+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

L’âme humaine est-elle immortelle ?

Toutes les preuves de l’immortalité de l’âme: ici

Depuis des temps immémoriaux, l’être humain, mortel de nature, a maintes fois essayé d’échapper à la Mort. Mais, loin d’être un sot, il sait pertinemment que ces efforts, aussi ardus soient-ils, ne sont qu’inanité ; la mort en effet est une étape inéluctable que tout être vivant doit franchir, l’exception étant exclue. Au fil des siècles, on a donc vu des espérances se développer. Celle qui engendra plus de polémiques est l’immortalité de l’âme. Certains y accordent crédit ; d’autres ne se prononcent pas ; et d’autres par contre, la nient affirmant qu’elle n’est rien d’autre qu’un piètre fantasme mis en place par l’homme qui ne pouvait accepter sa condition – une être mortel. Sans plus s’appesantir, examinons l’Argument qui permet d’affirmer l’immortalité de l’âme, car elle est bien immortelle… Laissons de côté la définition de l’âme, si l’âme existe est la condition sine qua non de ce court exposé : une définition de l’âme et une thèse soutenant son existence ne seront pas données ici.

La plupart, ou plutôt, toutes les civilisations humaines ont toujours reconnu qu’en l’être vivant, résidait un « souffle ». C’est ce souffle qu’on appelle « Âme ». La caractéristique principale de ce souffle est de communiquer la vie à ce que le philosophe Aristote appelle la « matière » ; chez les êtres humains, c’est du corps qu’il s’agit. Ce souffle communique donc la vie à tout être vivant, pas seulement aux êtres humains, mais également aux animaux et aux végétaux… Le problème qui se pose ici est de savoir si l’âme des animaux est également immortelle (?) La réponse est « non ! » La différence se situe au niveau de l’Intelligence. L’Intelligence est connue comme une spécificité du genre humain. Nous ne sommes pas si naïfs au point de penser que l’animal n’a pas d’intelligence. D’ailleurs, sur des chimpanzés, avaient été réalisées plusieurs expériences[1] qui selon les scientifiques prouvaient que l’intelligence n’était pas une spécificité du genre humain. L’expérience la plus célèbre est celle de la tache colorée : les chimpanzés étaient capables de reconnaître une partie de leur corps colorée sur un miroir. Ce n’est pas tout : les mêmes animaux pouvaient compter jusqu’à dix ; aligner des chiffres dans un ordre correct. Tant de preuves qui mettaient en évidence l’auto-conscience des chimpanzés. Toutefois, ne sous-estimons pas le sens philosophique du mot Intelligence. En philosophie ou en psychologie, ce mot désigne « l’ensemble des fonctions psychiques et psycho-physiologiques concourant à la connaissance, à la compréhension de la nature des choses et de la signification des faits ; faculté de connaître et de comprendre ».[2] Les mots mis en évidence dans la définition sont ceux qui permettent d’affirmer que l’intelligence est une spécificité du genre humain, car pour pouvoir comprendre « la Nature ou l’essence » des choses, il faut être apte à saisir les concepts. L’acte cognitif par exemple, ne signifie pas seulement que je sois capable de reconnaître un objet vu auparavant, mais aussi de pouvoir me le représenter telle une image, c’est ce que j’appellerai l’expérience interne. Dans l’acte cognitif, distinguons donc deux aspects : se représenter un objet est le premier aspect ; le second c’est de percevoir dans l’image l’objet qu’on s’est représenté – on parlera dans ce cas, d’assimilation. La connaissance serait donc, à mon avis, la faculté à saisir ; à assimiler un objet ou quelque chose.

Revenons à la définition tantôt donnée sur l’intelligence. La « compréhension de la nature des choses », voilà le cœur de la définition. Or, seul l’Homme est capable d’un tel exercice, jusqu’à preuve du contraire. En effet, l’Être humain ne se contente pas seulement de reconnaître une fleur en disant « Ceci est une fleur », mais va au-delà, un exercice transcendatal en fait, en s’interrogeant sur le « qu’est ce que c’est », ce qui n’est rien d’autre qu’une question mettant en évidence l’essence de La Fleur. Par conséquent, l’homme ne connaît pas simplement une fleur quelconque, mais connaît également ce qu’est La Fleur. D’ailleurs, quel est le sens étymologique du mot intelligence ? N’est-ce pas un terme composé de deux mots latins : intrus – qui veut dire : « à l’intérieur » et legere, qui signifie « cueillir » et en deuxième rang : « lire »[3] De fait, posséder l’intelligence signifie donc être capable de lire à l’intérieur, donc pouvoir saisir l’essence des choses, ou encore, s’exercer à la transcendance du matérialisme… Il appert que seul l’être humain peut s’adonner à un tel exercice. On ne peut prouver le contraire.

