+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Je crois en la Résurrection de la chair 1/2

La Résurrection, cœur de la Foi chrétienne. Il faut dire, sans ambages, qu’être chrétien, c’est croire en la Résurrection. Et lorsque que nous parlons de Résurrection, nous entendons bien sûr la Résurrection de la chair. Sans résurrection, la Foi chrétienne s’écroule ! Ce que confirme l’apôtre Paul lorsqu’il affirme : « (…) S’il n’y a pas de résurrection des morts, notre Foi est vaine » (I Corenthiens XV, 14). Toutefois, il faut souligner que cette espérance relève de l’inextricable, et pourrait même être qualifiée de pure fantasmagorie. S. Augustin remarquait déjà que « la réalité chrétienne la plus dure à concevoir c’est la résurrection de la chair ». Il n’est pas, dès lors, étonnant de constater qu’il est plus de chrétiens croyant en la réincarnation qu’à la résurrection. On peut d’ailleurs, avec ou sans étonnement, constater que la négation en cette espérance existait déjà même à l’époque du Christ. En effet, remarquons que les Sadducéens, membres des quatre grands courants du Judaïsme antique, n’acceptaient pas cette doctrine annoncée par le Christ (Évangile de S. Luc, chapitre XX, 27-38). Est-ce parce qu’elle met en avant la chair qu’elle est rendue absconse ? Le point culminant, et les difficultés inhérentes à cette espérance, se trouvent dans les Actes des Apôtres, lorsque Paul s’en va présenter la Résurrection aux Athéniens, parmi lesquels se trouvaient les Stoïciens et les Épicuriens – sans doute les deux grandes écoles philosophiques en ce temps là. A peine le mot « Résurrection » avait-il été prononcé par l’apôtre, aussitôt avait-il perdu l’attention de ses auditeurs. Face à toutes ces difficultés, félicitons le philosophe Nietzsche, qui écrivait :« Je croirais en Dieu lorsque les Chrétiens auront des têtes de ressuscités ». Félicitation dues, non pas à sa non-croyance en Dieu, mais plutôt au fait qu’on peut considérer que ce philosophe avait pleinement compris la Foi chrétienne, qui, comme nous l’avons souligné, repose sur la Résurrection des corps. Sans plus trop s’appesantir, et sans prétentions, nous nous engageons à expliquer pourquoi croire en cette philosophie, est tout à fait rationnelle…

Avant toute chose, il convient de déterminer ce que nous sommes. Et, à ce propos, les philosophies ne manquent pas !

Abordons d’abord l’immatérialisme, qui dit que nous sommes des âmes, des substances immatérielles. Pour exister, ces substances ne dépendent de rien. L’âme est simple, elle n’a pas – en elle-même – des parties immatérielles. L’inexistence de la matière est prônée. Sans matière, la résurrection des corps est-elle possible ; a t-elle même un sens ? La réponse est négative. Et, de ce fait, nous ne partirons pas de là…

Une seconde réponse, le dualisme, éloquemment présenté dans le Phédon de Platon. Nous sommes deux substances, l’une matérielle, et l’autre immatérielle. Mais ce que nous sommes en réalité, c’est la substance immatérielle (donc l’âme). L’âme n’est pas liée au corps. Elle s’oppose à lui. Le corps est en effet vu comme un mal, une entrave à l’âme ! Et, la mort, séparation du corps et de l’âme, est vue comme une Libération – de l’âme. L’opposition entre âme et corps est radicale. Platon va même jusqu’à dire que le corps est le principal déclencheur des maux terrestres et qu’on doit s’en séparer le plus possible : ce doit être le but de la philosophie d’ailleurs. Le corps est une frénésie. Nous rejetons également cette philosophie, qui nous conduirait, non pas à la résurrection, mais à la métempsychose, et à la réincarnation. Certes dans le Christianisme, il existe un certain dualisme, mais il doit impérativement articuler le dualisme à la doctrine de la résurrection de la chair…

Le nihilisme qui affirme que nous n’existons pas ! Peter Unger affirme : « La perspective scientifique qui se développe, et qui est en passe de l’emporter en biologie et en chimie depuis les derniers siècles, rend au moins fort vraisemblable qu’il n’existe aucune personne ou aucun être fini »[1]. Nul besoin de s’y attarder : le nihiliste règle le problème en affirmant que puisque nous n’avons jamais existé, il n’y rien à ressusciter. Le nihilisme est à rapprocher avec l’irréalisme psychique, qui, cependant, est moins radical, et affirme que nous n’avons aucune réalité substantielle, psychique ou mentale. La résurrection est niée. Un partisan de cette théorie pourrait développer une thèse sur le rôle social joué par la Résurrection dans notre équilibre – ou déséquilibre – psychique. Pour ces raisons, nous rejetons également l’irréalisme psychique.

