+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

La légende tragique de Giordano Bruno 2/2

II

 EXAMEN DU TEXTE DE LA LETTRE ATTRIBUÉE À SCHOPP : DISCUSSION DE CERTAINS PASSAGES QUI PARAISSENT INEXPLICABLES DANS L’HYPOTHÈSE DE L’AUTHENTICITÉ

Nous avons reconnu que le récit attribué à Schopp est naturel, vraisemblable, et qu’il a en lui-même une apparence de vérité. Mais comme le métier des faussaires est précisément de produire cette apparence de vérité, il nous est impossible de conclure, du naturel d’un récit, à son authenticité. Nous ne ferons pas non plus difficulté d’avouer que le style ne dément pas le nom de Gaspard Schopp. En effet, Schopp était un lettré et un rhéteur ; la lettre qu’on nous donne sous son nom est une œuvre d’art, faite suivant toutes les règles de la rhétorique. Schopp était méchant, féroce ; et précisément le récit de la mort de Bruno se termine par une allusion inepte et féroce aux mondes infinis que Bruno admettait. Si la lettre est de Schopp, c’est bien par ce trait que devait finir le récit. Cela est vrai ; mais, si la lettre est apocryphe, c’est encore ainsi que le récit devait finir, pour avoir les apparences de l’authenticité ; un faussaire qui aurait fabriqué un passage de Schopp sans y mêler un trait de froide et sotte méchanceté, c’est un faussaire qui n’aurait pas su son métier ; et il fallait, d’après les règles de l’art, réserver ce trait pour le mot de la fin. L’examen du style ne saurait donc décider la question d’authenticité.

Mais si par l’examen de la forme nous n’arrivons à aucune conclusion, en examinant le fond de la lettre, nous découvrirons peut-être des raisons de choisir entre l’hypothèse d’un faux et l’hypothèse de l’authenticité. Reprenons l’analyse de cette pièce ; nous y verrons certaines étrangetés, qui ne sautent pas d’abord aux yeux à cause de l’illusion du récit, mais qu’une lecture attentive fait découvrir ; c’est à ces étrangetés que nous croyons reconnaître la main d’un faussaire, et d’un faussaire qui, malgré tout son talent de style, s’est trahi par d’inconcevables étourderies.

Une chose nous surprend d’abord ; c’est le récit des voyages de Bruno et de son arrestation à Venise. Mettons-nous dans l’hypothèse où la lettre serait authentique. Quoi ! voici Schopp qui écrit à Rittershausen pour lui apprendre le tragique événement de la veille, et qui commence par reprendre, depuis dix-huit ans, la biographie de Bruno, comme si Rittershausen pouvait l’ignorer. Il lui mande que Bruno avait voyagé en Suisse, en France, en Angleterre, en Allemagne surtout ! Est-ce que par hasard un lettré comme Rittershausen, vivant en Allemagne, n’avait jamais entendu parler des voyages de Bruno en Allemagne ? Pouvait-il ignorer tout le bruit que ce philosophe avait fait en Europe depuis son arrivée à Genève jusqu’à son arrestation en 1592 ? Pouvait-il même ignorer cette arrestation, et la captivité de Bruno à Venise pendant six ans ? Et voilà que Schopp vient lui apprendre, par un même courrier, l’arrestation de Bruno et sa mort. C’est au moins bien singulier. Tout s’expliquerait au contraire si l’auteur de cette prétendue lettre est un faussaire qui a écrit pour le public et non pour un correspondant particulier ; il est même naturel qu’il ait repris toute l’histoire des voyages et des malheurs de Bruno ; car, pour gagner la confiance du lecteur, à qui il voulait faire croire des faits mensongers, il fallait lui jeter comme appât le récit de faits véritables. Toutefois, si le calcul a réussi près des lecteurs sans méfiance, il dénote le caractère apocryphe de la pièce ; et l’auteur n’y a pas pris garde.

