+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Authenticité du Livre de Tobie

Voltaire prétend que, selon les savants, le livre de Tobie n’a été écrit que neuf cents ans après la dispersion.

La mort de Tobie le jeune est de l’an 622 avant l’ère chrétienne. La captivité de son père commença sous Salmanasar, en l’an 718. Or, le livre de Tobie était traduit en grec dès le premier siècle de l’ère chrétienne, pour preuve, on le trouve cité à la fin de ce siècle par des pères grecs et latins : saint Clément de Rome, saint Polycarpe, saint Irénée, saint Cyprien, saint Hilaire, saint Ambroise citent le livre de Tobie comme inspiré par l’Esprit saint; ils le qualifient d’écriture prophétique. Saint Irénée nous apprend que le livre était regardé comme un livre prophétique, peut-être à cause des prédictions présentes dans les deux derniers chapitres. Saint Clément de Rome, saint Polycarpe , saint Basile, saint Jérôme, saint Augustin, etc., citent tous le livre de Tobie comme un des livres canoniques. Dès le quatrième siècle, il a été placé dans le catalogue des livres sacrés, par un concile d’Hippone et par le troisième de Carthage. Une bévue grossière de la part de Voltaire. Il parle de savants, des savants qu’il s’abstint de nommer. Si ce livre, traduit par saint Jérôme, sur un exemplaire chaldéen, n’est point dans le canon des Juifs, c’est qu’ils ne le recouvrèrent qu’après le temps d’Artaxerxès, sous lequel fut clos le canon de leurs livres sacrés; mais les Juifs ne le regardent pas moins comme une histoire véritable.

Route de Ninive au Jourdain [Tobie 1, 2]

Voltaire dit : « On a bien de la peine à comprendre comment Salmanasar, étant roi de Ninive sur le Tigre, il avait pu passer par-dessus le royaume de Babylone pour aller enchaîner les habitants des bords du Jourdain, et conquérir jusqu’aux voisins de la mer d’Hyrcanie » L’Hyrcanie et la mer Caspienne sont au nord de Ninive; Babylone et la Chaldée étaient au sud de Ninive et de la Mésopotamie; cette dernière province n’est séparée de la Syrie que par l’Euphrate. On peut donc, malheureusement pour les incrédules, entrer en Syrie et descendre sur les bords du Jourdain sans passer par la Babylonie. Il faut vraiment être un ignorant de la géographie de ces contrées, pour marquer par la Babylonie la route de Ninive en Hyrcanie ou en Syrie.

Tobie devient aveugle [Tobie 2, 10-11]

« Tobie, dit Voltaire s’endort au pied d’un mur. Un homme assez riche pour prêter vingt mille écus dans Ragès devait au moins avoir une chambre à coucher dans Ninive. » Ce ne fut point faute d’avoir une chambre à coucher que Tobie coucha en plein air; il le fit car c’était un attachement religieux à sa loi, qui obligeait ceux qui avaient touché un corps mort de se séparer même de leurs proches, jusqu’à ce qu’ils se fussent purifiés; Tobie, n’ayant pas encore satisfait à ce devoir, se jette accablé de fatigue contre le mur de sa maison. L’accident de Tobie arriva après la fête de la Pentecôte, [selon l’exemplaire grec du livre de Tobie]. Sa maison, dont le toit était en terrasse, selon l’usage de ces contrées, pouvait être adossée à un bâtiment plus élevé, au haut duquel des hirondelles avaient fait leur nid.

