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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

La saint Barthélémy : les vrais faits 2/4

II. La Saint-Barthélemy fut une affaire de proscription.

[…] Si l’on n’avait pas fait des éloges singuliers de l’amiral de Coligny ; si la plupart des Français ne le regardaient pas encore, sur la foi d’un apologiste ou d’un poète[15], comme un modèle de probité, quand ils ne devraient voir en lui qu’un chef de rebelles ; si, à la faveur de ses vertus guerrières, on ne lui supposait pas gratuitement toutes celles qui constituent le bon Français et le bon serviteur du roi, il serait inutile de mettre en problème le motif qui détermina Charles IX et son conseil à la terrible extrémité où l’on se porta. Mais, puisqu’il plaît à beaucoup de monde de douter des torts réels, ou plutôt des crimes de ceux qui prirent les armes contre leur souverain et ameutèrent contre lui une partie de ses sujets, il est indispensable de rechercher leur conduite ; on y trouvera la vraie cause de leur proscription.

Du moment que les huguenots prirent les armes, ils devinrent criminels de lèse-majesté. C’est en vain qu’ils disaient alors, et qu’ils disent encore, que c’était pour le service du roi et contre les entreprises des princes de Guise ; ces entreprises n’auraient jamais existé sans la jalousie des Coligny ; c’est elle qui donna naissance aux troubles du royaume et aux inquiétudes de Catherine de Médicis. Le crime de l’amiral et des seigneurs, ses complices, était donc aussi ancien que la première prise d’armes, sans que les édits de pacification en aient interrompu la continuité, bien qu’ils en eussent assuré le pardon.

La preuve de cette rébellion non interrompue se trouve, quant à l’amiral, dans le journal de sa recette et de sa dépense, produit au conseil du roi et au parlement ; on y voit que sous prétexte de lever de l’argent pour le payement des Reîtres, et au préjudice des défenses portées par les édits de pacification, « il levait et exigeait sur les sujets du roi, qui étaient de la religion, une si grande et énorme somme de deniers que les pauvres gens en étaient du tout spoliés de leurs facultés ». Ses papiers, dont on se saisit après sa mort, contenaient des arrangements et des projets, qui auraient suffi pour le faire périr sur un échafaud, si la preuve en eût été acquise. Mais ce qu’on ne pourrait pas prouver juridiquement, on le soupçonnait avec raison de la seule contenance de ses gentilshommes qui l’environnaient sans cesse, qui lui effraient leurs bras, qui voulurent s’armer pour venger sur-le-champ sa blessure. Bellièvre disait aux députés des Treize Cantons, en parlant de ses papiers : « Je sais où ils sont, le roi les a vus, tout son conseil semblablement, comme aussi sa cour de Parlement, que peut-on dire d’un ordre politique qui a été trouvé parmi leurs papiers ? Par lesquels il a apparu au roi que ledit amiral avait établi, ez (dans) seize provinces de son royaume, des gouverneurs, des chefs de guerre, avec certain nombre de conseillers qui avaient charge de tenir le peuple armé, le mettre ensemble et en armes aux premiers mandements de sa part ; auxquels était donné pouvoir de lever annuellement sur les sujets de Sa Majesté, notable somme de deniers. »

Pour comprendre à quel point l’amiral était devenu odieux à Charles IX, il faut lire ce que ce prince écrivait à Schomberg, son ambassadeur auprès des princes d’Allemagne : « Il avait plus de puissance, et était mieux obéi de ceux de la nouvelle religion, que je n’étais, ayant moyen par la grande autorité usurpée sur eux, de me les soulever, et de leur faire prendre les armes contre moi, toutes et quantes fois que bon lui semblerait ; ainsi que plusieurs fois il l’a assez montré ; et récemment il avait déjà envoyé ses mandements à tous ceux de ladite nouvelle religion, pour se trouver tous ensemble en équipages d’armes le troisième du mois à Melun, bien proche de Fontainebleau où en même temps je devais être ; de sorte que s’étant arrogé une telle puissance sur mesdits sujets, je ne me pouvais dire roi absolu, mais commandant seulement une des parts de mon royaume : donc, s’il a plu à Dieu de m’en délivrer, j’ai bien occasion de l’en louer et bénir le juste châtiment qu’il a fait dudit amiral et de ses complices. Il ne m’a pas été possible (ajoute le roi) de le supporter plus longuement, et me suis résolu de laisser tirer le cours d’une justice, à la vérité extraordinaire, et autre que je n’eusse voulu, mais telle qu’en semblable personne il était nécessaire de pratiquer[16]. »

