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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Qui suivre ? L’Église, ou la Bible ?

Source : Il est vivant n° 189 (Décembre 2002)

Entretien avec Vincent Bedon (prêtre)

Bible et bougieJésus enseignait les foules longuement et plus encore les apôtres et les disciples qu’il envoya ensuite prêcher et enseigner (Mt 11, 1). Son enseignement éclaire et accomplit tout l’Ancien Testament. La vie et les paroles de Jésus, connues d’abord par la prédication orale des apôtres, répétées et transmises parmi les premiers croyants, ont été ensuite consignées par écrit, sous la conduite de l’Esprit Saint, dans les Évangiles. Les successeurs des apôtres n’ont pas pour autant interrompu leur mission de « proclamer la Bonne Nouvelle à toute la création » (Mc 16,15). Dieu, qui choisit certains hommes comme apôtres, prédicateurs, évangélistes, se révèle à travers eux quand ils prêchent et enseignent aussi bien que lorsqu’ils écrivent les Livres saints, conduits par le même Esprit. L’Église catholique ne tient donc pas tout son enseignement de la seule Écriture sainte, mais aussi de toute une tradition qui l’accompagne depuis le début.

La Parole de Dieu ne suffit-elle pas ?

L’Église, de par sa nature et grâce au don de l’Esprit, est spontanément dotée d’une fonction d’enseignement et d’annonce de la parole, appelée « magistère ». Sa mission est l’interprétation authentique de la parole de Dieu, écrite et transmise (DeiVerbum §10). En effet, un passage de la Bible, s’il est lu hors de son contexte et des autres affirmations de l’Écriture, peut, par exemple, donner de Dieu une image fausse, étrangère à l’enseignement du Christ. Paul affirmait déjà (2 Co 3,6) : « Dieu nous a rendus capables d’être ministres d’une Alliance nouvelle, non de la lettre, mais de l’Esprit ; car la lettre tue, mais l’Esprit vivifie. »

Le magistère cherche à éviter les écueils majeurs dans l’écoute de la parole comme le subjectivisme (prétention individuelle à interpréter librement l’Écriture et la Tradition), le fondamentalisme (qui prend tout au pied de la lettre) ou un hypercriticisme (mettant systématiquement en cause les paroles et gestes de Jésus). Ainsi, le magistère ne fait que servir la parole de Dieu. Cet ensemble, loin de scléroser l’écoute de la parole que Dieu nous adresse, lui donne une profondeur et une richesse que ne pourraient avoir à lui seul un de ces éléments isolés.

Cette Tradition que vous évoquez n’est-elle pas ajoutée par l’Église au texte biblique ?

Sur ce point, le Père Lagrange, fondateur de l’École biblique de Jérusalem, a montré la solidarité profonde entre le texte saint et l’Église : Puisque Jésus n’a pas lui-même fixé son enseignement par écrit, il était impossible que les termes en fussent toujours conservés d’une façon mathématique. Ceux des évangélistes sont en partie empruntés à l’Église et rendus à l’Église ; elle les fournit et elle les accepte ; l’auteur lui-même y a mis de sa pensée, mais l’Église y reconnaît la sienne qu’elle sait être celle de Jésus. Et c’est pour cela aussi que Saint Augustin ne croyait à l’Évangile que d’après l’autorité de l’Église…

D’autres récits ont été rejetés comme inauthentiques par cette Tradition vivante, tels les récits apocryphes. On voit dès lors à quel point sont reliées et solidaires l’Écriture et la Tradition qui la portent. Ainsi la constitution dogmatique sur la Révélation divine (Dei Verbum § 10) affirme-t-elle : « La sainte Tradition et la sainte Écriture constituent un unique dépôt sacré de la parole de Dieu, confié à l’Église ». Pour un catholique, il n’y a donc qu’une seule source divine, la Parole de Dieu, recueillie à la fois dans l’Écriture et dans la Tradition.

Tradition, Écriture et Église…

« Il est donc clair que la sainte Tradition, la sainte Écriture et le magistère de l’Église, par une très sage disposition de Dieu, sont tellement reliés et solidaires entre eux qu’aucune de ces réalités ne subsiste sans les autres, et que toutes ensemble, chacune à sa façon, sous l’action du seul Esprit Saint, contribuent efficacement au salut des âmes. »

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Un commentaire sur “Qui suivre ? L’Église, ou la Bible ?

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