+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

L’inquisition romaine 1/4

L’Inquisition romaine

SES ORIGINES, SON FONCTIONNEMENT

Par Louis-Albert GAFFRE

 L’Inquisition ! Mot formidable ! Syllabes terrifiantes qui nous apportent du passé le glas des autodafés, les flammes des bûchers, les tortures de la question, tous les épouvantements et toutes les barbaries ! L’Inquisition ! L’une des créations les plus atroces du fanatisme contre la conscience, l’une des inventions les plus odieuses de la puissance de l’Église rivée à l’immobilité du dogme contre l’essor de la libre-pensée ! L’Inquisition ! Qui pourrait en entendre parler sans frémir ? Qui oserait en tenter l’apologie sans délire ?

C’est pourtant de cette création des siècles disparus dont je viens vous entretenir.

Vous frémirez peut-être, mais je vous assure que ce ne sera pas pour les causes que vous soupçonnez, et j’espère achever l’étude impartiale que nous entreprenons ensemble, qui ne sera pas d’ailleurs une apologie, sans que vous soyez tentés d’attribuer au délire les témoignages que je déposerai devant vous.

Si ce mot d’inquisition évoque de telles images, c’est qu’il n’arrive à nous qu’horriblement défiguré par plusieurs générations d’écrivains, qui, de leurs rancunes ou de leurs haines, ont fait, pour les documents de l’histoire, autant de miroirs convexes où la face auguste de la vérité n’apparaît plus que grotesque et odieuse. À part un petit groupe d’esprits positifs qui ne se laissent émouvoir par aucune déclamation, combien y a-t-il d’hommes, aujourd’hui, qui soient capables de se faire une idée juste de ce qu’est cette institution ainsi travestie ? Ils la connaissent par les exécrations commandées des manuels d’histoire à l’usage de la jeunesse laïque, par les représentations mélodramatiques que transportaient jadis, de foire en foire, sur la place publique des villages, les troupes de comédiens en camp volant, représentations surannées que vient récemment d’introduire sur la grande scène la fantaisie académique de M. Sardou, au grand épouvantement du bourgeois pacifique qui croirait encore volontiers aux sorcières (rappelez-vous l’ange Gabriel et Mlle Couesdon), mais sans aucun accompagnement d’autodafé, et aux applaudissements frénétiques de l’intellectualisme plébéien jugeant en dernier ressort, des banquettes de son paradis, la justice et les juges, les raisons de la loi, les évolutions de l’histoire et l’enchaînement mystérieux de l’Église et de la société.

Et ces sources documentaires où va puiser la conscience publique, – ajoutez-y, si vous le désirez, les exhibitions horrifiques des musées ambulants, – sortent toutes du même point : la haine de l’Église catholique, contre laquelle on retourne les abus et les crimes même qu’elle fut la première et la seule à condamner, dans une œuvre qu’elle avait voulue essentiellement humaine et protectrice des droits de chacun et de la paix de tous.

L’histoire devenue, sous cet esprit d’impiété, une habile conspiration contre la vérité, l’histoire devenue vagabonde et mendiante de la faveur des classes populaires, romancière et théâtreuse au service des passions rétrospectives des classes élevées, l’histoire humiliée et lamentablement asservie aux triomphes momentanés d’une secte antireligieuse ou d’un parti politique, c’est elle que je veux faire apparaître dans cette enceinte, mais délivrée de ses chaînes et de ses oripeaux, en sa splendide nudité originelle, et telle que la représentait hier l’éminent et vaillant poète dont la présence en même temps que la parole est pour moi une égide flatteuse : « la vérité historique tout entière, la vérité absolument complète et impartiale, la vérité vraie…, dégagée de toute légende et fortifiée de preuves et de documents…[1]» Cette histoire vraie, nous en lirons cinq chapitres successifs.

Ils seront intéressants, parce qu’ils porteront une double lumière, tels des phares à feux croisés. Je vous demanderai seulement de vouloir bien vous souvenir que je désire faire œuvre d’historien et non d’orateur.

Que si, au cours de notre étude, il nous arrive de nous attarder quelque peu sur la lecture d’un document, si la poussière des vieux grimoires que j’ai dû feuilleter nous incommode légèrement, veuillez-vous souvenir que la cause que nous entreprenons nous impose ce petit ennui. Vous ne m’en tiendrez pas rigueur, vous souvenant que si l’abondance et la précision des détails peuvent nuire au coup d’œil d’ensemble, c’est à elles que l’édifice doit sa solidité.

