+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

La foi et l’Intelligence; la vraie Eglise

esprit saint« […S]anctifiez dans vos cœurs le Seigneur Christ, toujours prêts à la défense contre quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous. » (I P, 3, 15)

Croire, voilà un bien grand mot, renfermant des ‘mystères’. Dans l’article qui suit, nous nous attarderons à expliquer les liens qu’entretiennent la Foi et la raison. En premier lieu, nous verrons pourquoi la foi n’est pas un acte irrationnel et par la même occasion, nous montrerons qu’il s’agit d’un acte purement humain, mais aussi divin. En second lieu, nous nous attarderons sur le mot ‘mystère’ (et les implications dans le sujet qui nous intéresse) et montrerons pour quelles raisons seule la Foi catholique est authentique ; et enfin nous montrerons pourquoi la Foi et la raison ne s’opposent pas – la preuve ultime étant l’Incarnation du Fils de Dieu.

Il est des personnes, et ce, qu’elles soient croyantes (précisons d’emblée qu’il s’agit ici de foi surnaturelle) ou non, qui s’imaginent que le simple fait d’avoir la foi implique, ipso facto, que les vérités révélées doivent être intelligibles à la raison naturelle : cette représentation du motif de croire est erronée. Si nous croyons, c’est d’abord et simplement parce que nous faisons confiance à Dieu. Faire confiance n’est ni contraire à liberté ni à l’intelligence humaines. Il s’agit plutôt d’un acte inhérent à la Dignité humaine. C’est ainsi que nous faisons confiance à nos parents lorsqu’ils affirment que nous sommes nés un 28 décembre, ou encore à un médecin qui nous recommande une opération. C’est ce qu’on pourrait appeler la croyance naturelle. En effet, l’acte propre de la personne c’est credere, croire. Et cet acte revêt trois aspects. Le premier aspect est le credere Deo, celui qui parle ; le second est le Credere Deum, ce qu’il me dit ; et enfin, le Credere in Deum, je vis en fonction de ce qu’il me dit. Ces trois actes du croire sont applicables à toute situation.

Quelques réserves s’imposent cependant : il convient de distinguer la confiance à Dieu, et celle mise en l’homme. La confiance à Dieu est plus excellente que celle qui concerne uniquement les hommes. Assurément, Dieu, la tromperie étant exclue de son essence, ne peut se tromper, ni nous tromper. Soutenir l’inverse reviendrait à porter atteinte à l’intégrité de la Nature même de Dieu.

A ce stade, une objection pourrait déjà apparaître : la foi, n’est-ce pas un « mouvement aveugle de l’esprit » ? La réponse est négative – forcément (!). Car « Dieu a voulu que les secours intérieurs du Saint-Esprit soient accompagnés des preuves extérieures de sa Révélation.» Les preuves extérieures ne sont rien d’autre que les miracles du Christ, des saints : encore faudrait-il que l’esprit moderne, qui est un esprit empli d’orgueil et de scepticisme puisse y croire. Certains, même en présence de miracles ne deviennent pour autant pas croyants (en Dieu). Il apparaît donc que les miracles, preuves extérieures de la Révélation de Dieu, ne sont par nature une preuve absolue de la foi. Cependant, une chose est certaine : « les miracles du Christ et des saints », « les prophéties », « la sainteté et la stabilité de l’Église » sont des « signes » à la portée de l’intelligence de tous. À ce propos, un lien peut être fait avec les paroles de l’apôtre s. Paul aux Romains : « En effet, la colère de Dieu se révèle du haut du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes, qui tiennent la vérité captive dans l’injustice ; car ce qu’on peut connaître de Dieu est pour eux manifeste : Dieu en effet le leur a manifesté. Ce qu’il a d’invisible depuis la création du monde se laisse voir à l’intelligence à travers ses œuvres, son éternelle puissance et sa divinité, en sorte qu’ils sont inexcusables […] » (I, 19-21).

Après avoir brièvement vu que « Dieu ne se trompe pas, et ne peut par conséquent pas nous tromper», il convient de définir ce que cela implique. C’est simple. Cela implique que la foi est certaine. Celle-ci reste plus excellente que toute connaissance humaine, étant donné qu’elle s’enracine sur l’Autorité de Dieu, sa Parole même, qui « ne peut pas mentir.» En effet, « Dieu n’est pas homme, pour qu’il mente, ni fils d’Adam, pour qu’il se rétracte.» (Nombres, XXIII, 19) Toutefois, nonobstant la certitude de la foi, les vérités révélées peuvent rester obscures (nous faisions allusion à cela en début d’exposé) à la raison et à l’expérience humaine. Et de toute évidence, si Dieu est Dieu, peut-on vraiment prétendre le connaître absolument ? Attention, ceci ne signifie pas que Dieu est inconnaissable par la raison, mais simplement qu’il ne l’est pas totalement, et qu’il se révèle au fur et à mesure – par la relation qu’on noue avec Lui, une relation embrasée d’amour (nous y reviendrons). Chez les pères de l’Eglise, le thème de l’incompréhensibilité divine est fréquent. C’est ainsi que s. Augustin, dans un de ses sermons, s’exprimait en ces termes :

