrépréhensible devant sa face…

    on le sait bien que si dans la colère on a fait du tord à quelqu’un et que si on veut à 100%100 être pardonné il faut s’efforcer de rembourser les dégâts…les vitres cassées le chocolat de pâques pas mal pas mal…

    mais c’est pas pour ça que cesserai de ne pas croire aux indulgences et au purgatoire…si quelqu’un a péché nous avons un avocat auprès du Père…épître St Jean…

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