+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

La Sainte Epiphanie

Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem en disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage. » L’ayant appris, le roi Hérode s’émut, et tout Jérusalem avec lui. Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s’enquérait auprès d’eux du lieu où devait naître le Christ. « A Bethléem de Judée, lui dirent-ils ; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es nullement le moindre des clans de Juda ; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël. » Alors Hérode manda secrètement les mages, se fit préciser par eux le temps de l’apparition de l’astre, et les envoya à Bethléem en disant : « Allez-vous renseigner exactement sur l’enfant ; et quand vous l’aurez trouvé, avisez-moi, afin que j’aille, moi aussi, lui rendre hommage.» Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route ; et voici que l’astre, qu’ils avaient vu à son lever, les précédait jusqu’à ce qu’il vînt s’arrêter au-dessus de l’endroit où était l’enfant. A la vue de l’astre ils se réjouirent d’une très grande joie. Entrant alors dans le logis, ils virent l’enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage ; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l’or, de l’encens et de la myrrhe. (Matthieu II, 1-11)

Dans les textes bibliques, ce qui est intéressant ce n’est pas forcément le sens littéral. Mais, il convient de s’intéresser au fond. Car, c’est le fond qui est intéressant pour comprendre le message que les Évangélistes veulent nous transmettre.

adoration-des-mages2Dans ce cas précis, chez s. Matthieu, l’évangéliste veut nous transmettre une Vérité de foi, celle de savoir que Jésus-Christ est réellement né. Et cet enfant n’est pas « n’importe qui ». D’après la question que les mages posent à Hérode : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?… », s. Matthieu veut souligner que l’enfant qui est né est Roi ! et ce fait est attesté par les mages. Et si on analyse ce que reçoit l’enfant (l’or, l’encens et la myrrhe), on constate que cela revêt tout un symbole. L’or symbolise la royauté – dont nous venons de parler. L’encens veut signifier que Christ, l’enfant qui est né, est Médiateur entre Dieu et les hommes (comme cela est stipulé en I Timothée II, 5). En effet, l’encens, dans les textes bibliques est souvent en lien avec les offrandes faites au Seigneur. Ici, il y a donc deux mouvements. 1° Les mages offrent de l’or au Christ – ceci souligne qu’il est [un] Roi à qui on fait offrande de quelque chose, ou peut-être également le Christ s’offrant Lui-même en sacrifice 2° Le Christ reçoit de l’encens, ce qui signifie qu’Il est médiateur, Celui qui s’offre pour ‘humanité. En effet, nous lisons en Apocalypse : « Et un autre ange vint, et il se tint sur l’autel, ayant un encensoir d’or; on lui donna beaucoup de parfums, afin qu’il les offrît, avec les prières de tous les saints, sur l’autel d’or qui est devant le trône. » [Apocalypse VIII, 3-5]. En troisième lieu, le Christ reçoit la myrrhe, ce qui est déjà un signe de sa mort prochaine. On peut également y voir l’enfant qui est né comme vrai homme ! Somme toute, ce que Matthieu veut nous dire dans le fond c’est qu’un enfant est né. Et cet enfant est Roi, médiateur, mais reste aussi un homme appelé à mourir. D’ailleurs, cette mort prochaine du roi est déjà préfigurée dans ce second chapitre de l’évangile : on note en effet que le roi Hérode cherche à tuer l’enfant !

Dans un deuxième temps, ce que l’évangéliste s. Matthieu veut nous apprendre, c’est la connaissance de Dieu. Cette connaissance de Dieu passe par la Nature. Dans ce cas précis, cela est symbolisé par l’astre. La question des mages nous renseigne sur ce sujet : « Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage ». La connaissance de Dieu par la Nature, est aussi signalée par s. Paul dans sa lettre aux Romains : « car ce qu’on peut connaître de Dieu est pour eux manifeste : Dieu en effet le leur a manifesté.  Ce qu’il a d’invisible depuis la création du monde se laisse voir à l’intelligence à travers ses œuvres, son éternelle puissance et sa divinité, en sorte qu’ils sont inexcusables… » (Romains I, 19-20). On a encore, dans le Livre de la Sagesse, un blâme adressé aux savants :