Avant de conclure, il convient de faire intervenir l’hylémorphisme aistotélicien. Le philosophe Aristote introduira une théorie appelée ‘hylémorphisme’, selon laquelle les êtres vivants sont composés de matière et de forme. La forme, pour lui, est le principe organisateur, c’est elle qui permet à la matière d’être ce qu’elle est. Pour les êtres humains, inutile de préciser que la forme c’est l’âme, et la matière c’est le corps. Pour Aristote, contrairement à son maître Platon, le « Je » ne fait pas référence à l’âme. Le « Je » c’est l’âme et le corps, position soutenue également par l’anthropologie hébraïque (pour plus de précisions, l’article De l’unité de l’Homme vous intéressera). Ce qui pose donc un problème à ceux qui soutiennent l’hylémorphisme. Car, si l’âme et le corps sont unies et non distincts comme dans le dualisme platonicien, alors l’immortalité n’est plus possible. Car, si la matière meurt, la forme bien qu’immatérielle, meurt avec le corps et pour cause, elle y est unie. Le point de vue du Stagirite a suscité de nombreuses polémiques, car il semble paradoxale. En effet, l’intelligence est régie par l’âme, or l’âme est une chose divine et non périssable. Tel est le problème qu’a suscité le traité De anima d’Aristote

L’intelligence, de son côté, apparaît comme une substance qui arrive en nous et ne dépérit pas […] tandis que l’intelligence est quelque chose de plus divin et qui ne s’affecte pas.[4]

Beaucoup d’interprètes estiment qu’ici, Aristote reconnaît l’incorruptibilité de l’intelligence ; si tel est le cas, étant donné que l’âme régit l’intelligence, elle serait par conséquent immortelle. Mais, Aristote n’a point soutenu l’immortalité de l’âme. Les interprétations restent discutables et le débat n’est pas prêt d’être clos. La solution à l’immortalité de l’âme ? Elle verra le jour grâce à S. Thomas d’Aquin qui reprendra le point de vue d’Aristote et lui donnera une dimension nouvelle : l’immortalité de l’âme. C’est très simple. Revenons pour ce faire en arrière. Nous avons vu que l’intelligence humaine, contrairement à celle des animaux, transcendait le matérialisme afin de saisir les concepts. Or, saisir l’essence des choses est purement un acte indépendant de la matière. Ainsi, si je suis apte à saisir des concepts tels que la Vertu, la Liberté, l’Amour… qui sont des principes immatériels, c’est que je suis ipso facto immatériel. De fait, l’âme humaine est immortelle, car elle est subsistante c’est à dire, capable d’exercer une activité indépendante de la matière. Revenant donc à Aristote, la forme périt lorsque la matière périt : ceci est vrai pour les animaux, mais pas pour les êtres humains, car leur âme est subsistance, régissant l’intelligence qui, selon Aristote ne périt point ! Le fait que seul l’homme soit capable d’intellection fait de lui un être à part dans la nature… Toutefois, un autre problème prend place : selon S. Thomas, l’acte de connaissance vient du fait que l’âme est unie au corps. Donc, si l’âme connaît, c’est grâce aussi aux organes corporels. Ce qui semble contredire radicalement ce qui a été établi dans ce petit exposé à savoir que l’acte d’intellection est indépendante de la matière. Quelles solutions présenter ? Assurément, l’âme reçoit des sens des images desquelles elle extrait un contenu intelligible. Mais, l’acte d’intelligence en lui-même ne s’accomplit pas par un acte corporel. On pourrait toutefois rétorquer que la pensée est en lien étroit avec le cerveau. Le fait est indéniable en effet. Il existe une dépendance indéniable entre le psychique et le biologique. Qui pourrait « penser » sainement alors qu’il est en proie à la fatigue cérébrale ? Toutefois, il serait mieux de s’abstenir de dire par exemple que le cerveau produit la pensée. Dire que le cerveau est la cause de la pensée est une thèse qui semble absurde, car, la pensée exerce une activité qui lui est propre. En effet, le cerveau produit par exemple des images, et de ces images, l’intelligence humaine en donne un sens. De même, peut-on dire que la lumière produit la vision ? Non. C’est, disons-le, l’œil qui voit et qui produit l’acte de voir ; la lumière est tout simplement la condition de l’acte de voir, elle rend les choses visibles. Il en va de même pour la pensée et le cerveau. Pour compléter cette réponse, on peut encore citer S. Thomas d’Aquin qui introduisit en avant un argument comportant trois étapes.