Mais continuons l’examen de la lettre : elle réserve bien d’autres étonnements à ceux qui la croient authentique.

Souvenons-nous d’abord qu’en 1600, Gaspard Schopp était entièrement dévoué à la cour de Rome. Brucker et M. Saisset nous l’affirment, et sur ce point ils ont raison ; car tous les ouvrages qu’il a écrits dans cette période témoignent d’un grand zèle pour l’orthodoxie. Comment donc se fait-il que dans cette lettre écrite au protestant Rittershausen, pour justifier la cour de Rome du reproche de cruauté, il ajoute comme à plaisir des circonstances aggravantes, des calomnies de nature à augmenter la haine et la fureur des luthériens contre Rome ? Pensait-il édifier et son ami, et les luthériens d’Allemagne, en leur disant que, si l’inquisition a brûlé Giordano Bruno, en revanche, la formule de la sentence n’avait rien de terrible, et qu’en livrant la victime au bras séculier, on avait adouci les rigueurs de l’exécution par des paroles ironiques de clémence ? Si c’est un ami de Rome qui écrivait cela, c’était un ami bien maladroit, et j’inclinerais plutôt à croire que ce récit est une invention d’un sage ennemi.

Mais ce n’est plus seulement une insinuation perfide, c’est une atroce calomnie, un fait manifestement mensonger, que nous trouvons dans la dernière phrase de la lettre. « Bruno, dit-il, aura été raconter dans les autres mondes comment les Romains ont coutume de traiter les blasphémateurs et les impies[23] » !… Ont coutume ! Et c’est un ami de Rome qui aurait écrit cela ! C’est Schopp qui, pour justifier Rome du reproche de cruauté, aurait écrit à un luthérien : « Il est vrai, nous avons brûlé un homme ! Mais c’est un usage chez nous. » Dira-t-on que cet aveu compromettant a été arraché à Schopp par la force de la vérité ? Mais tout le monde sait que c’est un mensonge ; tout le monde convient que ces rigueurs, habituelles dans les autres pays de l’Europe,n’étaient pas habituelles à RomeCeux-mêmes qui croient le plus fermement au supplice de Bruno seraient dans un grand embarras, si on leur demandait de dresser une longue liste des victimes de l’inquisition romaine. Ils trouveront sans doute autant de victimes qu’ils voudront en Espagne, en Angleterre, en France même : mais à Rome, combien en trouveront-ils ? Et que furent à cette époque de troubles religieux les rigueurs de l’autorité ecclésiastique, quand on les compare à celle de l’autorité laïque ? Aussi, lorsqu’en 1619 le malheureux Vanini fut accusé d’athéisme devant le terrible parlement de Toulouse, ses amis demandèrent, mais en vain, qu’il fût déféré au jugement de l’inquisition[24]. Il ne put l’obtenir ; mais assurément, il n’eût pas réclamé comme une faveur la juridiction ecclésiastique, si la coutume de Rome eût été de brûler les impies.

Le trait final du récit de Schopp contient donc une fausseté, une calomnie. On ne saurait sans grande difficulté lui attribuer cette lettre ; il est probable qu’elle est l’œuvre d’un luthérien d’Allemagne, et ainsi s’explique l’impossibilité de remonter à son origine. Ainsi s’explique également comment ce récit, tout en affectant un grand respect pour les « très illustres, très vieux et très savants cardinaux du Saint-Office », tout en affectant une grande indignation contre ce « monstre » de Bruno, semble cependant élever Bruno aux proportions d’un héros et d’un martyr, qui fait trembler ses juges[25]

On peut se demander pourquoi l’auteur de ce récit a choisi Gaspard Schopp pour mettre sous son nom cette histoire apocryphe du supplice de Bruno, et pourquoi cette lettre est censée écrite à Rittershausen. Il fallait bien prendre le nom d’un écrivain qui fût à Rome vers 1600, et Schopp était peut-être le plus connu de ceux qui s’y trouvaient à celle époque. Le choix de son nom semblait donc tout indiqué d’avance à un faussaire. De plus, il était naturel que la lettre fût adressée à Rittershausen ; car, en 1599, Schopp lui avait écrit une lettre authentique, et imprimée à Ingolstadt l’année même où elle a été composée. (V. Nicéron, 35e vol.)