Oui, vains par nature tous les hommes en qui se trouvait l’ignorance de Dieu, qui, en partant des biens visibles, n’ont pas été capables de connaître Celui-qui-est, et qui, en considérant les œuvres, n’ont pas reconnu l’Artisan […] car la grandeur et la beauté des créatures font, par analogie, contempler leur Auteur… (Sagesse XIII, 1-5)

De même, remarquons que les Mages sont arrivés à Christ en suivant un astre. Ils ont donc scruté la Nature pour y parvenir. Cependant, il est une chose qu’il convient de clarifier. L’astre que les mages ont suivi ne les a pas directement conduits au Christ, mais à Hérode. Qu’est-ce que cela veut dire ? Simplement que scruter la nature ne suffit pas ! Il faut, pour parvenir à la connaissance de Dieu, la Révélation. De fait, pour connaître le lieu de naissance de l’Enfant, il y a un recours à l’Ecriture sainte. Raison pour laquelle il est dit : « Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s’enquérait auprès d’eux du lieu où devait naître le Christ. « A Bethléem de Judée, lui dirent-ils ; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es nullement le moindre des clans de Juda ; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël. » (s. Matthieu II, 4-6). Le prophète dont il s’agit ici, c’est Michée (cf. Michée V, 1-3). Ce qui en ressort ? Pour ceux qui recherchent Dieu, il faut scruter la création ; cela est déjà une voie vers la connaissance de Dieu. Cependant, cela n’est pas suffisant : il faut également la Révélation. Ceci rejoint ce qu’enseigne le Catholicisme : la foi est une Grâce, mais la foi est également un acte purement humain. C’est également tout le grand combat de Saint Thomas d’Aquin, concilier Foi et Raison : dans ce récit, nous avons cette merveille qui est clairement dessinée : La raison ne nous donne pas les vérités de Foi, elle nous en donne les prémisses ; pour les vérités de Foi, les dogmes, il faut la Révélation. Mais, les deux choses ne s’opposent pas, comme l’ont voulu plusieurs. Si l’homme veut vraiment connaître Dieu, il doit Le rechercher ; mais que cela se fasse dans l’Humilité et la Persévérance !… Ainsi donc, le texte de l’évangile suivant lequel nous célébrons l’épiphanie du Seigneur, il y a un itinéraire de la connaissance que l’homme peut avoir de Dieu. Et cette connaissance de Dieu, de son existence, passe par la création dont Ce Seigneur en est l’Auteur. C’est d’ailleurs pour cette raison que les Psaumes louent le Seigneur disant : les cieux racontent la Gloire de Dieu !

En définitive, l’évangéliste s. Matthieu veut nous dire deux choses dans un texte qui semble au premier abord innocent (sur la forme), mais qui revêt tout un enseignement théologique (naissance d’un Enfant Roi, Homme, appelé à mourir, Médiateur) et un enseignement plus profond – sur la connaissance de Dieu (symbolisée ici par l’astre vu par les mages).

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2 commentaires sur “La Sainte Epiphanie

  1. +++Yesus Kristus azu+++
    5 janvier 2015

    A reblogué ceci sur +†+Yesus Kristus azu+†+et a ajouté:

    Article légèrement modifié depuis sa première publication. Concernant la sainte Epiphanie du Seigneur, nous pouvons apprendre, par l’intermédiaire des Mages, que la connaissance de Dieu, pour venir à Dieu, il faut contempler Sa création, Son oeuvre. Celle-ci ne nous mène pas cependant, simplement à Lui, il faut la Révélation qui vienne couronner la Raison. Lisez le cours commentaires biblique… mais aussi, quelques pistes d’interprétations sur le sens que revêt l’encens, l’or et la myrrhe offerts au Seigneur.

  2. Pingback: POUR UNE FOI CATHOLIQUE BÂTIE SUR LE ROC (Mt.7, 25) | documentation.erlande

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