Premièrement, l’âme est capable de connaître les choses corporelles. Et étant donné qu’un organe corporel est par nature limité et limitatif : il fait connaître seulement certaines choses, ou certains aspects des choses ; l’œil voit la couleur, le toucher fait connaître la rugosité d’un corps, etc. L’étendue universelle de connaissance exige que cette connaissance ne soit pas déterminée et limitée par un organe corporel. L’acte de connaissance est donc, et la conclusion est la même que celle que nous avions auparavant déduite à propos de la nature de l’intelligence, immatériel et ne dépend pas du corps. Par conséquent, c’est uniquement par lui-même que l’intellect humain connaît. Deuxièmement, un argument métaphysique de l’agir et de l’être prend place : tel on est, tel on agit ; tel on agit, tel on est. Nous avons précédemment utilisé la formule d’Aristote : l’âme est la forme du corps. L’âme étant ici, un principe d’organisation (forme), et ce par quoi l’homme pense. Si nous devions attribuer l’agir à un des deux termes de l’hylémorphisme, ce serait la forme. Donc, le principe par lequel un être agit, est par voie de conséquence sa forme. Or, c’est cette forme qui nous permet de connaître ou de découvrir l’être. Par conséquent, étant donné que la forme, l’âme donc, exerce une opération en soi, alors, elle est subsistante. Et parce que subsistante, elle ne peut être corrompue.

L’âme est donc immortelle ! Survient après ces courts arguments, le problème de l’identité. On peut alors se demander, si l’âme et le corps ensemble forment le « Je », comment l’âme qui survit à la mort du corps arrive t-elle à garder l’identité ? Question difficile ! Pour y répondre, je citerai une solution apportée par le philosophe suisse B. Schumacher

« Une solution consisterait à soutenir que l’âme séparée serait ontologiquement imprégnée d’une marque du corps particulier avec lequel elle était unie substantiellement durant sa vie terrestre et qu’elle revêt en elle la capacité d’une réunion avec ce corps en vue de reconstituer la personne avant la mort. »[5]

Complétons en affirmant que l’identité générique et l’identité personnelle tient à la nature même de la personne humaine.[6] Nous sommes à la fois des êtres immatériels et matériels. Notre corps est informé par notre âme, étant la forme, c’est elle qui fixe les conditions de notre persistance spécifique et personnelle.

Enfin, l’âme étant immortelle, et vu qu’elle fut unie au corps durant sa vie terrestre, il n’est pas naturel que l’âme vivre indépendante du corps. Ainsi, l’immortalité de l’âme implique une résurrection future. Car l’âme ne peut vivre éternellement et même naturellement, sans le corps. L’âme qui retrouve son corps, c’est ce qu’on va appeler la Résurrection. Comment l’âme va t-elle retrouver son corps d’avant la mort ? Mystère. Un miracle est donc exigée ; présupposant qu’un Dieu existe, lui seul est capable d’un tel événement. La Résurrection, nous aborderons le sujet dans un autre exposé… Arrêtons nous là afin de ne pas trop alourdir cet exposé-ci, centré principalement sur l’immortalité de l’âme.