Les critiques naturalistes disent que la fiente d’hirondelle ne peut rendre personne aveugle. On en est quitte pour se laver sur-le-champ. Mais si Tobie dormait, il ne put pas se laver sur-le-champ. Il faudrait dormir les yeux ouverts pour qu’une fiente d’hirondelle pût blesser la cornée. Tobie ne pouvait-il pas être du nombre de ceux qui dorment les yeux ouverts ? Le critique dira-t-il qu’il n’y a point de dormeur de cette espèce ? Savons-nous d’ailleurs si dans les pays orientaux la fiente d’hirondelle n’est pas plus chaude et plus corrosive que dans nos climats ? Tobie ne pouvait-il pas alors avoir déjà quelque inflammation aux yeux, qui aura contribué à rendre l’accident plus funeste ? [Le texte grec dit positivement que la fiente d’hirondelle tomba dans les yeux de Tobie avant qu’il s’endormît. Mais, comme ce texte n’est pas ici d’une autorité décisive, on peut supposer, avec quelques commentateurs, qu’elle y entra au moment où, brusquement réveillé, il les ouvrit]

« Il fallait consulter un bon médecin avant d’écrire. » à ce sujet, l’abbé Du Clot répond que c’est précisément ce que le critique aurait dû faire avant de hasarder ses plaisanteries grossières et sacrilèges. Il devait s’instruire dans Aldrovandi, dans Gessner, dans François de Valois, et même dans Celse, tout ancien qu’il est; quant à l’auteur du livre de Tobie, il n’avait pas besoin de cette précaution. Il écrivait des faits notoires d’après l’expérience.

Un Ange menteur ? [Tobie 5, 7;18]

L’Ange dit à Tobie : « Je suis l’un des Israélites » ; au verset 18, il ajouta : « Je suis Azarias, fils du grand Ananias. ». Par ces mots, les incrédules accusent l’Ange d’être un menteur ; chose inadmissible. L’Ange avait pris ici, la figure d’Azarias, ainsi, il le représentait et tenait sa place. Il pouvait donc, sans mentir, se qualifier comme tel. Nous pouvons dans le même cas citer un exemple : L’Ange de Yahvé disait à Jacob : « Je suis le Dieu de Béthel ». Cet ange parlait ainsi car il représentait le Seigneur et parlait à son nom. D‘ailleurs, l’ange du livre de Tobie [Raphaël] ne mentait pas, mais disait bel et bien la vérité suivant la signification du nom qu’il avait adopté. Car « Azarias » signifie « aide de Yahvé » ; or, Raphaël fut envoyé pour aider Tobie était réellement envoyé au secours de Tobie. « Ananias » signifie « grâce/don de Yahvé ». Or, Raphaël était vraiment le fils de la grâce et de la miséricorde. C’est on ne peut plus clair… ! Raphaël donna un nom qui montre bien le but de sa mission – celle de venir en aide à Tobie. Le nom que donna donc Raphaël traduisait tout simplement une réalité. Dans le célèbre verset d’Isaïe 7, 14, on nous apprend que la vierge donnera naissance à un fils et qu’elle lui donnera le nom d’Emmanuel ; ce fils est évidemment Jésus. Or, Jésus n’a jamais porté le nom d’Emmanuel et pourquoi ? Car ce nom traduisait simplement une réalité [Dieu au milieu de nous], car Jésus était vraiment Dieu qui est venu au milieu de nous. Nous pouvons aussi dans ce cas ci, dire qu’il y a mensonge de la part d’Isaïe ou alors fausse prophétie, ou alors, et pire encore, mensonge de l’Ange Gabriel qui dira à Marie que le fils en question s’appellera Jésus et non Emmanuel… Mais espérons que nous n’arriverons pas jusque là !

Le démon de Sarra [Tobie 6, 8]

Les incrédules disent : « On ne connaît encore point de poisson dont le foie, grillé sur des charbons, ait la vertu de chasser les diables. » Je l’avoue, nous n’en connaissons point non plus, mais ce démon fut chassé de la maison de Sara uniquement par la puissance divine, dont un ange fut le ministre. « Mais l’ange avait dit que le foie posé sur des charbons écarte » toute sorte d’esprits malfaisants. »…La Providence, qui employait le ministère d’un ange en faveur des deux Tobie, voulut que ses opérations fussent cachées sous les apparences d’un évènement purement naturel. Dieu attacha à deux signes extérieurs les deux miracles qu’il voulut opérer. Nous pouvons aussi citer Jésus Christ, lorsque ce dernier rend la vue à un aveugle en se servant de la boue. Connaissez vous de la boue capable de vous redonner la vue ? Moi, je n’en connais pas. L’homme avait été guéri non par la boue, mais grâce à la puissance de Dieu. Le cas est le même pour le cas du démon de la maison de Sarra.