On pourrait encore parler de Constitutionnalisme, Fonctionnalisme, Quadri-dimensionnalisme… Cependant, l’Animalisme, qui affirme que nous sommes des animaux rationnels, et l’Hylémorphisme, sont les deux philosophies qui nous intéressent. Et pour des raisons pratiques, nous nous baserons sur l’Hylémorphisme, qui, après réflexions, semble être La philosophie compatible avec la résurrection des corps.

L’immortalité de l’âme

Il est des Chrétiens qui croient en l’anéantissement de l’âme, sa mort, et qui croient également à la Résurrection des corps. Toutefois, ce point de vue n’est pas compatible avec celui que nous soutenons et surtout en vue de la future Résurrection : comment croire que l’âme meurt s’il y a une Résurrection ? Puisque, le corps meurt, c’est un fait, mais alors, qu’est-ce qui préserve l’identité personnelle, si ce n’est l’âme. La mortalité de l’âme soutient donc qu’il y aura une résurrection de la chair, mais aussi une résurrection de l’âme ; et puisque que c’est l’âme qui possède le critère de l’identité, l’être ressuscité ne sera en aucun cas le même, mais sera un être nouveau ! Pourtant, ce n’est pas ainsi que la Résurrection – philosophie biblique – est comprise…

La pensée d’Aristote, pourtant élève de Platon, diffère, ou plutôt, s’oppose radicalement à celle de son maître. L’opposition entre les deux philosophes réside sur la vision de l’âme et du corps qu’ont ces derniers : alors que pour Platon le « Je » fait référence à l’âme, chez Aristote, il fait plutôt référence à l’âme et au corps, autrement, à l’unité des deux. Aristote introduit donc une théorie philosophique : l’hylémorphisme. Cette théorie affirme que tout être vivant est constitué de matière et de forme. Par conséquent, en ce qui concerne l’être humain, lorsqu’on parle de matière, on entend le corps, et de forme, on entend l’âme. Pour mieux illustrer les notions de forme et de matière, simulons une expérience[2] – prenons deux kilogrammes de calcium, un kilogramme de phosphore, du carbone, de l’azote… Ajoutons à cela soixante litres d’eau, et saupoudrons de sodium, de magnésium, de fer. Remuons ensuite le tout et attendons… Que se passe-t-il ? Rien. Pourtant, selon le Larousse médical, nous aurions dû obtenir un homme de cent kilogrammes. Mais que peut-il bien manquer ? Tout simplement, un principe d’organisation. Il est évident qu’une substance n’est en aucun cas une agrégation d’éléments matériels. On doit donc y distinguer deux choses : les éléments matériels et le principe d’organisation. Ce principe d’organisation, c’est ce que le philosophe Aristote nommera forme substantielle et pour ce qui est des êtres vivants, cette forme prend le nom d’âme.

Ce qui pose donc un problème à ceux qui soutiennent l’hylémorphisme. Car, si l’âme et le corps sont unies et non distincts comme dans le dualisme platonicien, alors l’immortalité n’est plus possible. Car, si la matière meurt, la forme bien qu’immatérielle, meurt avec le corps et pour cause, elle y est unie. Le point de vue du Stagirite a suscité de nombreuses polémiques, car il semble paradoxale. En effet, l’intelligence est régie par l’âme, or l’âme est une chose divine et non périssable. Tel est le problème qu’a suscité le traité De anima d’Aristote:

L’intelligence, de son côté, apparaît comme une substance qui arrive en nous et ne dépérit pas […] tandis que l’intelligence est quelque chose de plus divin et qui ne s’affecte pas [3]

Cette affirmation du philosophe Aristote semble défendre l’incorruptibilité de l’intelligence ; et puisque c’est l’âme qui régit l’intelligence, elle serait donc immortelle. La discussion est loin d’être close. C’est grâce à Thomas d’Aquin que la solution sera donnée. Il faut en effet, comprendre qu’Aristote ne connaissait pas la Résurrection des corps, ce qui lui aurait sans doute permis de soutenir une certaine immortalité de l’âme… Quelles solutions apporter ?

