L’Inquisition et ses millions de victimes


« Quand un chef accueille des rapports mensongers, tous ses serviteurs sont mauvais » (Proverbes XXIX, 12)

S’il est un lieu où s’accouplent mauvaise foi, crasse ignorance, fourberie, mensonge, amateurisme, sottise, baliverne, paresse, apathie, infamie,… c’est bien l’Histoire, et plus spécialement les sujets en lien avec l’Eglise catholique. C’est dans esprit de mensonge, d’esclavagisme intellectuel, de honte que ploient tous ceux qui, n’ayant aucune connaissance sur l’inquisition – c’est à peine s’ils sont capables de donner une définition –, prétendent, par on ne sait quel miracle, expliquer, donner des faits sur cette période historique. Jamais en effet le mensonge n’a été autant adulé, vénéré ; jamais les textes prétendus scientifiques basés sur de pseudo-preuves de la cruauté dégradante de l’Eglise catholique n’ont été aussi pitoyables, emplis d’une impéritie déplorable. C’est ainsi que, voulant prouver la « cruauté sanglante » de l’Eglise Catholique, une institution « ivre de sang », on a avancé des chiffres sur le nombre victimes sur l’inquisition.

Dans cet article, qui ne s’adressent aucunement aux personnes de mauvaise foi, mais aux personnes recherchant vraiment la Vérité, et de bonne foi – car, nous espérons qu’il en existe encore, à côté de ceux que le mensonge a déjà dévoré l’âme, nous voulons démasquer tous ces faussaires qui prétendent connaitre le nombre de victimes, qui fantasment et qui se basent sur des ouï dires vomis par leurs gourous pour traîner dans la boue l’Eglise Catholique. Sans plus s’appesantir, venons-en au sujet.

Hubertus Mynarek (né en 1929) est un ancien professeur catholique de théologie et ancien doyen de la faculté catholique-romaine de l’université de Vienne. Dans son œuvre, Die neue Inquisition, il écrit : « La brutalité et la cruauté sadique de cette guerre d’extermination menée par les papes avec leurs inquisiteurs contre «les sorcières» dépassent tout ce que l’on peut imaginer. On estime à environ trois millions les victimes, surtout des femmes, qui furent ainsi bestialement assassinées… »

Dans ce documentaire, où les auteurs semblent jouer à la victimisation, on affirme qu’entre 1203 et 1805, il y eut 50’000’000 de chrétiens qui périrent sous l’inquisition romaine, et ces chrétiens sont morts car ils croyaient en Christ seul… (entre 1min40 et 1min 50 ; mais aussi entre 4min05 et 4min10, l’auteur parle de 50’millions de victimes). Morts à cause de leur foi, en Christ – sous entendu que Rome n’avait pas la foi, évidemment. Ce à quoi on pourrait déjà rétorquer : et les nombreux massacres des Protestants sur leurs frères catholiques, faut-il les prendre en compte (mais, nous ne attardons pas sur cela) ? On y affirme que ces chrétiens furent tués en Europe, et surtout en Espagne ! 50’000’000 de victimes ! Gardons-le à l’esprit ! Nous y reviendrons.

Dans Catholicism & Christianity, Jimmy Swaggart, un télévangéliste américain , affirme : “The Roman-Catholic church murdered some twenty millions persons during the existence of the Inquisition”. Vingt millions de morts, nous voilà donc rassurés… L’Inquisition fait déjà partie des pires crimes de l’Humanité…

L'inquisition, c'était bien pire que Hiroshima, Nagasaki, le goulag...

L’inquisition, c’était bien pire que Hiroshima, Nagasaki, le goulag…

Dans The babylon Mystery revealed, un livre fondamentaliste, on clame que l’inquisition a fait 95’000’000 de morts ! Nous sommes ici, il faut se l’avouer, à l’apothéose. C’est le chiffre le plus élevé que nous avons pu trouver. Cependant, certains postulent un nombre de morts plus limité (il ne faut tout de même pas en abuser, se sont-ils sûrement dits), en parlant d’un nombre de victimes de 6 millions… Mais, pour accroître la virulence envers l’Eglise catholique et sa cruauté, il faut toujours parler de millions, jamais en dessous du million. Ceux qui, pour des raisons barbares oseraient estimer le nombre de morts en dessous du million sont de mauvaise foi. La vérité est devenue mensonge, le mensonge est devenu vérité. Qu’autant de personnes ploient sous le joug d’une telle ignorance, se faisant ainsi coupable de mensonges, est désolant. Il aurait pourtant fallu faire une simple recherche, pour se convaincre que tous ces chiffres sont de pures fantasmagories ! 6 millions, 20 millions, 30 millions, 50 millions, 95 millions… de victimes, que retenir ?  etc. Ces mensonges valent-ils la peine qu’on y prêtre attention ? Oui ! Nous allons voir, quels sont les vrais chiffres, bien que cela soit difficile, à cause notamment de ces trucages qui ont été faits au cours de l’Histoire. Une chose demeure certaine cependant : devant un examen sérieux, le mensonge infâme s’écroulera toujours. La Vérité l’emporte à la fin ! Un mensonge, bien que moult fois répété, ne changera JAMAIS de substance, ne se transformera JAMAIS en Vérité, car il restera mensonge ad vitam aeternam, et sera, peu importe le temps, les circonstances, toujours vaincu par le VRAI !

Admettons les 95 millions de victimes. Cela nous permet de déduire que l’Inquisition a fait plus de victimes que les deux guerres mondiales ! Relativisons tout de même, puisque l’Inquisition s’est étendue sur des siècles, et les guerres mondiales, sur quelques années seulement. Donc, en fait, l’Inquisition avec ce nombre de victimes, est bien plus cruel que le goulag, les bombardements de Dresde et Hambourg, sans oublier Hiroshima et Nagasaki… 50 millions de victimes, là encore, il y a une équivalence avec la seconde guerre mondiale… Et, de fait, nous plaçons, grâce à ces chiffres, l’Inquisition sous l’égide d’un des plus grands crimes contre l’Humanité : sans doute le pire ; pire que le premier conflit mondial, le second conflit mondial, pire que la traite des Noirs, etc. Ainsi, nous voici donc fixés. Sauf que… jusque-là, nous étions dans la fantasmagorie. A présent donc, venons-en aux faits réels.

Lorsque Jimmy Steward (dans Catholicism & christianity), dont nous avons parlé précédemment, soutient que l’inquisition a fait vingt millions de morts ( «The Roman-Catholic church murdered some twenty millions persons during the existence of the Inquisition. »), il nous paraît une importance cruciale de signaler que ce livre a été réfuté par deux auteurs catholiques. La première réfutation est du père Kenneth J. Roberts qui écrivit Father Roberts answers Jimmy Swaggart.

