+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Revenir à la maison

Par Rick RICCIARDI

Il est étrangement ironique qu’en songeant aux événements qui m’ont conduit à mon retour à l’Église catholique romaine, les mots : « Je fus élevé comme catholique romain » me viennent à l’esprit. Je me demande combien de fois au cours de ses 20 dernières années, j’ai dit ces mots au début d’un témoignage ou lors d’une introduction en d’autres circonstances. Je me demande aussi combien de fois j’ai entendu ces mots.

De nos jours, dans bien des églises évangéliques et fondamentalistes, plus de 20 à 30 % des membres ou adeptes réguliers peuvent dire ses mots : « J’ai été élevé comme catholique romain ». Aux réceptions ou aux réunions, je me rappelle plusieurs fois m’être assis autour d’une table, essayant de rencontrer les personnes et d’en apprendre un peu plus sur les gens assis autour de moi. Inévitablement, quelqu’un répétait ces mêmes mots. À ce moment-là, les gens se mettaient à hocher de la tête et les sourires commençaient. D’autres explications n’étaient guère requises, nous nous comprenions les uns les autres.

Nous avions échappé, pensions-nous, à une église qui nous enseignait à oeuvrer pour être sauvés, qui enseignait des traditions d’hommes plutôt que les Écritures et qui ne nous avait jamais parlé d’une relation personnelle avec notre Seigneur. Chacun de nous pouvait dire que : « Nous n’avions jamais entendu parler de la Bonne Nouvelle avant de fréquenter … » telle ou telle Église.

Aujourd’hui, après avoir été éloigné pendant plus de 20 ans, je comprends vraiment ce que l’Église catholique enseigne à propos des oeuvres que nous devons produire en relation avec notre Salut. Je comprends non seulement le besoin de la Tradition apostolique mais aussi le fait qu’elle agit comme un ciment dans la fondation de notre Foi. À mon grand désespoir, je réalise maintenant comment, semaines après semaines pendant 22 ans, j’ai entendu la Bonne Nouvelle être lue et prêchée lors des messes, mais je ne l’ai jamais écoutée. : « Ils entendent, mais n’écoutent pas. » Que Dieu me pardonne !

Pour la plupart des dénominations protestantes, leur spécifique et unique grandiloquence théologique n’a été formulée que depuis seulement les cent dernières années, parfois plus … parfois moins. Habituellement, chacun de ces groupes fut formé lors d’une rupture d’un autre groupe, rupture causée par une divergence d’opinion sur un aspect théologique, doctrinal ou biblique ou tout simplement un débat sur une question morale qu’ils voulaient adopter ou rejeter. Très souvent, du moins il me semble, chacune de ces dénominations nouvellement formées laissait quelque choses d’important derrière elle dans ce processus. Je crois que les réformistes pourraient être choqués de comprendre comment ces dénominations qu’ils ont formées ont régressé dans ces contre-théologies en constante expansion.

La théologie catholique fondée sur le Nouveau Testament s’étends sur une période de près de deux mille ans d’existence. La consistance et la profondeur de son enseignement au sein de son Église se devrait d’être encensé et non pas critiqué. Malheureusement, aujourd’hui même, au sein de l’Église catholique, nous trouvons des prêtres, religieux, des laïcs et des mouvements qui ne suivent pas les enseignements de l’Église, ce qui mène à une grande confusion au sein des catholiques et même au sein des non-catholiques. Demandons-nous pourquoi les catholiques ne connaissent pas leur Foi ?

Pour les chrétiens d’autres dénominations, l’Église catholique, spécialement la Messe, semble étrange et arriérée. Ce n’est que lorsqu’une personne prend vraiment le temps de connaître et de comprendre ce que l’église enseigne, plus que ce qui y est pratiqué, que ces deux aspects se révèlent en conformité avec la Sainte tradition et que tout prend son sens. Les traditions catholiques, ses dévotions et ses coutumes sont fondées sur ce qui était pratiqué dans les premiers temps de la chrétienté apostolique par les premiers chrétiens. Les racines juives des premiers catholiques peuvent être clairement perçues dans ses traditions.

Dans un autre ordre d’idée, beaucoup de dénominations protestantes ont été établies plutôt récemment. Elles ont elles-mêmes introduit des nouvelles traditions qui leur sont propres et qui sont issues de ce que les protestants de première génération faisaient dans ces dénominations.

