+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Pourquoi le secret de la confession?

Devant les « affaires » qui ont defrayée la chronique, et qui ont blessé toute l’Eglise, certains ont voulu que soit remis en cause le secret de la confession, et que soit voté un texte obligeant les évêques à signaler à l’autorité compétente les délits qu’aurait pu commettre un prêtre. Non seulement il est hors de question que l’Eglise cède sur la question du secret de la confession, mais en plus il est évident que cette suggestion provient d’un milieu socio-politique particulièrement ignorant des usages de l’Eglise.

LA LOI DE L’EGLISE EST INCONTOURNABLE

imageExtraits du Droit Canon

N° 983 § 1 : Le secret sacramentel est inviolable ; c’est pourquoi il est absolument interdit au confesseur de trahir en quoi que ce soit un pénitent, par des paroles ou d’une autre manière, et pour quelque cause que ce soit.

N° 984 § 2 : Celui qui est constitué en autorité ne peut en aucune manière utiliser pour le gouvernement extérieur la connaissance de péchés acquise par une confession, à quelque moment qu’il l’ait entendue.

N°1388 § 1 : Le confesseur qui viole directement le secret sacramentel encourt l’excommunication latae sententiae réservée au Siège Apostolique ; celui qui le viole d’une manière seulement indirecte sera puni selon la gravité du délit.

On ne saurait être plus clair : le confesseur n’a pas le droit de répéter ce qu’il a entendu, il ne peut même pas utiliser la connaissance qu’il en a pour justifier des décisions qu’il peut prendre, et que s’il le fait il encourt la peine la plus grave qui soit.

Un évêque d’Afrique du Sud a d’ailleurs eu l’occasion de dire dans la presse : les prêtres d’Afrique du Sud sont prêts à mourir plutôt que de trahir le secret de la confession. Voilà un courage auquel l’occident ne nous habitue plus…

L’IGNORANCE DE CEUX QUI DENONCENT…

Ceux qui font beaucoup de bruit ne savent, en fait, pas grand-chose du sujet qu’ils veulent traiter. En effet, on a entendu des voix s’élever pour demander que lorsqu’un évêque confesse l’un de ses prêtres et apprend ainsi que ce prêtre à commis un délit grave, il prévienne les autorités compétentes.

Tout d’abord, nous l’avons vu, un évêque, qui est d’abord un prêtre, est tenu de la manière la plus stricte par la Loi de l’Eglise.

Ensuite un évêque ne confesse pas ses prêtres. Cet usage est à mettre en parallèle avec bien d’autres : un abbé ne confesse pas ses moines, un supérieur de séminaire ne confesse pas les séminaristes dont il a la charge, un prêtre ne confesse pas ceux qui habitent sous le même toit que lui, etc. Il s’agit ici de ne pas fausser l’authenticité de la relation : quelle amitié, quelle confiance, quelle liberté pourraient résister à un regard qui en sait trop ? Dans une relation il est toujours nécessaire de préserver un « jardin secret », c’est une preuve de respect de l’autre. Ainsi, en conformité avec d’autres usages éprouvés par les siècles, l’évêque ne confesse pas ses prêtres. Ils sont donc tous libres de choisir n’importe quel confesseur.

La notion de confession et celle du secret qui s’y rapporte ne peut être sérieusement discutée qu’à l’aide d’une bonne connaissance non seulement de la tradition en ce domaine, mais aussi de ce que l’on appelle la « pastorale », qui nécessite une sérieuse formation. Ceux qui exigent que soit levé le secret de la confession dans certains cas devraient plutôt laisser ce débat aux mains de personnes réellement instruites de la question.

PRESERVER ET LE SECRET ET LA MORALE

Pour certains, et notamment de nombreux médias, la question de la dénonciation d’un crime, ou projet de crime, révélé sous le secret de la confession, est un sujet nouveau. L’homme étant toujours le même depuis 2000 ans, il est évident que le débat en question a déjà été traité maintes fois, et que cette casuistique fait partie des grands classiques.

Problématique de base : un prêtre entend en confession une personne qui lui dit projeter de commettre un crime sur une personne précise à une heure précise. Que doit-il faire ?

Voilà une question de base qui peut être posée dans le cadre d’une formation de séminaristes…

A cette question il n’y a qu’une réponse possible : après s’être renseigné sur la santé mentale de la personne (s’il ne la connaît pas) il doit amener ou bien le criminel potentiel, ou bien la victime potentielle, à se mettre dans une situation telle que le crime ne puisse être commis. Et ce sans rien révéler. Dans la réalité cette suggestion n’est évidemment pas forcément aisée à mettre en oeuvre, mais le prêtre doit mettre en oeuvre tout ce qui est possible.

Mais puisqu’il est question de pratique, voyons ce qui paraît faisable lorsqu’un évêque se trouve face à la culpabilité d’un prêtre. Une chose est sûre, l’évêque doit placer le prêtre dans une situation nouvelle et différente, immergé dans un contexte où il ne peut retomber dans les mêmes travers. Il y a toujours une possibilité. Et malheureusement, il faut reconnaître que ce type de changement n’a pas toujours été appliqué en temps voulu.

L’évêque, puis qu’il n’est pas le confesseur du prêtre, peut-il révéler ce qui lui a été rapporté ? C’est en fait difficile, car il est tenu par ce qui s’appelle le « devoir de réserve ». D’autre part, l’Eglise dispose par elle-même, dans les rouages de son organisation, des moyens de prendre des sanctions variées. Un prêtre peut se voir écarté de toute activité pastorale, par l’affectation à une tâche où le contact humain est très limité, et/ou par l’effet de sanctions (interdiction de confesser et/ou de prêcher). Le prêtre peut aussi être contraint de faire une retraite de longue durée dans une abbaye, ou bien de prendre une année sabbatique « surveillée », et dans les deux cas il peut être fortement incité à être suivi par un psychologue. Dans les cas les plus graves il peut perdre l’état clérical (réduction à l’état laïc) voire excommunié. Mais ces deux derniers cas sont réservés à des fautes de la plus haute gravité commises contre la Foi et l’Eglise. Dans les problèmes de morale, on préfère les sanctions citées précédemment, qui peuvent, si nécessaire, durer de nombreuses années, parfois même toute la vie.

Naturellement, il n’est pas question de faire obstacle aux lois du pays. C’est ce qu’ont formulé clairement les évêques de France. Mais la rupture du secret de la confession et du devoir de réserve n’est pas, et ne sera jamais, admis dans l’Eglise Catholique Romaine. Comme dit précédemment, il existe d’autres moyens de protéger les victimes potentielles et de punir efficacement les coupables.

Toujours est-il qu’un évêque qui persiste à respecter l’usage du devoir de réserve, alors qu’on le traîne devant les tribunaux (et que le juge le nomme « Monsieur » d’une manière particulièrement provocante), mérite le respect pour son courage et son opiniâtreté. Cette attitude forte et méritoire est certainement un message fort à tous les prêtres, pour leur rappeler qui ils sont et ce que doit être leur vie.

Source: de Ecclesia (de l’Eglise)

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