Il est certain que ce sujet rebelle entretenait continuellement un parti redoutable à l’autorité royale, et creusait sous le trône des mines prêtes à éclater au premier moment favorable : il était donc constamment criminel de lèse-majesté, et conséquemment il dut devenir odieux à Charles IX et à son conseil. Il menaçait à tout propos le roi et la reine d’une nouvelle guerre civile, « pour peu que Sa Majesté se rendit difficile à lui accorder ses demandes tout injustes et déraisonnables qu’elles fussent, – dit Bellièvre. Lorsque le roi ne voulut à son appétit rompre la paix au roi d’Espagne pour lui faire la guerre en Flandre, il n’eut point de honte de lui dire en plein conseil, et avec une incroyable arrogance, que si Sa Majesté ne voulait consentir à faire la guerre en Flandre, elle se pouvait assurer de l’avoir bientôt en France entre ses sujets. Il n’y a pas deux mois que se ressouvenant Sa Majesté d’une telle arrogance, disait à aucuns (plusieurs) siens serviteurs entre lesquels j’étais, que quand il se voyait ainsi menacé, les cheveux lui dressaient sur la tête. »

Il ne faut pas croire que le président de Bellièvre soit le seul qui ait parlé de la sorte ; les Mémoires de Brantôme, de Tavannes, de Montluc, et la harangue de l’évêque de Valence aux Polonais, sont pleins de ces reproches fondés sur les faits. « Les huguenots ne peuvent oublier le mot qui leur coûta si cher le 24 août 1572, dit Tavannes[17] : Faites la guerre aux Espagnols, Sire, ou nous serons contraints de vous la faire. » C’est ce projet de guerre qui acheva de perdre l’ambitieux amiral ; Charles IX en goûta trop le plan pour le malheur de celui qui l’avait formé, puisque ce sujet entreprenant en devint assez hardi pour essayer de détruire Catherine de Médicis dans l’esprit et dans le cœur de son fils. Enivré d’un commencement de faveur, il oublia l’affection du roi pour sa mère, il la peignit aux yeux de ce prince avec des couleurs trop fortes pour être pardonnées. Il la lui représenta maniant à son gré les rênes de l’empire, retenant toute l’autorité, préférant la réputation du duc d’Anjou à la gloire du roi et aux véritables intérêts de l’État. Il conseilla à Charles IX de secouer ce joug ; il le rendit inquiet sur une puissance dont lui-même était jaloux, qu’il eût voulu abattre pour élever la sienne ; il avança sa perte, parce qu’il ne put pas achever celle de Catherine et de son conseil, et en cela il se montra tout à la fois mauvais politique, mauvais serviteur et mauvais citoyen. Avec quelle témérité ou plutôt quelle audace il offrit à Charles IX dix mille hommes de troupes pour porter la guerre dans les Pays-Bas ? Le roi, entretenant Tavannes des moyens d’entreprendre cette guerre, n’oublia pas l’offre de Coligny, qu’il ne nomma pas à Tavannes ; mais, ce serviteur zélé et bouillant qui savait bien que le seul amiral pouvait faire de telles offres, répondit à son maître : « Celui de vos sujets qui vous porte telles paroles, vous lui devez faire trancher la tête ; comment vous offre-t-il ce qui est à vous ? C’est signe qu’il les a gagnés et corrompus, et qu’il est chef de parti à votre préjudice ; il a rendu ces dix mille vos sujets à lui pour s’en aider à un besoin contre vous. » Réflexion judicieuse dont la vive image coûta cher à l’amiral.

Si l’on ajoute à ces griefs du moment les torts passés qu’un édit n’efface jamais assez bien pour qu’il n’en reste pas toujours quelque impression fâcheuse ; si l’on se rappelle les motifs qui avaient déterminé la cour à faire arrêter le prince de Condé et l’amiral à Noyers, l’arrêt du parlement (13 septembre 1569) qui avait condamné ce dernier à perdre la tête, les cinquante mille écus d’or promis (arrêt du 28 du même mois) à celui, Français ou étranger, qui l’apporterait, et surtout, comme dit Montluc, « la traite qu’il fit faire au roi de Meaux à Paris, plus vite que le pas[18]» ; on se persuadera sans peine que ce sujet était devenu insupportable au fils comme à la mère, et à leur conseil intime, et dès lors qui pourra douter que la Saint-Barthélemy ne fût une vraie proscription, dont les différents motifs réunis, et semblables à des nuages, s’étaient rassemblés sur la tête de Coligny et de son parti, pour former enfin l’orage d’où partit la foudre qui l’écrasa.