Une contradiction apparente [Tobie 9, 3]

Les critiques ont observé qu’au verset 7 du chapitre trois du livre de Tobie, il est dit que Sara, fille de Ragouël, habitait à Raghès, ville de Médie ; et au verset 3, chapitre 9, le jeune Tobie, après l’avoir épousée, envoie l’Ange qui le conduisait à Raghès, ville de Médie, chez Gabaël, qu’il amène aux noces de Tobie, et le voyage dura plusieurs jours.

Ragouël et Sara, sa fille, habitaient la ville de Raghès, lorsque arriva ce qui est rapporté au chapitre trois. Après ces évènements et la mort des sept premiers maris de Sarra, ils jugèrent à propos de s’éloigner d’un endroit si propre à leur retracer des souvenirs si tristes; peut-être se hâtèrent-ils de s’éloigner, craignant la vengeance des parents des époux, ou quelque autre mauvaise affaire; et la Providence, qui veillait sur eux d’une manière si admirable, les conduisit dans un autre endroit, sur les bords du Tigre, où le jeune Tobie fit la connaissance de Sara et l’épousa. Le texte grec fournit un moyen de conciliation plus simple. En effet, au chapitre 3, verset 7, le texte grec désigne Ecbatane comme la demeure de Ragouël, et non Raghès !

Enfin, j’avais reçu un mail, il y a de cela quelques mois concernant le livre de Tobie. Je discutais avec une femme (dont je ne citerai pas le nom) sur les livres deutérocanoniques, et celle-ci affirma ce qui suit: « Tobit était supposé être vivant lorsque Jeroboam organisa sa révolte en 931 avant J.C. et était toujours vivant au moment de la captivité en Assyrie (722 avant J.C.) ; cependant le livre de Tobit dit qu’il n’a vécu que 158 ans (Tobit 1:3-5; 14:11)»; la réponse à cette objection est très simple ! En Tobie I, 3-5, on parle de Tobit (le père), qui, effectivement meurt à 158 ans ; ce que cette femme a occulté ? Il y a deux « Tobie », et, celui qui fut témoin de la captivité des Assyriens est Tobie (fils que Tobit eut avec une femme du nom de Anna (chap. I, 9)). Et voilà ! Cette argumentation a au moins prouvé une chose : celle avec qui j’ai eu cette discussion n’a jamais lu le livre de Tobie ! Si tel était le cas, une telle bévue n’aurait jamais eu lieu… et, évidemment, sur son site qui frôle l’anticatholicisme, ce mensonge n’a pas été retiré, et, vous l’avez sûrement deviné, suite à cette réponse que je lui donnai, elle ne me répondit plus jamais, la discussion prit donc fin… ce qui est compréhensible ! Une telle erreur n’est commise que par les novices et les personnes qui, comme je l’ai souligné, n’ont jamais lu ce livre : ils ont tout simplement copié une étude fallacieuse je ne sais où, et l’ont, à leur tour, catapultée sur leur site ! Quelle maladresse !

Publicités

5 commentaires sur “Authenticité du Livre de Tobie

  1. Pingback: Les Deutérocanoniques sont-ils inspirés? 'Yesus Kristus azu'

  2. Pingback: Seize astuces pour ne jamais devenir catholique | +++Yesus Kristus azu+++

  3. Pingback: Les deutérocanoniques ne sont pas apocryphes! | +†+Yesus Kristus azu+†+

  4. Pingback: Seize astuces pour ne jamais devenir catholique | +†+Yesus Kristus azu+†+

  5. Miss Tanessa
    19 octobre 2017

    Merci pour cet article éclairant! Même si je n’avais jamais mis en doute l’authenticité du livre de Tobie, c’est quand même instructif de savoir quelles sont les objections qui peuvent venir à l’esprit de ceux qui doutent et je trouve très utile d’avoir lu les réponses très convaincantes données ici.

Réagir à l'article

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :