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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

S. Thomas d’Aquin: immortalité de l’âme

Saint-Thomas_d'Aquin_2Il est nécessaire que l’âme humaine soit totalement incorruptible. Pour en avoir l’évidence, il faut considérer que ce qui est par soi consécutif à quelque chose ne peut en être écarté: par exemple, on ne peut écarter de l’homme le fait d’être animal, ni du nombre d’être pair ou impair. Or il est manifeste que l’être est par soi consécutif à la forme; chacun possède l’être selon sa propre forme. Par suite, l’être ne peut d’aucune façon être séparé de la forme. Sont donc corrompus les composés de matière et de forme par cela qu’ils perdent la forme à laquelle l’être est consécutif; mais la forme elle-même ne peut être corrompue par soi; elle l’est par accident, à la corruption du composé, en tant que fait défaut l’être du composé qui passe par la forme, quand la forme est telle qu’elle n’est pas « ce qui a l’être » mais qu’elle est seulement « ce par quoi est » le composé. Si donc il y a quelque forme qui soit « ce qui a l’être », il est nécessaire que cette forme soit incorruptible: en effet, l’être n’est pas séparé de « ce qui a l’être » sinon par le fait que la forme est séparée de lui. C’est pourquoi si « ce qui a l’être » est la forme même, il est impossible que l’être soit séparé de lui.

Or il est manifeste que le principe selon quoi l’homme fait acte d’intellection est la « forme ayant l’être »,et non seulement comme l’étant selon quoi quelque chose est. L’intellection en effet, comme le Philosophe le prouve dans le De anima, n’est pas un acte accompli par un organe corporel. Car on ne pourrait trouver un organe corporel capable de recevoir toutes les natures sensibles. Notamment parce que le recevant doit être dépouillé de la nature du reçu, à l’exemple de la pupille qui est dépourvue de couleur. Or tout organe corporel possède une nature sensible. Mais l’intellect, par quoi nous faisons acte d’intellection, est capable de connaître toutes les natures sensibles. C’est pourquoi il est impossible que son opération – l’intellection – s’exerce par quelque organe corporel. D’où il apparaît que l’intellect dispose d’une opération par soi où ne communique pas le corps. Maintenant chacun opère dans la mesure où il est. Qui a l’être par soi, opère par soi; en revanche, qui n’a pas l’être par soi, n’opère point par soi: en effet la chaleur ne chauffe pas, mais le chaud. Ainsi donc, il est évident que le principe intellectuel par lequel l’homme fait acte d’intellection, possède un être élevé au-dessus du corps – non dépendant du corps.

De plus, il est manifeste qu’un tel principe intellectif n’est pas un composé de matière et de forme, car les espèces sont reçues en lui-même de façon totalement immatérielle. Ce qu’atteste le fait que l’intellect porte sur les universels, qui sont considérés abstraction faite de la matière et des conditions matérielles. Reste donc que le principe intellectuel par quoi l’homme fait acte d’intellection est la forme qui a l’être. C’est pourquoi il est nécessaire qu’elle soit incorruptible. C’est justement ce que dit le Philosophe: l’intellect est quelque chose de divin et de perpétuel. On a montré d’autre part dans les questions précédentes que le principe intellectuel de l’intellection n’est pas une substance séparée, mais quelque chose de formellement inhérent à l’homme, c’est-à-dire l’âme ou partie de l’âme. Reste, suite aux propositions susdites, que l’âme est incorruptible.

Tous ceux en effet qui ont soutenu que l’âme humaine est corruptible, ont supprimé quelque chose des prémisses. Les uns, faisant de l’âme un corps, ont soutenu qu’elle n’était pas une forme [substantielle], mais un composé de matière et de forme. Mais d’autres, supposant que l’intellect n’est pas différent du sens, ont soutenu en conséquence qu’il n’a pas d’opération sans user d’un organe corporel, et ainsi ne possède pas un être élevé au-dessus du corps, et donc n’est pas une forme disposant de l’être. En revanche, d’autres ont soutenu que l’intellect, principe d’intellection, était chez l’homme une substance séparée. Toutes choses qui s’avèrent être fausses par ce qu’on a montré plus haut. D’où il reste que l’âme humaine est incorruptible.

Une double constatation peut faire signe en ce sens. Du côté de l’intellect d’abord, car les choses qui sont en soi corruptibles, sont incorruptibles dans la pensée qu’en prend l’intellect. Celui-ci en effet appréhende les choses dans l’universel, mode sous lequel la corruption ne les touche pas. Secondement du côté du désir naturel, lequel ne peut être frustré en rien. Or nous voyons qu’il y a chez les hommes un désir de perpétuité. Et c’est raisonnable car, puisque l’être même est en soi désirable, il faut que l’intellect, qui appréhende l’être absolument, et non pas ici et maintenant, désire être absolument et selon la totalité du temps. C’est pourquoi il semble que ce désir n’est pas vain et que l’homme, selon l’âme intellectuelle, est incorruptible.

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2 commentaires sur “S. Thomas d’Aquin: immortalité de l’âme

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