La tradition que j’ai récemment quittée, les Assemblées de Dieu, fut formée en 1914. Les gens des premières générations sont depuis ce temps, décédés, laissant derrière eux une seconde génération désirant demeurer fidèle à ce qui leur a été enseigné. La troisième et maintenant quatrième génération, dont la plupart des membres sont d’anciens catholiques, se questionnent sur le pourquoi et la raison de ces traditions. Les gens de la deuxième génération luttent pour conserver les choses telle qu’elles sont ou qu’elles ont déjà été pendant que les gens des troisième et quatrième générations veulent changer les façons de faire.

Ceci s’est passé en seulement un siècle ! Lorsque l’on compare les changements fait en moins d’un siècle dans cette nouvelle tradition chrétienne à la constance qui existe depuis plus de vingt siècles dans la religion catholique, l’on se doit de réfléchir !

Qui aurait crû, il y a 50 ans, que certaines dénominations protestantes seraient à reconsidérer, et même dans certains cas accepter, l’avortement, les mariages de même sexe et le clergé homosexuel ?

Une fois de plus, l’Église catholique, en dépit des tentatives des mouvements dissidents, dont les motifs sont parfois suspects, est demeurée constante dans l’appel fait aux chrétiens de demeurer attachés à leur Foi et d’enseigner les valeurs séculaires et ce, de générations en générations depuis plus de 2,000 ans.

Le début de mon errance 

À l’âge de 20-21 ans, j’ai commencé à avoir de sérieux problèmes d’abus d’alcool et de drogues. J’ai presque consenti à un mariage qui aurait été désastreux. Pourquoi ? Je ne sais pas. Dieu, par contre, était là et avait foi en moi, bien que moi je n’avais certainement pas la foi.

Une suite d’événements me conduisirent à une église baptiste du sud de la Louisiane. Ces événements constituaient l’essentiel de mon témoignage. Peu importe le moment, je voulais toujours joyeusement expliquer comment j’étais « devenu un chrétien ». Aujourd’hui, quand je regarde le passé, je suis vraiment heureux de la façon dont Dieu a agi dans ma vie en ouvrant mon coeur à Son amour et à Sa grâce, mais maintenant ma conclusion est différente : Il m’a sauvé, oui, mais Il m’a sauvé de moi !

À cette petite église baptiste du Sud, j’ai trouvé des gens qui s’intéressaient à moi, qui m’aimaient et qui partageaient leurs vies avec moi. En dehors de ma propre famille, je n’ai jamais rencontré des gens agissant de cette manière auparavant. Je passais plusieurs soirées à la maison de l’un d’eux, assis dans leur cuisine, posant des questions sur la Bible. Ils avaient toujours du temps pour moi.

Là, j’ai découvert Jésus, un Jésus bien différent de celui que j’avais connu comme Catholique, c’est une des raisons pourquoi les catholiques quittent l’église. Je ne veux pas en faire tout un plat, mais je pense que ce qui fait que beaucoup suivent les religions protestantes, c’est le fait qu’on y reçoive un enseignement clair et direct pour la première fois. Pas de courte réponse mais un enseignement qui peut dépasser les 60 minutes pour une simple question, ce sermon se développant de façon à ce que chaque texte de la Bible devienne un « oui » ou un « non » clair. C’est pourquoi, je crois, que beaucoup d’ex-catholiques « nés de nouveau » disent n’avoir jamais entendu la Bonne Nouvelle auparavant. Ce qu’ils disent vraiment au fond c’est : « Je n’ai jamais pu entendre dire oui ou non à mes questions avant … » Du moins, c’est ce qui se passait avec moi.

Toutefois, il y a un autre aspect, que l’on retrouve dans bien des églises évangéliques, et qui est aussi très important : le sentiment d’être impliqué. Dans l’église baptiste que je fréquentais, il y avait les écoles du dimanche suivies d’un service religieux. Le soir, il y avait un autre temps d’enseignement appelé « la réunion d’entraînement », suivie aussi d’un service religieux. Le mercredi, il y avait le service de mi-semaine. Le jeudi, c’était la visite de ceux qui avaient visité l’église le dimanche ou qui venaient de déménager dans le secteur. Tout au long de la semaine, il y avait des séances d’études de la bible et des réunions de comité. Avec tout cela, on se sent impliqué, désiré, nécessaire; on se sent « quelqu’un ».

J’ai appris par la suite qu’il y avait autant de possibilités d’implications dans les paroisses catholiques. Il y a tout plein de choses à faire; des comités où l’on peut s’impliquer et tout autant de façon possible de sentir qu’on peut offrir quelque chose de nous-mêmes. Mais, je me demande combien d’anciens catholiques, maintenant si impliqués dans leurs nouvelles églises protestantes, ont fait ces mêmes efforts pour être impliqués dans leurs anciennes paroisses ? En faisant plus qu’aller à la messe de temps en temps je veux dire ? Qu’est-ce que m’ont enseigné ces comités : travailler avec les adolescents, les étudiants, les jeunes mariés, les veuves, les célibataires, les nouveaux convertis, ceux qui sont affligés, ceux qui sont dans le besoin, etc…

En avril 1974, je suis devenu baptiste, et ai joint les rangs de l’église que j’avais commencé à fréquenter. J’ai présidé mon premier service à un « ressourcement jeunesse » en juin de cette même année. Je me rappelle avoir travaillé des jours durant sur ce sermon et être si nerveux quand le jour est finalement venu. Je suis arrivé à l’église tôt et me suis assis anxieusement dans la première rangée le dos tourné vers la congrégation. Je n’avais aucune idée de combien de personnes allaient entrer derrière moi. Quand le temps fut venu pour moi de prêcher, je me suis approché du pupitre et je me suis tourné pour voir l’église remplie à craquer. Je n’avais jamais vu d’église si remplie auparavant.

En dépit de mes genoux qui tremblaient et de mon coeur qui battait la chamade, j’ai commencé mon sermon d’une heure qui incluait probablement chaque extrait de connaissance de la Bible que j’avais acquis depuis le moins d’avril précédent. Tout ce que j’avais entendu était dans ce discours. À la fin, j’ai de l’autel fait un appel, une fille se leva et offrit sa vie au Christ. C’était l’une des soirées les plus excitantes de ma vie et j’ai su que j’étais où Dieu voulait que je sois.

Pendant que j’aidais le groupe de jeunes, j’ai rencontré une jeune femme du nom de Jeannie, et en l’espace de quelques mois, nous avons su que Dieu nous interpellait pour que nous nous mariions. J’ai dissuadé chaque membre de ma famille de se rendre à notre mariage qui aurait lieu en décembre. Ceci étant, bien sûr, l’une des nombreuses blessures que j’ai infligées à mes parents. L’excuse que je donnais était que le mariage était en Louisiane, très loin de chez mes parents qui vivent à Chicago. J’avais toujours six frères et soeurs vivant toujours chez eux et il aurait été difficile et coûteux pour eux de venir.

Mais la véritable raison était qu’ils m’embarrassaient, pas personnellement, mais parce qu’ils étaient catholiques. Dans mon coeur, je voulais vraiment qu’ils soient là, surtout mon père et ma mère, cependant je ne voulais pas les présenter à ma nouvelle famille, ma nouvelle église. Mes sentiments anti-catholiques commençaient alors à émerger. Je commençais à apprécier mon nouveau zèle et je ne voulais pas être mis au défi par deux catholiques. Je me suis inscrit dans un « Collège Biblique » et pour les  années suivantes, mes vues anti-catholiques et à ce temps, ma haine pour l’Église catholique, fut la motivation prédominante de ma vie.  J’avais assez de connaissance de  l’Église Catholique pour être considéré comme un expert par plusieurs de mes collègues de classe toutefois pas assez pour être capable pour discerner les erreurs que j’entendais à propos de l’Église.

De 1974-1985, j’ai servi dans plusieurs églises baptistes de Louisiane, Washington et en Californie. J’étais impliqué dans le ministère laïque et dans le leadership de l’église. J’ai fait la prédication pendant que les pasteurs étaient en vacances ou malades, j’ai aussi enseigné à l’école du dimanche et organisé des études bibliques pour les adultes.

Quand nous avons déménagé en Arizona en 1985, ma femme et moi avons joint une église de l’assemblée de Dieu (Pentecôtiste). Nous y sommes demeurés jusqu’en avril 1997 lorsque j’ai démissionné de mes positions de diacre et de secrétaire/trésorier de la chambre des directeurs.

Mon coeur commença alors à rechercher ses racines. Je pense que le début de ma lassitude me vint de la manière protestante de louer le Seigneur – des prières, des louanges, des chants, des annonces, des offrandes, encore des chants, plus de prières, une chanson spéciale faite par la chorale, un individu ou un groupe, suivi d’un message et quelques opportunités de répondre à ce message – l’idée était d’aller chercher quelque réaction. Si les chansons n’étaient pas celles que j’aimais, cela pouvait ruiner complètement tout le service religieux pour moi. Faisant partie de l’équipe du leadership, nous essayons souvent de faire en sorte de mettre l’emphase sur l’adoration divine, sans se préoccuper de comment nous nous sentions. Mais très souvent, je revenais à terre pour faire face à mes sentiments. Je crois que c’est la source du début de mon questionnement : «Je n’étais pas nourri spirituellement».

Sans trop le savoir, je commençais à penser qu’il devait y avoir une autre façon d’être ou de faire. Je me souviens avoir parlé au pasteur quelque temps avant d’annoncer que je partais, et il avait admis se sentir sous pression, qu’il portait le service sur ses épaules. Il ne le voulait pas ainsi mais il se sentait comme s’il donnait une prestation.

Puis au printemps 1996, ma famille commença à se préparer à notre première visite en 10 ans à Chicago. Je suis le plus vieux de neuf enfants – six garçons et 3 filles. La plupart de mes frères et soeurs étaient des petits enfants quand j’ai quitté la maison à l’âge de 19 ans, donc, n’ayant pas été là durant leurs croissances, je sentais que je ne les connaissais pas bien. La pensée de les revoir devenait un problème croissant. Je me sentais totalement différent dans ma nouvelle foi. J’étais le seul qui avait laissé la maison et j’étais le seul qui n’était plus catholique. Mon anxiété se transforma en paranoïa car durant les années, j’avais toujours trouvé des excuses pour ne pas aller les voir.

La raison de ce voyage était le mariage de mon frère, Paul, avec sa fiancée, Katherine. J’avais raté plusieurs des mariages de mes frères et soeurs, principalement à cause de ma paranoïa, mais cette fois mon père avait insisté que tous les enfants soient là, donc, j’ai accepté.

Paul et Katherine venaient de terminer leurs études universitaires à l’université Franciscaine de Steubenville en Ohio. Paul venait de terminer une maîtrise en théologie. Je me souviens d’avoir pensé : « Quelle andouille ! Il a dépensé tout cet argent et ce temps pour avoir un diplôme de théologie Catholique, je parie qu’il n’a pas ouvert sa Bible une seule fois durant les deux ans passés là-bas ! » Paul me parla du professeur qu’il avait et qui était un expert réputé des Écritures, le docteur Scott Hahn, mais ça ne m’a fait aucune impression à l’époque (bien que plus tard cela m’en fit).

Nous sommes arrivés quelques jours avant le mariage et bien sûr, tout était chaotique! J’essayais de trouver un peu de temps pour discuter avec Paul de son éducation et de me convaincre qu’il était un vrai chrétien. Durant notre conversation, le sujet de Marie ressortit. Nous avons parlé des différentes doctrines et croyances que les catholiques prônent à son sujet et à prime abord, je croyais qu’il plaisantait. Ça devait être une blague qu’il conservait depuis des mois seulement pour moi. Mais, il était sérieux. Les pensées se bousculaient dans mon esprit. Mon frère n’est pas un vrai chrétien ! Deux ans dans cette école et il croit encore que Marie est l’égale de Jésus!

Je ne savais pas que cette discussion, qui m’avait conduit à la colère, allait provoquer en moi une réflexion sur le catholicisme. En premier, mes pensées n’étaient pas des choses que je voulais partager avec tous, mais petit à petit durant les jours qui précédaient le mariage, Dieu commença à adoucir mon cœur.

À mon avis, la répétition du mariage fut un désastre. Je ne voulais pas coopérer en m’agenouillant devant l’autel à la fin de ma montée dans l’allée. Je tournais tout au ridicule tout ce que le diacre faisait ou disait. J’étais déconcertant pour tous ceux qui étaient autour de moi. C’était la première fois que je retournais dans une église catholique depuis longtemps et je croyais que c’était toute une blague.