Catholicism and Fondamentalism

Catholicism and Fondamentalism

La seconde réfutation nous vient Karl KEATING intitulé Catholicism and Fundamentalism: The Attack on « Romanism » by « Bible Christians ». Puisque l’auteur évangélique ne se limitait pas à fantasmer sur le nombre de morts sous l’inquisition, mais prétendait également expliquer les dogmes de Foi catholique, la réponse de Karl Keating est aussi une vraie défense de la Foi catholique, c’est une œuvre fortement recommandé. Sur Amazon, un internaute souligne qu’il s’agit « du meilleur livre de défense de la foi catholique qu’il n’a jamais lu », et même des éloges d’un mormon sont à relever !

Soulignons (entre temps) qu’une étude du siècle passé, celle de Rudolph J. Rummel, Death by Government, 1987, soutient que l’inquisition espagnole a fait 350‘000 morts, seulement ! Nous sommes là, loin, très loin de tous les fantasmes qui gravitent autour du nombre de victimes sur l’Inquisition, spécialement sur l’Inquisition espagnole. En comparaison, le même auteur soutient que la révolution française a fait 263’000 morts…

La Sorcière est une œuvre littéraire publiée en 1862 par Jules Michelet (auteur qui affirme que l’inquisition d’Espagne aurait des milliers de millions de victimes). Des millions de victimes. Mais pourquoi donc parler de ce livre ? Tout simplement, il faut relever que dans ce livre, Michelet évoque l’Inquisition et utilise notamment comme sources Inquisition d’Espagne de Juan Antonio Llorente et Histoire de l’Inquisition en France de Étienne-Léon de Lamothe-Langon… Ceci permettra en fait, aussi, de voir d’où sont issus tous ces fantasmes sur le nombre de victimes sur l’inquisition. Retenons donc ces deux noms, celui de Juan A. Llorente, et celui de Etienne-Léon de Lamothe-Langon…

Histoire de l’Inquisition en France fut donc publié en 1829 par Étienne-Léon de Lamothe-Langon. D’après les prétentions de l’auteur et de l’ouvrage, ce dernier était supposé s’appuyer sur des archives encore jamais exploitées du diocèse de Toulouse, mises à la disposition de monsieur Etienne-Léon par l’évêque Antoine Pascal Hyacinthe Sermet. Les récits terrifiants et atroces de cette Histoire furent largement repris dans bien d’autres ouvrages, en particulier celui de Joseph Hansen sur la sorcellerie au Moyen Âge, Sources and investigations regarding the history of obsessive belief in witches and witch hunts in the middle ages, qui devint à son tour une référence. De fait, il faut signaler que les ouvrages de Lamothe-Langon, plus précisément celui que nous avons cité, furent à l’origine d’une part importante des « connaissances » du XXe siècle sur l’Inquisition, la sorcellerie, la torture et la jurisprudence médiévale.

Sauf que… il y a eu supercherie ! La voici. Au début des années 1970, l’historien Norman COHN, dans son ouvrage Europe’s Inner Demons: The Demonization of Christians in Medieval Christendom, et l’historien Richard KIECKHEFER dans European Witch Trials: Their Foundations in Popular and Learned Culture, 1300–1500, découvrent la supercherie ! En fait, les prétendues archives de Lamothe-Langon n’ont purement et simplement jamais existé ; ce dernier n’était de toute manière pas capable de lire des écrits anciens, son livre est plein d’anachronismes et plusieurs événements majeurs qu’il décrit ne peuvent pas avoir eu lieu… Les lieux, les noms de personnages cités par Lamothe-Langon, n’avaient simplement pas existé ! nous y sommes… De l’avis général, il a falsifié plusieurs autobiographies de personnages historiques français : à titre d’exemple, la comtesse du Barry dans les Mémoires de la comtesse du Barry avec les détails de toute sa carrière comme favorite de Louis XV ou encore Soirées avec le prince Cambacérès, second consul, archichancelier de l’Empire.

Sur un site en anglais, nous pouvons lire une critique de cette supercherie de Lamothe. Nous y lisons :However, as more research was done, Lamothe-Langon’s trials began to look odd to historians. No sources mentioned them, and they were completely different from all other 14th century trials. There were no other mass trials of this nature until 1428, no panics like this until the 16th century. Furthermore, the demonology in the trials was quite elaborate, with sabbats and pacts and enormous black masses. It was far more complex than the demonology of the Malleus Maleficarum (1486). Why would the Inquisition think up this elaborate demonology, and then apparently forget it for two hundred years?”

Non seulement les travaux de Lamothe devenaient très étranges, mais encore certains ont remarqué que Lamothe, de fait, n’était point un historien : “First, Lamothe-Langon was a hack writer and known forger, not a historian. Early in his career he specialized in historical fiction, but he soon turned to more profitable horror novels, like The Head of Death, The Monastery of the Black Friars, and The Vampire (or, The Virgin of Hungary). Then, in 1829, he published the Histoire, supposedly a work of non-fiction. After its success Lamothe-Langon went on to write a series of « autobiographies » of various French notables, such as Cardinal Richeleau, Louis XVIII, and the Comtesse du Barry”.

La conclusion est que les sources sur lesquelles il prétendait se baser ne pouvaient tout simplement pas être trouvées ! de plus, Lamothe n’avait aucune base en paléographie : “Second, none of Lamothe-Langon’s sources could be found, and there was strong reason to suspect they never existed. Lamothe-Langon claimed he was using unpublished Inquisitorial records given to him by Bishop Hyacinthe Sermet — Cohn found a letter from Sermet stating that there were no unpublished records. Lamothe-Langon had no training in paleography, the skill needed to translate the script and copious abbreviations used in medieval documents, and he was not posted in Toulouse long enough to do any serious research in its archives”.

Pour lire tout l’extrait concernant la supercherie de Lamothe, lisez l’article sur les récentes découvertes sur les sorcières suivant…

Thomas d'Aquin confondant les hérétiques !

Thomas d’Aquin confondant les hérétiques !

A présent, sachant que nous avons eu affaire à un falsificateur hors pair, et qu’à sa suite, ses travaux ont été utilisés pour présenter l’inquisition comme « sanglante », et ayant fait des millions de victimes, nous pouvons nous arrêter sur Llorente, pendant quelques instants seulement…

Henry Charles Léa

Henry Charles Léa

Juan Antonio Llorente est à la fois prêtre, homme politique et historien espagnol. Il est connu pour son œuvre sur l’Inquisition espagnole : Histoire critique de l’inquisition en Espagne. Dans cette œuvre, Llorente avance que le nombre de victimes – 30’000 condamnations à mort (physiquement) et 15’000 (par effigie), alors que Torquemada était Grand Inquisiteur. Et jamais, oui, jamais, ces chiffres ne vont au-dessus du million ! Ils sont même très bas… Ces chiffres, on peut les lire des pages 272-284 de son œuvre. Pourtant, nonobstant cela, certains auteurs historiens estiment que Llorente a gravement exagéré ! Et parmi les critiques vis-à-vis de lui, nous pouvons trouver un Juif, Batolomé Benassar – dans L’Inquisition espagnole (chap. I, des pages 15 à 16), qui, citant Henry Charles Léa, montre que Llorente a exagéré ses estimations ; mais également des fondamentalistes farouchement opposés à l’Eglise Catholique, tels que Henry Charles Léa. Celui-ci écrit, dans sa grande œuvre concernant l’Inquisition qu’il ne fait aucun doute qu’il y a eu gravement exagération, et Llorente est celui qui y a contribué:

« There is no question that the number of these has been greatly exaggerated in popular belief, an exaggeration to which Llorente has largely contributed by his absurd method of computation, on an arbitrary assumption of a certain annual average for each tribunal in successive periods. It is impossible now to reconstruct the statistics of the Inquisition, especially during its early activity, but some general conclusions can be formed from the details accessible as to a few tribunals » – CHARLES LEA Henry, History of the Inquisition of Spain, Vol. IV, BOOK 9, chapter 2, p. 516-517).

