+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Preuves bibliques du Purgatoire (bis repetita)

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Texte de Mark Shea

« Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du Ciel. » (Catéchisme de l’Église Catholique-#1030)

Peu de doctrines de la foi catholique sont aussi mal comprises que la doctrine du Purgatoire. Paradoxalement, quand elle est correctement comprise, peu de doctrines sont aussi sensées – ou plus bibliques .

Les malentendus sur le Purgatoire abondent. Certains pensent que l’Église enseigne qu’il est une seconde chance, par laquelle les âmes des défunts destinées à l’Enfer ont une nouvelle possibilité de faire route vers le Ciel. D’autres croient que les catholiques pensent que le Purgatoire est nécessaire aux âmes pour compléter la grâce du Christ avec notre propre vertu et nos bonnes œuvres. Presque tous ceux qui se trompent sur cette doctrine imaginent qu’elle était inconnue à l’époque du Christ, qu’elle n’est pas mentionnée par les Écritures et qu’elle apparut dans l’Église dans les siècles suivants, à cause de l’influence de superstitions.

En réalité, tous ces préjugés sont faux. L’enseignement de l’Église est pour le moins bien plus surprenant, plein de bon sens, humain et biblique que ce que ces divers présupposés non catholiques imaginent. Surprenant, parce que tout l’Évangile est une surprise. Plein de bon sens, parce que cela correspond parfaitement à ce que Dieu nous appelle à être et à faire. Humain, parce qu’il nous offre l’opportunité et la grâce de devenir pleinement humain comme le Christ l’est. Et biblique, parce le Purgatoire a de solides racines bibliques, en vérité.

Alors finalement, c’est quoi le Purgatoire ?

« Purgatoire » vient du latin purgatio qui signifie « nettoyer » ou « purifier ». Subir une « purgation » c’est être purifié, ou nettoyé. Exactement comme l’or est purgé de ses impuretés pendant le raffinage, de même les Écritures enseignent que nous devons être purifiés de tout ce qui est iniquité ou impur. Par exemple, le psaume 51 : 8-12 écrit :

« Mais tu aimes la vérité au fond de l’être,dans le secret tu m’apprends la sagesse.

Purifie-moi avec l’hysope et je serai pur ; Lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.

Rends-moi le son de la joie et de la fête : Qu’ils dansent les os que tu broyas !

Détourne ta Face de mes fautes, Et tout mon mal, efface-le.

Créé en moi un cœur pur, ô mon Dieu, Restaure en ma poitrine un esprit ferme. »

De même, Jean l’Apôtre écrit :

« Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est. Quiconque a cette espérance en Lui se rend pur comme celui-là est pur » . (1 Jean 3 : 2-3)

En cette vie, ce processus de purification des péchés s’appelle la « sanctification. » Le purgatoire est le point culminant de ce processus par lequel un être humain qui est mort dans la grâce de Dieu est rempli complètement de la Sainte Trinité et parfaitement « conformé à l’image du Christ » (Romains 8 : 29.)

Quand la sanctification commence-t-elle et quand finit-elle ?

La sanctification commence au moment où un être humain se donne à Jésus. Jésus accueille celui qui vient à lui par la foi (Jean 3 :16). Mais il nous accueille pour nous transformer (Romains 12 : 2). Par conséquent, notre relation à Jésus est une coopération et une lutte dans lesquelles son Saint Esprit nous aide à répondre à cet appel à la sainteté plantée dans nos coeurs par le baptême. Ce processus est bien décrit par Pierre, qui écrit :

« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés, pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir, lequel vous est réservé dans les cieux, à vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps ! C’est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu’il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or périssable (qui cependant est éprouvé par le feu), ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra » (1 Pierre 1 : 3-7).

La sanctification continuera, selon Paul, jusqu’à ce que « celui qui a commencé en vous cette oeuvre excellente en poursuivra l’accomplissement jusqu’au jour de Jésus-Christ » (Philippiens 1 :6).

Bref, Dieu ne se reposera pas tant que nous ne serons pas parfaitement bénis et heureux. Si ce processus n’est pas terminé à notre mort, alors Dieu l’achève au Purgatoire. C’est pour cela que le Purgatoire n’est pas une seconde chance. Tous ceux qui sont au Purgatoire sont, en réalité, morts dans « la grâce et l’amitié de Dieu » comme l’enseigne le Catéchisme de l’Église Catholique. Toutes les âmes du Purgatoire sont absolument certaines de voir la Face de Dieu. C’est simplement qu’elles ne la voient pas encore complètement.