Le jour du mariage, la météo était excellente, je me sentais bien et excité. J’avais surmonté mes peurs et mes appréhensions à l’idée de rencontrer mes frères et soeurs, et ce, pour ne pas mentionner les autres membres de ma famille que je n’avais pas vus depuis plus de 20 ans. J’avais même hâte de les retrouver à la réception.

Nous sommes arrivés à l’église et j’ai commencé à voir les gens que j’aurais pensé ne plus jamais revoir de ma vie. Nous avons ri, raconté des histoires, j’étais impressionné de voir comment les années peuvent passées pour ne laisser place qu’aux bonnes anecdotes. Nous nous sommes rassemblés dans l’église et avons attendu que la mariée arrive.

Je remarquais que mon frère, Don, agissait comme s’il n’allait pas bien. Il se mit à être anxieux de peur de déranger le bon déroulement du mariage, ce qui le rendait encore plus mal. Nous avons essayé de le calmer mais il allait de plus en plus mal. J’ai alors mis mes mains sur ses épaules et j’ai prié pour qu’une guérison et un calme viennent sur lui. C’était la première fois que je pouvais faire « mon truc à moi » devant tous ces catholiques.

Priant pour mon frère, cela m’a aidé à me concentrer sur le mariage, à penser à Dieu et de Lui jurer que je prendrais le reste de la cérémonie au sérieux. Quand Katherine est arrivée, le mariage commença et quelques minutes plus tard, je commencerais une quête que je n’aurais jamais crû possible de faire, Une quête vers mon retour au catholicisme.

Mon voyage à la maison

J’appréciais la cérémonie, je regardais autour, faisant des contacts visuels avec des cousins arrivés en retard qui paraissaient tout aussi excités que moi à l’idée de se rencontrer. Je me sentais confortable, je me sentais chez moi dans un endroit vraiment étrange. Le temps de la communion venu, je n’avais aucune intention de me lever pour la prendre, mais j’aurais bien voulu. Étant dans la famille du marié, j’étais assis dans la première rangée. À ma surprise, après que le prêtre eut donné la communion à Paul et Katherine, il est venu directement dans la première rangée. J’étais assis à la seconde place. Je me suis fait prendre par surprise. Quand le prêtre arriva près de moi, assumant que j’étais catholique, il me dit : « Le corps du Christ » et instinctivement, je répondis : « Amen » et recevait l’hostie.

J’ai su (et sais) que je n’aurais pas dû faire ça, mais j’ai reçu l’hostie et quelque chose dans mon coeur s’est produit. J’ai senti instantanément la présence de Jésus. Tout a semblé si vrai, si bien. Pourquoi avais-je douté de ceci ? La faim grandit en moi et le besoin de redécouvrir l’Église catholique commença.

Sans faire d’annonce officielle «Je repense à mon point de vue sur les catholiques », j’ai commencé à lire des livres et des magazines, à écouter des cassettes, j’ai passé à travers tout ce que je trouvais dans la maison de mes parents. Puis, j’ai trouvé une copie du livre « Pierced By A Sword» ( Transpercé par un sabre), un roman de Bud Macfarlane Jr., directeur et fondateur de la fondation pour Marie en Ohio. Ce titre était des plus intrigants et la couverture m’a surpris. Ce livre traitait de la fin des temps, une chose dont je n’avais pas été informée par l’assemblée de Dieu. Pendant que je lisais, je me demandais où se trouvait cet antéchrist. Il n’y avait aucune mention sur un temple reconstruit ou sur un ravissement quelconque. Il y’avait beaucoup de choses sur Marie, mais qu’avait-elle donc à voir avec la fin des temps  ?

J’avais aussi beaucoup de mal avec les personnages principaux du roman. Comment pouvais-je accepter que Dieu puisse utiliser des personnes qui boivent et fument ? Et pas juste un peu … Mais beaucoup ! Même le prêtre dans l’histoire fumait et buvait et il était dépeint comme un bon prêtre. C’était trop pour moi qui était un membre de l’assemblée de Dieu. « Les chrétiens ne boivent pas et ne fument pas, et s’ils le font, ils ne le font pas où ils peuvent être vus. »

Dans le roman, l’auteur insère des informations et des affirmations sur les apparitions de Marie ainsi que des doctrines et des philosophies de la théologie catholique. Je me disais : « Mais où ce gars va chercher tout cela ? »  J’ai probablement jeté le roman par terre six fois, chaque fois en disant des choses du genre : « J’ai beaucoup mieux à faire que de lire une chose pareille! »

Mais, j’ai finalement commencé à être totalement absorbé par le livre. Je ne pouvais plus m’arrêter. Je me levais tôt, me couchait tard, j’essayais d’avoir un peu de temps libre pour me trouver un endroit calme pour finir enfin ce livre. Rien ne m’importait plus : Je devais finir de le lire !