Nous pensons donc pouvoir conclure que, si l’absence de preuves extrinsèques rend déjà douteuse l’authenticité de la lettre attribuée à Schopp, l’examen de cette pièce nous permet d’aller plus loin, et de regarder son authenticité comme peu probable. Or, comme c’est le document qui parle du supplice de Bruno, il n’y a aucune raison de croire à la fin tragique de ce philosophe.

 III

QUE LE SUPPLICE DE BRUNO EST, A PRIORI, INVRAISEMBLABLE

On nous demandera peut-être de prouver à notre tour que Giordano Bruno n’a pas été brûlé. En l’absence complète de documents (puisque depuis 1598 on ne sait rien sur ce philosophe), il est aussi impossible de prouver la fausseté que de prouver la vérité de son supplice : on ne fait pas de l’histoire a priori. D’ailleurs, c’est à celui qui affirme, et non à celui qui doute, qu’il incombe de fournir la preuve. Toutefois, s’il est impossible d’arriver a priori à la certitude historique, on peut du moins poser a priori la question de vraisemblance. Or la croyance au supplice de Bruno n’a même pas de vraisemblance.

Le silence de tous les contemporainssilence absolu, puisque la lettre de Schopp ne saurait compter aux yeux d’une critique sérieuse, est une chose véritablement inexplicable, si réellement Bruno a été brûlé publiquement à Rome. Une exécution capitale, en pleine Rome, à Rome où le spectacle d’un bûcher n’était pas habituel, pouvait-elle passer absolument inaperçue ? Encore, si la victime n’était qu’un impie vulgaire et inconnu ! Mais non, c’est un des plus illustres philosophes de l’Europec’est le plus redoutable ennemi de la papauté et de la foi chrétienneOn le brûle, et personne n’y fait attention ! Ou du moins personne n’en parle dans aucun ouvrage du temps ! Cette indifférence ou cet oubli sont peu naturels. Quand un autre philosophie impie, Vanini, fut exécuté en 1619 à Toulouse, tout le monde littéraire s’en occupa ; indépendamment du récit de Grammond, nous avons la témoignage de Mersenne, nous avons le témoignage du Mercure de France[26]. Pour Bruno, aucun auteur contemporain ne fait la moindre mention de sa mort tragique. À cette époque de passions religieuses, pas un écrivain protestant n’en parle pour exciter contre Rome la haine de ses coreligionnaires ; pas un écrivain catholique n’en parle pour essayer de justifier cette exécution. C’est que très probablement, ni catholiques ni protestants, n’en avaient jamais entendu parler.

On pourra nous demander ce que Bruno est devenu, après son arrivée à Rome en 1598, s’il n’a pas été brûlé. Nous n’en savons rien, puisque les témoignages contemporains manquent absolument : mais, comme nous venons de le dire, ce silence des contemporains est encore bien plus étrange dans l’hypothèse du supplice de Bruno que dans l’hypothèse contraire. Il nous paraît certain que Bruno n’a pas quitté Rome ; mais ce n’est pas une raison pour qu’il y ait été mis à mort. Hypothèse pour hypothèse, on pourrait supposer, sans invraisemblance, qu’il a fini sa vie à Rome, dans un couvent de son ordre. Sans doute, c’est là une supposition qui dérange absolument toutes nos habitudes d’imagination : on se représente, d’ordinaire, Bruno sur un bûcher, bravant ses juges et mourant en stoïcien ; il est difficile de se le figurer vieillissant et mourant sous le froc d’un dominicain. Mais, toute imagination à part, notre hypothèse est beaucoup moins improbable que celle d’un supplice public dont personne ne s’est aperçu, ou du moins dont personne ne s’est ému.