« Si tu as de l’intelligence de ce que tu veux dire, ce n’est pas Dieu : si tu peux comprendre, tu comprends autre chose à la place de Dieu. Si tu penses avoir presque compris, ta réflexion n’est pas intelligente. Donc, ce n’est pas lui, si tu comprends ; si en revanche c’est lui, tu ne comprends pas » (s. Augustin, Sermon LII)

Cet obscurcissement ne permet cependant pas de douter. Car, comme le relève s. Thomas d’Aquin, la certitude que donne la lumière divine est plus grande que la lumière de la raison naturelle ; le bienheureux John Henry Newman, qui affirmait également que « dix mille difficultés ne font pas un seul doute » : c’est-à-dire que les difficultés de la foi, aussi nombreuses qu’elles soient, ne peuvent faire douter. Le fait d’interroger Dieu sur la nature des points qui nous semblent obscurs ne signifie pas qu’on doute de lui. Dans cet ordre d’idées, une analogie pourrait être établie avec les doctrines du sein du Catholicisme. La plupart, ignorant totalement les liens entretenus entre la Foi et la raison, ainsi que ce mystère de l’incompréhensibilité divine, vont affirmer par exemple que les catholiques ont inventé leurs doctrines (comme l’immaculée conception, pour ne citer qu’un exemple). En fait, cela ne pose point problème à un Catholique que le dogme de l’immaculée conception ait été officiellement prononcé au XIXe siècle : on sait pertinemment qu’il existait bien avant… Il en est de même pour les quelques incrédules qui prétendent que le concile de Nicée a fait du Christ Dieu ; alors que ces doctrines se trouvent toutes dans la sainte Ecriture, explicitement et implicitement. Le simple fait que la formulation de la doctrine ait pris du temps ne signifie aucunement qu’elle fut inventée. Au contraire, c’est un signe eschatologique de la perfection à laquelle nous sommes appelés. De fait, plus le temps passe, plus notre compréhension grandit. C’est bien ce qu’exprime le livre des Proverbes : « Le sentier des justes est comme la lumière de l’aube, dont l’éclat grandit jusqu’au plein jour » (4, 18).

Cependant, il convient de préciser certaines choses. Certains prétendront que, s’étant trompés sur une doctrine, et l’ayant plus tard rectifié l’erreur, il n’y a pas de différence. Par exemple, chez les témoins de Jéhovah, les doctrines ont été changées ! Au départ, ils croyaient en la Divinité du Christ, mais à présent, ce n’est plus le cas. Dans ce cas, il est évident qu’il n’y a pas eu l’assistance de l’Esprit saint ! Car, la présence de l’Esprit Saint ne permet pas de se tromper ! Nous l’avons vu, Dieu ne se trompe pas. Par contre, aller du Vrai au plus vrai, voilà ce qui doit être. De plus la foi des témoins de Jéhovah qui est une foi communautaire fut jadis dans l’erreur ; il est donc évident que cette foi là est une imposture… Pour ceux qui sont sous une foi purement individuelle, ils sont sans cesse exposés à l’erreur ; car c’est la foi subjectivisme, la foi du Moi Je… Le Sensus fidei, ne peut être en vigueur dans une telle foi. Vu ce que nous venons de dire, il apparaît donc qu’une foi authentique ne change pas ! Par contre, se développer, s’éclaircir, elle peut ! Et c’est le seul cas du Catholicisme. Il y a un développement de la Foi, qui s’affine de plus en plus ! Cette foi Catholique ne s’est pas trompée (car l’erreur est exclue de la Nature de la Divinité), mais elle se développe… C’est le propre même de la foi : chercher à comprendre. Tous ceux qui prétendent donc posséder la Vérité, alors que précédemment ils ont été dans la fausseté, se trompent : ils ne sont pas dans la Vérité. Sous l’influence de l’Esprit saint, il ne peut y avoir d’erreurs, seulement le Vrai. Mais ce Vrai peut évoluer. On passe donc du Vrai au plus Vrai. Et donc, seule la Foi Catholique est authentique et véritable.

Tous ceux qui prétendent être dans le Vrai, alors que précédemment ils ont enseigné comme Vérité, un enseignement qui, des années plus tard ne sera plus considéré comme Vérité par ces mêmes individus, alors ceux-là ne sont pas dans le Vrai. C’est le cas de nombre de chrétiens de nos jours…. Ceux qui prétendent être dans le Vrai, alors que deux ans plus tôt, ils prétendaient également être dans le Vrai sont dans l’erreur. Ils reconnaissent donc que la Vérité qu’ils croyaient être une Vérité auparavant n’en était pas une. A moins qu’ils embrassent la foi Catholique qui est véritable foi. Encore une fois, seule la foi catholique est authentique et Véritable.