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[1] Voir l’expérience de E. W. Manzel, Science 182, 1973
[2] Définition du centre national des ressources textuelles et lexicales
[3] EMONET Pierre-Marie, L’âme humaine expliquée aux simples, Chambray-lès-tours, C.L.D., 1994, p. 39
[4] ARISTOTE, De anima, Livre I,4 408 b 20 et 30, traduction par Richard Bodéüs, Flammarion, Paris, 1993, p. 118-119
[5] SCHUMACHER Bernard, « Philosophische Interpretationen der Endlichkeit des Menschen. » In: KESSLER H., Auferstehung der Toten, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 2004, p. 26
[6] POUIVET Roger, « De van Inwagen à saint Athanase, une ontologie personnelle de la résurrection des corps », in: Klesis – Revue philosophique – 2010 : 17 – Philosophie analytique de la religion, p. 119

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9 commentaires sur “L’âme humaine est-elle immortelle ?

  1. Brahim
    18 août 2012

    Chapitre 194
    …Pendant qu’il était assis à table avec une grande foule de ceux qui croyaient en lui, Jésus déclara  » Frères, je dois rester avec vous peu de temps encore, car le temps est proche où je quitterai ce monde. Aussi je vous rappelle les paroles de Dieu au prophète Ezéchiel :  » Aussi vrai que je vis éternellement, moi votre Dieu, l’âme qui péchera, mourra ; par contre, si le pécheur fait pénitence, il ne mourra pas, mais il vivra. » La mort présente n’est pas une mort, mais plutôt la fin d’une longue mort…

    Chapitre 195
    … Que les amis ne pleurent donc pas quand leur ami est mort, car c’est ainsi que notre Dieu a voulu ! Mais qu’ils pleurent sans fin quand il pèche, car alors l’âme meurt, puisqu’elle se sépare de Dieu sa vraie vie. En effet, si le corps privé de l’âme est horrible, bien plus épouvantable est l’âme privée de Dieu qui la rend belle et la vivifie par sa grâce et sa miséricorde…

    http://www.aimer-jesus.com/evangile_barnabe_texte.php

    • Yesus Kristus azu
      18 août 2012

      Bonjour Brahim,

      Au cas où vous ne l’aurez pas remarqué, ceci n’est pas un article qui accepte les publicités, surtout islamiques ! Si vous avez quelque chose à dire sur l’immortalité de l’âme, faites nous part de votre pensée. Mais, de grâce, ne me sortez pas de faux évangiles (brandis haut la main par des sites musulmans uniquement parce qu’il nie la Divinité du Christ) pour appuyer votre point de vue ! Cet Evangile (de Barnabé) est une fausseté ! car l’enseignement biblique est pour l’immortalité de l’âme : bien vouloir, à cet effet, vous rendre sur : https://philosophieduchristianisme.wordpress.com/2012/07/29/algarade-sur-limmortalite-de-lame/

      Sur ce, je vous souhaite un agréable week-end ! et au plaisir de vous lire bientôt.

  2. Brahim
    18 août 2012

    Dans cet Évangile, il est écrit aussi que l’âme est immortelle, je ne me rappelle pas dans quel chapitre je l’ai lu.

    La mort décrite dans les textes en haut c’est la séparation de l’âme avec Dieu à cause du péché, et non la disparition totale.

    • Yesus Kristus azu
      18 novembre 2012

      Merci de ton commentaire Brahim !

      Mais, comme je te l’ai dit, nous préférons nous baser sur les Écritures (canoniques). Et à ce propos, je vous ai renvoyé à un autre article (celui montre l’immortalité de l’âme par la Raison), l’autre, bibliquement. Si vous voulez vraiment comprendre le point de vue biblique sur le sujet, veuillez vous y rendre…

      A bientôt.

  3. Brahim
    24 août 2012

    Chapitre 173
    …Comment donc la justice de Dieu supporterait-elle alors que l’âme, le corps et la sensibilité de l’homme servent Dieu, l’âme ne faisait que regarder et commander le service? car, puisqu’elle ne mange pas de pain, elle ne jeûne pas elle ne marche pas, elle ne souffre ni du froid ni de la chaleur, elle ne tombe pas malade, elle n’est pas tuée puisqu’elle est immortelle, elle ne souffre aucune des peines corporelles que souffre le corps à cause des éléments, est-il juste, dis je, qu’elle seule aille au paradis et pas le corps qui s’est tellement épuisé au service de Dieu ?  » Pierre répondit : « Maître, puisque le corps a fait pécher l’âme, il ne faut pas le mettre au paradis!  »
    Jésus répondit :  » Mais comment le corps pécherait-il sans l’âme ? Ce serait tout à fait impossible! Ainsi, en privant le corps de la miséricorde de Dieu, tu condamnes l’âme à l’enfer! »

  4. Baert Christian
    4 juillet 2013

    “L’homme a-t-il une âme immortelle ” ?