À la fin de l’histoire, il y avait un espoir. Cela m’a particulièrement aidé à comprendre les catholiques qui enseignent la communion avec les Saints, qui en quelques mois, s’est révélée être d’un grand réconfort. J’aurais pu lire tous les volumes qui me tombaient sur la main, ce qui aurait pu tout autant avoir un impact sur ma vie. Mais Dieu, qui me comprends mieux que je ne le fais moi-même, savait exactement lequel je devais prendre et lire.

En retournant chez moi… 

Si je n’avais pas lu que ce livre et que j’avais laissé tout tomber, je ne serais pas retourné en Arizona et probablement jamais pensé à redevenir chrétien. Mon cœur, par contre, voulait passer à une prochaine étape. Après nos vacances, j’ai écrit à Bud Macfarlane Jr. pour lui manifester l’impact que son livre avait eu sur ma vie. En plus d’une copie autographiée de « Pierced By A Sword », Bud m’envoya une copie de « Surprised By Truth »(Surpris par la Vérité) par Patrick Madrid, un livre contenant des témoignages de protestants qui sont revenus vers le catholicisme. J’ai dévoré littéralement le livre. Je n’avais aucune idée que non seulement il y avait d’autres protestants qui avaient pensé redevenir catholique mais qu’ils l’ont fait.

Une des façons merveilleuses dont Dieu m’a encouragé durant ces temps difficiles était la façon dont les gens m’ont contacté. J’étais à lire « Surprised By Truth » (Surpris par la vérité), et était en train de terminer le chapitre écrit par Marcus Grodi, le fondateur et président de « Coming Home Network International » quand le jour suivant en revenant du dîner, j’ai retrouvé un message sur ma boîte vocale de la part de Marcus me disant que Bud lui avait donné mon nom. C’est une histoire formidable, Dieu a utilisé « Pierced By A Sword » pour amener des frères catholiques dans ma vie. Tout ceci fut le début d’une chaîne d’événements qui de plusieurs façons fut miraculeuse.

Débutant à l’automne de 1996, Bud et Marcus sont devenus mon support par le biais du téléphone, de la poste et du courriel. Leurs royaumes, une tonne de cassettes par Scott Hahn et autres grands professeurs, que j’ai empruntées, achetées et écoutées maintes fois et beaucoup de recherches et de prières m’ont finalement amené à un point de crise. Je devais annoncer ma résignation et mon retour à l’église Catholique. Si je ne le faisais pas, j’étais rebelle.

Une pensée, je crois, m’a vraiment aidé à accélérer mon retour à la maison. Quand j’ai entendu Jeff Cavins, un ancien pasteur protestant, et animateur de l’émission « Life on the Rock » à EWTN (Eternal Word Television Network), avoir vécu une vie de rébellion pendant ses années hors de l’église pendant son enfance, j’ai su exactement ce qu’il voulait dire. Nos histoires étaient différentes mais l’esprit de rébellion, je le crois, est réel, non seulement pour moi, mais aussi pour une génération entière d’anciens catholiques.

J’ai été limité dans mon ministère, dans mes relations, dans ma joie à cause de cette rébellion. Une fois que j’ai eu compris ceci, je l’ai accepté et j’ai commencé à expérimenter une véritable repentance, ma joie commença à revenir et mes jours loin de l’Église catholique furent comptés.

Jeannie et moi avons débuté les rites d’initiation chrétienne pour adultes dans la paroisse catholique locale en juin 1997. Un samedi après-midi, le 9 août, j’ai fait une confession générale, ma première depuis 25 ans. Puis, le dimanche suivant, le 10 août, j’ai reçu l’Eucharistie, légitimement.

Le samedi 22 novembre 1997, j’ai eu le privilège de voir ma femme et sa classe d’initiation au christianisme faire leurs professions de foi, recevoir le sacrement de confirmation et leurs premières communions. Nous sommes maintenant capables de recevoir les sacrements ensemble en tant que mari et femme.

