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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Authenticité des Livres de Maccabées

Le premier livre des Macchabées avait été écrit en hébreu, ou disons plutôt dans la langue de la Judée c’est à dire, en syro-chaldaïque. Quoi qu’il en soit, S. Jérôme dans Prologo Galeato, dit l’avoir vu en Hébreu. C’est une histoire qui couvre quarante ans, depuis le commencement du règne d’Antiochus Épiphane jusqu’à la mort du grand prêtre Simon… Le second livre est l’histoire – mais abrégée – des persécutions d’Épiphane et Eupator, son fils, contre les Juifs… Faire un compte rendu des deux livres ne nous intéresse point, raison pour laquelle nous n’allons pas nous appesantir dessus; et allons engager de suite la discussion, celle qui aura pour but de répondre aux incrédules, dont la plupart sont des Protestants, qui prétendent que ces livres « abondent » en inexactitudes et en contradictions.

La première « contradiction » qu’on pourra nous soumettre est celle de savoir si Darius a régné sur la Grèce comme le prétend le premier livre des Macchabées (I, 1). Le texte dit : « Après que Alexandre…eut battu Darius, roi des Perses et des Mèdes, et fut devenu roi à sa place en commençant par l’Hellade… » La note, dans la Bible de Jérusalem souligne que le terme Hellade n’est pas restreint à la Grèce proprement dite; l’hébreu Iavân qui lui correspond (Isaïe 66, 19; Ézéchiel 27, 13), désigne avant tout l’Ionie, en Asie mineure. Voilà la première affaire résolue ! Ensuite, mais plus coriace, Voltaire écrivait[1]: « le romanesque auteur commence ses mensonges par dire, qu’Alexandre partagea ses états à ses amis de son vivant. Cette erreur, qui n’a pas besoin d’être réfutée, fait juger de la science de l’écrivain ». Quel humour notre ami Voltaire: bien que « cette erreur » n’a pas besoin d’être réfutée, nous allons néanmoins réfuter la sienne ! Relevons d’emblée que ce sont des Protestants qui, autrefois, avaient fait cette objection – celle de savoir si Alexandre partagea ses États sur son lit de mort comme le prétend le livre des Macchabées. Voltaire n’a donc fait que reprendre cette argumentation là. Sans prétention quelconque, il est judicieux de relever que, selon Arrien, le meilleur des historiens d’Alexandre, et qui avait d’ailleurs pris le surnom de Xénophon, en hommage à un élève du philosophe Socrate, il y a si grande diversité dans les actions et la mort du conquérant qu’on a jamais vu tant d’historiens si peu en accord. Quant à Quinte Curce, historien romain, il nie que ce partage ait été fait par Alexandre de son vivant, mais reconnaît néanmoins que certains auteurs l’ont admis. L’historien et chroniqueur Diodore de Sicile, parle d’un Testament du conquérant ; et la chronique d’Alexandrie affirme que Perdiccas ne fit qu’exécuter les ordres ! D’ailleurs une légende veut qu’Alexandre, sur son lit de mort, ait remis à Perdiccas l’anneau royal, qui lui a servi de légitimation royale. Cette tradition de la Vulgate d’Alexandre nous vient de Diodore de Sicile[2] ; Quinte-Curce[3], et Cornélius Népos[4].La vérité est que, Alexandre ne voulut pas prendre sur lui le fait de nommer un successeur, et chargea donc ses généraux de désigner le plus digne d’entre eux, et cela ne lui empêcha pas d’assigner à chacun les départements dont ils seraient gouverneurs, et, c’est bien ce qu’exprime le Livre des Macchabées lorsqu’il affirme qu’« il distribua son royaume entre eux ». Par conséquent, ce n’est une erreur du Livre des Macchabées, mais de la pure ignorance de ceux qui l’attaquent !

Voltaire, encore lui, affirmait[5]: « Judas Machabée, lorsqu’il faisait la guerre de caverne en caverne, dans un coin de la Judée, voulut être allié des Romains, ayant appris qu’il y avait bien loin un peuple romain, lequel avait subjugué les Galates. Mais cette nation des Galates n’était point encore asservie; elle ne le fut que par Cornélius Scipion.» Les Galates furent défaits par Gnéius Malius en l’an 188 av. J.C, qui, ensuite, établit son quartier à Ancyre, leur capitale. L’an 188 avant notre ère précède de vingt et quatre celui de la mort d’Antiochus Épiphane, or, Judas Macchabée n’envoya ses députés à Rome que deux ans après la mort d’Antiochus ! Il y a, de ce fait, vingt et six ans que les Galates étaient soumis aux Romains lorsque Judas rechercha leur amitié.

Citant I Macchabées VIII, 7-8, les incrédules diront qu’Antiochus fut prisonnier des Romains, ce qui est une erreur évidente. La réponse à cette objection est simple, mais réfutons là néanmoins. L’auteur du premier livre des Macchabées n’assure point qu’Antiochus fut fait prisonnier des Romains, mais que le bruit s’en était seulement répandu en Syrie (Cf. I Macchabées VIII, 1-2) ; le bruit paraissait si vrai que les Romains, après la bataille de Magnésie, se rendirent maîtres de Sardes, là où Antiochus s’était rendu après la défaite.