Nous allons donc, documents en main, comparer l’Inquisition établie par l’Église catholique pour la sauvegarde de l’unité chrétienne et sociale, avec celle qu’établirent les adversaires de l’Église catholique, pour le triomphe de leur rébellion. Ce sera la meilleure réponse à des attaques qui n’ont pas seulement le tort d’être injustes, mais d’être maladroites.

Que les loups ravisseurs contre lesquels ont été élevées les barrières de la bergerie et dressés les chiens du berger maudissent barrières et chiens, soit ; mais ils ont aux griffes trop de lambeaux de laine et de chair – témoins irrécusables de leurs violences, – mais ils ont à la gueule trop de bave et de sang, pour s’octroyer le droit de hurler contre la tyrannie et d’emprunter la voix des agneaux pour réclamer la liberté du troupeau.

En abordant l’étude du moyen âge, un des rénovateurs des sciences historiques qui fut, en même temps qu’un savant hors ligne, un catholique convaincu, s’écriait que « l’histoire de cette époque était l’histoire de la lutte de l’Église contre la poussée de la barbarie[2] ».

Au début de ces conférences sur l’Inquisition, qu’il nous soit permis de dire à notre tour que l’histoire de cette institution est l’histoire de la lutte de l’Église et de la société chrétienne contre la poussée de l’anarchie.

Un rapide coup d’œil sur ces premières années du treizième siècle qui virent naître l’inquisition, nous en aura vite convaincus.

Encore toute frémissante de la lutte de géants qu’au sortir de la longue querelle des investitures, elle vient de soutenir contre les prétentions des Hohenstaufen à une monarchie universelle, l’Église voit attaquer de toutes parts le dépôt sacré de la foi.

De l’antique levain de gnosticisme, qui avait empoisonné si longtemps les premiers siècles de l’Église, avait germé une secte d’autant plus dangereuse qu’elle couvrait ses erreurs du masque de l’incorruptibilité et du détachement. Habilement exploitée par des esprits à l’ambition inquiète qu’irritaient la richesse et la puissance de l’Église, l’hérésie cathare, ramifiée sous les noms divers de sectes sœurs : patarins, publicains, bulgares, vaudois, pauvres de Lyon, avait envahi peu à peu le nord de l’Italie, d’où elle était passée dans la Provence, le Dauphiné et le Languedoc, pour y prendre le nom sous lequel elle est surtout connue : l’Albigéisme de la ville d’Albi, métropole de ses sectateurs. Là, sous le ciel amollissant du Midi, où tout parlait de vie facile et voluptueuse, elle fit bientôt de tels progrès qu’Innocent III put écrire au roi de France que « les Albigeois étaient plus à craindre que les Sarrasins[3] ».

Leurs doctrines, en effet, périlleuses pour l’orthodoxie, étaient en même temps un danger pour la société et par les principes qu’elles énonçaient et par les troubles qu’elles suscitaient. Non seulement, leur enseignement basé sur le vieux dualisme manichéen rejetait les dogmes fondamentaux du christianisme : la Trinité, la Création, le péché originel, l’Incarnation, la Rédemption, repoussait les sacrements dont il ne conservait qu’un simulacre d’eucharistie et de pénitence sous les noms de « pain bénit » et de « servitium », mais encore, comme les sectateurs de Manès, les Cathares défendaient tout contact avec la matière, émanée du principe mauvais, condamnaient comme eux le mariage source de la société, tout en permettant à leurs membres la pratique des plus honteuses débauches[4]. Négateurs de la base de tout ordre en s’attaquant à l’autorité du pouvoir séculier comme à celle de l’Église, les Cathares avaient cependant entre eux une sorte de hiérarchie, et suivant leur doctrine ésotérique et exotérique étaient divisés en deux classes : les parfaits (perfecti) et les croyants (credentes). À la seconde appartenaient ceux qui n’avaient pas encore reçu le consolamentum, la « consolation », sorte de baptême spirituel qui les rendait purs de toute souillure sans aucun sentiment de contrition et qu’ils s’engageaient à recevoir avant leur mort. Ceux qui l’avaient reçu refusaient de faire la guerre, s’abstenaient de l’usage de la viande, et pour éviter de retomber dans le péché, après avoir été consolés, se condamnaient au suicide en se laissant mourir de faim, en absorbant du poison ou du verre pilé, en s’ouvrant les veines[5].

