‘Exercices Spirituels’ de saint Bonaventure


Saint Bonaventure

Saint Bonaventure

Si vous voulez vous conserver dans la vertu, il vous faut avoir des exercices spirituels afin d’occuper votre esprit, autrement vous ne sauriez vous promettre la persévérance.

I. Exercez-vous d’abord à la prière ainsi qu’il suit , quant au temps et à la manière. Au commencement de toute action et de tout travail vous invoquerez le Seigneur et vous lui adresserez cette courte invocation : O mon Dieu! venez à mon secours. Ayez pitié de moi, mon Dieu! ou autre semblable. Vous prierez encore lorsque vous entendrez sonner la cloche ou l’horloge; mais contentez-vous de le faire intérieurement et avec ferveur, de façon que vous trouvant avec les autres, ils ne s’en aperçoivent pas.

II. Secondement, toutes les fois que la cloche sonnera , formez en général, mais de tout votre cœur, la résolution de vous corriger de vos fautes, et ajoutez-y une courte prière de la durée d’un Notre Père.

Avant toute action considérable pensez un peu comment, dans vos résolutions, vous vous étiez proposé d’agir.

Ayez toujours soin le matin d’arrêter comment vous voulez vous conduire durant tout le jour; et ensuite avant chaque action extérieure et durant cette action, vous vous rappellerez brièvement vos résolutions.

De même trois ou quatre fois le jour, renouvelez de tout votre cœur vos bonnes dispositions contre le péché d’orgueil.

III. Votre troisième exercice consistera à avoir quelque sujet particulier pour occuper votre pensée dans le temps libre. Vous en aurez un spécial pour chaque jour; vous vous en occuperez souvent et vous y reviendrez de temps à autre.

Le dimanche, pensez au royaume des cieux. Le lundi, au jugement dernier. Le mardi , aux bienfaits de Dieu. Le mercredi , à la mort. Le jeudi, aux peines de l’enfer. Le vendredi , à la Passion du Seigneur. Le samedi, à la bienheureuse Vierge, notre souveraine, et à vos péchés.

Cependant unissez chaque jour la Passion du Seigneur et le souvenir des bienfaits de Dieu au sujet ordinaire de la journée. Et à chacune des heures, comme matines, prime, tierce, etc., aimez à vous rappeler ce que le Seigneur souffrit à cette heure, après avoir pensé brièvement à votre sujet ordinaire. J’ai l’espérance qu’en méditant et en agissant de la sorte, vous passerez votre temps d’une manière convenable.

IV. Exercez-vous chaque jour à des œuvres d’humilité et d’abjection , comme de choisir toujours la dernière place, de vous mépriser vous-même du fond du cœur, de vous estimer indigne des louanges de qui que ce soit, et de tout renvoyer à Dieu. Soit qu’on vous loue ,soit qu’on vous blâme , ne vous en inquiétez pas; considérez-vous vous-même, et vous trouverez que vous ne méritez aucun éloge ; que vous êtes, au contraire, vraiment digne de tout opprobre. Et lorsque vous serez avec les autres, demeurez silencieux, modeste et plein de douceur, sans cependant sortir des limites convenables.

V. Évitez tout ce qui est un signe d’orgueil , comme de crier trop haut en parlant, et autres choses semblables.

VI. Considérez souvent en quelles fautes vous tombez dans vos diverses actions, et ne souffrez pas que le désordre le plus léger passe inaperçu et sans réprobation; car celui qui ne fait aucun cas des petites choses , tombe souvent en de plus grandes.

VII. Veillez avec un soin tout particulier à la garde de vos yeux en quelque lieu que vous soyez, car la négligence en ce point entraîne des maux infinis. Gardez-les donc par-dessus tout.

VIII. Considérez les actions des autres , soit bonnes , soit mauvaises. Lorsque vous verrez quelqu’un commettre le péché , vous penserez que si Dieu lui accordait une grâce aussi grande qu’à vous, il se corrigerait avec beaucoup plus de ferveur que vous ne le faites. Lorsque, au contraire, une bonne action viendra frapper vos regards, vous examinerez comment vous pouvez l’imiter.

IX. Tout ce que vous verrez et entendrez chez les autres, interprétez-le en bonne part; de la sorte vous ne ferez aucun jugement téméraire.

X. En quelque lieu que vous soyez, conservez un extérieur modeste et bien réglé, pour ne point donner aux autres de mauvais exemple ; car un extérieur désordonné est l’indice d’une âme sans piété.

XI. Ayez soin aussi de ne jamais rien faire, nulle part, qui puisse être une occasion de scandale ou inspirer des soupçons peu avantageux; car le mauvais exemple est toujours bien dangereux.

XII. Résistez courageusement aux tentations ; abstenez-vous des choses de la chair et rejetez-les bien loin , car le salut ne saurait se trouver en de semblables choses.

XIII. Enfin, soyez toujours dans la crainte ; conservez-vous dans la plus grande modestie , et agissez lorsque vous êtes seul comme vous feriez en présence des autres ; car Dieu est témoin de toutes vos actions.

Vous vous appliquerez à pratiquer en général ces exercices, autant que vous le pourrez ; et vous prierez instamment le Seigneur de vouloir bien vous donner la grâce dont vous avez besoin pour cela, car sans lui vous ne pouvez rien faire.

* Je passerai donc de ce qui est extérieur aux choses intérieures , et des choses intérieures je m’élèverai à celles qui sont au-dessus de moi, afin de connaître d’où je viens et où je vais. Je me demanderai ce que je suis et quelle est mon origine , afin d’arriver par la connaissance de moi-même à la connaissance de Dieu ; car plus j’avancerai dans ma propre connaissance, plus je m’approcherai de celle de Dieu. Quelle est mon origine? Selon l’homme extérieur je viens de ceux qui m’ont donné la vie; j’étais condamné avant que d’être montré au jour. Pécheurs eux-mêmes, mes parents m’ont engendré dans le péché, et coupable comme eux, ils m’ont nourri de leur péché. Que suis-je? Un homme formé d’une vile boue. J’ai été conçu , comme le reste des mortels, de la substance de l’homme; bientôt cette substance, prenant des accroissements successifs, s’est changée en chair; ensuite j’ai paru en l’exil de ce monde au milieu des larmes et des gémissements ; et devenu plus grand, je me suis trouvé rempli d’iniquités. Maintenant je vais me présenter devant le Juge sévère, et il dira de moi : Voici l’homme et ses œuvres. — Méditez toutes ces choses le plus profondément possible.


* Tout ce passage est tiré en grande partie du petit livre intitulé : Méditations de saint Bernard.

Pas de matière ni de composition en Dieu


17. IL N’Y A PAS DE MATIERE EN DIEU

Le jeune Thomas priant.

Le jeune Thomas priant.

On voit par là que Dieu n’est pas matière. La définition de la matière en effet, c’est d’être en puissance. La matière n’est pas un principe d’action. Selon l’enseignement du Philosophe, efficience et matière ne peuvent coïncider dans le même sujet. Or il revient à Dieu d’être la première cause efficiente des choses, nous l’avons dit plus haut. Dieu n’est donc pas matière. Pour ceux qui réduisaient toutes choses à la matière comme à la cause première, c’était le hasard qui présidait à l’existence des réalités de la nature, ce contre quoi s’élève le Philosophe au IIe Livre des Physiques. Si donc Dieu, qui est la cause première, est la cause matérielle des choses, il en résulte que tout n’existe que par hasard. La matière ne devient cause d’un être en acte que dans la mesure où elle est soumise à l’altération et au changement. Si donc, comme nous l’avons prouvé, Dieu est immobile, il ne peut être aucunement cause des choses comme l’est la matière. Cette vérité, la foi catholique la professe, en affirmant que Dieu n’a pas créé l’ensemble des choses de sa propre substance, mais de rien. Ainsi est confondue la folie de David de Dinant qui osait affirmer l’identité de Dieu et de la matière première, prétendant que si l’un et l’autre n’étaient pas identiques, il faudrait supposer entre eux des caractères distinctifs qui détruiraient leur simplicité: chez l’être qu’une différence distingue d’un autre, cette différence même est en effet source de composition. Une telle erreur provient de l’ignorance qui méconnaît la distinction entre différence et diversité. Comme l’explique nettement le Xe Livre de la Métaphysique, différent se dit par rapport à quelque chose, tout être différent étant différent de quelque chose. Divers traduit par contre un absolu, le fait que cette chose n’est pas la même. La différence est donc à rechercher dans les êtres qui se rencontrent en quelque chose: on doit leur assigner un certain caractère qui les distingue. Telles deux espèces qui se rencontrent sous un même genre et que des différences doivent distinguer. Chez les êtres qui ne se rencontrent en rien, il n’y a pas à chercher de différence; ils sont divers les uns des autres. Ainsi se distinguent entre elles les différences d’opposition; elles ne participent pas à un genre comme à une part de leur essence; aussi bien n’y a-t-il pas à chercher par où elles diffèrent; elles sont diverses les unes des autres. C’est ainsi que se distinguent Dieu et la matière première: l’un est acte pur, l’autre puissance pure; il n’y a entre eux aucun point de contact.