D’autres parts, Henry CAMEN écrivait également:

« Llorente came up with the incredible figures of 31,912 relaxations in person, 17,659 relaxations in effigy, and 291,450 penitents, a grand total of 341,021 victims. All the historical evidence has shown this greatly exaggerated figure to be without any foundation » (The Spanish inquisition: A historical Revision, p. 280-281, ed. 1965)

Gérald DUFOUR, spécialiste de Juan Llorente signale que, Llorente, croyant faire un travail d’historien, n’a rien fait d’autre qu’un travail politique : « Lo que interesaba en la Historia crítica no era tanto lo que decía Llorente como lo que permitía decir contra los ultrarrealistas de otra sociedad secreta, muy temida por los liberales franceses: Congrégation. Creyendo hacer una obra histórica, Llorente había hecho obra política ». Plus loin, l’auteur soutient que la critique de Llorente envers le Saint-Office l’a rapprochée des Libéraux qui ont accueilli avec joie cette critique ! Mais, la critique en elle-même, n’avait rien de philosophique ou d’humaniste, il s’agissait simplement d’une critique interne de l’Eglise. Pour le même auteur, Llorente était un libéral. Sa critique est due au fait qu’il voulait une Eglise « libérale », qu’elle soit un « service public » en ce sens où qu’elle soit détachée de Rome, indépendante de Rome : « Para un hombre del siglo XVIII como Llorente, el servicio a Dios de su Iglesia seguía siendo fundamental. Pero esa Iglesia había de ser nacional servicio público y nacionalizado, que diríamos hoy-, totalmente independiente de Roma, cuyo obispo debía ser primus inter pares. »

….Pourtant (laissons les critiques vis à vis de Juan Antonio), Juan Antonio Llorente relève encore dans son œuvre que, depuis 1524, on posa à Séville une inscription sur les quarante premières années de l’inquisition en Espagne, années supposées être les plus sanglantes et les plus terribles. Nous lisons dans Histoire critique de l’Inquisition d’Espagne :

« Anno Domini millessimo quadringentessimo octogessimo primo, Sixto IV pontifice maximo, Ferdinand V et Elisabeth Hispaniarum et utriusque Siciliœ regibus catholicis, Sacrum Inquisitionis Offîcium contra hœreticos judaizantes ad fidei exaltationem hic exordium sumpsit. Ubi post Judœorum et Saracenorum ex pulsionem ad annum usque millessimum quingen tessimum vigessimum quartum, divo Carolo Romanorum imperatore ex materna hereditate eorumdem regum catholicorum successore tunc regnante, ac reverendissimo domino Alphonso Manrico archiepiscopo Hispalensi fidei officia prœfecto, viginti millia hereticorum et ultra nefandum hœreseos crimen abjurarunt, necnon hominum fere millia in suis hœresibus obstinatorum postea jure previo ignibus tradita sunt et combusta. Innocentio VIII, Alexandro VI, Pio III, Julio II, Leonne X, Adriano VI (qui etiam dum cardinalis Hispaniarum gubernator, ac generalis inquititor esset, in summum pontificatum assumptus est) et Clemente VII annuentibus et faventibus. Domini nostri imperatoris jussu et impensis, licenciatus de la Cueva poni jussit, dictante domino Didaco a Cortegana archidiacono Hispalensi, anno Domini millessimo quingentessimo vigessimo quarto. » – Juan Anonio Llorente, Histoire critique de l’inquisition d’Espagne, p. 274-275.

L’inscription que cite Llorente indique que plus de mille personnes seulement furent brûlées ¡ Face donc à tout ce que nous venons de présenter, comme croire qu’il y eut 6 millions, 25 millions, 50 millions, 95 millions de victimes sous l’inquisition ? et encore, a-t-on séparé l’institution ecclésiastique du bras séculier ? Car plusieurs, en tout cas ceux qui croient connaître l’Inquisition et qui fustigent l’Eglise ne le font point… N’ y a-t-il pas encore qui croient vraiment que les prêtres pratiquaient la torture? Ignorant que, ceux qui, ayant commis des abus, étaient condamnés à la réclusion à vie, tel Robert le Bougre, condamné à la perpétuelle pour ses méthodes cruelles et brutales… Même en admettant et en comptant le nombre de victimes depuis l’instauration de ce tribunal…, prétendre à des millions de victimes relève simplement de la pure fantasmagorie ¡ Car, si même les documents, les travaux anciens comme Llorente, ne vont pas au-delà du million, où peuvent bien venir toutes ces affabulations ? De Michelet ? Ou de Lamothe-Langon ? Mais nous avons montré que ce dernier a été démasqué comme simple falsificateur… Tous ceux qui avancent les chiffres allant au million ne sont rien d’autre que des falsificateurs… Des études modernes et contemporaines montrent qu’en fait, ces chiffres relèvent de l’affabulation et du mensonge. Rien de plus que des arguments basés sur des oui-dires pour la plupart, les permettant de fustiger, à leur grand plaisir, l’Eglise catholique. Il est cependant étonnant de remarquer que ceux qui le font, sont souvent des Protestants, qui, semblant ignorer l’histoire de leur réforme, trouvent joie à critiquer, même en faussant et en exagérant les faits, l’Eglise catholique. Certains seront surpris lorsque vous les apprendrez que les réformateurs ont repris le principe de l’Inquisition, et elle a été violente… très violente. Notre but n’étant point de tomber dans des arguments ad hominem comme nos adversaires – ce serait beaucoup trop aisé que de montrer et de souligner les atrocités et horreurs commises par les réformateurs –, nous préférons nous arrêter ici. Espérant que ceci aurait permis de ne plus se laisser prendre dans les filets de l’ignorance de ceux qui parlent de centaines de millions de morts commises au nom de l’inquisition.