Tout cela est arrivé dans une courte période de temps. Plusieurs fois durant ce procédé, je  me suis découragé et je voulais tout laisser tomber. « Est-ce que je veux vraiment m’éloigner de la confession que je pratique depuis des années me demandais-je ? » Chaque fois que je doutais, Dieu m’envoyait quelqu’un, habituellement une personne que je ne connaissais pas, souvent par Internet, qui sentait le besoin de m’envoyer une lettre me racontant son histoire et qui désirait m’encourager. Pour tous ceux qui ont pris contact avec moi, je vous remercie. Dieu a vraiment continué de nous couvrir de béatitudes ma femme et moi. Quand nous sommes sortis de notre confession, laissant plusieurs années de culte et plusieurs amis derrière, Dieu a rempli ce vide avec un flot d’amis, frères et sœurs dans le Christ.

J’ai eu le privilège de servir sous plusieurs hommes de Dieu durant mes années loin de l’Église. Ces hommes m’ont apporté de l’amitié, de la connaissance et de bien beaux souvenirs. Nous avons eu de précieuses amitiés et ces personnes étaient des personnes que j’aimais et que j’aime toujours. Chaque fois que j’ai eu à dire au revoir, je sentais que mon coeur allait tomber en morceaux. Aujourd’hui, je suis tombé en amour avec l’Église catholique. Quand je pense à ces mots : « Je fus élevé comme catholique romain » je n’ai plus qu’une pensée, « Merci maman et papa, je vous aime ».

Quelques pensées sur le Salut

Comme protestant, j’ai toujours pensé exactement à ce que j’allais répondre si quelqu’un me demandait : «Es-tu sauvé ? » Depuis que je suis catholique romain, j’attend nerveusement le jour où un protestant me mettra au défi en me posant cette même question. Mon plan était de réciter la même bonne vieille réponse et de les mettre au défi de lui trouver une faille. Je m’attendais à voir un regard confus et de me faire demander : « Mais, n’es-tu pas catholique ? » Je profiterais alors de l’occasion pour leur expliquer la vérité sur le Salut.

Ensuite, je me suis mis à me demander s’il avait une véritable réponse à cette question. Il n’y a aucun doute que le Salut est un Don de Dieu, une grâce qui passe par la mort et la résurrection de Son Fils, notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ. Comme conséquence du péché, notre relation avec LUI  était brisée.Nous, pécheurs, sommes incapables de renouveler par nous-mêmes cette relation. Mais Dieu, dans Son amour, a envoyé Son Fils, pour mourir pour nos péchés et tout renouveler.

Notre salut commence avec la croix et il est rendu possible grâce à la résurrection. Les chrétiens catholiques et non-catholiques croient que ceci est vrai et seul un insensé en débâtera. Toutefois, en tant que catholique, devrais-je rater l’opportunité d’inclure à ma réponse le pourquoi de mon appartenance à l’Église catholique. Puis-je séparer les deux concepts ?

Quand j’étais protestant, le salut était un terme qui prenait une signification différente d’une personne à l’autre. Contrairement à l’unité doctrinale des catholiques, ce n’est pas tous les protestants qui croient qu’une fois sauvés, nous le sommes pour toujours. Il est vrai que plusieurs croient qu’après avoir prié un certain genre de prières (qui implique admettre que nous sommes pécheurs et que nous avons besoin d’un Sauveur, acceptant Jésus comme celui qui est mort sur la croix, ressuscité trois jours après, et que Son sang a lavé nos péchés) nous sommes sauvés pour toujours.

Plusieurs autres croient qu’en conséquence des péchés, on peut perdre son Salut. Le processus pour retrouver son état de salut sera alors aussi simple que de faire une prière de pardon pour être sauvé une autre fois.

Le point étant que, même dans le monde protestant, il y a une mésentente sur ce que le salut veut vraiment dire. Que devons-nous faire pour être sauvé et le demeurer ? C’est une des raisons qui fait en sorte qu’il y a plus d’un millier de dénominations protestantes, utilisant les mêmes écritures mais arrivant toutes à une conclusion différente. Néanmoins, chacune déclare avoir la vérité.