Il apparaît évident que celui à qui la grâce de la foi a été faite cherchera à mieux comprendre celui en qui il a mis sa foi. Car le désir de connaître est une propriété inhérente à la nature humaine (comme l’avance Aristote au début de sa Métaphysique), ainsi qu’à la foi. L’enjeu est double : ce sont les deux dispositions dont parlait le bienheureux John Henry Newman, la première étant la conscience qu’il y a quelque chose qui dépasse l’homme, la seconde – étant le désir de creuser. De surcroît, qui comprend mieux une chose l’apprécie mieux. C’est la raison pour laquelle la foi qui cherche à comprendre non seulement grandit, mais est également « de plus en plus embrasée d’amour ». En effet, il apparaît évident que l’amour et la connaissance sont liés : qui aime Dieu le connaîtra mieux. Comme le souligne le livre des Proverbes : « C’est la gloire de Dieu de celer une chose, c’est la gloire des rois de la scruter » (XXV, 2). Dieu, Auteur de la grâce de la foi, sera aux côtés de tout homme dans la recherche, mettant à disposition son Esprit-Saint et ses dons – parmi lesquels on compte l’intelligence – afin de pénétrer le « dessein de Dieu et des mystères de la foi », ainsi que pour « rendre la foi plus parfaite ». Certains énoncés de la foi peuvent sembler absurdes pour ceux qui ne croient pas, mais deviennent sensées si on croit… C’est ainsi que, s. Augustin, s’inspirant du livre d’Isaïe (VII, 9), disait : « Je crois pour comprendre et je comprends pour mieux croire ». De sorte que certaines vérités nécessitent la foi pour être comprises.

À ce stade, l’on pourrait se demander alors si la foi et la raison ne sont pas deux réalités antinomiques. En effet, l’une apparaît comme naturelle, tandis que l’autre est surnaturelle. Le catéchisme répond par la négative. En effet, Dieu est auteur de la grâce de la foi est également celui qui a mis en l’homme la raison. S’il y avait une opposition entre la foi et la raison, cela reviendrait à soutenir que Dieu se contredit, ce qui n’est pas le cas. De fait, toute recherche, menée de manière scientifique (partant de l’observation du sensible, de l’ordre dans le monde), suivant les lois de la Morale ne pourra s’opposer à la foi. En effet, « [l]a raison capable d’elle-même est capable de foi. Elle est capable de comprendre en quoi la foi ne vient jamais briser sa rationalité. »[1] On peut observer un clivage entre foi et raison, uniquement en ce sens où la foi reste supérieure à la raison. Mais toute personne qui entreprend une quelconque recherche, celle-ci portera nécessairement ses fruits. Toutefois, cela doit se faire dans la persévérance, « cherchez et vous trouverez ; à qui frappe on ouvrira » (Mt. 7, 7) dit le Christ ; et aussi dans l’humilité, car c’est aux tout-petits (à ceux qui acceptent s’humilier ; ceux qui ont un esprit simple) que Dieu révèle de grandes choses (Mt. 11, 25-26). Dieu, celui « soutient tous les êtres et les fait ce qu’ils sont», est présent aux côtés de tout homme dans la recherche, même si ce dernier n’en a pas forcément conscience. C’est le Dieu créateur de tout homme qui a créé l’homme à son image et lui a fait don de l’intelligence. Au vue de ce qui vient d’être dit, il ressort avec évidence qu’aucune opposition entre la foi et la raison ne doit être observée.

En définitive, nous avons voulu montrer que la foi est une grâce divine (pas seulement !), mais également un acte authentiquement humain. Mais la raison peut aussi être considérée comme telle, puisque le même Dieu qui fait don de la grâce, a aussi créé tout homme à son image, faisant descendre en lui la lumière de la raison naturelle, afin que l’homme soit libre de rechercher, par cette raison naturelle, celui qui en est l’auteur. Deux dispositions se présentent à lui : la prise de conscience de quelque chose en dessus, et le désir de creuser. L’homme reste toutefois libre de suivre ou non ces dispositions. Une chose est sûre, bien que la foi soit supérieure à la raison, rien ne les oppose, comme on pourrait le penser. Des signes tels que des miracles sont des manifestations extérieures adaptées à l’intelligence de tous. Tout compte fait, et pour élargir un peu, la plus grande preuve du lien entre la raison et la foi, la preuve indubitable que ces propriétés ne s’opposent pas, reste l’Incarnation du Fils de Dieu !

[1] CUGNO Alain, Au cœur de la raison. Raison et foi, coll. « Le temps de penser3 », Éditions du Seuil, Paris, 1999, p. 70.

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