On s’expliquerait ainsi l’absence complète de pièces officielles concernant le procès de Bruno. Ah ! sans doute cette absence de pièces n’embarrasse guère ceux qui croient au récit donné sous le nom de Schopp. Si les pièces n’existent pas, c’est que la cour de Rome les a détruites ou les a cachées[27] Et si on les a si bien dissimulées, c’est qu’elles renfermaient la preuve de la mort tragique de Bruno ! Étrange logique ! N’est-ce pas le fameux sophisme dont on s’amusait dans les écoles anciennes : « Quidquid non habes, id perdidisti. »

Que dirait-on d’un traité de logique où on lirait, à l’article critique historique : « S’il n’existe aucune pièce authentique à l’appui d’un fait, c’est qu’on a détruit celles qui existaient ; si elles ont existé, le fait est vrai ; donc pour qu’un fait soit vrai, il suffit qu’il n’existe aucune pièce à l’appui. »

Pour nous, cette supposition de pièces détruites ou dissimulées nous semble inadmissible. Que l’on dissimule les pièces d’une procédure secrète, suivie d’une exécution secrète, cela se conçoit ; ce serait du machiavélisme ordinaire. Mais dissimuler les pièces d’un procès public, suivi d’une exécution publique ! S’imaginer qu’en supprimant ces pièces on supprimerait du même coup le souvenir de l’exécution dans la ville qui en a été témoin ! Ce serait, entre nous, un machiavélisme par trop naïf ; et la critique, en faisant une telle supposition, nous paraît aussi un peu naïve. Non, on ne fait pas disparaître de pièces dans de telles conditions ; et si les pièces du procès de Bruno nous manquent, c’est très probablement qu’il n’y a pas eu de procès. D’autre part, l’inquisition n’a certainement pas rendu au plus dangereux ennemi de l’Église une liberté dont il aurait usé pour se livrer à de nouvelles attaques, et d’ailleurs, si Rome n’imitait pas l’exemple des princes temporels, en multipliant les bûchers contre les hérétiques ou les athées, elle ne poussait pas la tolérance au point d’appliquer à la propagande irréligieuse la maxime « laissez passer, laissez faire ». La solution la plus naturelle qui dut se présenter à l’esprit des cardinaux, n’était-ce pas de renoncer à un procès, et de retenir dans un couvent l’auteur de la Bestia Triomfante[28] ?

Tout en pensant que cette hypothèse est la seule qui explique et le silence des contemporains sur les dernières années du philosophe et l’absence de pièces concernant son procès, nous la donnons seulement pour ce qu’elle est, c’est-à-dire pour très incertaine. En fait de conclusions positives, nous nous bornons à affirmer : 1° Que rien absolument ne prouve que Giordano Bruno ait été brûlé à Rome. 2° Que l’hypothèse de son supplice est, non seulement incertaine, mais invraisemblable.

Si jamais on retrouve le manuscrit original et authentique de la lettre attribuée à Schopp, ou si on découvre un second témoignage à l’appui de la croyance au supplice de Bruno, alors la question changera de face. Jusque-là cette croyance ne mérite que le titre de légende, légende merveilleusement dramatique, texte admirable pour les déclamations de la haine ou du préjugé, mais indigne d’être accueillie comme sérieuse par un historien ou par un philosophe. 

Théophile DESDOUITS.

Paris, E. Thorin, 1885.

Première partie : https://philosophieduchristianisme.wordpress.com/2013/11/12/lhistoire-tragique-de-giordano-bruno-12/

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5 commentaires sur “La légende tragique de Giordano Bruno 2/2

  1. scaletrans
    16 novembre 2013

    Document précieux que je conserve en mémoire !

    • Patrick Bousquet de Rouvex
      17 novembre 2013

      moi de même !

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  4. Ichthys
    19 mars 2017

    Bonjour,
    pouvez-vous examiner la contre-argumentation suivante, svp ?

    La deuxième affirmation de Desdouits, selon laquelle Gaspard Schopp serait le seul à son époque à parler du bûcher de Bruno est scandaleuse. Par exemple, le journal de l’Archi-Confrérie de Saint Jean Décollé, congrégation chargée d’accompagner les dernières minutes des condamnés à mort, publie à Rome, dans son édition des 16-17 février 1600, un compte rendu ne laissant la place à aucun doute9 : “[…] Et il [Bruno] a tant et si bien persévéré dans son obstination, qu’il a été conduit par les ministres de la justice au Campo dei Fiori ; et là, dépouillé, nu, et lié à un poteau, il fut brûlé vif, toujours accompagné de notre Compagnie, qui chantait des litanies, et les confort ateurs jusqu’au dernier moment l’invitèrent à abandonner son obstination, dans laquelle il finit sa vie misérable et malheureuse.”
    De plus, deux avis furent affichés par l’Église à Rome le 19 février 160010 :
    Le premier : “Jeudi a été brûlé vif, sur le Campo dei Fiori, ce frère de Saint Dominique, de Nola, hérétique obstiné, avec la langue entravée à cause des paroles épouvantables qu’il prononçait, sans vouloir écouter les con forteurs ni quiconque d’autre. Il avait été douze années dans les prisons du Saint Office, dont il avait autrefois été libéré.”
    Le deuxième avis : “Jeudi matin, sur le Campo dei Fiori, a été brûlé vif ce scélérat de frère dominicain de Nola, dont a déjà été écrit dans le dernier avis : hérétique, absolument obstiné, qui avait, par caprice, formé divers dogmes contre notre foi et, en particulier, contre la très Sainte Vierge et les Saints, ce scélérat a obstinément voulu mourir dans ces [erreurs] ; et il disait qu’il mourait martyr et bien volontiers, et que son âme monterait au paradis avec cette fumée. Mais présentement, il sait s’il disait la vérité.”
    Ajoutons qu’en 1607, Kepler fit clairement allusion au bûcher11 et aussi, qu’en 1627, un Jésuite rapporta au procès en béatification du cardinal Bellarmin avoir vu le candidat à la sainteté troublé deux fois dans sa vie : à la mort d’un compatriote en “état de concubinage” (sic !) et en voyant un condamné du Saint Office mourir impénitent. S’agit-il de Bruno ? Peut-être, mais il se pourrait aussi que ce fût frère Celestino de Verona, brûlé vif en 1599… »La deuxième affirmation de Desdouits, selon laquelle Gaspard Schopp serait le seul à son époque à parler du bûcher de Bruno est scandaleuse. Par exemple, le journal de l’Archi-Confrérie de Saint Jean Décollé, congrégation chargée d’accompagner les dernières minutes des condamnés à mort, publie à Rome, dans son édition des 16-17 février 1600, un compte rendu ne laissant la place à aucun doute9 : “[…] Et il [Bruno] a tant et si bien persévéré dans son obstination, qu’il a été conduit par les ministres de la justice au Campo dei Fiori ; et là, dépouillé, nu, et lié à un poteau, il fut brûlé vif, toujours accompagné de notre Compagnie, qui chantait des litanies, et les confort ateurs jusqu’au dernier moment l’invitèrent à abandonner son obstination, dans laquelle il finit sa vie misérable et malheureuse.”
    De plus, deux avis furent affichés par l’Église à Rome le 19 février 160010 :
    Le premier : “Jeudi a été brûlé vif, sur le Campo dei Fiori, ce frère de Saint Dominique, de Nola, hérétique obstiné, avec la langue entravée à cause des paroles épouvantables qu’il prononçait, sans vouloir écouter les con forteurs ni quiconque d’autre. Il avait été douze années dans les prisons du Saint Office, dont il avait autrefois été libéré.”