    Toutes les religions ou presque enseignent que l’homme a une âme immortelle. La Nouvelle Encyclopédie catholique écrit que l’âme est “créée par Dieu et insufflée dans le corps à la conception”, et encore que l’immortalité de l’âme “est un des dogmes essentiels” des Églises de la chrétienté. Pareillement, “chez les musulmans, dit la Nouvelle Encyclopédie britannique, l’âme vient à l’existence en même temps que le corps et, par la suite, elle a une existence séparée, son union avec le corps étant temporaire”.

    Ces religions croient que l’âme quitte le corps à l’instant de la mort et continue de vivre éternellement, sa destinée étant la félicité céleste, un séjour au purgatoire ou des tourments éternels dans un enfer de feu. Elles considèrent la mort comme la porte ouvrant sur la vie éternelle dans les sphères spirituelles célestes. Témoin ces propos cités dans le livre Nous croyons à l’immortalité : “Pour moi, la mort est une aventure formidable, une promotion divine.”

    Les hindous, les bouddhistes et d’autres croient à la transmigration. Ils pensent notamment qu’à la mort l’âme se réincarne, renaît sous la forme d’un autre humain ou d’une autre créature vivante. Si l’individu a été bon, son âme est censée renaître en une personne occupant une situation sociale plus élevée. Mais s’il a été mauvais, on pense qu’il renaîtra en une personne occupant une position sociale inférieure, voire en un animal ou un insecte.

    Et si les humains ne possédaient pas une âme immortelle, si la mort n’était pas “une promotion divine” ni la porte ouvrant immédiatement sur la vie céleste éternelle dans les sphères spirituelles ou sur la réincarnation? Dans ce cas, ceux qui croient à l’immortalité de l’âme font fausse route. Selon le livre Enseignements catholiques officiels, l’Église tient à la croyance à l’immortalité de l’âme parce que le reniement de ce dogme “rendrait vides de sens ou inintelligibles ses prières, ses rites funéraires et les honneurs religieux rendus aux morts”. Notre conception de l’âme influe donc sur notre vie, sur notre culte et sur notre avenir éternel. Proverbes 14:12; Matthieu 15:9.

    Il est important de connaître la vérité sur l’âme, car Jésus a dit: ‘Ceux qui adorent Dieu doivent l’adorer avec l’esprit et la vérité.’ (Jean 4:24). C’est la Parole de Dieu, la Bible, qui révèle la vérité sur l’âme humaine. Puisque Dieu révèle ses desseins dans les Écritures inspirées, nous pouvons être sûrs qu’elles sont véridiques (1Thessaloniciens 2:13; 2Timothée 3:16, 17). Jésus a dit à Dieu dans une prière: “Ta parole est vérité.” Jean 17:17

    En Genèse 2:7, nous lisons: “Dieu forma l’homme de la poussière du sol et souffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint une âme vivante.” Le récit ne dit pas que Dieu mit en l’homme une âme immortelle. Il dit que lorsque la force de Dieu donna vie au corps d’Adam, celui-ci “devint une âme vivante”.

    Traduction John Nelson Darby • 1885 – « Et l’Éternel Dieu forma l’homme, poussière du sol, et souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante. (Genèse 2:7)

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    Bible d’Ostervald • 1881 – « Et l’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, et souffla dans ses narines une respiration de vie; et l’homme devint une âme vivante. (Genèse 2:7)

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    Traduction David Martin • 1744 – « Or l’Eternel Dieu avait formé l’homme de la poudre de la terre, et il avait soufflé dans ses narines une respiration de vie ; et l’homme fut fait en âme vivante. (Genèse 2:7)

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    Traduction Pierre-Robert Olivetan • 1535 –  » Et le Seigneur Dieu forma l’homme de la poudre de la terre, et souffla en la face d’iceluy soufflement de vie, et l’homme fut fait âme vivante. (Genèse 2:7)

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    Version hébraïque
    • « וַיִּיצֶר יְהוָה אֱלֹהִים אֶת־הָאָדָם עָפָר מִן־הָאֲדָמָה וַיִּפַּח בְּאַפָּיו נִשְׁמַת חַיִּים וַיְהִי הָאָדָם לְנֶפֶשׁ חַיָּה׃
    (2:7 בראשית)

    Nous comprenons donc que l’homme est une âme et non qu’il a une âme.