Hypocrisie ? Etonnement les avortements qui balaient le monde, les tueries mondiales ne sont pas ainsi fustigées… étrange… Ne voulant point encore expliquer ce qu’est vraiment l’Inquisition, puisque la plupart de ceux qui l’abordent n’ont que de piètres notions, basées sur des ouï-dires et des a priori, nous conseillons cet article ci (qui cumule nombre considérables d’articles poussées et recherchés) qui fait le point sur ledit sujet. Le point important à retenir ? Comment comprendre que Llorente, qui parle que de milliers de morts, a exagéré selon des historiens, comment donc comprendre d’où viennent les millions de morts? C’est du pur délire ! Cependant, nous ne blâmons pas Llorente, car, les historiens reconnaissent qu’il avait cité avec et travaillé avec honnêteté, qu’il ne chercha point à truquer les faits ou à exagérer volontairement les choses…

« On aura beau répéter qu’on enchaîne le génie, en lui défendant d’attaquer les dogmes nationaux ; jamais on n’autorisera une erreur à force de la répéter. » (Joseph de Maistre)

Ave Maria – Schubert


Ave Maria, gratia plena,

Dominus tecum,benedicta tu in mulieribus,

et benedictus fructus ventris tui Jesus.

Sancta Maria mater Dei,ora pro nobis peccatoribus,nunc,

et in hora mortis nostrae.

Amen

Les Deutérocanoniques nient leur inspiration? (2)


En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons… (S. Jean III, 11)

Nous répondant à nouveau sur notre seconde réfutation de ses dires, l’auteur du site protestant, après nous avoir accusés de mauvaise foi, nous accuse maintenant de mensonge. Un degré de plus à chaque commentaire… Nous avions décidé de nous arrêter  là, mais, le dernier article écrit pour se sauver tant qu’il pouvait, nous ne pouvons ne pas répondre. C’est un peu trop « gros »…, surtout si l’auteur ne veut point admettre la fragilité sur laquelle repose son argumentation. Il soutient que nous nous enfonçons un peu plus : exactement, nous allons encore remuer le couteau dans la plaie… pour montrer que nous ne nous ‘enfonçons’ point !

Refusant d’admettre le grossier sophisme de la généralisation abusive dont il fit preuve, l’auteur répond, pour limiter les dégâts autant qu’il le peut, en soutenant que sa conclusion venait de l’ensemble des arguments. Très bien. Nous allons voir où il a de la peine à comprendre. A ce sujet il nous livre ceci :

La conclusion de la non inspiration des apocryphes vient de l’ensemble des arguments. Pour la question des 2 livres, il n’y a eut aucune généralisation abusive, puisque les distinctions qu’ils nous reprochent de ne pas avoir faites, ont bien été faites. On est donc face à un simple mensonge. Pour preuve, voici l’argument dans le premier article:

 Pour résumer les preuves venant des Apocryphes eux-même

1. Ils ont été écrits lors d’une période où il n’y avait plus de prophètes en Israël 

2. Certaines auteurs font la distinction entre leurs écrits, et les écrits inspirés de leurs ancêtres 

3. Certains mentionnent la triple division de l’Ancien Testament, une division qui exclue les apocryphes

4. Certains auteurs étaient conscients que leurs écrits pouvaient contenir des erreurs. « 

La mention de « Certains auteurs« , ajoutés au reste des arguments, montrent qu’ils s’agissait bien d’une argumentation cumulative, et non d’une généralisation abusive, ne servant qu’à masquer l’absence de répondant de leur part sur les divers points exprimés. »

Avant de nous accuser de mensonge, nous pensons simplement que l’auteur ici doit se méfier, afin de ne point tomber dans la calomnie. Il soutient qu’il ne s’agit pas d’une généralisation abusive, mais d’une argumentation cumulative. Nous le concédons. Mais aimerions simplement revenir sur les 4 points énoncés par l’auteur… Il n’y a rien de pire qu’un aveugle qui refuse de voir, ou celui qui ne veut pas admettre son erreur. Pour conclure que « 1. Ils ont été écrits lors d’une période où il n’y avait plus de prophètes en Israël », l’auteur s’est basé sur des citations du Livre des Macchabées… donc, pas sur tous les livres. Point 1. Pour conclure que « 2.      Certaines auteurs font la distinction entre leurs écrits, et les écrits inspirés de leurs ancêtres », l’auteur s’est basé sur un seul livre, le prologue de Ben Sirach. Point 2. Pour conclure que « 3. Certains mentionnent la triple division de l’Ancien Testament, une division qui exclue les apocryphes », l’auteur s’est basé seulement sur un livre, le livre de Siracide. Et, lorsque nous lisons l’article initial de notre ami, il est écrit ceci : « De plus, un des auteurs des Apocryphes mentionne la triple division de l’Ancien Testament confirmée par Jésus ensuite… », à cela suit une citation de Ben Sirach (encore, et une fois, un seul livre) : nous attirons l’attention sur la formule UN DES utilisé par l’auteur du site protestant. Et, enfin, pour conclure que « 4. Certains auteurs étaient conscients que leurs écrits pouvaient contenir des erreurs. », l’auteur se base uniquement, encore une fois, sur un seul livre : il prend pour témoin, de son affirmation, le livre des Macchabées. Une fois de plus, ce sont les paroles même de l’auteur qui le condamnent, car, dans son article initial, il disait : « Enfin, certains auteurs des Apocryphes admettent que leurs écrits peuvent contenir des erreurs, puisqu’ils étaient compilés de façon hasardeuse, et ont pu être transcrits imparfaitement… », suit à cela deux citations tirées du livre des Macchabées. La conclusion de notre interlocuteur est la suivante : « Donc, non seulement les Apocryphes furent composés lors d’une période où il n’y avait aucun prophète recevant la révélation divine, ils n’ont même pas été écrits par des auteurs ayant l’assurance d’avoir écrit la vérité ». L’auteur parle des « Apocryphes », alors que, justement il n’a PAS fait appel qu’à un nombre précis. En effet, ni le livre de la Sagesse, Tobie etc., ne sont cités, par exemple. Ainsi, en admettant ce que l’auteur veut que nous admettions, à savoir qu’il s’agit d’une argumentation cumulative, nous pouvons répondre après ce que nous venons de voir que, oui, il y a généralisation abusive. Car, en prenant les quatre arguments ensemble, sur le témoignage des « Apocryphes », on se rend compte que l’auteur ne s’est servi QUE de deux livres, ou plutôt trois, si on considère les Macchabées comme 2 livres distincts… Donc, à partir de là, ses dires pourraient conduire à refuser l’authenticité aux livres qu’il a cités, mais pas à tous les livres deutérocanoniques ! Sa tentative de vouloir faire croire qu’il n’y a pas eu sophisme échoue donc. Et ses accusations, et de mauvaise foi, et de mensonge en notre égard sont réduites à néant par ses propres dires, et sa propre argumentation. Non, pas du tout… nous ne nous enfonçons pas ! Au contraire… Espérant toutefois que, cette fois-ci, notre interlocuteur aura vu où il se trompe, et où repose son erreur. Anticipons tout de même, il pourrait nous rétorquer que, oui mais Jésus parlait de la triple division de l’Ancien Testament, ou encore que ni le Christ ni les Apôtres ne se sont référés aux Apocryphes, ainsi, il pourrit rebondir sur l’argumentation cumulative ; mais, cela ne changerait rien, parce que les deux arguments avancés sont FAUX ! Nos étudierons bientôt que la Bible qu’utilisaient les Apôtres, était sans doute la LXX, dans laquelle se trouvaient les Deutérocanoniques.