Usant de tous les moyens pour répandre leurs erreurs, ils trouvèrent des amis et des partisans parmi les laïcs et même parmi le clergé[6], mais ce furent surtout les représentants de l’aristocratie féodale qui se firent leurs défenseurs. Plusieurs des princes les plus puissants, tels que les comtes Raymond VI et VII de Toulouse, les vicomtes de Béziers, les comtes de Béarn, d’Armagnac, de Foix et de Comminges, les prirent ouvertement sous leur protection et embrassèrent pour la plupart leurs doctrines, attirés par le secret espoir de servir à la fois et leurs ambitions et leur cupidité[7]. Il faut même remarquer que, parmi les coupables, qui, d’après les procès-verbaux de l’inquisition, confessent avoir participé aux pratiques de la secte, il est très rare de rencontrer un homme du peuple, ouvrier ou paysan. La secte se recrutait donc parmi l’aristocratie et la bourgeoisie. Beaucoup de femmes, attirées par ces nouveautés qui leur permettaient de jouer un rôle dans une église quelconque, s’y étaient enrôlées (note III).

La maçonnerie moderne a dû copier plus d’un de ses rites sur l’occulte religion des Cathares moyenâgeux. D’ailleurs, comme la maçonnerie moderne, l’erreur s’appuyait, je viens de le dire, sur la faveur des gouvernements aux mains des princes dissolus qui ajoutaient la cruauté à la corruption. Des mesures tyranniques empêchaient les gens du peuple de sanctifier le dimanche ; des troupes de comédiens, à la solde des comtes de Toulouse, parcouraient les villages pour parodier, sur les tréteaux, les mystères chrétiens ; les évêques étaient arrachés de leur siège et jetés en prison, les prêtres et les religieux, enfermés dans les églises où les hérétiques les laissaient mourir de faim ou les incendiaient au chant des hymnes sacrés[8].

Une si monstrueuse erreur, dit Bossuet, « menaçait la terre d’un embrasement général ».

Elle défiait la puissance royale en Hongrie et ne laissait que des ruines des plus magnifiques abbayes ; elle donnait la main aux sarrasins d’Espagne pour y faire irrémédiables les divisions nationales ; elle gagnait l’Allemagne, les Pays-Bas, portant la désolation par les bandes organisées de ses routiersbrabançonsariaverdinsmainades, et autres apôtres féroces de l’hérésie théorique, devenue révolution active ; elle mettait à feu et à sang tout le midi de la France, abattant les croix des chemins, renversant les autels et les baptistères par la main des exécuteurs brutaux, pendant que les orateurs de la secte, – tels demain les fauves démolisseurs de la sociale, excités par les Charbonnel et les Jaurès, – leur prêchaient que les biens de l’église sont un vol fait à la nation, que les sacrements sont une impiété ou un mensonge ; elle gagnait la ville des papes, soulevait la populace contre Eugène III, obligé de fuir en exil, multipliait les meurtres et triomphait sur des ruines sans nombre où chacune de ses victoires était écrite en lettres de sang.

En des occurrences si terribles, que devait, que pouvait faire le pape ?

La question ainsi posée équivaut à celle-ci : Que devait faire la vérité catholique, ayant pour elle la possession des siècles, la direction morale des nations européennes, en présence de l’erreur, élément de discordes et de dissolution ?

Aucun de vous ne sera tenté de me répondre qu’elle devait abdiquer. La vérité ne doit ni ne peut abdiquer. Elle est éternelle. Le ciel et la terre passent, la vérité demeure. Que devait-elle donc faire ? Je dis tout d’abord rayonner ; s’efforcer par une plus large et plus abondante diffusion de lumière et de charité, de vaincre l’assaut des ténèbres et de la haine. Car c’est là le rôle essentiel de la vérité. Et c’est une justice que l’histoire s’est vue obligée de rendre à l’Église catholique que jamais elle n’a imposé par la violence, à qui que ce soit, le devoir de recevoir la vérité dont elle est dépositaire. Les annales des nations converties à la foi chrétienne en rendent témoignage. Les missionnaires teignent le trésor qu’ils portent de leur propre sang, non du sang d’autrui. En cela gît la différence des apôtres de la liberté par l’Évangile et de la liberté par la révolution[9].

Les papes du moyen âge le comprirent ainsi. Au débordement d’erreurs, suivies nécessairement par l’explosion de désordres, ils n’opposèrent tout d’abord que l’apostolat de la doctrine et de la charité. Alexandre III ne répond aux violences des Albigeois, qui dépassent en cruautés, disent les chroniques, ce que le paganisme a pu inventer[10], que par de pacifiques ambassades. Quatre évêques sous la direction du cardinal-légat Pierre, un grand nombre de docteurs et de missionnaires sont envoyés à Toulouse et dans toutes les villes du Midi[11].

Ils convoquent à des réunions contradictoires ; ils enseignent, ils argumentent, ils supplient.