    Dieu créa Adam pour qu’il vive sur la terre, et non au ciel. Il ne destinait pas la terre à n’être rien d’autre qu’un lieu d’épreuves pour voir si Adam était digne d’aller au ciel. Dieu forma la terre “pour être habitée”, et Adam en fut le premier habitant humain (Ésaïe 45:18; 1Corinthiens 15:45). Par la suite, quand il créa Ève pour qu’elle soit la femme d’Adam, Dieu leur dit de peupler la terre et d’en faire un paradis où les humains résideraient éternellement. Genèse 1:26-31; Psaume 37:29.

    Nulle part dans la Bible il n’est dit qu’une partie d’Adam était immortelle. Au contraire, pour vivre il devait remplir une condition: obéir à la loi de Dieu. Qu’arriverait-il s’il enfreignait cette loi? Irait-il vivre éternellement dans les sphères spirituelles? Absolument pas. Il ‘mourrait à coup sûr’. (Genèse 2:17) Il retournerait au lieu d’où il venait. Dieu lui dit: “Tu es poussière et tu retourneras à la poussière.” (Genèse 2:7; 3:19). Adam n’existait pas avant sa création, et il n’existerait plus après sa mort. Il n’avait donc qu’une alternative: 1) obéir et vivre, ou 2) désobéir et mourir. Si Adam n’avait pas péché, il aurait vécu à jamais sur la terre, sans jamais aller au ciel.

    Adam désobéit, et il mourut (Genèse 5:5). La mort fut son châtiment. Elle fut pour lui une porte ouvrant, non pas sur une “aventure formidable”, mais sur l’inexistence. La mort n’est donc pas une amie, mais, comme le dit la Bible, une ‘ennemie’. (1Corinthiens 15:26) Si Adam avait eu une âme immortelle qui serait allée au ciel s’il était resté obéissant, la mort aurait alors été une récompense. Mais ce n’était pas le cas. Elle était une malédiction. Et à cause du péché d’Adam cette malédiction s’est étendue à tous les humains, puisque tous descendent de lui. Romains 5:12.

    Par ailleurs, si lors de sa création Adam avait été doté d’une âme immortelle destinée à être tourmentée éternellement dans un enfer de feu au cas où il pécherait, pourquoi n’en fut-il pas averti? Pourquoi lui fut-il simplement dit qu’il mourrait et retournerait à la poussière? Comme il aurait été injuste de le condamner à des tourments éternels à cause de sa désobéissance sans l’en avoir prévenu! Mais “il n’y a pas d’injustice” chez Dieu (Deutéronome 32:4). Point n’était besoin de parler à Adam d’un enfer de feu pour les âmes immortelles des méchants, car un tel lieu n’existait pas, pas plus que les âmes immortelles (Jérémie 19:5; 32:35). Personne n’est tourmenté éternellement quand il retourne à la poussière.

    Dans les Écritures hébraïques, le mot “âme” traduit l’hébreu nèphèsh, qui se rencontre plus de 750 fois. Dans les Écritures grecques, le terme correspondant est psukhê, qui apparaît plus de 100 fois. D’autres versions les rendent par divers mots. Voici certains de ceux que la Bible de la Traduction de Jérusalem éd.1988 emplois pour traduire nèphèsh: âme, appétit, bête, cœur, désir, estomac, être vivant, faim, gens, gorge, mort [cadavre], personne, soi-même, souffle et vie. Cette version traduit psukhê par âme, cœur, esprit, être vivant, personne et vie.

    La Bible emploie le mot “âme” dans de nombreux autres contextes. On lit en Genèse 9:5: “Votre sang de vos âmes, je le redemanderai.” Selon ce verset, l’âme a du sang. En Exode 12:16, il est dit: “Uniquement ce que chaque âme a besoin de manger, cela seul pourra être fait pour vous.” D’après ces paroles, l’âme mange. En Deutéronome 24:7, il est question d’un homme qui a “enlevé une âme d’entre ses frères”. Ce n’était certainement pas une âme immortelle qui était enlevée. Psaume 119:28 dit: “De chagrin mon âme n’a plus dormi.” L’âme peut donc même perdre le sommeil. La Bible montre également que l’âme est mortelle. Oui, elle meurt. “Cette âme-là devra être retranchée de son peuple.” (Lévitique 7:20). “Il ne pourra venir vers aucune âme morte.” (Nombres 6:6). “Nos âmes devront mourir.” (Josué 2:14). “Toute âme qui n’écoutera pas ce Prophète sera complètement détruite.” (Actes 3:23). “Toute âme vivante est morte.” Apocalypse 16:3.

    Nombre d’exégètes s’accordent pour dire que la Bible ne parle pas d’une âme immortelle. La Petite encyclopédie juive déclare: “La Bible n’enseigne pas l’immortalité de l’âme, et cette doctrine n’apparaît pas non plus dans les premiers écrits rabbiniques.” On lit dans l’Encyclopédie juive : “La croyance selon laquelle l’âme continue d’exister après la dissolution du corps est matière à spéculations philosophiques ou théologiques plutôt que simple article de foi; d’ailleurs, nulle part les Saintes Écritures n’enseignent expressément cette croyance.” Le Dictionnaire interprétatif de la Bible donne cette explication: “Le nèphèsh (…) ne continue pas à exister indépendamment du corps, mais meurt avec lui. (…) Aucun texte biblique ne soutient l’affirmation selon laquelle ‘l’âme’ se sépare du corps au moment de la mort.”

    Le Dictionnaire interprétatif des mots bibliques déclare: “Dans l’Ancien Testament, le mot ‘âme’ ne désigne pas une partie immatérielle des êtres humains qui continue d’exister après la mort. [Nèphèsh] correspond essentiellement à la vie que seuls des êtres distincts connaissent. (…) Le sens premier de [psukhê] est établi par le mot qui lui correspond dans l’Ancien Testament plutôt que par sa signification dans la culture grecque.” Et le Dictionnaire biblique Reedman (angl.) déclare que dans la Bible le mot âme “ne désigne pas une partie de l’être humain, mais la personne tout entière. (…) En ce sens les êtres humains n’ont pas une âme — ils sont des âmes”.

    Même la Nouvelle Encyclopédie catholique reconnaît que, “dans la Bible, les termes rendus par le mot âme désignent généralement la personne tout entière”. Cet ouvrage ajoute: “Il n’y a pas de dichotomie [division] du corps et de l’âme dans l’Ancien Testament. (…) Le terme [nèphèsh], bien que rendu par notre mot âme, ne signifie jamais une âme distincte du corps ou de la personne elle-même. (…) Le vocable [psukhê] est le mot du Nouveau Testament qui correspond à [nèphèsh]. (…) La notion de survivance de l’âme après la mort n’est pas aisément perceptible dans la Bible.” Georges Auzou, professeur catholique français d’Écriture Sainte, écrit dans son livre La Parole de Dieu: “Le concept d’‘âme’ au sens d’une réalité purement spirituelle ou immatérielle, distincte du ‘corps’, (…) n’existe pas dans la Bible.”

    L’Encyclopédie américaine déclare: “L’Ancien Testament voit en l’homme un tout, et non l’union d’une âme et d’un corps. Bien que l’hébreu [nèphèsh] soit fréquemment traduit par ‘âme’, ce serait une erreur de donner à ce mot le sens qu’il avait pour les Grecs. (…) [Nèphèsh] ne désigne jamais une entité existant séparément du corps. Dans le Nouveau Testament, le grec [psukhê] est souvent traduit par ‘âme’, mais, encore une fois, il ne faut pas présumer qu’il ait le sens que lui donnaient les philosophes grecs. (…) La Bible ne fournit pas cette claire description de la façon dont une personne survit après la mort.” Cette encyclopédie ajoute: “Les théologiens ont dû recourir aux réflexions des philosophes pour décrire en des termes appropriés la survie de l’individu après la mort.”