On n’a pas assez remarqué, ce nous semble, la propension énorme de l’historien de Thou pour les calvinistes, et surtout pour Coligny ; on ne saurait trop faire remarquer cet esprit de partialité dans un auteur qu’on s’est accoutumé à regarder comme la fidélité même. De tous les préjugés, en fait d’histoire, le plus dangereux est celui d’une vénération mal entendue pour les écrivains, et certainement de Thou n’en est pas toujours digne. Qu’on en juge par son affectation à rapporter et à faire valoir deux articles duJournal de l’amiral. L’un est l’avis donné « au roi de prendre garde, en assignant l’apanage de ses frères, de ne pas leur donner trop d’autorité » ; l’autre est un mémoire qui ne devait être communiqué qu’au roi, où il « représentait que si on n’acceptait pas les conditions proposées par les Flamands révoltés contre l’Espagne, ils ne manqueraient pas de se livrer aux Anglais, qui deviendraient les ennemis de la France dès qu’ils auraient mis le pied dans les Pays-Bas ».

Voilà de belles preuves de zèle ! Quand de Thou les ramassait avec soin et les rapportait avec complaisance, il croyait sans doute que, sur sa parole, la postérité n’y verrait qu’attachement et fidélité ; il croyait qu’elle oublierait combien l’amiral avait intérêt à voir le roi brouillé avec ses frères et avec l’Espagne.

Si Charles IX eût demandé à Coligny son sentiment sur la manière de régler l’apanage des princes, on pourrait croire que sa sincérité était l’effet du zèle, et il faudrait lui en savoir gré ; mais, c’était un avis donné à quelqu’un qui n’en demandait pas ; avis qui devait mettre dans la famille royale une division dont le parti de l’Amiral eût profité. On sait qu’il détestait le duc d’Anjou : c’était donc pour se venger de lui, ou pour s’en mieux garder, qu’il voulait que son autorité fût diminuée. On sait aussi que le duc d’Alençon penchait pour ce chef des huguenots, et c’était se l’attacher davantage que de lui fournir des sujets de mécontentement capables d’achever de le détacher des intérêts du roi ; c’était le faire pousser par la main même de Charles IX dans les bras des rebelles ; il n’y a donc rien dans ce premier avis qui mérite des éloges. L’autre est encore plus marqué au coin de l’intérêt. La rébellion des Pays-Bas était l’ouvrage de la Réforme ; l’étendue et l’affermissement de la secte en dépendaient. Aider aux calvinistes de Flandre à secouer le joug, c’était en imposer un aux catholiques de France, c’était augmenter les forces du parti. Les révoltés pouvaient échouer dans leur entreprise, parce qu’Élisabeth ne voulait pas favoriser leur rébellion. L’amiral devait jouer un rôle dans cette guerre ; il avait affaire à un prince dont il fallait réveiller l’ardeur par la jalousie, et le déterminer en le piquant ; il lui fit craindre que les Anglais ne s’emparassent de ce pays, et il savait, au contraire, que leur reine n’en voulait pas. Il y avait donc intérêt particulier, injustice générale et mauvaise foi dans ce beau mémoire, qui n’était au fond que le précis de ce que l’amiral avait dit à Charles IX pour l’engager à porter la guerre dans les Pays-Bas.

Qu’on regarde sous ce point de vue les deux articles recueillis et relevés par de Thou, et loin d’y voir rien qui mérite le moindre éloge, on y apprendra à lire cet historien avec une sage méfiance, qui peut seule empêcher qu’une telle lecture ne devienne très dangereuse. C’est dans cette source suspecte que l’auteur des Vies des Hommes illustres a puisé ce qu’il nous a dit de beau de l’amiral Coligny ; c’est là qu’il a pris que la recherche faite dans les papiers de ce rebelle « ne put rien fournir qui pût faire naître le soupçon le plus léger » contre lui[19]. Ce n’était donc rien, à son avis, que d’avoir « des gouverneurs dans des provinces, des chefs de guerre avec certain nombre de conseillers, qui avaient charge de tenir le peuple armé » ; ce n’était rien que de « lever des sommes d’argent et de s’en appliquer une partie » ; ce n’était rien que d’avoir « envoyé ses mandements à ceux de la religion, pour se trouver en armes le trois de septembre à Melun, près de Fontainebleau, où le roi devait être ».

Si toutes ces choses ne caractérisent pas le sujet rebelle, à quoi reconnaîtra-t-on désormais la rébellion ?