La mention par Pierre de la souffrance et du « test par le feu » semble sinistre. La vie chrétienne n’est-elle pas censée être victoire plutôt que souffrance ?

C’est un peu comme dire que la vie de l’athlète est supposée être faite de trophées plutôt que de courses. Les trophées, comme le note Paul, sont attribués à la fin de la course (2 Timothée 4 : 8). Le Purgatoire en effet implique la douleur, tout comme l’entraînement à la course ou une course de 10 kilomètres l’implique. Mais la douleur n’est pas l’objectif du Purgatoire. La guérison, la joie et l’extase du Ciel, eux, le sont.

Notre Seigneur et ses Apôtres ont tous souffert. Et aussi beaucoup de chrétiens depuis. Et tous les autres. Comme Job le dit :

« C’est l’homme qui engendre la peine, comme le vol des aigles cherche l’altitude ». (Job 5 : 7)

Notre Seigneur n’a jamais promis une existence sans douleur. Ou plutôt, il a promis une joyeuse existence dans laquelle rien – pas même la souffrance et la mort – n’est perdue et dans laquelle tout est racheté et transformé en gloire. Ce qui est remarquable dans la vie chrétienne, ce n’est pas sa notable absence de souffrance, mais le fait que le Christ nous donne la grâce de vivre la douleur de la vie et même à y trouver de la joie.

Qu’est-ce que « la douleur de la vie »?

C’est le contraire de la damnation et de la mort. Dans le baptême (et la confession), la faute du péché est pardonnée et l’amitié avec Dieu restaurée par la grâce du Christ. Mais le fait que le péché soit pardonné ne signifie pas que le péché cesse d’avoir des effets sur nous et ceux qui sont autour de nous. Le pardon de Dieu ne signifie pas que toutes nos mauvaises habitudes ont été effacées comme par magie, tous les impôts en retard annulés et les personnes que nous avons blessées ont été rétablies d’un coup en pleine santé physique, émotionnelle et spirituelle juste parce que nous croyons. Ce que l’Église dit c’est que « si vous avez cassé la vitre de quelqu’un dans un moment d’égarement et que vous vous repentiez, vous serez très certainement pardonnés. Toutefois, il vous reste encore à payer pour la vitre et à faire quelque chose pour corriger votre mauvais tempérament ». Vous devez, pour reprendre les mots de Paul, « travailler à votre salut avec crainte et tremblement ; car Dieu est à l’oeuvre en vous qui opère le vouloir et l’opération même au profit de ses bienveillants dessins. » (Philippiens 2 : 12-13). C’est pourquoi Jésus commanda à Zachée de rendre l’argent qu’il avait volé, même si son péché de vol était pardonné ( Luc 19 : 1-10). C’est pourquoi les meurtriers repentis restent en prison, les fornicateurs repentis doivent faire avec les conséquences des M.S.T. transmises, et les drogués repentis avec les symptômes du manque. Le péché pardonné continue d’avoir des effets tant sur le pécheur que sur ceux contre lesquels il a péché. La différence est que, avec la grâce, ces luttes n’ont pas pour effet l’endurcissement des pécheurs dans leurs fautes, mais leur libération du péché. C’est précisément pourquoi Paul écrit :

« la souffrance produit la constance, la constance une vertu éprouvée, la vertu éprouvée l’espérance. Et l’espérance ne déçoit pas, parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous fut donné. » (Romains 5 : 3-5)

La souffrance de la sanctification produit, non le remord, mais la repentance, non le vautrement dans la culpabilité, mais la joie de la libération. Comme Paul dit :

« La tristesse selon Dieu produit en effet un repentir salutaire qu’on ne regrette pas ; la tristesse du monde, elle, produit la mort. » (2 Corinthiens 7 : 10)

A quoi bon la sanctification et le Purgatoire, si vous êtes une personne fondamentalement bonne ? Un Dieu d’amour ne nous accepterait-il pas tels que nous sommes ?