Les incrédules disent que dans le premier livre des Macchabées – 1 Macchabées 6 – Antiochus Épiphane, forcé de lever le siège d’Elymaïde, retourna dans la Babylonie ; étant encore en Perse, il apprit que son armée avait été battue dans la Judée ; il tomba malade de mélancolie et mourut. On croit que ce fut à Tabis, une ville de Perse. Dans le deuxième livre par contre – II Macchabées 1, 13 – il est dit qu’il mourut à Nanée qu’il voulait d’ailleurs piller ; or, ce temple se trouvait dans la ville d’Elymaïde. Il est finalement dit – en 2 Macchabées 9,2; 9,7 – que Antiochus mourut dans les montagnes et loin de son pays. Que pouvons nous répondre à cela ?

De prime abord, il n’y a point de contradictions entre la manière dont est rapportée la mort d’Antiochus (au chapitre six du premier livre et au chapitre neuf du second). Dans le premier livre, on ne dit que quelques mots sur la mort, alors que dans le second, les circonstances de la mort sont détaillées. Les deux représentent un prince devenu furieux par le mauvais succès de ses armes, ce qui précipita le fait qu’il regagne Babylone et revienne en Syrie, malheureusement il fut arrêté par une maladie dont l’auteur du second livre développe les circonstances et progrès, chose que l’auteur du premier livre ne fit point. L’historien Polybe s’accorde avec eux en un point crucial, sur la fin de ce prince : Il dit qu’il tomba dans une espèce de délire, et qu’il croyait voir des mauvais génies et des spectres hideux qui lui reprochaient les mauvaises actions dont il avait souillé le cours de sa vie.

En ce qui concerne II Macchabées 1, 13, la solution à cette apparent difficulté est très simple : ce n’est pas l’auteur du livre qui parle, mais plutôt les Juifs de Jérusalem dans la lettre qu’ils écrivaient aux Égyptiens. Cette lettre fut écrite après la purification du temple, par conséquent, à la première nouvelle que l’on reçut en Judée de la mort d’Antiochus. Or, cette première nouvelle, les Juifs ne furent pas informés des vraies circonstances de cette mort : D’abord, on publia qu’il avait été tué dans le temple de Nanée, à Elymaïde ; mais par la suite, on apprit qu’il était seulement entré dans cette ville, qu’il avait été repoussé par les habitants et fut forcé de s’enfuir ; qu’il était tombé malade dans les montagnes, à Tabis ou ailleurs, et qu’il y était mort. L’auteur du second livre le savait pertinemment étant donné qu’il le rapporte. Mais, comme ils voulaient copier la lettre des Juifs de manière fidèle, telle qu’elle était, il na pas voulu toucher à la manière dont ils racontaient la mort d’Antiochus, en se réservant d’en rapporter plus exactement les circonstances dans la suite de son histoire. Il n’y a donc pas de contradiction, ni méprise de la part de l’historien, mais un témoignage de sa fidélité.

Voltaire ajoute – dans La Bible enfin expliquée – que Antiochus mourut en 189 de l’ère Séleucides, que les Juifs suivaient comme sujets des rois de Syrie ; et dans le second livre, l’auteur date de l’an des Séleucides 188 : ainsi il parle de la mort d’Antiochus un an avant que celle-ci soit arrivée.

Des faussetés sautent aux yeux lorsqu’on lit une telle affirmation. Le premier livre des Macchabées date la mort d’Antiochus non pas de l’an 189, mais de l’an 149. Dommage pour Voltaire et les incrédules ! Le second livre, quant à lui ne marque pas la date de mort de ce prince rapportée au chapitre neuf. Mais la lettre d’Antiochus Eupator adressée aux Juifs, qui fait mention de cette mort, est datée du 15 du mois Xantique de l’an 148. Quant à la date de 188 (II Macchabées 1, 10), elle n’a aucun rapport avec la mort d’Antiochus ; elle appartient à la seconde lettre que les Juifs écrivirent à ceux d’Égypte longtemps après cet événement. Il est faux que le second livre ne soit autre chose que cette lettre. D’ailleurs le second livre commence par une lettre sans date, des Juifs de Jérusalem à ceux d’Égypte. Ensuite, vient une lettre des Juifs de Jérusalem à Aristobule, datée de l’an 188. Au verset vingt du second chapitre, commence la préface de l’abréviateur des cinq livres de Jason, et cet abrégé remplit le reste du livre.

Pour ce qui est de la date de la lettre d’Antiochus Eupator, comparée avec celle de la mort d’Antiochus Epiphane, donnée au premier livre des Maccabées, il faut tout simplement observer que les Juifs commençaient leur année au mois de Nisan, mois pendant lequel arrivait toujours l’équinoxe de printemps ; au lieu qu’Antiochus Eupator, les Grecs d’Antioche, et les habitants d’Alexandrie et de la Cyrénaïque, ne comptaient encore que l’an 148 ; car le mois de Xantique, du quinzième jour duquel est datée la lettre d’Eupator, commençait avec la première nouvelle lune du printemps. Antiochus Épiphane, son père, était déjà mort peu de jours avant l’équinoxe du printemps, lorsque les Juifs de Jérusalem comptaient déjà l’an 149. Antiochus, qui adressa sa lettre aux Juifs dès qu’il en fut instruit, la data de 148, qui n’était pas encore expiré suivant le calendrier utilisé dans ses Etats. Nous affirmons donc sans le moindre doute qu’il est faux que le second livre des Macchabées ait parlé de la mort d’Antiochus un an avant qu’elle soit arrivée !

______________________________

  • [1] VOLTAIRE, La Bible enfin expliquée, « le livre des Macchabées »
  • [2] DIODORE de Sicile, Bibliothèque historique, XVII, 117, 3
  • [3] QUINTE-CURCE, Histoire d’Alexandre, X, 6, 16
  • [4] NEPOS Cornélius, Eumène, 2, 2
  • [5] VOLTAIRE, ibidem.
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