Le pontificat d’Alexandre III s’usa à ces tentatives de miséricorde. La patience de la papauté ne s’y usa point. Son successeur Innocent III ne voulut pas connaître d’autres armes[12]. Il multiplie les légats et les missionnaires. Plusieurs, parmi lesquels un cistercien de Fontfroide, Pierre de Castelnau, tombent sous le poignard des hérétiques.

Et pourtant ils passent à travers le pays, pieds nus, joyeux dans la souffrance, doux en actes, puissants en paroles, irradiés par la robe blanche du jeune Espagnol, Dominique de Guzman, qui vient de se joindre à eux, vêtement de paix, reflet de colombe d’où ne se dégage que l’effluve évangélique qui est lumière et mansuétude[13].

Tant d’efforts demeurèrent inutiles : l’obstination des hérétiques réduisit à néant la patience et les travaux des missionnaires. Ce ne fut donc qu’après avoir épuisé les moyens pacifiques, « prédications qui touchent le cœur, discussions et conférences qui convainquent la bonne foi, adjurations qui ébranlent, négociations qui ramènent », qu’Innocent III se décida à frapper un grand coup en faisant prêcher la croisade contre les sectaires : ce fut la fameuse guerre des Albigeois, où, au milieu de ruines sans nombre, de scènes de carnage effrayantes, Simon, comte de Montfort, le preux chevalier et vaillant chrétien si honni de nos jours[14], se couvrit de gloire à la tête de la petite armée catholique et infligea aux rebelles, secourus par le roi Pierre d’Aragon, la sanglante défaite de Muret. Le galant monarque y trouva la mort le 12 septembre 1213. Abattus un instant, les hérétiques eurent vite fait de se ressaisir et continuèrent à répandre leurs erreurs, servies par l’attrait d’occultisme qui les entourait et leur amenait des partisans chaque jour plus nombreux. C’est alors que l’Église, par l’autorité de ses pontifes suprêmes et la sagesse de ses conciles, se résolut au seul moyen capable, dans sa pensée, d’enrayer la marche du mal, moyen que j’appellerai physico-moral, destiné à poursuivre le mal dans ses causes et à en châtier les fauteurs. Ce moyen extraordinaire fut l’institution de l’Inquisition[15].

Qu’est-ce donc enfin que l’Inquisition ?

Le P. Lacordaire, avec le sens juridique que lui donnaient ses études antérieures, l’a définie très justement : « Un tribunal établi autrefois dans quelques pays de la chrétienté par le concours de l’autorité civile et de l’autorité ecclésiastique pour la recherche de la répression des actes tendant au renversement de la religion. »

Toute la défense de cette institution tient en ces lignes. Veuillez les bien saisir.

Qui dit « tribunal » dit une des formes publiques du droit qu’a toute société de punir les actes contraires au bien général de la collectivité ou aux droits particuliers et légitimes de ses membres. Or, un tribunal, suivant l’axiome antique : « De internis non judicat praetor », ne peut juger que des manifestations extérieures, parce qu’il ne peut connaître et apprécier que d’après les dépositions des témoins auxquels les faits internes de l’âme échappent essentiellement.

Le but des tribunaux de l’inquisition n’était donc pas et ne pouvait être de pénétrer dans le for de la conscience. Libre à chacun de penser, de croire, de juger comme il lui plaît. Mais, lorsque dans un organisme national les idées se manifestent à l’extérieur, corrosives, dissolvantes, subversives, non seulement de la foi, mais de tout bien social, de toute harmonie collective, ce qui était le cas au moyen âge, où l’unité nationale reposait exclusivement sur l’unité de foi, il faut dire alors que le devoir, plus encore que le droit de l’autorité légitime, est d’intervenir.

Par la persuasion tout d’abord, au service de la miséricorde ; par la sévérité s’il le faut, au service de la justice.

Qu’avec nos idées de tolérance universelle, dues au philosophisme des deux derniers siècles, cette doctrine paraisse cruelle, rien d’étonnant. La conscience moderne en est arrivée à ce point d’illogisme de tout admettre dans les causes, tant que le geste est beau et se maintient dans le domaine des idées.

Mais la pratique obligatoire de la vie, le souci de veiller à la sécurité publique, lui imposent de terribles inconséquences. L’idée est la semence du fait. Tant qu’elle demeure dans le cerveau des intellectuels, elle peut apparaître brillante et séduisante ; elle apparaît monstrueuse dans l’acte de l’homme du peuple qui lui donne sa réalisation pratique.