Nous entendons souvent « Untel est fondamentalement une bonne personne ». Qu’entendons-nous par là ? Pour répondre, supposez qu’une personne dise : « Einstein était fondamentalement un bon scientifique »ou « Bach était fondamentalement un bon musicien » ou « Pelé était fondamentalement un bon joueur de football ». Cela vous semble t-il peu approprié comme jugement ? Ce n’est pas surprenant. Quand nous disons que quelqu’un est « fondamentalement bon », nous voulons dire « malgré leurs défauts, ils ont des qualités ». C’est pourquoi personne ne dit que Bach, ou Einstein, ou Pelé étaient fondamentalement « bons ». Nous reconnaissons que ces personnes avaient quelque chose de plus que des qualités « basiques ». Ils étaient spéciaux.

Vous êtes spécial aussi. Paul nous dit :

« Nous sommes son ouvrage [de Dieu], créés dans le Christ Jésus en vue des bonnes œuvres que Dieu préparées d’avance pour que nous les pratiquions » . Le terme « ouvrage » est la traduction du grec« poiema » (d’où vient le mot « poème »). Nous sommes littéralement des œuvres d’art de Dieu, créés pour manifester pleinement la vie du Christ dans le monde. Notre appel en Christ n’est pas d’être « corrects » ou« fondamentalement bons » mais d’être des saints et de « participer à la gloire qui va être révélée ». (1 Pierre 5 : 1)

Comme C.S. Lewis dit, « la personne la plus terne et la plus inintéressante à laquelle vous puissiez parler aujourd’hui pourrait un jour se transformer et devenir un être que, si vous ne l’avez pas connu auparavant, il vous fascinerait ». Ceci étant dit, il n’est pas suffisant de dire que Dieu nous accepte tels que nous sommes (bien qu’il le fasse certainement aussi). Nous devons reconnaître qu’il nous accepte dans un but, à savoir, de nous rendre participants à sa gloire. Il veut nous transformer en des créatures qui, selon un mode propre à ses créatures, sont pleinement insérés dans la vie divine. C’est pourquoi Paul prie :

« qu’Il daigne, selon la richesse de sa gloire, vous armer de puissance par son Esprit pour que se fortifie en vous l’homme intérieur, que le Christ habite en vos cœurs par la foi, et que vous soyez enracinés, fondés dans l’amour. Ainsi, vous recevrez la force de comprendre, avec tous les saints, ce qu’est la Largeur, la Longueur, la Hauteur et la Profondeur, vous connaîtrez l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance, et vous entrerez par votre plénitude dans toute la Plénitude de Dieu ». (Ephésiens 3 :16-19)

Pour que cela arrive, il doit y avoir changement, non seulement de notre adresse de la terre pour le ciel, mais de notre coeur de « bon » à « saint ». Nous ne devons pas simplement aller au Ciel, nous devons devenir divins pour être ici-bas à l’image du Christ.

N’est-ce pas un blasphème que de parler d’être « à l’image du Christ » ?

Cela serait un blasphème de parler ainsi si nous prétendions l’être de par nous-mêmes. C’est pour cela qu’Adam et Ève ont chuté. Ils ont chuté à cause de la suggestion du serpent d’essayer d’être – de leur propre chef-« comme Dieu, qui connaît le bien et le mal » (Genèse 3 : 5). Mais l’ironie est que, s’ils étaient demeurés avec Dieu dans la confiance, ils auraient compris que Dieu désirait leur donner ce qu’ils ont essayé de voler. Car selon Pierre, Dieu désire que nous devenions « participants de la divine nature ». (2 Pierre 1 : 4). C’est pourquoi Jésus nous dit d’ « être parfaits comme votre Père des Cieux est parfait » (Matthieu 5 : 48), ou, en d’autres termes, que nous devrions « être comme Dieu » . En effet, tout ce que Satan a fait miroiter à nos premiers parents pour qu’ils essayent de le voler n’était qu’une pâle imitation de ce que Dieu désire concrètement nous donner. La sagesse, la connaissance, la puissance, l’amour, les vraies richesses, l’assurance sur le futur et même la communion avec le Corps entier du Christ à la fois vivant et mort sont notre héritage propre en Christ (cf. Ephésiens 1 : 18-19 ; 3 : 14-21). Hériter de ces choses ne signifie pas simplement être pardonné, mais devenir comme le Christ. Uniquement désirer le pardon sans désirer la transformation intérieure, c’est comme « nettoyer l’extérieur de la coupe et de l’écuelle, quand l’intérieur est rempli par rapine et intempérance » (Matthieu 23 : 25). Pour être comme le Christ, nous devons être changés, aussi bien que pardonnés. Nous devons être purifiés et « sans tache ni ride ni rien de tel, mais saints et immaculés » (Ephésiens 5 : 27).

Comment quelqu’un peut-il réaliser cela ?

Personne sur terre ne peut faire cela de lui-même . Nous ne pouvons pas changer nos êtres déchus pas plus que nous pouvons nous élever par nos propres moyens. Nous ne pouvons pas forcer la porte du Ciel, pas plus que Hamlet ne peut faire irruption dans la maison de Shakespeare. Si Hamlet doit rencontrer Shakespeare – si nous devons rencontrer Dieu, rien de moins que de « participer à sa divine nature » – il est nécessaire pour l’Auteur de s’écrire lui-même dans le monde de son héros, dans sa propre histoire, puisque ce héros ne peut venir dans le monde de l’Auteur. C’est ce qu’a fait Dieu : il s’est écrit lui-même dans ce monde, en devenant homme tout en restant Dieu. Il est devenu un personnage de sa propre histoire. À cause de cela, nous pouvons maintenant demander gratuitement l’aide de la seule personne qui soit pleinement humaine et divine, la seule qui soit dans les Cieux comme sur la terre : Jésus-Christ (Jean 3 : 31).Puisque nous sommes incapables par nous-mêmes de partager sa vie divine, il vint pour effacer nos péchés par sa mort et pour nous donner sa vie en partage . Si quelqu’un professe sa foi en Jésus et est baptisé, il promet : « mon Père l’aimera, et nous viendrons en lui, et nous établirons en lui notre demeure » (Jean 14 : 23). Bref, nous sommes dépendants de la grâce et de l’amour de Dieu en Christ qui entrent dans nos âmes et nous transforme. C’est pourquoi Paul nous dit :

« Car c’est bien par grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu ; il ne vient pas des œuvres, car nul ne doit pouvoir se glorifier » . (Ephésiens 2 :8-9)

et Jésus dit :

« Je suis la vigne et vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruits ; car hors de moi, vous ne pouvez rien faire » . (Jean 15 :5)

Par la foi et le baptême, nos péchés sont pardonnés, nous sommes greffés sur cette vigne, la vie surnaturelle de la Sainte Trinité est infusée dans nos coeurs, et il nous est donné de partager la vie de Dieu, ce que nous n’aurions jamais réussi à faire de nos propres forces. Et cette vie, dès le moment où elle entre en nous, commence à nous transformer.

Si le baptême et la foi en Christ couvrent nos péchés et nous donnent la grâce de Dieu, alors pourquoi la sanctification est-elle nécessaire ?

Parce que le baptême est une grâce, pas de la magie. La grâce est la vie de Dieu plantée dans l’âme humaine. C’est la « semence incorruptible » qui nous est donnée par Dieu (1 Pierre 1 : 23). Mais la semence doit grandir, comme notre Seigneur nous l’a enseigné (Matthieu 13 : 1-32). Il ne s’agit pas simplement, comme certains l’ont enseigné, de couvrir nos péchés comme la neige recouvre le tas de fumier, mais plutôt d’un moyen de transformer notre être intérieur, comme Paul l’a enseigné.

Considérez Israël. Dans le livre de l’Exode, nous lisons l’histoire de la manière dont Dieu a délivré Israël de l’esclavage. Mais dans le livre des nombres, nous lisons aussi comment, pour qu’ils soient prêts à entrer dans la Terre Promise (qui est une préfiguration de notre destinée au Ciel), Dieu dut expurger l’esclavage des Israélites par une série de châtiments et de guérisons de leur idolâtrie, de leur désobéissance et de leur rébellion. Ils avaient eux-mêmes à changer, et pas seulement les circonstances extérieures. C’est pourquoi c’est une erreur de penser que la « couverture » de nos péchés par Dieu est la totalité et la fin de la vie chrétienne. Dieu en effet couvre et pardonne nos fautes (Romains 4 : 7). Mais ce n’est pas la fin de l’histoire. Le bandage qui couvre la blessure est une bénédiction. Mais c’est une bénédiction encore plus grande que la guérison favorisée par ce bandage. De la même manière, la grâce de Dieu « couvre » nos péchés, mais aussi nous donne la médecine de la discipline pour guérir nos âmes et nous rendre davantage semblables au Christ. L’Écriture est pleinement consciente de cela quand elle dit :