    Il est vrai que les théologiens ont adopté les idées de philosophes païens pour formuler la doctrine de l’immortalité de l’âme. Le Dictionnaire Encyclopédique de la Bible le reconnaît en ces termes: “La notion de l’immortalité est un produit de l’esprit grec.” L’Encyclopédie juive affirme: “Les Juifs découvrirent la notion d’âme immortelle au contact de la pensée grecque, principalement de la philosophie de Platon, son principal représentant.” Platon, qui vécut au IVe siècle avant Jésus Christ, déclara: “L’âme est immortelle et impérissable, et nos âmes existeront assurément dans un autre monde.” Dialogues de Platon.

    Quand cette philosophie païenne s’est-elle infiltrée dans le christianisme? La Nouvelle Encyclopédie britannique répond: “À partir du milieu du IIe siècle, les chrétiens qui avaient une certaine connaissance de la philosophie grecque commencèrent à éprouver le besoin d’exprimer leur foi selon les termes de cette philosophie, tant pour leur satisfaction intellectuelle que pour convertir des païens instruits. La philosophie qui leur convenait le mieux était le platonisme.” C’est ainsi que, comme l’explique cette encyclopédie, “les premiers philosophes chrétiens adoptèrent le concept grec de l’immortalité de l’âme”. Le pape Jean-Paul II lui-même a reconnu que le concept d’une âme immortelle porte en lui “les théories de certaines écoles de philosophie grecque”. En acceptant ces théories, la chrétienté a renié la vérité toute simple exprimée en Genèse 2:7, où on lit: “L’homme devint une âme vivante.”

    Mais l’immortalité de l’âme fut enseignée bien avant Platon. Dans son livre La religion de Babylonie et d’Assyrie, Morris Jastrow écrit: “Le problème de l’immortalité (…) retenait sérieusement l’attention des théologiens babyloniens. (…) Ils voyaient la mort comme le passage à une autre forme de vie.” Siegfried Morenz explique dans son livre La religion égyptienne (angl.) que “les Égyptiens de l’Antiquité considéraient simplement la vie après la mort comme une continuation de la vie sur la terre”. L’Encyclopédie juive fait remarquer qu’un lien existe entre ces religions antiques et Platon; en effet, elle dit que ce philosophe fut amené à souscrire à la notion d’âme immortelle “par les mystères orphiques et éleusiniens dans lesquels les conceptions babyloniennes et égyptiennes étaient étrangement mêlées”.

    Le concept d’une âme immortelle est donc très ancien. En fait, ses racines remontent à l’aube de l’histoire humaine. Après qu’Adam eut été prévenu qu’il mourrait s’il désobéissait à Dieu, Ève, sa femme, reçut une indication contraire: “Assurément vous ne mourrez pas.” Dès lors, les graines de la doctrine de l’immortalité de l’âme étaient semées. Depuis, une culture après l’autre a fait sienne la conception païenne selon laquelle ‘en réalité on ne meurt pas, mais on continue à vivre’. Ce fut le cas de la chrétienté, qui entraîna ses adeptes dans l’apostasie, à l’opposé des desseins et de la volonté de Dieu. Genèse 3:1-5; Matthieu 7:15-23; 13:36-43; Actes 20:29, 30; 2 Thessaloniciens 2:3, 7.

    Qui a amené les humains à croire ce mensonge? Jésus l’a indiqué lorsqu’il a déclaré aux chefs religieux de son temps: “Vous venez, vous, de votre père, le Diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. (…) Quand il profère le mensonge, il parle selon ses propres tendances, parce qu’il est menteur et le père du mensonge.” (Jean 8:44). Oui, c’est Satan qui a conçu la notion d’âme immortelle pour détourner les humains du vrai culte. N’es-ce pas Satan qui dit : ‘’ le serpent dit à la femme: Vous ne mourrez point ! (Genèse 3 :4). Ils se trompent donc et nourrissent un faux espoir, ceux qui croient aux doctrines découlant du premier mensonge rapporté dans la Bible, quoique, à l’époque où il fut proféré par le serpent, ce mensonge ait sans doute amené Ève à penser seulement qu’elle ne mourrait pas du tout physiquement.

  5. Yesus Kristus azu
    9 juillet 2013

    Ce long commentaire, cher Christian, est inutile. Nous avons déjà traité, plusieurs fois, le thème de l’immortalité de l’âme. Et il s’avère qu’elle est vraiment immortelle ! ce n’est pas de chance, pour votre long article copié…

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