Nous avions écrit concernant un autre sophisme de taille du protestant : « Il suppose que, pour qu’un auteur soit inspiré, il faut que CET auteur MÊME se dise inspiré… Si cet argument est valable, eh bien, dans quelle pétrin nous nous sommes mis : car, nous n’avons pas le souvenir que TOUS les auteurs bibliques, du récit de la Genèse à l’Apocalypse, affirment EXPLICITEMENT être inspirés. La finale de l’Evangile selon S. Jean en est un exemple criant… Argument sophiste donc, encore une fois, qui sous-entend que l’inspiration d’un récit dépend du fait que l’auteur de ce récit doit confirmer, clamer être inspiré. Et donc, si un auteur ne dit pas nulle part être inspiré, alors il ne l’est pas? »

Pour rendre ridicule ce que nous pointions du doigt, il va le « balayer » en un mouvement éclair, stipulant simplement que nous n’avions pas compris. Paf ! et le tour est joué ! Voici de quelle manière il « balaie » notre argument : « Cette réponse loupe complètement le coche, en ne comprenant pas qu’il s’agit d’un ensemble de points qui s’accumulent concernant les apocryphes. Un argument cumulatif signifie que bien qu’un seul point à lui seul n’est pas suffisant, l’ensemble mis bout à bout démontre la conclusion. Ainsi le fait que les auteurs ne prétendent pas à l’inspiration n’est pas en soit un problème, ça le devient lorsqu’à cela s’ajoute d’autres éléments, qui ensemble, prouvent qu’ils ne sont pas inspirés. On a donc la un défaut de logique, ne comprenant pas qu’un détail ajouté à un autre détail auxquels s’ajoutent encore d’autres détails forment un tout cohérent. N’étant pas capables de répondre sur le fond, ils usent simplement de mauvaise foi. »

La réponse contient du vrai, mais en soi, ne règle pas le problème. Car, nous le disons encore, il s’agissait dans l’argumentation. Et l’auteur semble implicitement le concéder, sans le dire explicitement. Et nous explique encore l’argument cumulatif, jusqu’à nous redire que nous faisons une faute de logique. Pas vraiment ! car, afin qu’il y ait cohérence, dans le tout, dans les parties formant le tout, il doit aussi y avoir une certaine cohérence. Il est évident que les parties forment le tout ; mais, s’il y a déjà des contradictions et fausses bases dans les parties, le tout sera condamné. Et, ici, nous avons relevé un vice dans une partie de l’argumentation formant un tout. Évidemment, nous sommes d’accord qu’un seul point n’est pas suffisant : évidemment ; mais, justement, nous n’attaquons pas le point en lui-même, mais la logique sur lequel il repose, qui, nous le maintenons, est erroné. De plus, ce point ne s’harmonise pas tout à fait avec le reste, car comme nous le verrons, les autres arguments avancés sont tous faux ! Les extrapolations de l’auteur ici, sans répondre, et admettant de manière tacite son erreur, n’ont donc pas servi à grand-chose, si ce n’est qu’à essayer de ridiculiser l’argumentation catholique – stipulant que ses tenants n’ont pas compris, et versant dans la gratuité les accusant de mauvaise foi… Pas vraiment de réponses à notre contradiction donc, si ce n’est des accusations gratuites…

Avant de conclure son article, il écrit : « Luc ne prétend jamais qu’il ait pu échouer à rendre une expression quelconque, au contraire » ; mais là, encore, nous voulions simplement souligner chez Ben Sirach, le fait d’une tradition. Surtout, l’argument ne tient pas la route, vouloir faire appel à S. Luc, et vouloir lui accorder l’authenticité sur le simple fait qu’il ne dit pas avoir eu des difficultés, est un argument peu convaincant. Nous l’avons déjà montré.

Enfin, une pléthore de texte est citée par notre interlocuteur, concernant l’ignorance invincible. L’interlocuteur veut montrer que la Foi catholique se contredit. Que des auteurs aient ignoré le concept d’ignorance invincible, n’est pas une colle contrairement à ce que pense notre interlocuteur ; ainsi, reprenant des citations de S. Thomas, S. Pie X, S. Augustin, etc, il veut montrer que la Foi Catholique se contredit, car ces hommes n’ont pas enseigné une telle chose. Mais, encore une fois, non ! C’est juste ici, une autre preuve de l’ignorance de la Foi catholique. Car, le dogme est une révélation progressive. Tout simplement. Nous n’avons pas une connaissance innée. Ainsi, nous répondons, sans ambages sur la question de Hors de l’Eglise, point de Salut. Sur ce, nous terminons sur cette question, espérant ne plus y revenir…

Les Deutérocanoniques nient leur inspiration?


Certes, je suis plus stupide que personne, Et je n’ai pas l’intelligence d’un homme ; Je n’ai pas appris la sagesse, Et je ne connais pas la science des saints. (Proverbes XXX, 2-3)

Après avoir réfuté un des arguments utilisés par un site réformé, selon lequel les ‘apocryphes’ catholiques nient leur inspiration, ledit site nous répond, signalant comme titre de son article : Les Apocryphes et la mauvaise foi. Nous allons examiner, une fois de plus, pour mieux le réfuter. Et, nous ne reviendrons point dessus, sinon, ce sera sans fin. Répondant donc à notre article qui réfutait parfaitement ses dires, ses avances, le site protestant nous accuse de mauvaise foi. Mais, regardons attentivement de qui il s’agit concernant cette prétendue mauvaise foi, pour en finir une bonne fois pour toutes. Nous écrivions dans notre article précédent, et dans le même élan, accusions l’auteur du site protestant de commettre un grossier sophisme : « La fragilité de l’argumentation protestante est révélée. Mais, il est une chose que nous ne pouvons laisser passer : l’articulation argumentative protestante qui veut faire des deutérocanoniques des livres apocryphes sous prétexte que ceux-ci (donc, tous les sept livres du canon Catholique) nient être inspirés, cette argumentation, voulions-nous dire, repose sur le sophisme qu’est la généralisation abusive, et grotesque ». Répondant à cette partie de notre commentaire, notre interlocuteur affirme : « Non, il s’agit surtout d’une argumentation cumulative. Un seul argument comme la possibilité laissé entendre qu’il y ait des erreurs ne suffit pas. C’est l’ensemble des arguments mis bout à bout qui permet d’en arriver à la conclusion. »… Désastre. Nous avons l’impression que notre ami n’a pas très bien compris l’argument. Car, nous avons dit que l’auteur cite UNIQUEMENT DEUX textes « apocryphes », et conclut que les « apocryphes » (tous les SEPT livres) ne sont pas inspirés  : il y a donc véritablement sophisme ; on pourrait accepter que les livres qu’il critique sont non-inspirés, mais on ne peut pas déduire que les autres le sont aussi, puisqu’il ne les cite point, et n’y fait même pas allusion. Supposons un exemple. Vous avez été cambriolé par deux de sept frères chinois, mais, vous ne pouvez en aucun cas déduire que les cinq autres frères sont des cambrioleurs ; ou que les cinq autres ne sont pas dignes de confiance : vous commettrez un véritable sophisme, c’est ce qu’a fait notre interlocuteur, à la seule différence que ses présomptions étaient erronés et contradictoires sur ce qu’il voulait et prétendait démontrer. De plus, ses arguments sont assez détachés, contrairement à ce qu’il laisse entendre, mais nous y répondrons un par un, comme suggéré précédemment, si le temps ne nous fait point défaut ! Continuons…

Bible et bougieAprès avoir cité les paroles de S. Paul qui parlait sur deux niveaux – celui de son propre chef, et au Nom du Seigneur, avec des versets de la Lettre aux Corinthiens 7, l’auteur site protestant nous répond ainsi : « Comparaison n’est pas raison. Car, pour pouvoir comparer Paul et l’auteur des Maccabées, il faudrait comparer également leurs prétentions à l’inspiration. Or l’auteur de Maccabées ne le fait jamais, tandis que Paul affirme être inspiré par Dieu ». Puis, citant les paroles de S. Paul en I Cor. 2, 13 ; 14, 37 ; II Cor. 13, 3-10 ; Eph. 3, 1-5 ; I Thess. 4, 1-2, 8, l’auteur soutient, pour s’en sortir, que S. Paul dit être inspiré, donc, cela veut dire qu’il l’est vraiment : « La comparaison est donc mauvaise, puisque Paul explique par ailleurs parler sous l’inspiration de Dieu, ce qui n’est pas le cas des auteurs de Maccabées. Et encore une fois, c’est l’accumulation d’éléments qui confirment la non canonicité des apocryphes, et non un seul élément. Le sortir du contexte est donc malhonnête ». Ici encore, véritable champ de bataille. Il suppose que, pour qu’un auteur soit inspiré, il faut que CET auteur MÊME se dise inspiré… Si cet argument est valable, eh bien, dans quelle pétrin nous nous sommes mis : car, nous n’avons pas le souvenir que TOUS les auteurs bibliques, du récit de la Genèse à l’Apocalypse, affirment EXPLICITEMENT être inspirés. La finale de l’Evangile selon S. Jean en est un exemple criant… Argument sophiste donc, encore une fois, qui sous-entend que l’inspiration d’un récit dépend du fait que l’auteur de ce récit doit confirmer, clamer être inspiré. Et donc, si un auteur ne dit pas nulle part être inspiré, alors il ne l’est pas? Misère. Sans faire fi du fait, l’auteur du site affirme de prime abord que faire une comparaison ne signifie pas avoir raison… Mais, en fait, il fait lui-même également une comparaison dans les dires de S. Paul, et par ailleurs, nous ne sortons rien du contexte, nous avons prévu, comme dit précédemment, si l’auteur du site l’avait lu, de réfuter l’article en TROIS TEMPS, patience donc… En somme, tous les versets énumérés ne prouvent rien au fait que S. Paul pose comme nous l’avons montré deux niveaux : ses dires, ses ordres, et ceux du Seigneur. La question serait plutôt de savoir si les dires de S. Paul valent ceux du Seigneur,… passons… c’est sans fin.

Commentant notre blâme concernant son argumentation, ou nous soutenions : « Puisque ces paroles de Luc, pourraient nous pousser à dire que son texte n’est point inspiré, puisqu’il affirme avoir fait des recherches ! Au contraire, ce passage cité par l’auteur protestant semble récuser l’authenticité des dires de Luc, bien qu’il affirme la présence de « témoins oculaires », l’auteur nous demande : « Faire des recherches rentrerait en contradiction avec l’inspiration? Il s’agit la d’une faute logique de la part des catholiques. Ils doivent prouver que faire des recherches=non inspiration. D’un point de vue logique, cela ne tient pas la route ». A cette incompréhension, nous répondons : non, il ne s’agit point d’une faute de logique. Nous avons fait appel, dans notre phrase, à une supposition, et non à une affirmation, et, pour ce faire nous avons utilisé LE CONDITIONNEL PRÉSENT – du verbe pouvoir ! Ici, simple faute de lecture de notre ami protestant. De plus, ceci ferait un non-sens, car nous parlions dans notre article précédent, de Cause première (DIEU) et cause seconde (l’Homme), les deux collaborant !

Concernant S. Irénée auquel nous avons fait appel, l’auteur nous demande quel est le rapport avec lui, eh bien, simplement parce que S. Irénée parle d’une transmission, tout comme S. Luc !

Lorsque nous citions le prologue de Ben Sirach : « LA LOI, les Prophètes et les livres qui leur font suite nous ont transmis de nombreuses et grandes leçons, et il faut, à ce sujet, louer Israël pour son enseignement et sa sagesse », l’auteur nous demande quel est le rapport, et surtout où se trouve la contradiction. Il soutient ensuite que le livre de Ben Sirach confirme la triple division de l’Ancien Testament (c’est un argument qu’avait utilisé l’auteur contre les deutérocanoniques, nous répondrons à cela dans un article prochain). Pour savoir s’il y a une contradiction comme nous le demande l’auteur, nous disons : non, justement, il n’y a pas de contradictions ! Luc, parle de Transmission, le prologue de Ben Sirach aussi, parle de transmission : il n’y a pas de contradiction dessus… nous voulons attirer l’attention de l’auteur sur le fait de la transmission, S. Luc en parle, l’auteur de Ben Sirach également…

Avant de conclure de manière désastreuse (vous allez comprendre pour quelle raison) son article, l’auteur du site protestant nous donne un conseil qui est le suivant. Lisons : « Les auteurs de Philosophie du Christianisme devraient prendre plus de temps pour lire les textes en question, et revoir leurs arguments, plutôt que de répondre rapidement, et commettre des fautes logiques et de lecture ». Tout ce que nous constatons : l’auteur se dépeint parfaitement, entre sophismes, mauvaise compréhension de notre argumentation… sans oublier ce dont il nous accuse, la mauvaise foi…

Enfin – le meilleur (ou le pire ?) pour la fin, pour s’assurer d’avoir un avantage, l’auteur finit son article sur un hors-sujet total. Il nous soumet une « contradiction », sans AUCUN RAPPORT avec la discussion. Il termine ainsi :

Dès lors, nous déclarons, disons, définissons et prononçons qu’il est absolument nécessaire au salut, pour toute créature humaine, d’être soumise au pontife romain. » Unam Sanctam

Tous savent aussi avec quel amour les chrétiens orientaux célèbrent la sainte liturgie, surtout l’Eucharistie, source de vie pour l’Église et gage de la gloire céleste. Par là, les fidèles, unis à leur évêque, ont accès auprès de Dieu le Père par son Fils, Verbe incarné, mort et glorifié, dans l’effusion de l’Esprit Saint. Ils entrent de la sorte en communion avec la Très Sainte Trinité et deviennent « participants de la nature divine » (2 P 1, 4). » DÉCRET SUR L’ŒCUMÉNISME UNITATIS REDINTEGRATIO

Selon Unam Sanctam, la soumission à Rome est nécessaire au salut, selon le Décret sur l’Oecuménisme, on a accès à la Sainte Trinité et à la communion avec Dieu, donc au salut, sans soumission à Rome.
Le thème des contradictions est fatale aux catholiques.

Sans vraiment le trouver drôle, nous allons répondre. Le thème de contradiction est fatal aux Catholiques ? Personnellement, nous pensons que l’auteur du site aurait dû garder le silence ! Car, il nous semble ici que notre ami n’ait pas très bien assimilé la Foi Catholique : c’est courant chez nos amis réformés. Rappelons d’abord que l’Eglise Catholique tient toujours pour vrai que Hors de l’Eglise, il n’y a pas de Salut ! Donc, la déclaration Unam Sanctam ne peut, en aucun cas, être contradictoire avec une autre déclaration sur le Salut dans l’Eglise. Afin de réfuter la présomption de notre interlocuteur, nous soumettons un seul texte – celui de Mgr de Ségur, même s’il y en a une pluie, que voici :

Question : Hors l’Église point de salut ! Quelle intolérance ! Je ne puis admettre une règle aussi cruelle.

Réponse : Voilà ce que vous ne pouvez pas admettre dans le sens où vous l’entendez, savoir : quiconque n’est pas catholique est damné. Mais voilà aussi comment on critique la Religion parce qu’on ne la comprend pas, et comment on lui fait dire des choses qui lui font horreur. Cette parole, en effet, entendue comme l’Église l’enseigne, est la plus simple des vérités, une vérité de bon sens. « Hors l’Église, pas de salut, » c’est dire : Hors la lumière, les ténèbres ; hors le blanc, le noir ; hors le bien, le mal ; hors la vie, la mort ; hors la vérité, l’erreur, etc.

Où est donc le mystère de tout cela ? Où est donc la difficulté ? 
« Hors l’Église, pas de salut,» signifie tout bonnement « qu’on est obligé, sous peine de péché grave, de croire et de pratiquer la vraie religion (qui est la religion catholique) lorsqu’on est à même de le faire. » Cela signifie que « vous péchez, et que par conséquent vous perdez votre âme, si vous rejetez volontairement la vérité, quand elle se montre à vous. » Y a-t-il là quelque chose d’extraordinaire ? y a-t-il de quoi crier à l’intolérance, à la cruauté ?

Un protestant, un schismatique, n’est pas damné par cela seul qu’il est protestant ou schismatique. S’il est de bonne foi dans son erreur, c’est-à-dire s’il n’a pas pu, pour une raison ou pour une autre, connaître et embrasser la foi catholique, il est considéré par l’Église comme faisant partie de ses enfants : et, s’il a vécu selon ce qu’il a cru être la vraie loi de DIEU, il a droit au bonheur du ciel, comme s’il eût été catholique. Il y a, DIEU merci ! un grand nombre de protestants dans cette bonne foi, et, même parmi leurs ministres, il s’en rencontre parfois. M. de Cheverus, Évêque de Boston, en a converti deux, très-savants et très-pieux ; et, après leur retour à l’Église catholique, ils déclaraient au bon Évêque que, jusqu’à l’époque où ils l’avaient connu, ils n’avaient jamais eu de doutes sur la vérité de leur religion.Ne nous inquiétons pas, du reste, du jugement que DIEU fera des protestants ou des incrédules. Nous savons d’une part, que DIEU est bon, qu’il veut le salut de tous, et, d’autre part, qu’il est la Justice même. Servons-le de notre mieux, et ne nous inquiétons pas des autres.

Mgr de Ségur – Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion (1850)

L’auteur du site protestant termine donc son article en apothéose de l’ignorance ! Car, il n’y a AUCUNE contradiction dans les textes qu’il a cités. L’Eglise TIENT toujours pour vrai que, Hors de l’Eglise, il n’y a pas de Salut ! Il y a ce que nous appelons l’ignorance invincible… Notre interlocuteur aurait donc mieux fait de garder le silence que de terminer son objection de manière catastrophique, en biaisant la discussion sur un terrain où il avait cru être avantagé, mais qui démontra sa méconnaissance de la Foi Catholique, comme la plupart… Ceci nous permet, dans le même élan de terminer en disant : Extra Ecclesiam nulla salus !

Les ‘Apocryphes’ catholiques nient-ils être inspirés?


Certes, je suis plus stupide que personne, Et je n’ai pas l’intelligence d’un homme ; Je n’ai pas appris la sagesse, Et je ne connais pas la science des saints. (Proverbes XXX, 2-3)

Comme ont pu le constater certains lecteurs et visiteurs du site Yesus Kristus azu, un site protestant d’obédience réformée est né dans le seul but de nous répondre. Bien que cela puisse nous paraître étrange, car avant même que site en question enseignât la doctrine protestante – son essence, celui-ci semble plus préoccupé à nous répondre. Bien que cela soit le cadet de nos soucis, nous voulons cependant répondre (lentement, quand le temps nous est donné), à chacun des arguments et non-sens que favorise le site ; ici, spécialement, nous voulons riposter en réfutant son argumentation concernant les livres deutérocanoniques, que les protestants considèrent comme « apocryphes ». L’argumentation adverse prétend que : Les « apocryphes dénient être inspirés », « certains auteurs étaient conscients que leurs écrits pouvaient contenir des erreurs » c’est le dernier argument de l’article suivant… cet article contient 3 arguments principaux, que nous traiterons séparément, afin de ne point alourdir les articles.

rouleau bibleSi nous nous basons sur la phrase : « certains auteurs étaient conscients que leurs écrits pouvaient contenir des erreurs », l’auteur du site protestant reconnaît donc qu’il s’agit d’une possibilité puisque les écrits « pouvaient » contenir des erreurs, mais ne dit point que les écrits « avaient vraiment » des erreurs. Nous voilà donc entrés dans la possibilité, et non dans la certitude. La fragilité de l’argumentation protestante est révélée. Mais, il est une chose que nous ne pouvons laisser passer : l’articulation argumentative protestante qui veut faire des deutérocanoniques des livres apocryphes sous prétexte que ceux-ci (donc, tous les sept livres du canon Catholique) nient être inspirés, cette argumentation, voulions-nous dire, repose sur le sophisme qu’est la généralisation abusive, et grotesque. Puisque, comme nous allons le voir, pour conclure que les livres deutérocanoniques dénient leur inspiration, l’auteur prend comme exemple deux textes seulement, sur sept. Et, à partir de deux seuls textes (Livre des Macchabées, Ben Sirach), il conclut que les livres (sous-entendus les sept livres) deutérocanoniques sont apocryphes.