18. IL N’Y A AUCUNE COMPOSITION EN DIEU

On peut conclure de là qu’il n’y a aucune composition en Dieu. Tout être composé comporte nécessairement acte et puissance. Plusieurs éléments ne peuvent en effet former un tout si l’un n’y est acte et l’autre puissance. Des êtres en acte ne sont unis que d’une union pour ainsi dire collégiale, comparable à celle d’un rassemblement, ils ne forment pas un tout. Même chez ces êtres, les parties assemblées se tiennent comme en puissance par rapport à l’union; elles ont été unies en acte après avoir été, en puissance, capables d’union. Or en Dieu il n’y a aucune puissance. Il n’y a donc en lui aucune composition. Tout être composé est postérieur aux éléments qui le composent. L’être premier, Dieu, n’est donc en rien composé. La nature même de la composition veut que les êtres composés soient, en puissance, menacés de dissolution, bien que chez certains d’entre eux d’autres facteurs puissent s’y opposer. Mais ce qui est menacé de dissolution est en puissance de non-être. Ce ne peut être le cas de Dieu, puisqu’il lui est nécessaire d’exister. Il n’y a donc en Dieu aucune composition. Toute composition réclame un agent qui compose; s’il y a composition, il y a en effet composition de plusieurs éléments: des éléments de soi divers ne sauraient se rencontrer s’il n’y avait pour les unir un agent de composition. Si donc Dieu était composé, il requerrait un agent de composition: il ne pourrait l’être à lui-même, car rien n’est sa propre cause, puisque rien ne peut être antérieur à soi-même. Par ailleurs l’agent de composition est cause efficiente du composé. Dieu aurait donc une cause efficiente. Ainsi il ne serait pas la cause première, à l’encontre de ce qu’on a démontré plus haut. En n’importe quel genre, un être est d’autant plus noble qu’il est plus simple; ainsi, dans le genre de la chaleur, le feu, qui ne comporte aucun mélange de froid. Ce qui, dans l’ensemble des êtres, est au sommet de la noblesse, doit donc être aussi au sommet de la simplicité. Or ce qui est au sommet de la noblesse pour l’ensemble des êtres, nous l’appelons Dieu, puisqu’il est la première cause, et que la cause est plus noble que l’effet. Dieu ne peut donc être le sujet d’aucune composition. En tout composé, le bien n’est pas le bien de telle ou telle partie, mais le bien du tout; je dis: bien, par rapport à cette bonté qui est la bonté propre du tout et sa perfection: les parties, en effet, sont imparfaites par rapport au tout. Ainsi les divers membres de l’homme ne sont pas l’homme; les parties composantes d’un nombre de six unités n’ont pas la perfection de ce nombre, et de même les sections d’une ligne n’atteignent pas la grandeur totale de la ligne entière. Si donc Dieu est composé, sa perfection et sa bonté propres résident dans le tout, non en quelqu’une de ses parties. Il n’y aura donc pas en lui ce bien absolu qui lui est propre. Il ne sera donc pas le premier et souverain bien. Précédant toutes les multiplicités, il y a nécessairement l’unité. Or en tout composé, il y a multiplicité. Dieu, qui est antérieur à tout, doit donc être exempt de toute composition.

SAINT THOMAS D’AQUIN, (Somme Contre les Gentils, Livre I, 17-18)


Note de Yesus Kristus azu : Il faut relever que, même si certaines iconographies représentent Dieu (comme homme), même si le Concile de Trente s’est opposé à la représentation du Père (pour la Trinité), il faut absolument retenir que Dieu n’est pas un être composé, mais Il est Existence, totalement simple. Les représentations ne sont qu’adaptés aux sens humains. Le Fils est représenté en tant qu’il a assumé la nature humaine ; mais dans l’Absolu, Dieu est SIMPLE !

Sola scriptura : ‘suicide’ d’un site protestant 1/2


Bible et Esprit (symbolisé par la Colombe)

Bible et Esprit (symbolisé par la Colombe)

Nous avons déjà mille et une fois abordé le problème du « Sola scriptura », principe protestant par excellence. Après mille et une fois avoir soutenu que cette doctrine est fausse, nous voulons, aujourd’hui, laisser la parole à un site protestant afin qu’il nous explique mieux ce qui échapperait à nos esprits. C’est donc, ici, l’argumentation d’un site protestant concernant le sola scriptura. Il s’agit du site GotQuestions, un autre site qui n’a pas très bien compris, ni approfondi la Foi catholique, d’où une rubrique consacrée au Catholicisme (qui trouvera aisément une réfutation en bonne et due forme sur le site Yesus Kristus azu). Le lien du site, est consultable à ce lien…

Le site GotQuestions affirme ce qui suit :

« Sola scriptura signifie que seules les Ecritures font autorité en ce qui concerne la foi et la pratique du chrétien. La Bible est complète, bien informée, et vraie. « Toute Ecriture est ‘inspirée de Dieu’ (donnée par l’inspiration de Dieu) et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice… » (2 Timothée 3:16) (…) Le premier argument catholique contre la sola scriptura, c’est que la Bible ne l’enseigne pas explicitement. Selon les Catholiques, “la Bible ne dit nulle par[t] qu’elle est le SEUL guide faisant autorité pour la foi et la pratique.” Bien que cela soit vrai – elle refuse de reconnaître une question d’importance capitale. Nous savons que la Bible est la Parole de Dieu. La Bible se déclare être inspirée de Dieu, inhérente et d’autorité. Nous savons également que Dieu ne change pas Sa pensée ou ne Se contredit pas. Alors, bien que la Bible elle-même ne soutienne pas explicitement la ‘sola scriptura’ elle n’accepte sans aucun doute pas les traditions qui contredisent son message. La Sola scriptura est moins un argument contre la tradition qu’elle ne l’est contre les doctrines non bibliques et/ou anti-bibliques. La seule manière de savoir exactement ce que Dieu attend de nous, c’est de rester fidèle à ce qui a été, en notre connaissance, révélé par Lui – la Bible. Nous pouvons savoir, sans l’ombre d’aucun doute, que les Ecritures sont vraies, d’autorité, et fiables. Il n’en est pas de même pour la tradition ».

Avez-vous observé des incohérences ? Pas vraiment ? Or, non seulement 1° le site protestant se « suicide » littéralement, 2° mais aussi, d’un point de vue Logique, ce texte est un véritable désastre… Lorsque nous parlons de « suicide » et de désastre logique, nous attirons l’attention sur la phrase suivante – nous soulignons : « (…) Selon les Catholiques, “la Bible ne dit nulle par[t] qu’elle est le SEUL guide faisant autorité pour la foi et la pratique.” Bien que cela soit vrai – elle refuse de reconnaître une question d’importance capitale (…) ». Le site protestant reconnaît donc que La Bible Elle-même ne remplit pas la prétention énoncée par la doctrine du sola scriptura, la Bible ne dit nulle part qu’elle est le SEUL guide faisant autorité pour la foi et la pratique. Ayant obtenu cet AVEU phénoménal – qui détruit littéralement la doctrine, il faut demander la chose suivante : mais alors, comment prétendre que seules les Ecritures font autorité en ce qui concerne la foi et la pratique du chrétien, si justement une telle affirmation n’est pas enseignée dans la Bible ? On est, de toute évidence devant un vice dans le raisonnement… Car, si le sola scriptura est vraie, la définition qu’on lui donne doit pouvoir être justifiée par la Bible elle-même. Or, il n’en est rien ! L’argument biblique évoqué est souvent II Timothée 3, 16 : qui, en fait, ne montre en aucun cas le sola scriptura… mais parle de Toute Ecriture, et non de Seule l’Ecriture… Et même si c’était le cas, il faudrait alors se poser la question de savoir de quelles Ecritures dont il est question. Il en ressort donc que le sola scriptura n’est rien de plus qu’un postulat, un principe non démontré, toutefois utilisé pour construire une théorie – dans ce cas une doctrine : ce n’est rien de plus qu’un paralogisme qu’on nomme petitio principii. Ainsi, nous voyons que le site protestant s’auto-réfute… d’abord en reconnaissant que la critique des Catholiques est fondée, ensuite s’auto-flagellant logiquement, en s’auto-réfutant donc. De fait, voilà comment le Protestantisme s’auto-réfute.