    Le deuxième avis : “Jeudi matin, sur le Campo dei Fiori, a été brûlé vif ce scélérat de frère dominicain de Nola, dont a déjà été écrit dans le dernier avis : hérétique, absolument obstiné, qui avait, par caprice, formé divers dogmes contre notre foi et, en particulier, contre la très Sainte Vierge et les Saints, ce scélérat a obstinément voulu mourir dans ces [erreurs] ; et il disait qu’il mourait martyr et bien volontiers, et que son âme monterait au paradis avec cette fumée. Mais présentement, il sait s’il disait la vérité.”
    Ajoutons qu’en 1607, Kepler fit clairement allusion au bûcher11 et aussi, qu’en 1627, un Jésuite rapporta au procès en béatification du cardinal Bellarmin avoir vu le candidat à la sainteté troublé deux fois dans sa vie : à la mort d’un compatriote en “état de concubinage” (sic !) et en voyant un condamné du Saint Office mourir impénitent. S’agit-il de Bruno ? Peut-être, mais il se pourrait aussi que ce fût frère Celestino de Verona, brûlé vif en 1599… »La deuxième affirmation de Desdouits, selon laquelle Gaspard Schopp serait le seul à son époque à parler du bûcher de Bruno est scandaleuse. Par exemple, le journal de l’Archi-Confrérie de Saint Jean Décollé, congrégation chargée d’accompagner les dernières minutes des condamnés à mort, publie à Rome, dans son édition des 16-17 février 1600, un compte rendu ne laissant la place à aucun doute9 : “[…] Et il [Bruno] a tant et si bien persévéré dans son obstination, qu’il a été conduit par les ministres de la justice au Campo dei Fiori ; et là, dépouillé, nu, et lié à un poteau, il fut brûlé vif, toujours accompagné de notre Compagnie, qui chantait des litanies, et les confort ateurs jusqu’au dernier moment l’invitèrent à abandonner son obstination, dans laquelle il finit sa vie misérable et malheureuse.”
    De plus, deux avis furent affichés par l’Église à Rome le 19 février 160010 :
    Le premier : “Jeudi a été brûlé vif, sur le Campo dei Fiori, ce frère de Saint Dominique, de Nola, hérétique obstiné, avec la langue entravée à cause des paroles épouvantables qu’il prononçait, sans vouloir écouter les con forteurs ni quiconque d’autre. Il avait été douze années dans les prisons du Saint Office, dont il avait autrefois été libéré.”
    Le deuxième avis : “Jeudi matin, sur le Campo dei Fiori, a été brûlé vif ce scélérat de frère dominicain de Nola, dont a déjà été écrit dans le dernier avis : hérétique, absolument obstiné, qui avait, par caprice, formé divers dogmes contre notre foi et, en particulier, contre la très Sainte Vierge et les Saints, ce scélérat a obstinément voulu mourir dans ces [erreurs] ; et il disait qu’il mourait martyr et bien volontiers, et que son âme monterait au paradis avec cette fumée. Mais présentement, il sait s’il disait la vérité.”
    Ajoutons qu’en 1607, Kepler fit clairement allusion au bûcher11 et aussi, qu’en 1627, un Jésuite rapporta au procès en béatification du cardinal Bellarmin avoir vu le candidat à la sainteté troublé deux fois dans sa vie : à la mort d’un compatriote en “état de concubinage” (sic !) et en voyant un condamné du Saint Office mourir impénitent. S’agit-il de Bruno ? Peut-être, mais il se pourrait aussi que ce fût frère Celestino de Verona, brûlé vif en 1599… »

    http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1260

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Cette entrée a été publiée le 16 novembre 2013 par dans Athéisme, Mensonges historiques, Sur l'inquisition, et est taguée , , .
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