Voilà pourtant cette probité tant vantée par nos historiens anciens et modernes, tant célébrée par Voltaire dans sa Henriade, tant accréditée parmi ceux qui sont toujours portés à croire tout ce qui tend à augmenter les torts d’un gouvernement.

L’excès est condamnable dans le blâme comme dans les éloges. Coligny avait des vertus guerrières, mais il manquait de celles qui caractérisent le vrai serviteur du roi ; sa probité n’était pas tellement épurée, qu’il n’y eût dans ses actions un mélange de jalousie contre les Guises, et un degré d’ambition désordonnée qui le rendront toujours criminel aux yeux des juges désintéressés. Ceux qui ont entrepris de faire l’apologie de Coligny auraient dû, avant tout, le justifier du soupçon trop bien fondé d’avoir conduit la main de Poltrot. Ce n’est pas la déposition de ce scélérat qui nous fait regarder l’amiral comme son complice, ou plutôt son instigateur ; ce sont ses défenses, ses propres aveux. Convenir dans une lettre à la reine[20] que depuis cinq ou six mois en çà il n’a pas fort contesté contre ceux qui montrèrent avoir telle volonté ; donner pour raison de sa non-opposition à une action si détestable, qu’il avait eu avis que des personnes avaient été pratiquées pour le venir tuer ; ne point nommer ces personnes dans le cours de sa justification, quoiqu’il eût dit qu’il les nommerait quand il serait temps ; avouer dans ses réponses que Poltrot s’avança jusqu’à lui dire qu’il serait aisé de tuer le duc de Guise, mais que lui, amiral, n’insista jamais sur ce propos, d’autant qu’il l’estimait pour chose du tout (tout à fait) frivole. Avoir donné à Poltrot cent écus pour acheter un cheval qui fût un excellent coureur ; convenir, dans un second mémoire, que, quand Poltrot lui avait tenu propos qu’il serait aisé de tuer le seigneur de Guise, il ne lui répondit rien pour dire que ce fut bien ou mal fait. Déclarer, dans une lettre à la reine, qu’il estimait que la mort du duc de Guise fût le plus grand bien qui pouvait advenir au royaume et à l’Église de Dieu, et personnellement au roi et à toute la maison des Coligny. Récuser tous les parlements qui existaient alors en France[21], et même le grand conseil, en disant que son fait ne devait être examiné que par gens faisant profession des armes, et non par la chicanerie, mal séante à personnes de cette qualité. Réclamer enfin, pour dernière ressource, le privilège de l’abolition portée par l’édit de pacification, ce qui n’est pas, pour un criminel, une décharge plus honorable que la voie de prescription ne l’est pour un débiteur. Toutes ces choses impriment sur la vie de l’amiral une tache que ni les poètes ni les historiens ne sauraient effacer, non plus que le récit de la constance et de la résignation qu’il montra après sa blessure.

Lorsque l’auteur des Hommes illustres copiait[22], un peu trop à l’aveugle, ce que les protestants ont écrit là-dessus en faveur de ce chef de parti, il ne faisait pas sans doute attention que la seule nature de la blessure et le courage du blessé démentaient tous ces récits. En effet, pour un doigt perdu et une balle retrouvée dans les chairs d’un bras, il ne fallait pas tant montrer d’héroïsme, ni adresser à Dieu des prières si ardentes, ni demander celles des ministres ; c’est ainsi qu’en voulant trop prouver, on ne prouve rien […]

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  4. +++Yesus Kristus azu+++
    20 juillet 2014

    NOTES.

    15 Voltaire, dans sa Henriade.

    16 Cette lettre est du 13 septembre 1572. (Voyez Villeroy : Mémoires servant à l’hist. de notre temps, etc., t. IV. Ces Mémoires s’étendent depuis l’an 1567, jusqu’en 1604.)

    17 Voyez ses Mémoires depuis l’an 1530 jusque sa mort, en 1573, dressés par son fils. (Édition de Paris, 1574, in-8°, p. 407.)

    18 Commentaires de Blaise de Montluc, etc., depuis l’an 1529 jusqu’en 1572, livre VII.

    19 Tome XV, p. 649.

    20 Pour tout ce qui suit, voyez les Mémoires de Condé, depuis la mort de Henri II jusqu’au commencement des troubles, en 1565, t. IV, p. 303 et 304. (Édit. de Paris, 1741, in-4°, 6 vol. publiés par Secousse et Lenglet du Fresnoy.)

    21 C’étaient ceux de Paris, de Toulouse, de Bordeaux, de Dijon et de Rouen.

    22 Dans les Mémoires de l’état de la France sous Charles IX.

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