« Mon fils, ne méprise pas la correction du Seigneur, et ne te décourage pas quand il te reprend. Car celui qu’aime le Seigneur, il le corrige, et il châtie tout fils qu’il agrée ». (Hébreux 12 : 5-6)

Une telle discipline nous respecte en oeuvrant par notre coopération avec la grâce de Dieu. C’est pourquoi Jacques dit, non pas aux non-chrétiens, mais aux croyants baptisés et fidèles : « Approchez-vous de Dieu, et Il s’approchera de vous. Purifiez vos mains, pécheurs ; sanctifiez vos coeurs, gens à l’âme partagée » (Jacques 4 : 8). Jacques est conscient que le pardon donné dans le baptême est le début, pas la fin, de la sanctification voulue par Dieu pour faire de chacun de nous des saints glorieux. Mais ce processus ne se fera pas sans nous. Notre libre coopération est nécessaire à chaque étape de ce chemin. C’est pour cela que Paul nous dit que Jésus nous fera « paraître devant Lui, saints, sans tache et irréprochables devant Lui (= Dieu). Il faut seulement que vous persévériez dans la foi, affermis sur des bases solides, sans vous laisser détourner de l’espérance promise par l’Évangile que vous avez entendu » (Colossiens 1 : 22-23).

Comment peut-on mourir dans la « grâce et l’amitié de Dieu » et cependant être imparfaitement purifié ?

De la même manière que l’on peut vivre dans la grâce et l’amitié de Dieu quoique imparfaitement purifié ! Chaque jour, nous luttons avec la réalité du péché dans nos vies. Nous faisons des choses dont nous avons honte et dont nous nous faisons le reproche. Chaque jour nous luttons pour vaincre, pas seulement les actes peccamineux, mais les habitudes du péché. Cependant, chaque jour Dieu nous accueille, nous aime et nous donne la grâce d’être un peu plus semblables à Jésus que nous ne l’étions avant, si nous nous repentons. La raison pour laquelle ceci est possible est qu’il existe une différence entre un « péché qui mène à la mort » (c’est-à-dire, le péché mortel) et un « péché qui ne mène pas à la mort » (c’est-à-dire le péché véniel). Les péchés véniels peuvent blesser notre relation à Dieu ( comme une mauvaise coupure blesse le corps) mais pas détruire cette relation ( comme une balle en plein coeur tue le corps). Pour revenir à notre sujet, Jean nous dit spécifiquement que « toute iniquité est péché, mais il y a un péché qui ne conduit pas à la mort » (1 Jean 5 : 17). Pour de tels péchés « non mortels », Jean nous donne la clé de la guérison : la prière. C’est pourquoi il dit :

« Si quelqu’un voit son frère commettre un péché qui ne conduit pas à la mort, qu’il prie et Dieu donnera la vie à ce frère, à tous ceux dont le péché ne conduit pas à la mort ». (1 Jean 5 : 16)

Nous vivons cela chaque jour quand nous péchons et nous nous repentons. L’idéal, bien sûr, est de n’avoir ni petite ni grosse blessure à l’âme. Mais il est aussi important de reconnaître que tout péché ne fait pas d’une personne un monstre de méchanceté qui a expressément rejeté Dieu, ni que chaque impureté de l’âme signifie que celui qui meurt impur est voué à l’Enfer. Beaucoup de personnes meurent en luttant contre le péché. Le Purgatoire nous rappelle que leur lutte ne sera pas vaine, qu’elles « seront fortifiées avec puissance par son Esprit qui habite en nous » et qu’elles triompheront inévitablement, trouvant la joie parfaite qu’elles ont toujours recherchée, si ce n’est dans cette vie, au moins dans l’autre. Ceci s’accorde avec le conseil de Jean, de prier pour ceux qui luttent contre le péché. Après tout, la lutte contre le péché est un assez bon signe que quelqu’un recherche encore la grâce de Dieu et n’a pas coupé les ponts avec lui ! C’est aussi pour cela que l’Église prie pour ceux qui sont morts sans avoir fini ce processus de sanctification. Le Purgatoire est un monument à l’Espérance !

Mais les morts ne vont-ils pas directement au Ciel ?

Si les morts ne sont pas morts complètement saints (bien que désirant le devenir), pas complètement préparés pour une vie d’amour et de don total d’eux-mêmes à l’heure de la mort, comment pourraient-ils se délecter d’une joie parfaite ? Exactement comme les Israélites n’avaient pu aimer Dieu parfaitement quand ils étaient au désert, encore corrompus avec des mentalités et des coeurs d’esclaves.

Cela ne veut pas dire que ceux qui sont au Purgatoire ne partagent pas la vie de Dieu. Au contraire, les morts en Christ sont bel et bien vivants ! Le Christ lui-même l’enseigna quand il dit aux Sadducéens :

« N’avez-vous pas lu ce que Dieu vous a dit en ces termes : « Je suis le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob » ? Or Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. » (Matthieu 22 : 31-32) .

Plus loin, il prouve que les morts en Christ sont vivants en permettant à Moïse d’apparaître vivant aux Apôtres sur le mont de la Transfiguration. (Matthieu 17 : 3)

Mais tous ceux qui sont morts en Christ ne sont pas réellement parfaitement prêts – assez solides, nous pourrions dire – pour l’intense, extatique et éternelle joie du Ciel : tous les morts ne meurent pas en parfaite union avec Dieu. En Christ, nous avons reçu une solide fondation de grâce comme une maison bâtie sur le roc (Matthieu 7 : 24). Mais il est clair que chaque jour, nous essayons de construire sur cette fondation avec nos propres emplois du temps, idées, craintes et superstitions, souvent mêlées à d’authentiques matériaux qui nous sont donnés par le Divin Entrepreneur. Bien souvent, nous ne savons pas ce qui ne va pas avec la maison de Dieu que nous construisons. Nous avons seulement la vague sensation que quelque chose ne va pas et que ce n’est pas tout à fait la demeure dont parlait Jésus. Paul nous dit que ce que nous deviendrons dépendra du matériel que nous avons utilisé :

« Si l’on bâtit sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, l’ouvrage de chacun sera manifesté ; car le Jour le fera connaître , parce qu’il va se révéler dans le feu, et le feu éprouvera l’ouvrage de chacun … Si l’ouvrage de quelqu’un est consumé, il perdra sa récompense ; lui pourtant sera sauvé, mais comme à travers un feu. » (1 Corinthiens 3 : 12-13,15).

Le Purgatoire est le processus par lequel nous éliminons les derniers obstacles à la joie parfaite de Dieu.

Le Purgatoire n’était-il pas inconnu de l’Écriture et n’a-t-il pas été inventé seulement au Moyen-Âge ?

Non. Simplement, le terme « Purgatoire » apparut après l’époque des Apôtres, exactement comme les mots « Trinité »« christianisme »« seconde venue » et « Bible ». Mais l’idée du Purgatoire était déjà présente avant même la naissance de Jésus. Ainsi, par exemple, nous trouvons un héros juif nommé Judas Maccabée, à peu près un siècle et demi avant Jésus, priant pour les morts, et demandant spécifiquement qu’ils soient délivrés de leurs péchés après la mort (2 Macchabées 12 : 43-45). Cette pratique, connue sous le terme « Kaddish », se perpétue dans le judaïsme jusqu’à ce jour et était bien établie parmi les juifs à l’époque de Jésus. De la même façon, le Nouveau Testament assume fréquemment l’existence du Purgatoire. Jésus, pendant qu’il était au tombeau, nous dit Pierre, « a prêché aux esprits en prison, rebelles autrefois. » (1 Pierre 3 :18-20). De même, Jésus enseigne que certains péchés (en particulier l’absence de pardon) conduiront au jugement et ensuite en prison . Mais il sous-entend aussi que ce châtiment n’est pas nécessairement éternel :

« En vérité, je te le dis, tu n’en sortiras pas que tu n’aies payé jusqu’à la dernière obole » (Matthieu 5 : 21-26).

De telles images ne conviennent ni au Ciel (où il n’y a pas de prison), ni à l’Enfer (où il n’y a ni repentance, ni « issue », et par conséquent, pas d’endroit où prêcher). Mais elles correspondent bien au Purgatoire.

Jésus sous-entend aussi l’existence du Purgatoire ou du « pardon dans l’âge à venir » quand il dit à ses disciples :

« Quiconque aura parlé contre le Fils de l’homme, cela lui sera remis ; mais à celui qui aura parlé contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera remis ni dans cet âge, ni dans l’âge à venir » (Matthieu 12 : 32).

L’Église après Jésus n’a donc par conséquent pas « inventé » le Purgatoire. Au contraire, elle a simplement répété et clarifié ce que Jésus et ses Apôtres avaient enseigné concernant la promesse de l’espérance pour l’au-delà.

Quelle est la signification du Purgatoire pour nous aujourd’hui ?

Il signifie ce qu’il a toujours signifié : l’espérance  ! La bonne nouvelle de l’Évangile était proclamée par Jésus il y a longtemps :

« L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par son onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres, et il m’a envoyé guérir ceux qui ont le coeur brisé, annoncer aux captifs la délivrance, aux aveugles le retour à la vue, pour rendre libre les opprimés, publier une année favorable du Seigneur » (Luc 4 : 18-19).

Le Purgatoire est l’assurance qu’à la fin, il n’y aura rien qui diminuera le reflet de la Gloire de Dieu dans nos vies. Nous, qui avons été captifs du péché pendant trop longtemps, nous serons libérés. Bien plus, comme participants de la vie du Christ, nous sommes dépositaires d’une incroyable promesse de sa part. Car il nous dit :

« Vraiment, vraiment, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je vais vers le Père » (Jean 14 : 12).

En d’autres termes, nous ne recevons pas simplement de lui la grâce, mais en plus nous faisons ses oeuvres de grâce avec lui, car nous sommes les collaborateurs du Christ (1 Corinthiens 3 : 9). Cela signifie (parmi bien d’autres choses) que, puisqu’il prie pour nous, nous pouvons prier les uns pour les autres avec son autorité et sa puissance. Et de telles prières peuvent être faîtes, non seulement pour les vivants, mais aussi pour les morts. Nous pouvons par conséquent aider ceux qui, au Purgatoire, sont en cours de purification, exactement comme nous pouvons aider ceux qui sont sur terre -par nos prières et nos offrandes d’amour, particulièrement la Messe. Car, comme dit Paul, « nous qui sommes plusieurs, nous ne faisons qu’un seul corps dans le Christ, et chacun en particulier, nous sommes membres les uns des autres » (Romains 12 : 5). Cette unité avec Dieu et les uns avec les autres, n’est pas entamée par la mort. Par conséquent, nous pouvons continuer de prier pour ceux qui sont morts avec l’espérance venant du Christ, que nos prières seront une aide réelle pour eux, puisque nous portons « les fardeaux les uns des autres, et qu’ainsi vous accomplirez la Parole du Christ » (Galates 6 : 2).

Tout est là, dans l’ Écriture !

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5 commentaires sur “Preuves bibliques du Purgatoire (bis repetita)

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    19 mai 2014

    De judicieux conseils à vite mettre en application

  3. KABORE Olivier
    4 février 2015

    Euh… Le sens de ce passage est pourtant assez clair: Matthieu 5.25-26: « Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu’il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l’officier de justice, et que tu ne sois mis en prison. Je te le dis en vérité, tu ne sortiras pas de là que tu n’aies payé le dernier quadrant. »
    L’interprétation qui en est faite, à mon sens, est purement fantaisiste.
    Ma compréhension de la question:
    – Comme on le lit dans Luc 16, celui qui meurt va dans le séjour des morts, lequel comporte le sein d’Abraham pour les justes et le lieu des tourments pour les pécheurs. C’est ainsi que Jésus déclare après sa résurrection: « Ne me touche pas; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. » (Jean 20.17) alors qu’il a dit au brigand qu’il sera avec Lui au paradis le même jour (Luc 23.43).
    – Il n’y a donc aucun autre lieu de transit et il est précisé que « il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire. » (Luc 16.26).
    – Avant le jugement dernier, ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation, qui ont lavé leurs robes, et qui les ont blanchies dans le sang de l’agneau, qui seront les premiers à entrer dans la gloire du Seigneur (Apocalypse 4.9-17).
    – La nouvelle Jérusalem sera le vrai paradis des élus, après le Jugement dernier! (Apocalypse 21 et 22)

    • Ressources Catholiques
      5 février 2015

      La réponse est simple:

      1) il n’y a que deux endroits après la mort: c’est à dire le Salut ou la damnation: ceux qui sont au Purgatoire sont déjà sauvés.

      2) pour le verset de Lu XVI, 26, ça ne preuve rien: l’abîme est celui qui sépare le Ciel de l’enfer et le purgatoire ne signifie absolument pas passer da l’enfer au Ciel.

      3) pour les versets de l’Apocalyose: ils ne contredisent pas le Purgatoire.

    • Ressources Catholiques
      5 février 2015

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