Si nous continuons la lecture du texte, rien n’est plus désolant. Nous lisons en effet : « (…) Nous savons que la Bible est la Parole de Dieu. La Bible se déclare être inspirée de Dieu, inhérente et d’autorité. Nous savons également que Dieu ne change pas Sa pensée ou ne Se contredit pas. Alors, bien que la Bible elle-même ne soutienne pas explicitement la ‘sola scriptura’ elle n’accepte sans aucun doute pas les traditions qui contredisent son message. La Sola scriptura est moins un argument contre la tradition qu’elle ne l’est contre les doctrines non bibliques et/ou anti-bibliques. La seule manière de savoir exactement ce que Dieu attend de nous, c’est de rester fidèle à ce qui a été, en notre connaissance, révélé par Lui – la Bible. Nous pouvons savoir, sans l’ombre d’aucun doute, que les Ecritures sont vraies, d’autorité, et fiables. Il n’en est pas de même pour la tradition ».

Nous savons que la Bible est la Parole de Dieu… Cette affirmation totalement gratuite n’a ABSOLUMENT aucun sens ! Car, rien ne nous permet d’établir cela ! La Bible a pu être écrite par des imposteurs… Ce qui nous assure l’intégrité de la Bible, n’est rien d’autre que l’Autorité de l’Eglise ! A relever qu’aucune Tradition catholique ne s’oppose pas au message évangélique, tel que semble le soutenir l’auteur de l’article. Plus loin, comment savoir ce qui a été révélé par Dieu, si la Bible ne nous est pas tombée du Ciel ? Puisque en fait, le présupposé protestant serait valide UNIQUEMENT si nous admettons que la Bible est tombée du Ciel, déjà toute faite ; loin de toutes les disputes sur le Canon qui ont eu lieues dans les premiers siècles, nous nageons en pleine philosophie apriorique – qui n’a rien à voir avec la philosophie réaliste – seule qui tient la route (de tradition aristotélicienne), soutenue par saint Thomas d’Aquin et d’autres… Enfin, dire que Nous pouvons savoir, sans l’ombre d’aucun doute, que les Ecritures sont vraies, d’autorité, et fiables, n’est rien de plus (encore une fois) qu’un postulat, car, répétons-le, rien ne permet d’établir une telle phrase avec autorité, si ce n’est l’Autorité de l’Eglise ! Nous sommes encore une fois dans l’ordre des affirmations gratuites… En fait, dire que Nous pouvons savoir, sans l’ombre d’aucun doute, que les Ecritures sont vraies, d’autorité, et fiables, n’est vrai que si on veut reconnaître l’Autorité de la Tradition, puisque que la Foi est non seulement une Grâce de Dieu, mais aussi une TRANSMISSION (Tradition donc…), des Saints Apôtres, et de ceux qui les suivent (les saints Pères de l’Eglise, entre autres) : remarquez d’ailleurs que la Bible Elle-même est déjà une Tradition. Mais, le site protestant semble avoir en répugnance toute Tradition (donc la Bible Elle-même qui est Tradition), seul et unique principe qui pouvait valider sa thèse… Encore une fois, un véritable désastre logique…

Quand le cardinal Kasper dérape…


kasperLe synode sur la famille? C’est ce qui anime l’Eglise catholique en ce moment. Ce synode traite notamment des questions brûlantes de notre époque notamment sur l’homosexualité, les divorcés remariés,… Ainsi, pour le cardinal allemand Kasper, les catholiques Africains ne devraient pas nous dire ce que nous avons à faire. Ces paroles du cardinal ont heurté plusieurs Africains qui, est accusé (à juste titre peut-être) de raciste, et même d’homosexualisme. L’interview est d’abord apparu sur le site Zenit. Mais ensuite a été retiré car le cardinal a affirmé qu’il n’avait pas tenu de tels propos. Or, nouveau coup de théâtre, le journaliste qui avait recueilli les propos du pape (ayant constaté que le cardinal mentait), décida de publier l’enregistrement sur son site. Et, malheureusement pour le cardinal, il se trouve qu’il a bel et bien prononcé ces paroles (donc, mensonge, il y a eu : et tout chrétien sait que le mensonge est formellement interdit car il est haï de DIEU). A ce propos, voir sur le site du journaliste : ICI. L’enregistrement condamne le cardinal. Voici l’extrait qui nous intéresse :

What has changed for you, regarding the methodology of this synod? [question from French journalist]

I think in the end there must be a general line in the Church, general criteria, but then the questions of Africa we cannot solve. There must be space also for the local bishops’ conferences to solve their problems but I’d say with Africa it’s impossible [for us to solve]. But they should not tell us too much what we have to do.

Ainsi, nous comprenons que ce cardinal ait été traité d’homosexualisme raciste sur le blog de Yves Daoudal. Une autre chose nous interpelle : le Vatican est décidément infiltré ! Les propos du cardinal peuvent être compris en ce sens que ce dernier fait certainement partie des modernistes, ultra-progressistes… qui prônent une église ouverte au monde, qui accepte et lèche les bottes au nouvel ordre mondial, aux franc-maçons…, afin d’être bien vue du monde ; une église qui s’adapte à la société et à ses folies ! Et surtout, on peut le comprendre, puisque comme on le sait tous : l’Afrique est un continent particulièrement opposé à l’homosexualité (dans plusieurs pays africains, l’homosexualité est pénalisée !), c’est certainement pour cette raison que le cardinal Kasper ne veut pas de leur avis et de leur extrémisme… Car, ces Africains, quant à eux, leur avis en tout cas, sera de toute évidence CONTRE la bénédiction du mariage homosexuel, et autres… Oui, il faut donc le dire : non seulement, les propos du cardinal sont inacceptables, il faut le clamer haut et fort, mais celui-ci s’est permis de mentir…


Voici une traduction proposée de l’interview par Yves Daoudal :

L’homosexualisme raciste du cardinal Kasper

Extrait de son interview à Zenit :

— Le problème est qu’il y a les différents problèmes de différents continents et de cultures différentes. L’Afrique est totalement différente de l’Occident. De même, l’Asie et les pays musulmans, ils sont très différents, spécialement à propos des gays. On ne peut pas parler de cela avec les Africains et les gens des pays musulmans. Ce n’est pas possible. C’est un tabou. En ce qui nous concerne, nous disons que nous ne devons pas discriminer, nous ne voulons pas discriminer sous certains rapports.

Mais est-ce qu’on a écouté les participants africains à cet égard ?

— Non, pour la majorité d’entre eux.

On ne les a pas écoutés ?

— En Afrique, évidemment, où c’est un tabou.

Qu’est-ce qui a changé pour vous, en ce qui concerne la méthodologie de ce synode ?

— Je pense qu’à la fin il doit y avoir une ligne générale de l’Eglise, des critères généraux, mais alors les questions africaines, nous ne pouvons pas les résoudre. Il doit y avoir un espace aussi pour que les conférences épiscopales locales résolvent leurs problèmes mais je dirai qu’avec l’Afrique c’est impossible. Mais ils ne doivent pas trop nous dire ce que nous avons à faire.

*

On notera aussi la fin de l’interview, où le cardinal Kasper ose se référer au développement du dogme selon le cardinal Newman pour justifier ses thèses sur les divorcés remariés et les couples homosexuels :

— Of course, the Pope wants it and the world needs it.

« Bien sûr, le pape le veut et le monde en a besoin. » En anglais, cela rime comme un slogan publicitaire. Où le pape se ferait l’interprète du monde…

Addendum

L’interview a été supprimée du site Zenit en anglais où elle avait été publiée. On peut retrouver le texte sur Rorate Caeli qui l’avait opportunément reproduite dans son intégralité.

PS – Manifestement, l’interview n’a pas été supprimée à cause (ou d’abord à cause) de ce que dit le cardinal Kasper des évêques africains, mais à cause (ou d’abord à cause) du propos dont Zenit avait fait son titre: « Une majorité croissante » (a growing majority) soutient ses propositions. Or c’était le jour même où il apparaissait que non seulement il ne s’agissait pas d’une croissante majorité, mais d’une minorité extrêmement rétrécie. Comme en témoignait de façon spectaculaire le rejet du rapport par le cardinal Dolan, pourtant adepte enthousiaste du « Qui suis-je pour juger » et ouvertement « gay-friendly ».

PS 2 – C’est le cardinal Kasper qui a demandé le retrait de cette interview, démentant formellement avoir tenu les propos qu’on lui prête. Rebondissement sans précédent dans une affaire de ce type, le journaliste qui avait réalisé l’interview met en ligne l’enregistrement de l’interview… (Quant au texte on peut toujours le trouver sur Zenit en cache.)

La vie de Thérèse de Lisieux


Nous vous présentons brièvement celle qui est, selon le pape Pie X, la plus grande sainte des temps modernes. Cette biographie est celle proposée par le site du Vatican.


theresia-van-lisieux.largeTHÉRÈSE MARTIN naquit à Alençon, en France, le 2 janvier 1873. Elle fut baptisée deux jours plus tard en l’église Notre-Dame, recevant les noms de Marie Françoise Thérèse. Ses parents étaient Louis Martin et Zélie Guérin. Après la mort de sa mère, le 28 août 1877, Thérèse s’installa avec toute sa famille à Lisieux.