L’idéalisme déséquilibré qui nous gouverne applaudit l’esthète de plume qui glorifie l’anarchie, emplit les colonnes d’une certaine presse de ses appels à la haine et à la jouissance, prêche ouvertement l’assassinat des rois et des prêtres, la légitimité de toutes les voluptés… et quand de pitoyables hères suggestionnés, imprégnés en tout leur être par cette propagande théorique, en arrivent à la propagande par le fait, lèvent le poignard homicide ou organisent l’immonde renaissance des débauches païennes, la loi intervient. Elle se fait justicière, elle se fait vengeresse.

Et de quel droit, grand Dieu, frappe-t-elle l’exécuteur souvent passif, lorsque les fleurs couronnent l’inspirateur lettré de ces crimes, lorsque les honneurs lui sont officiellement décernés ?

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  1. NOTES.
    _______

    1. Fr. Coppée, salle d’Athènes, allocution à la matinée du collège de Juilly, 5 mai 1904.

    2. Léon GAUTIER, Études et tableaux historiques, p. 82.

    3. EPISTOL. LIBR., II, éd. Baluze, 2 vol. in-fol., Paris, 1682, p. XI, 28, ad reg. Francor.

    4. Voir Note I, cf. également les bulles très explicites de Grégoire IX (Bullar. Ord. Praedicat.), Bulles Speciosus forma et Regio Theutonie du 3 septembre 1232, et Vox in Roma du 15 juin 1233. Ce mélange de crimes et d’hérésie nous est attestée formellement par ce passage significatif du Reg. des prévost et jurés (arch. de Tournay) cité par FREDERICHS, Corpus Inquisitionis Neerlandicae, t. II : « Pour ce que, oudit fait de Wauderie, y a souvent plusieurs criesmes conjoints et meslés avec le fait de érésie et de adoration, sy comme homicides, zodomie et autrement, ly fut requis que nous fuissions… présents aux interrogatoires et procès faire, mesmement que s’ilz sont trouvés coupables, l’exécution nous appartenroit (17 mai 1460) » ; si des juges civils pouvaient parler ainsi en plein quinzième siècle, combien à plus forte raison, ce mélange de délits et de crimes de droit commun avec les crimes ressortissants à l’Inquisition devait-il avoir lieu au temps des Albigeois.

    5. Voir Note II.

    6. Au témoignage de Raymond V de Toulouse qui écrit : en 1177, au chapitre général de Cîteaux : « Ceux qui sont revêtus du sacerdoce se sont eux-mêmes laissé séduire. »

    7. Voir Note III.

    8. Hist. de l’Église gallicane, liv. XXIX, t. X, p. 360.

    9. BÉRAULT-BERCASTEL, Hist. de l’Église, liv. XX. Lettres de saint Grégoire, liv. I, t. IV, p. 6, 45.

    10. Le Can. 26 du 3e c. de Latran dit : Quia in Gasconia, Albegisio et in partibus Tolosanis et aliis locis, ita haereticorum… invaluit damnata perversitas ut jam non in occulto… nequitiam suam exerceant, sed suam errorem publice manifestent et ad suam consensum simplices attrahant et infirmos… » et plus loin : « … Tantam immanitatem exercent ut nec ecclesiis, nec monasteriis deferant, non viduis et pupillis, non senibus et pueris et cuilibet partant aetati aut sexui, sed modo paganorum omnia perdant et vastent. » HARDOUIN, Coll. act. concil. (VI). Paris, 1715, 12 vol. in-fol.

    11. V. DOM DEVIC et D. VAISSETTE, Hist. générale de Languedoc, éd. de Toulouse, 1879, t. VI, passim.

    12. 1er avril 1198, lettre d’Innocent III à l’archevêque d’Auch.

    13. Voir sur l’activité apostolique de S. Dominique dans le midi de la France, BALME ET COLLOMB, Cartulaire ou Histoire diplomatique de S. Dominique, Paris, 1893-1901.

    14. Voici le témoignage que lui rend Guillaume de Tudèle, de l’année 1209 à l’année 1213, témoin oculaire des faits qu’il a relatés dans son poème La Chanson de la Croisade contre les Albigeois, à l’honnêteté duquel M. Paul Meyer, son éditeur, se plaît à rendre hommage : « Il fut pieux et vaillant, hardi et belliqueux, sage et expérimenté, bon chevalier, large et avenant, doux et franc, affable et d’un bon esprit ». Pierre de Vaux-Cernay déclare de même qu’il ne se décidait qu’avec peine à châtier, mitissimus ad poenas. Enfin Guillaume de Puy-Laurens, chapelain de Raymond VII, dit de Montfort qu’« il fut un homme irréprochable en toutes choses ». Vir per omnia laudabilis.

    15. Voir Note IV.

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