résurrection des mortsBasons-nous pour ce faire, sur l’intelligence. Ce mot, en philosophie et en Psychologie signifie « l’ensemble des fonctions psychiques et psycho-physiologiques concourant à la connaissance, à la compréhension de la nature des choses et de la signification des faits; faculté de connaître et de comprendre ». La « compréhension de la nature des choses », voilà le cœur de la définition. Or, seul l’Homme est capable d’un tel exercice, jusqu’à preuve du contraire. En effet, l’Être humain ne se contente pas seulement de reconnaître une fleur en disant « Ceci est une fleur », mais va au-delà, un exercice transcendantal en fait, en s’interrogeant sur le « qu’est ce que c’est », ce qui n’est rien d’autre qu’une question mettant en évidence l’essence de La Fleur. Par conséquent, l’homme ne connaît pas simplement une fleur quelconque, comme sont capables de faire les animaux, mais connaît également ce qu’est La Fleur. D’ailleurs, quel est le sens étymologique du mot intelligence ? N’est-ce pas un terme composé de deux mots latins : intrus – qui veut dire : « à l’intérieur » et legere, qui signifie « cueillir » et en deuxième rang : « lire ». De fait, posséder l’intelligence signifie donc être capable de lire à l’intérieur, donc pouvoir saisir l’Essence des choses, ou encore, s’exercer à la transcendance du matérialisme… Il appert que seul l’être humain peut s’adonner à un tel exercice. DONC, l’intelligence humaine, contrairement à celle des animaux, transcende le matérialisme afin de saisir les concepts. Or, saisir l’essence des choses est purement un acte indépendant de la matière. Ainsi, si je suis apte à saisir des concepts tels que la Vertu, la Liberté, l’Amour… qui sont des principes immatériels, c’est que je suis ipso facto immatériel. De fait, l’âme humaine est immortelle, car elle est subsistante c’est à dire, capable d’exercer une activité indépendante de la matière. Revenant donc à Aristote, la forme périt lorsque la matière périt : ceci est vrai pour les animaux, mais pas pour les êtres humains, car leur âme est subsistance, régissant l’intelligence qui, selon Aristote ne périt point ! Le fait que seul l’homme soit capable d’intellection fait de lui un être à part dans la nature…

D’un autre côté, il est indéniable que l’acte cognitif, qui est immatériel comme nous l’avons défini, est possible grâce aux organes corporels. Mais, veillons à ne pas soutenir qu’il est impossible dès ce moment de soutenir que l’acte d’intellection est immatériel. En effet, il y a bien un lien entre le psychique et le biologique. Il serait par contre maladroit de soutenir par exemple que le cerveau produit la pensée. Ou encore que la lumière produit la vue. En effet, le cerveau produit par exemple des images, et de ces images, l’intelligence humaine en donne un sens. De même, peut-on dire que la lumière produit la vision ? Non. C’est, disons-le, l’œil qui voit et qui produit l’acte de voir ; la lumière est tout simplement la condition de l’acte de voir, elle rend les choses visibles. Nous pouvons donc, à partir de là soutenir l’immortalité de l’âme…

La main de Yahvé fut sur moi, il m’emmena par l’esprit de Yahvé, et il me déposa au milieu de la vallée, une vallée pleine d’ossements (…) Il me dit : ‘…, ces ossements vivront-ils ? Prophétise sur ces ossements. Tu leur diras : (…) Ainsi parle le Seigneur Yahvé à ces ossements. Voici que je vais faire entrer en vous l’esprit et vous vivrez. Je mettrai sur vous des nerfs, je ferai pousser sur vous de la chair, je tendrai sur vous de la peau, je vous donnerai un esprit et vous vivrez, et vous saurez que je suis Yahvé… (Ezéchiel, 34, 1-18)

_____________

  • [1] P. Unger, « I Do Not Exist », M.C. Rea, Material Constitution, A Reader, Lanham, Rowman & Littlefield, 1997, p. 181. L’article date de 1979
  • [2] BONINO Serge Thomas, « Résurrection de la chair ou immortalité de l’âme ? » in Nova et vetera, année X, volume IV, 1995, p. 12
  • [3] ARISTOTE, De anima, Livre I,4 408 b 20 et 30, traduction par Richard Bodéüs, Flammarion, Paris, 1993, p. 118-119
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