Vers la fin de 1879, elle s’approche pour la première fois du sacrement de la Pénitence. Le jour de la Pentecôte 1883, elle reçoit la grâce insigne de la guérison d’une grave maladie, par l’intercession de Notre-Dame des Victoires. Formée par les Bénédictines de Lisieux, elle fait sa première communion le 8 mai 1884, après une préparation intense, couronnée par une expérience très vive de la grâce de l’union intime avec le Christ. Quelques semaines après, le 14 juin de la même année, elle reçoit le sacrement de la confirmation, accueillant en toute conscience le don de l’Esprit Saint dans une participation personnelle à la grâce de la Pentecôte.

Elle avait le désir d’entrer dans la vie contemplative, comme ses soeurs Pauline et Marie, au Carmel de Lisieux, mais son jeune âge l’en empêchait. Pendant un voyage en Italie, après avoir visité la Maison de Lorette et la Ville éternelle, au cours de l’audience accordée par le Pape aux pèlerins du diocèse de Lisieux le 20 novembre 1887, elle demanda à Léon XIII avec une audace filiale de pouvoir entrer au Carmel à l’âge de quinze ans.

Le 9 avril 1888, elle entra au Carmel de Lisieux. Elle prit l’habit le 10 janvier de l’année suivante et fit sa profession religieuse le 8 septembre 1890, en la fête de la Nativité de la Vierge Marie.

Au Carmel, elle s’engage sur le chemin de perfection tracé par la Mère fondatrice, Thérèse de Jésus, avec une ferveur et une fidélité authentiques, par l’accomplissement des divers services communautaires qui lui sont confiés. Éclairée par la Parole de Dieu, éprouvée très vivement par la maladie de son père bien-aimé, Louis Martin, qui meurt le 29 juillet 1894, elle avance vers la sainteté, inspirée par la lecture de l’Évangile, plaçant au centre de tout l’amour. Dans ses manuscrits autobiographiques, Thérèse nous a laissé non seulement les souvenirs de son enfance et de son adolescence, mais aussi le portrait de son âme, la description de ses expériences les plus intimes. Elle découvre et communique aux novices qui lui sont confiées la petite voie de l’enfance spirituelle; elle reçoit comme un don spécial la charge d’accompagner par le sacrifice et la prière deux « frères missionnaires ». Elle pénètre toujours plus le mystère de l’Église et sent croître en elle sa vocation apostolique et missionnaire, pour attirer tout le monde à sa suite, saisie par l’amour du Christ, son unique Époux.

Le 9 juin 1895, en la fête de la Très Sainte Trinité, elle s’offre en victime d’holocauste à l’Amour miséricordieux de Dieu. Elle rédige alors le premier manuscrit autobiographique qu’elle remet à Mère Agnès le jour de sa fête, le 21 janvier 1896.

Quelques mois après, le 3 avril, dans la nuit entre le jeudi et le vendredi saints, elle souffre d’une hémoptysie, première manifestation de la maladie qui la conduira à sa mort et qu’elle accueille comme une mystérieuse visite de l’Époux divin. Elle entre alors dans une épreuve de la foi qui durera jusqu’à sa mort et dont elle donnera un témoignage bouleversant dans ses écrits. Au mois de septembre, elle achève le manuscrit B qui illustre de manière impressionnante la maturité dans la sainteté à laquelle elle est parvenue, en particulier par la découverte de sa vocation au coeur de l’Eglise.

Alors que sa santé se dégrade et que le temps de l’épreuve se poursuit, elle commence au mois de juin le manuscrit C dédié à Mère Marie de Gonzague; de nouvelles grâces l’amènent à une plus haute perfection et elle découvre de nouvelles lumières pour la diffusion de son message dans l’Église au profit des âmes qui suivront sa voie. Le 8 juillet, elle est transférée à l’infirmerie. Ses soeurs et d’autres religieuses recueillent ses paroles, tandis que s’intensifient ses souffrances et ses épreuves, supportées avec patience, jusqu’à sa mort dans l’après-midi du 30 septembre 1897. «Je ne meurs pas, j’entre dans la vie», avait-elle écrit à son frère spirituel missionnaire, l’Abbé M. Bellier. Ses dernières paroles, « Mon Dieu…, je vous aime!», scellent une existence qui s’éteint sur la terre à l’âge de vingt-quatre ans pour entrer, suivant son désir, dans une phase nouvelle de présence apostolique en faveur des âmes, dans la communion des saints, pour répandre une pluie de roses sur le monde.

Elle fut canonisée par Pie XI le 17 mai 1925 et proclamée Patronne universelle des missions, en même temps que saint François Xavier, par le même Pape, le 14 décembre 1927.

Sa doctrine et son exemple de sainteté ont été reçus par toutes les catégories de fidèles de ce siècle avec un grand enthousiasme, et aussi en dehors de l’Église catholique et du christianisme.

De nombreuses Conférences épiscopales, à l’occasion du centenaire de sa mort, ont demandé au Pape qu’elle soit proclamée Docteur de l’Église, à cause de la solidité de sa sagesse spirituelle, inspirée par l’Évangile, à cause de l’originalité de ses intuitions théologiques où brille sa doctrine éminente, et à cause de l’ universalité de la réception de son message spirituel, accueilli dans le monde entier et diffusé par la traduction de ses oeuvres dans une cinquantaine de langues.

Accueillant ces requêtes, le Saint-Père Jean-Paul II a voulu que soit étudiée l’opportunité de déclarer Thérèse de Lisieux Docteur de l’Église universelle par la Congrégation pour les Causes des Saints, compétente en la matière, avec l’avis de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en ce qui concerne sa doctrine éminente. Le 24 août, au terme de la célébration eucharistique de la XII Journée mondiale de la Jeunesse à Paris, en présence de centaines d’Évêques et devant une immense foule de jeunes du monde entier, Jean-Paul II a annoncé son intention de proclamer Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face Docteur de l’Église universelle le 19 octobre 1997, le dimanche où l’on célèbre la Journée mondiale des Missions.

Source

Le Christianisme était vrai !


Une clé et une serrure sont deux choses complexes. Et si une clé correspond à une serrure, vous savez que c’est la bonne clé.

  C’est à Notting Hill et à Battersea que j’ai commencé à voir que le christianisme était vrai. La foi a cette élaboration de doctrines et de détails qui affligent ceux qui admirent le christianisme sans croire en lui. Quand une personne a foi en un crédo, elle est fière de la complexité de sa foi, comme les scientifiques sont fiers de la complexité de la science. Cela montre combien elle est riche en découvertes. Si elle est parfaitement juste, c’est un compliment de dire qu’elle est minutieusement juste.

Un bâton peut combler un trou ou une pierre un creux par accident. Mais une clé et une serrure sont deux choses complexes. Et si une clé correspond à une serrure, vous savez que c’est la bonne clé.

Mais cette précision implicite des faits rend très difficile ce que j’ai à faire : décrire cette accumulation de vérités. Il est très difficile à un homme de défendre quelque chose dont il est entièrement convaincu. Ceci est par comparaison facile quand il n’est que partiellement convaincu. Il est partiellement convaincu parce qu’il a trouvé cette preuve-ci ou cette preuve-là de la chose, et qu’il peut l’exposer. Mais un homme n’est pas réellement convaincu d’une théorie philosophique quand il trouve qu’une chose la prouve. Il n’est réellement convaincu que quand il trouve que tout la prouve. Et plus il trouve de raisons convergentes de cette conviction, plus il est dérouté si on lui demande soudain de les résumer. Ainsi, si l’on demande sur un coup de tête à un homme d’intelligence ordinaire « Pourquoi préférez vous la civilisation à l’état sauvage ? », il porterait son regard fiévreusement autour de lui, d’objet en objet, et ne serait capable que de répondre vaguement : « Pourquoi ? Il y a la bibliothèque… et le charbon dans le seau à charbon… et les pianos …et les policiers ». Car le cas de la civilisation est un cas complexe. Elle a fait tant de choses. Mais cette grande multiplicité de preuves qui devrait rendre la réponse écrasante rend la réponse impossible.

Il y a donc, pour toute conviction certaine une sorte d’énorme impuissance (…).