Ayant complété deux ans comme chrétien « recommençant », je trouve un grand soulagement du fait que je n’ai plus la pression d’amener les gens à « être sauvés » par moi-même. La responsabilité d’annoncer à quelqu’un qu’il est sauvé juste parce qu’ils ont répété une simple formule qu’on leur a citée est trop grande. Je ne veux pas juger les gens, mais je me suis souvent demandé comment des milliers voire des millions de gens sont confiants d’aller au paradis parce que quelqu’un les a arrêté dans un centre d’achat, leur a donné un tract et leur a demandé s’il aimerait recevoir Jésus comme Sauveur. Cet échange de cinq minutes serait l’événement qui leur assure une place dans l’éternité ?

Je me rappelle parler à des gens qui avaient fait les premiers pas pour être sauvés à la fin d’un service d’adoration. Je leur demandais « que voulez-vous ? » et souvent, leurs réponses étaient : « je veux être certain ». Je leur demandais alors : « Êtes-vous sauvé ? » et habituellement ils me répondirent qu’ils avaient prié pour le salut une fois pour toute dans leur vie. On leur avait dit qu’ils étaient sauvés et iraient au paradis, cependant ils ne le sentaient pas!

La réponse officielle pour l’expliquer fut souvent : « Bien, Satan essaie de mettre le doute dans votre esprit. » Bien souvent, je crois que nous donnons trop de crédit à Satan, spécialement quand nous sommes confrontés aux questions dont nous n’avons pas vraiment de réponses.

Personnellement, j’ai toujours crû que si une personne ne se sentait pas sauvée elle ne l’était pas . Ainsi j’ai toujours voulu les approcher à partir de ce point de vue.  Mais, quand j’étais devant elles, j’ai fait ce que n’importe qui d’autre aurait fait, je les ai dirigé dans une prière pour la repentance des pêcheurs, j’ai secoué leur main, les ai appelé frère ou soeur, et je leur dit alors qu’ils iraient au ciel.

Au moins, si ceci se produisait dans l’église, il y avait un suivi de fait par un des pasteurs. Je sais que plusieurs des croisades de conversion essayent d’avoir un suivi. C’est pourquoi, ils doivent trouver des gens qui prennent les devants et remplissent des enregistrements des personnes qui se disent sauvées. C’est pour que les églises locales puissent les contacter ensuite et les aider. J’ai lu qu’après les croisades de Billy Graham, 10% des enregistrements contenaient de fausses adresses. Quel genre de salut est-ce que cela ? La première action faite comme chrétien, est un mensonge sur l’endroit où l’on vit ! En fait, je ne suis pas certain que les gens qui ont rempli ces cartes se croient sauvés et en route pour le paradis.

Quand j’ai été « sauvé » dans cette église baptiste en 1974, j’avais écrit dans ma nouvelle Bible King James : «17 mars», afin que je puisse toujours regarder et me rappeler ce jour-là  «lorsque je suis devenu un chrétien».

Mais maintenant que je suis de nouveau un catholique, je réalise que le salut est beaucoup plus grand que cela. Je comprends les mots de Jésus : «Et il disait à tous : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix chaque jour, et qu’il me suive. »  (Luc 9 : 23) Le salut n’est pas et ne peut être une simple prière, c’est une expérience de vie de tous les jours, c’est les bons et les mauvais moments.

Je suis reconnaissant d’avoir une Église qui m’enseigne enfin ceci et qui m’apporte les sacrements dans lesquels je reçois la grâce d’être capable de porter ma croix. Je suis spécialement reconnaissant de recevoir l’Eucharistie, le Corps, le Sang, l’Âme et la divinité de mon Sauveur qui a bouleversé mon coeur durant le mariage de mon frère il y a quelques années et qui chaque jour me ramène plus près de lui.

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Rick et sa femme Jeannie vivent à Mesa en Arizona où il travaille pour Boeing sur le programme des hélicoptères Apache. Ils ont deux enfants qui sont maintenant des adultes, James et JoAnna. Après être retournés vers l’Église catholique, Rick a commencé un apostolat appelé « Returning Home » (Revenir à la maison) qui aident les catholiques qui reviennent à leur Foi.  Rick a été invité à plusieurs émissions télévisées et fut interviewé sur la «Catholic Family Radio». Rick peut être rejoint à http://www.chnetwork.org/

Traduction : Julie Courchesne

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Un commentaire sur “Revenir à la maison

  1. Pingback: Ils se sont convertis! | +++Yesus Kristus azu+++

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Cette entrée a été publiée le 24 octobre 2013 par dans Foi Catholique, Témoignages, et est taguée , , , .
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