Tout ce que j’avais entendu de la théologie chrétienne m’en avait éloigné. J’étais un païen à l’âge de douze ans, et un complet agnostique à dix-sept ; et je ne puis comprendre qu’une personne passe l’âge de dix-sept ans sans s’être posé une si simple question(…)

Comme je lisais et relisais tous les rapports que les chrétiens et les anti-chrétiens font de la foi, de Huxley à Bradlaugh, une lente et horrible impression grandit progressivement mais nettement dans mon esprit – - l’impression que le christianisme devait être une chose extraordinaire. Non seulement je compris qu’il avait les vices les plus flamboyants, mais il se trouvait qu’il avait un apparent talent mystique pour combiner des vices qui semblaient se contredire les uns les autres. Il était attaqué de tous les côtés et pour des raisons contradictoires. Un rationaliste n’avait pas plutôt démontré qu’il était trop loin à l’est qu’un autre démontrait tout aussi clairement qu’il était bien trop loin à l’ouest. A peine mon indignation était retombée devant sa forme angulaire et agressive, que j’étais rappelé à nouveau pour remarquer et condamner son énervante et sensuelle rondeur. Au cas où un lecteur n’ait pas rencontré ce dont je parle, je donnerai au hasard des exemples de ces contradictions dans l’attaque sceptique à mesure que je m’en rappellerai. J’en donnerai quatre ou cinq ; il y en a cinquante de plus.

Ainsi par exemple, je fus sensible à une éloquente attaque sur le christianisme comme une chose d’un pessimisme inhumain ; car j’ai pensé (et je pense toujours) que le pessimisme sincère est le péché impardonnable. (…)mais si le christianisme était, comme ces personnes le disent, une chose purement pessimiste et opposée à la vie, alors j’étais prêt à faire sauter la cathédrale St. Paul. Mais la chose extraordinaire est la suivante. Il m’ont prouvé au chapitre premier (pour mon entière satisfaction) que le christianisme était trop pessimiste ; et ensuite, au chapitre deux, ils ont commencé à me prouver qu’il était bien trop optimiste. Une accusation contre le christianisme était qu’il empêche les hommes par des larmes morbides et des peurs, de chercher la joie et la liberté au sein de la nature. Mais une autre accusation était qu’il réconfortait les hommes par une Providence fallacieuse, et les plaçait dans une nursery rose et blanche. Un grand agnostique, lui, demandait pourquoi la nature n’était pas assez belle et pourquoi il était difficile d’être libre. Un autre grand agnostique objectait que l’optimisme chrétien, « le vêtement de la crédulité tissé par des mains pieuses », nous cachait le fait que la nature était laide et qu’il était impossible d’être libre. Un rationaliste avait à peine appelé le christianisme un cauchemar, qu’un autre commençait à l’appeler le paradis d’un fou. Ceci me sidéra ; l’accusation semblait contradictoire. Le christianisme ne pouvait à la fois être le masque noir sur un monde blanc et en même temps le masque blanc sur un monde noir. L’état du chrétien ne pouvait être à la fois si confortable qu’il était un lâche de s’y cramponner et si inconfortable qu’il était un fou d’y rester. S’il falsifiait la vision de l’homme, il devait la falsifier d’une manière ou d’une autre ; il ne pouvait porter des lunettes colorées en vert et en rose en même temps (…)

On doit comprendre que je n’ai pas conclu hâtivement que les accusations étaient fausses ou que les accusateurs étaient fous. J’ai simplement déduit que le christianisme devait être quelque chose d’encore plus étrange et tordu qu’ils ne l’avaient cru. Une chose peut avoir deux vices opposés, mais elle doit être une chose bien étrange s’il en est ainsi. Un homme peut être trop gros à un endroit et trop maigre à un autre ; mais il serait de forme bizarre. A ce point, mes pensées portaient seulement sur la forme étrange de la religion chrétienne ; je ne donnais pas de forme étrange à l’esprit rationaliste.

Voici un autre cas du même genre. Je ressenti qu’une forte objection contre le christianisme résidait dans la charge selon laquelle il y a quelque chose de timide, de monacal, et de non viril dans tout ce qui est appelé « chrétien », et particulièrement dans son attitude contre la résistance et le combat. Les grands sceptiques du dix neuvième siècle furent largement viriles. Bradlaugh de manière expansive, Huxley de manière réticente, furent décidément des hommes. En comparaison, il semblait soutenable qu’il y avait quelque chose de faible et de trop patient dans les conseils chrétiens. Le paradoxe de l’Évangile à propos de « l’autre joue », le fait que les prêtres n’ont jamais combattu, et des centaines de choses ont rendu possible cette accusation que le christianisme était une tentative pour faire de l’homme un mouton. J’ai lu cela, et je l’ai cru, et si je n’avais rien lu de différent, je continuerais d’y croire. Mais j’ai lu quelque chose de très différent. J’ai tourné la page suivante de mon manuel agnostique et mon cerveau en fut tout retourné. Maintenant, je trouvais que je devais haïr le christianisme non pas parce qu’il combattait trop peu, mais parce qu’il combattait trop. Le christianisme, semblait-il, était la mère des guerres. Le christianisme avait inondé le monde d’un déluge de sang. Je m’étais tout à fait fâché contre le christianisme parce qu’il n’était jamais en colère. Et maintenant on me disait de m’emporter contre lui parce que sa colère fut la chose la plus gigantesque et la plus horrible de l’histoire humaine ; parce que sa colère avait trempé la terre et obscurci le soleil(…). Que pouvait signifier tout cela ? Qu’était ce christianisme qui a toujours interdit la guerre et qui a toujours produit des guerres ? Que pouvait être la nature de la chose qui pouvait être maltraitée d’abord parce qu’elle ne combattait pas, puis ensuite parce qu’elle était toujours en train de combattre ? Dans quel monde énigmatique était né ce meurtre monstrueux et cette monstrueuse faiblesse ? La forme du christianisme devenait une forme de plus en plus étrange à chaque instant. (…)

Cela devenait alarmant. Il ne semblait pas tant que le problème soit que le christianisme était assez mauvais pour inclure des vices, mais plutôt de savoir s’il existait un bâton assez bon pour le battre. Encore une fois, que pouvait être cette chose étonnante que les gens étaient si empressés de contredire, que ce faisant, ils ne se préoccupaient pas de se contredire eux même ? J’ai vu la même chose de tous les cotés. Je ne puis donner plus d’espace aux détails de cette discussion ; mais au moins pour qu’on ne suppose pas que j’ai biaisé en sélectionnant des cas accidentels, j’en donnerai brièvement quelques autres.

Ainsi, certains sceptiques ont écrit que le grand crime du christianisme était son attaque contre la famille ; il a traîné des femmes vers la solitude et la contemplation du cloître, loin de leurs foyers et de leurs enfants. Mais, alors, d’autres sceptiques (un peu plus avancés) ont dit que le grand crime du christianisme était de nous forcer à la famille et au mariage ; qu’il condamnait les femmes à la corvée de leur foyer et de leurs enfants, et leur interdisait la solitude et la contemplation. La charge était réellement inversée. Ou encore, certaines phrases des épîtres ou de l’office du mariage, étaient utilisées par les anti-chrétiens car elles démontraient prétendument le mépris pour l’intelligence de la femme. Mais j’ai découvert que les anti-chrétiens eux-mêmes méprisaient l’intelligence de la femme ; car c’était leur grande raillerie contre l’Église, comme quoi « seules des femmes » y allaient. Ou encore, on reprochait au christianisme ses habitudes dépouillées et faméliques ; ses vêtements de sacs et ses pois secs. Mais la minute suivante, on reprochait au christianisme ses splendeurs et son ritualisme ; ses sanctuaires de porphyres et ses robes d’or. On lui reprochait d’être trop terne et trop coloré. Ou encore, le christianisme a toujours été accusé de trop restreindre la sexualité, quand soudain Bradlaugh et Malthus découvrirent qu’il la restreignait trop peu. Il est souvent accusé dans la même lancée de trop grande respectabilité mais aussi d’extravagance religieuse. Entre les couvertures du même pamphlet athée, j’ai trouvé la foi réprimandée pour sa désunion, « l’un pense une chose, un autre pense autre chose », et réprimandée aussi pour son union, « c’est la différence d’opinion qui empêche le monde d’aller aux chiens ».(…)

J’ai souhaité être entièrement exact et je souhaite l’être maintenant. Je n’ai pas conclu que les attaques contre le christianisme étaient toutes fausses. J’ai seulement conclu que si le christianisme était faux, il était très faux. De telles erreurs hostiles peuvent être combinées dans une chose, mais cette chose doit être étrange et singulière. Il y a des hommes qui sont avares, et qui sont aussi dépensiers ; mais ils sont rares. Il y a des hommes sensuels et en même temps ascétiques ; mais ils sont rares. Mais si cette masse de contradictions folles existait réellement : pacifique et assoiffé de sang, trop magnifique et trop râpé, austère et cependant sacrifiant avec absurdité au désir des yeux, ennemi des femmes et leur refuge irraisonné, solennellement pessimiste et stupidement optimiste, si cette chose mauvaise existait, il y aurait dans ce mal quelque chose de suprême et d’unique. Car je n’ai pas trouvé dans mes maîtres rationalistes d’explication pour une si exceptionnelle corruption. Le christianisme (théoriquement parlant) n’était à leur yeux qu’une des erreurs et un des mythes ordinaires des mortels. Ils ne me donnaient aucune clé pour comprendre cette aberration tordue et artificielle. Un tel paradoxe du mal s’élevait à une stature surnaturelle. Il est en effet, presque aussi surnaturel que l’infaillibilité du pape. Une institution historique, qui n’a jamais filé droit, est réellement aussi miraculeuse qu’une institution qui ne peut se tromper. La seule explication qui survint immédiatement à mon esprit fut que le christianisme ne venait pas du Ciel, mais de l’Enfer. Réellement, si Jésus de Nazareth n’était pas le Christ, il devait être l’Antéchrist.

Alors, dans un moment de paix, une étrange pensée me frappa comme un éclair. Il me vint soudainement une autre explication en tête. Supposez que vous entendiez parler d’un homme inconnu par de nombreux autres hommes. Supposez que vous soyez surpris d’entendre que des hommes aient dit de lui qu’il était trop grand, tandis que d’autre l’aient dit trop petit ; que certains aient objecté sa rondeur, et que d’autres se soient lamentés de sa maigreur ; que certains l’aient trouvé trop noir, et que d’autres l’aient trouvé trop blanc. Une explication (comme nous l’avons déjà admis) serait qu’il a une forme étrange. Mais il y a une autre explication. Il doit être de la bonne forme . Les hommes trop grands peuvent le trouver trop petit. Les hommes très petits peuvent le trouver grand. Les hommes vieux prenant de l’embonpoint peuvent le considérer comme insuffisamment gros ; les beaux vieillards qui se dessèchent peuvent trouver qu’il est enflé au-delà des lignes étroites de l’élégance. Peut-être que les suédois (qui ont une chevelure claire ) l’ont ils appelé un homme sombre, tandis que les noirs le considéreront comme distinctement blond. Peut-être qu’en fait cette chose extraordinaire n’est-elle que la chose ordinaire ; tout au moins la chose normale, le centre. Peut-être qu’après tout, c’est le christianisme qui est sain et toutes ses critiques qui sont folles, de différentes manières . J’ai testé cette idée en me demandant moi-même s’il y avait chez ses accusateurs quelque chose de morbide qui pouvait expliquer l’accusation. Et je fus stupéfait de trouver que cette clé correspondait parfaitement à la serrure.

G.K. Chesterton, chapitre : Les paradoxes du Christianisme.

 

Pourquoi je suis catholique


L’Église n’est pas une idéologie, c’est un lieu de rencontre.

Il y a dix milles raisons d’expliquer pourquoi je suis catholique, toutes se résumant en une seule raison : c’est que le catholicisme est vrai ! Je pourrais remplir tout mon espace par des phrases indépendantes les unes des autres, chacune commençant pourtant par les mots  » L’Église catholique est la seule chose qui… » Comme par exemple

- L’Église catholique est la seule chose qui empêche vraiment un péché de demeurer secret.
- L’Église catholique est la seule chose dans laquelle le supérieur ne peut être supérieur aux autres c’est-à-dire de manière hautaine.
- L’Église catholique est la seule chose qui libère l’homme de l’esclavage de son temps.
- L’Église catholique est la seule chose qui parle en vérité, comme s’il elle était un messager authentique refusant d’accommoder un authentique message.
- L’Église catholique est le seul type de christianisme qui regroupe réellement tout type d’hommes, surtout l’homme de respect.
- L’Église catholique est la seule grande tentative de changer le monde de l’intérieur, y travaillant de toutes ses forces et non pas par la force ; etc…

Aussi bien, je pourrais traiter ce sujet personnellement en décrivant ma propre conversion ; mais il se trouve que j’ai le sentiment que cette méthode minimise les choses plus qu’elles ne le sont en réalité. Nombre d’hommes bien meilleurs que moi ont été convertis à de bien pires religions. Je préférerais de beaucoup essayer de dire ici, au sujet de l’Église catholique, des choses qui, précisément, ne peuvent être dites sur ses respectables rivaux. En bref, je dirais principalement de l’Église catholique, qu’elle est catholique… Je préfèrerais essayer de démontrer qu’elle est non seulement plus vaste que moi, mais aussi plus vaste que tout ce qui existe dans le monde ; qu’elle est en effet plus vaste que le monde. Cependant, puisque en ce court espace je ne peux écrire qu’une partie infime de ce qui concerne ce sujet, je la considérerais dans sa capacité d’être la gardienne de la vérité.

L’autre jour, un écrivain bien connu, et plutôt mal informé, déclara que l’Église catholique est toujours l’ennemie des idées nouvelles. Il ne lui est probablement pas venu à l’esprit que sa propre remarque n’était pas exactement dans sa nature une idée nouvelle. Ceci est une des notions que les catholiques doivent continuellement réfuter, parce que c’est une si vieille idée ! En effet, ceux qui se plaignent que le catholicisme ne peut dire quelque chose de neuf pensent rarement qu’il soit nécessaire de dire quelque chose de neuf sur le catholicisme. En fait, une étude sérieuse de l’histoire montrera que – bizarrement- cela est contraire aux faits. Dans la mesure où les idées sont vraiment des idées, et dans la mesure où de telles idées ne peuvent être par définition que nouvelles, les catholiques ont continuellement souffert à les soutenir parce qu’elles étaient réellement nouvelles, parce qu’elles étaient trop nouvelles pour être comprises et trouver d’autre soutien qu’eux même. Le catholicisme n’était pas seulement le premier dans ces domaines, mais il était aussi seul, là où il n’y avait encore personne d’autre pour comprendre ses avancées.

Ainsi, par exemple, presque deux cent ans avant la déclaration d’indépendance et la Révolution française, en un siècle dévolu à la fierté et la louange des princes, le cardinal Bellarmin et l’Espagnol Suarez ont lucidement élaboré l’entière théorie de la démocratie véritable. Cela en un siècle de droit divin. Pour cette raison ils donnèrent l’impression d’être des jésuites sanguinaires et comploteurs, rampant avec des poignards dans le but d’assassiner des rois. Pourtant les casuistiques des écoles catholiques dirent tout ce qui pouvait être réellement dit sur les problèmes nouveaux de notre époque, deux siècles avant qu’ils ne se soient produits. Ils ont dit qu’il y avait réellement des problèmes de conduite morale chez les gouvernants ; mais ils ont eu la malchance de le dire deux siècles trop tôt. À une époque de débats fanatiques et de vitupération libre et gratuite, ils ont simplement réussi à se faire traiter de menteurs car ils ont été psychologues avant que la psychologie ne soit à la mode. Il serait aisé de donner de nombreux autres exemples jusqu’à aujourd’hui de ces faits et de ces cas d’idées qui sont encore trop nouvelles pour être comprises. Il y a des passages de l’encyclique du pape Léon sur le travail Rerum Novarum, sortie en 1891] qui commencent seulement maintenant à être utilisés comme guides pour des mouvements sociaux plus neufs que le socialisme ! Et quand monsieur Belloc écrivit sur l’état servile, il avança une théorie économique si originale que c’est à peine si quelques personnes ont compris ce dont il s’agissait. Dans quelques siècles par conséquent, d’autres personnes répèteront probablement que l’Église catholique est toujours l’ennemie des idées nouvelles, et ils le répéteront erronément. Et alors, si les catholiques font des objections, leur protestation sera facilement expliquée par le fait bien connu que les catholiques ne s’occupent jamais des idées nouvelles !

Néanmoins, l’homme qui a fait cette remarque sur les catholiques voulait dire quelque chose qui mérite considération, et il serait loyal envers lui de le comprendre plus clairement qu’il ne l’exprima. Ce qu’il voulait dire, c’était que, dans le monde moderne, l’Église catholique est souvent l’ennemie de beaucoup de modes influentes ; la plupart d’entre elles se targuent d’être neuves alors que beaucoup d’entre elles commencent en réalité déjà à être éculées. En d’autres termes, dans la mesure où cet homme voulait dire que l’Église attaque souvent ce que le monde encourage à un moment donné de l’histoire comme étant une nouveauté, il avait parfaitement raison. L’Église se porte souvent contre la mode de ce monde qui passe ; et elle a assez d’expérience pour savoir avec quelle rapidité elle passe. Mais pour comprendre exactement de ce dont il s’agit, il est nécessaire de prendre plus de recul et de considérer la nature ultime des idées en question, de considérer, si l’on peut l’extirper, l’idée de l’idée.

Neuf fois sur dix, celles que nous appelons des idées nouvelles sont simplement de vieilles erreurs. L’Église catholique possède comme l’un de ses principaux devoirs, celui de protéger les gens de retomber dans ces vieilles erreurs ; de les refaire encore et encore et toujours, comme les gens font toujours lorsqu’ils sont abandonnés à eux-mêmes. La vérité sur l’attitude catholique face à l’hérésie, ou comme certains le diraient, face à la liberté, peut probablement être le mieux exprimée par la métaphore d’une carte. L’Église catholique porte en elle une sorte de carte de l’esprit qui ressemble à la carte d’un labyrinthe, et qui, en fait, est un guide pour le labyrinthe. Elle a été formée à partir d’une connaissance qui, même considérée comme connaissance humaine, est sans aucun parallèle humain.

Il n’existe pas d’autre exemple d’institution intelligente continue qui réfléchit sur la nature humaine depuis deux milles ans comme l’est l’Église. Son expérience couvre naturellement presque toutes les expériences possibles et particulièrement presque toutes les erreurs. Le résultat est une carte dans laquelle toutes les voies sans issue et les mauvais chemins sont clairement signalés, toutes les voies ont été marquées comme inutiles par la meilleure de toutes les preuves : la preuve de l’expérience de ceux qui sont allés dans ces voies.

Sur cette carte de l’esprit, les erreurs sont marquées comme au fer rouge des exceptions. La plus grande partie de la carte consiste en des terrains de jeux et de joyeux terrains de chasse où l’esprit peut avoir autant de liberté qu’il veut ; sans mentionner le nombre de champs de batailles intellectuelles dans lesquels la bataille est indéfiniment ouverte et indécise. En revanche, elle prend la responsabilité définitive de marquer certaines routes comme ne menant nulle part, ou menant à la destruction, à un mur ou à un précipice absolu. Par ces moyens, elle préserve les hommes de perdre leur temps ou leurs vies sur des chemins qui ont été trouvés futiles ou désastreux encore et encore, dans le passé, mais qui autrement pourraient capturer des voyageurs encore et encore dans le futur. L’Église prend elle-même la responsabilité d’avertir son peuple contre ces routes sans issues. Et c’est de ces voies que dépend réellement notre propos. Elle défend dogmatiquement l’humanité de ses pires ennemis, ces monstres horribles et voraces des anciennes erreurs. Cependant, toutes ces fausses idées ont une manière de paraître relativement nouvelles, spécialement pour une nouvelle génération. La première proposition paraît toujours innocente et plausible. Je donnerai deux exemples. Il paraît innocent de dire, comme la plupart des gens aujourd’hui l’ont dit : « Les actes sont mauvais uniquement s’ils nuisent à la société ». Suivez cette philosophie, et tôt ou tard, vous vivrez dans l’inhumanité d’une ruche ou d’une ville de la lande établissant l’esclavage comme le moyen le plus efficace et le plus économique de production, ainsi que la torture des esclaves à la recherche de preuves car l’individu n’est rien face à l’État, déclarant qu’un homme innocent doit mourir, tout comme le dirent les meurtriers du Christ. Alors peut-être vous reviendrez aux définitions catholiques et vous découvrirez que l’Église, bien qu’elle dise qu’il est de notre devoir de travailler pour la société, dit aussi d’autres choses qui interdisent l’injustice individuelle. Ou encore, il paraît pieux de dire : « Notre conflit moral devrait finir par une victoire du spirituel sur le matériel » . Suivez cette hérésie et vous finirez peut-être dans la folie des manichéens, disant que le suicide est bon parce qu’il est un sacrifice, que la perversion sexuelle est bonne parce quelle ne produit pas la vie, que le démon fit le soleil et la lune parce qu’ils sont matériels. Alors peut-être commencerez-vous à deviner pourquoi le catholicisme insiste tant sur l’existence de mauvais comme de bons esprits ; et sur le fait que la matière peut elle aussi être sacrée, comme lors de l’Incarnation ou lors de la Messe, dans le sacrement de mariage ou la résurrection des corps.

Maintenant, il n’y a aucune autre association d’esprit au monde comme l’Eglise qui soit si attentive à protéger les esprits de mal tourner. Le policier arrive en retard quand il essaye d’empêcher les hommes de mal tourner. Le docteur arrive trop tard, car il vient pour enfermer un fou, et non plus pour conseiller un homme sain afin d’éviter la folie. Toutes les autres sectes ou écoles de pensée sont inadaptées face à ce but. Ce n’est pas parce que chacune d’elle ne peut pas contenir de vérité, mais plutôt et précisément parce que chacune d’elle ne contient qu’une quantité négligeable de la vérité ; et se contente de contenir cette parcelle de vérité seulement. Aucune de ces sectes ou philosophies n’est dépositaire de l’ensemble de la vérité. Aucune d’elles ne prétend réellement veiller dans toutes les directions à la fois. L’Église n’est pas seulement armée contre les hérésies du passé, ni même du présent, mais également contre celles à venir qui pourront être à l’opposé exacte de celles d’aujourd’hui. Le catholicisme n’est pas ritualisme : il combattra dans le futur toutes sortes d’exagérations idolâtres ou superstitieuses. Le catholicisme n’est pas ascétisme : il a réprimé encore et encore dans le passé les exagérations fanatiques et cruelles de l’ascétisme. Le catholicisme n’est pas simplement une mystique, il défend aujourd’hui la raison humaine contre le pur mysticisme des Pragmatistes. Ainsi, quand le monde devint puritain au dix-septième siècle, l’Église fut accusée – à partir d’arguments fallacieux selon lesquels le péché était facilité par le laxisme du confessionnal – de pousser la charité trop loin. Maintenant que le monde n’est plus puritain, mais païen, c’est l’Église qui partout proteste contre le laxisme païen contre les bonnes mœurs. Elle fait ce que les puritains voulaient faire, mais seulement lorsque cela est devenu réellement nécessaire. Selon toute probabilité, tout ce qu’il y a de meilleur dans le protestantisme survivra uniquement dans le catholicisme ; et en ce sens, tous les catholiques seront encore puritains quand tous les puritains seront païens.

Ainsi par exemple, en un sens mal compris, le catholicisme reste en dehors de toute querelle comme celle du darwinisme à Dayton. Il reste en dehors de la dispute parce qu’il englobe l’ensemble de la question, tout comme une maison entoure deux meubles incongrus. Ce n’est pas une propagande sectaire de dire que l’Église était avant et sera après, au delà de toutes ces thèses, dans tous les domaines. Le catholicisme est impartial dans ce combat entre le fondamentalisme et la théorie des origines des espèces. Que l’on remonte à l’origine précédant cette Origine, parce que cette notion est plus fondamentale que le fondamentalisme. Cette compréhension réside dans le catholicisme qui sait d’où vient la Bible. Il sait aussi où vont la plupart des théories sur l’Évolution. Il sait qu’il y avait beaucoup d’autres faux évangiles que les quatre Évangiles, et que les autres furent éliminés par la seule autorité de l’Église catholique. Il sait qu’il y a beaucoup d’autres théories sur l’Évolution en plus de la théorie de Darwin ; et que la plus récente sera très vraisemblablement éliminée par une science plus récente. L’Église n’accepte pas, selon l’expression conventionnelle, les conclusions de la science, pour la simple et bonne raison que la science n’a pas conclu ! Conclure, c’est fermer ; et l’homme de science n’est pas du tout susceptible de fermer ses recherches ! Il ne croit pas, selon la formule conventionnelle, ce que la Bible dit, pour la simple raison que la Bible ne dit rien dans son sens scientifique. Vous ne pouvez pas mettre la Bible sur le banc des témoins et lui demander ce qu’elle signifie vraiment en rapport avec l’évolution ! La controverse fondamentaliste détruit elle-même le fondamentalisme. La Bible en elle-même ne peut être une base d’accord alors qu’elle est cause de désaccord ; elle ne peut être la base commune des chrétiens quand certains la prennent de manière allégorique et d’autres littéralement. Le catholique s’y réfère comme quelque chose qui peut parler à l’esprit vivant, consistant et permanent dont j’ai parlé ; l’esprit le plus élevé de l’homme conduit par Dieu.

Chaque instant fait croître en nous la nécessité d’une rencontre avec l’Esprit Immortel. Il y a quelque chose qui continue de maintenir les quatre piliers du monde, pendant que nous faisons nos expérimentations sociales ou bâtissons nos Utopies. Par exemple, nous devons avoir un accord définitif, ne serait-ce que sur le truisme de la fraternité humaine, qui seul résistera à la réaction de la brutalité humaine. Rien n’est plus susceptible maintenant d’arriver, que la corruption de nos gouvernements représentatifs qui mènera à la lâche partition de la richesse et au piétinement de toutes les valeurs d’égalité par un orgueil païen. Nous devons avoir des truismes partout reconnus comme véritables. Nous devons prévenir le retour de la morne répétition des erreurs anciennes. Nous devons rendre le monde intellectuel plus sûr pour la démocratie. Cependant dans les conditions de l’anarchie mentale moderne, ni cela, ni aucune idée n’est sûre, exactement comme les protestants en ont appelé à la Bible contre les prêtres, en ne réalisant pas que la Bible aussi pouvait être questionnée, et que de même, les républicains en ont appelé au peuple contre les rois, sans réaliser que le peuple aussi peut-être défié. Il n’y a pas de fin à la dissolution des idées qui étaient acceptées comme vraies, la destruction de tous les tests de vérité est devenue possible depuis que les hommes ont abandonné la volonté de conserver la Vérité centrale et civilisatrice, qui renferme toutes les vérités et ainsi nous rendre capable de démasquer et réfuter toutes les erreurs. Depuis lors, chaque groupe a fabriqué sa vérité et a passé son temps à la transformer en erreur. Nous n’avons plus rien d’autres que des idéologies ; ou en d’autres termes des monomanies. Mais l’Église n’est pas une idéologie, c’est un lieu de rencontre ; le lieu d’étude et de procès des idéologies de ce monde.

Source : G.K. Chesterton. « Why I Am A Catholic. » From Twelve Modern Apostles and Their Creeds (1926).

Blaise Pascal, pensée 373


Au lieu de vous plaindre de ce que Dieu s’est caché, vous lui rendez grâces de ce qu’il s’est tant découvert, et vous rendez grâces encore de ce qu’il ne s’est pas découvert aux gens superbes indignes de connaître un Dieu si saint. Deux sortes de personnes connaissent, ceux qui ont le cœur humilié et qui aiment leur bassesse, quelque degré d’esprit qu’ils aient, haut ou bas, ou ceux qui ont assez d’esprit pour voir la vérité, quelques oppositions qu’ils aient.

- Blaise Pascal, Pensées, 373, Edition Le Guern.

Blaise Pascal, pensée 396


Non seulement nous ne connaissons Dieu que par Jésus-Christ, mais nous ne connaissons nous-mêmes que par Jésus-Christ ; nous ne connaissons la vie, la mort que par Jésus-Christ. Hors de Jésus-Christ, nous ne savons ce que c’est ni que notre vie ni que notre mort, ni que Dieu, ni que nous-mêmes. Ainsi, sans l’Ecriture qui n’a que Jésus-Christ pour objet, nous ne connaissons rien, et ne voyons qu’obscurité et confusion dans la nature de Dieu et dans la propre nature.

- Blaise Pascal, Pensées, 396 ; Edition Le Guern.

La saint Barthélémy : les vrais faits 1/4


+++Yesus Kristus azu+++:

La Saint Barthélémy, vous en avez déjà entendu parlé… vous avez certainement entendu dire que ces Catholiques étaient de vrais assassins, de vrais meurtriers ; car, ils massacrèrent les protestants avec un plaisir diabolique… Mais, ces dires sont très loin de la Vérité. Veuillez lire le texte de l’abbé Barthélémy Charles, pour vous en convaincre, et surtout pour une meilleure des vrais faits !

Originally posted on +†+Yesus Kristus azu+†+:

Personne, que nous sachions, n’avait osé, avant notre époque[1], répondre en détail aux déclamations des protestants et des philosophes relatives à la Saint-Barthélemy, parce que tout le monde craignait de passer pour l’apologiste d’une action que chacun avait en horreur : ainsi l’erreur s’accrut d’âge en âge, faute d’avoir été réfutée dans sa naissance. Le moment de la détruire est plus propre aujourd’hui que jamais. Éloignés de trois siècles de ce trop mémorable fait, nous pouvons le contempler sans partialité : nous pouvons répandre des clartés sur les motifs et les effets de cet événement terrible, sans être l’approbateur tacite des uns, ou le contemplateur insensible des autres.

Basé sur des preuves incontestables, dont le plus grand nombre nous est fourni par des auteurs protestants, nous entreprenons d’établir : que la religion catholique n’eut aucune part à la Saint-Barthélemy ; que ce fut une affaire de proscription, qu’elle n’a jamais dû…

Voir l'original 2 003 mots de plus

Jésus n’a pas réellement marché sur les eaux !


+++Yesus Kristus azu+++:

Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?
N’oublions pas d’appeler le SEIGNEUR au secours dans les moments difficiles, à l’instar de s. Pierre.

Originally posted on +†+Yesus Kristus azu+†+:

Parcourant le Web, je suis tombé sur un nouveau scoop : Jésus était très fort ! il a réussi à faire croire à ses Apôtres (décidément aveugles) qu’il marchait sur les eaux, alors qu’en réalité, il marchait sur de la glace (un lac gelé ) : le journal La Croix du 5 avril 2006, rapportait ce qui suit :

« Jésus n’a peut-être pas marché sur l’eau comme le racontent trois des quatre Évangiles mais sur de la glace formée sur la mer de Galilée, selon une étude publiée cette semaine par un océanographe de l’université de Miami (sud-est). Selon cette étude, les conditions météorologiques dans cette région, située aujourd’hui dans le nord d’Israël, étaient particulièrement rigoureuses dans une période comprise entre il y a 1.500 et 2.600 ans. De la glace, suffisamment épaisse pour supporter le poids d’un homme, aurait pu recouvrir une partie de la mer de Galilée, également connue sous le nom de…

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Réfutations des erreurs doctrinales des « chrétiens » anti-catholiques


Voir aussi, la vérité sur tous les mensonges historiques dont l’Eglise est victime : ici

Nous – les catholiques – sommes constamment attaqués par des « chrétiens » qui affirment n’avoir aucuns liens entre eux et détester les doctrines des autres, mais qui nous attaquent tous avec les mêmes arguments. Il s’agit des protestants, des évangéliques, des fondamentalistes, des adventistes, des baptistes, des pentecôtistes , des « chrétiens bibliques », des « chrétiens sans dénomination » etc.

Toujours est-il que comme leurs attaques anti-catholiques sont toutes les mêmes, la manière de les réfuter et toujours la même. C’est pourquoi j’ai compilés dans cet article, des liens permettant de tous les réfuter.

« l’Ecriture seule » est une fausse doctrine : cliquer ici

Les deutérocanoniques sont inspirés : cliquer ici

Preuve que toutes les affirmations catholiques sur Pierre, Rome et la Papauté sont vraies : cliquer ici

La Transsubstantiation est biblique : cliquer ici

La messe n’est pas un « re-sacrifice » : cliquer ici

L’encens à la messe: cliquer ici

Le culte des saints est conforme à la Bible : cliquer ici

La théologie catholique sur Marie est biblique : cliquer ici

Les œuvres sont nécessaires au Salut, la Foi n’est pas suffisante : cliquer ici

Le Purgatoire est enseigné par la Bible :cliquer ici

Preuves bibliques que le baptême doit être administré aux nouveaux-nés, qu’il est valable par effusion et qu’il lave de tous les péchés : cliquer ici

La confession à un prêtre a été instituée par le Christ : cliquer ici

L’Extrême onction est biblique : cliquer ici

Explication de « N’appelez personne votre Père » : cliquer ici

L’autorité de la Sainte Tradition est biblique : cliquer ici

Le signe de Croix existait chez les premiers chrétiens : cliquer ici

Les sacrements ne sont pas réducteurs de la grâce : cliquer ici

Le Nouveau Testament et les premiers chrétiens enseignent que le jour du Seigneur est le dimanche et non plus le samedi : cliquer ici

Le célibat consacré est biblique et le célibat ecclésiastique n’est pas une invention du Moyen-âge : cliquer ici

« Hors de l’Eglise, pas de Salut » est une doctrine biblique qui nous est de plus imposée par notre raison seule : cliquer ici

La vérité sur l’Eglise et les Conquistadors en Amérique


On nous raconte souvent que l’Eglise et les conquistadors furent les meurtriers d’une magnifique religion et d’une grande civilisation, et qu’elles firent le génocide des populations du continent américain. Voici la réfutation de tous ces mensonges :

[voir aussi : la vérité sur les mensonges historiques dont l’Eglise est victime : ici]

Etat des lieux de l’Amérique précolombienne :

Les dieux païens d’Amérique sont des démons! (Bibliothèque de combat)

Les Incas, adeptes du socialisme totalitaire (Bibliothèque de combat)

Les civilisations précolombiennes étaient dégénérées (Bibliothèque de combat)

La conquête Espagnole :

Les Conquistadors étaient-ils des agresseurs? (Bibliothèque de combat)

L’origine des calomnies sur les Conquistadors (Bibliothèque de combat)

Hernan Cortés, l’Empire Aztèque et la main de Dieu (Bibliothèque de combat)

La conversion des amérindiens à la religion catholique :

Les prophéties païennes des amérindiens annonçaient la venue du Vrai Dieu dans leur pays et en donnaient les signes: tous ces signes furent réalisés par les Conquistadors qui apportaient avec eux la religion catholique (Yesus Kristus azu)

L’image miraculeuse de Guadalupe (Bibliothèque de combat)

La conversion et les aveux du dernier empereur Inca (Bibliothèque de combat)


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