Se basant sur la conclusion du second livre des Macchabées qui affirme ce qui suit : « Ainsi se passèrent les choses concernant Nicanor, et, comme à partir de ce temps la ville demeura en possession des Hébreux, moi aussi je finirai là mon récit. Si la disposition des faits en est heureuse et bien conçue, c’est aussi ce que j’ai voulu; si elle est imparfaite et médiocre, c’est tout ce que j’ai pu faire… » (II Macchabées 15, 38-39), l’auteur du site protestant conclue que celui qui a rédigé le Livre doutait lui-même de l’authenticité du texte. Or, ce n’est pas ici un aveu d’inauthenticité des dires de l’auteur du second livre des Macchabées, mais rien de plus qu’un aveu d’humilité. Il ne fait que demander la clémence des lecteurs, à cause d’un style narratif éventuellement pauvre. L’auteur ne se considérait certainement pas comme un Victor Hugo, un Platon, un Aristote et bien d’autres. L’objection contre l’authenticité n’a donc aucune valeur, voire aucun sens. De plus, lorsqu’on remarque, dans le Nouveau Testament ceux que Le Seigneur choisit, ce ne sont certainement pas de grands intellectuels – à l’exception, évidemment de Paul de Tarse. Ainsi, se basant sur un seul livre deutérocanonique, l’auteur du site protestant soutient, à partir de là, que certains auteurs ont nié être inspirés : pur sophisme, nous l’avons déjà relevé. Si l’objection était correcte – malheureusement elle ne l’est pas –, il faudrait conclure que seuls les livres des Maccabées et Ben Sirach sont inauthentiques, non pas tous les livres deutérocanoniques.

A ce stade de notre réponse, nous pouvons arrêter puisque nous avons montré que l’argument adverse est nul. Il ne vaut rien. Mais, n’étant point minimaliste, nous voulons montrer à quel point un tel argument est ridicule lorsqu’il est pensé jusqu’au bout. À ce propos, nous invoquerons les écrits de S. Paul. Nous lisons en I Corinthiens 7, 11-13+ :

« Quant aux personnes mariées, j’ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare point de son mari ; – si elle en est séparée, qu’elle reste sans se remarier ou qu’elle se réconcilie avec son mari; pareillement, que le mari ne répudie point sa femme. Aux autres, je dis, moi, non le Seigneur: Si quelque frère a une femme qui n’a pas la foi, et qu’elle consente à habiter avec lui, qu’il ne la renvoie point ; et si une femme a un mari qui n’a pas la foi, et qu’il consente à habiter avec elle, qu’elle ne renvoie point son mari (…) ».

Suivant ces paroles de s. Paul, qu’est-ce qui doit être considéré comme « inspiré » ? Puisque, ici, nous avons clairement deux niveaux : ce que Le Seigneur ordonne, et ce que s. Paul (en son nom) ordonne. Devons-nous, dans ce cas précis, éliminer l’authenticité des paroles, voire de la Lettre de S. Paul ? Si on suivait la logique protestante, il le faudrait, puisque c’est l’homme Paul qui donne un jugement qui lui est propre et non du Seigneur ; mais force est de constater que ces textes sont bel et bien considérés comme « inspirés » chez les Protestants – à moins que nous nous trompions ? Ou encore, nous lisons II Corenthiens 8, 10 : « C’est un avis que je donne là-dessus, car cela vous convient, à vous qui non seulement avez commencé à agir, mais qui en avez eu la volonté dès l’année dernière » Mais, si nous poursuivons la logique du site protestant, que conclurons-nous, en lisant la fin du chapitre 7, de la même lettre de S. Paul qui nous dit : « Elle est plus heureuse, néanmoins, si elle demeure comme elle est: c’est mon avis ; et je crois avoir, moi aussi, l’Esprit de Dieu » (vers. 40) Cette phrase laisse entendre que S. Paul n’est pas vraiment certain d’avoir l’Esprit de Dieu : sauf que S. Paul a véritablement l’Esprit, mais il est modeste tout simplement. De même, lorsque vous lisez les mystiques catholiques, vous apprenez une chose que vous savez déjà : plus on se rapproche de Dieu, plus on se sent minuscule, car on prend conscience à quel point l’on est bien peu de chose. Et, en lisant l’Apôtre S. Paul, vous pourrez constater que ce dernier parle souvent à son nom, parlant d’instructions comme « ses propres » instructions. Il y a une manière simple de l’expliquer : cela s’explique par la notion de Causalité… Dieu est cause première, l’Homme est cause seconde (nous reviendrons sur ces notions capitales qui méritent d’être abordées).

Avant de conclure, nous voulons encore prendre un exemple pris par le site protestant. Celui-ci fait un contraste entre le prologue du Siracide avec quelques exemples du N. Testament. Nous allons aussi voir que l’argument est nul, voire nuisible. Ainsi, le site protestant oppose les derniers mots du second livre des Maccabées, aux mots de saints Luc, Jean (la première épître, qui affirme ce que nous avons vu, que nous avons contemplé…). Dans le début de son évangile, S. Luc nous dit :

« Comme plusieurs ont entrepris de composer une relation des choses accomplies parmi nous, conformément à ce que nous ont transmis ceux qui ont été dès le commencement témoins oculaires et ministres de la parole, il m’a paru bon à moi aussi, qui de longue date ai tout suivi avec soin, d’en écrire pour toi le récit suivi, noble Théophile, afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus » (S. Luc 1, 1-4)

Pour l’auteur du site protestant, ces paroles de Luc, confirme l’authenticité de ses dires. Et de fait, on ne comprend pas. Puisque ces paroles de Luc, pourraient nous pousser à dire que son texte n’est point inspiré, puisqu’il affirme avoir fait des recherches ! Au contraire, ce passage cité par l’auteur protestant semble récuser l’authenticité des dires de Luc, bien qu’il affirme la présence de « témoins oculaires » : St Irénée de Lyon ne tient-il pas un discours voisin dans Contre les Hérésies ? Par ailleurs, si ces paroles soutiennent l’authenticité du texte de S. Luc, comment donc, l’auteur du site protestant refuse l’authenticité au Ben Sirach, dans lequel nous lisons (dans le prologue) une description analogue (?) – trad. liturgique :

« LA LOI, les Prophètes et les livres qui leur font suite nous ont transmis de nombreuses et grandes leçons, et il faut, à ce sujet, louer Israël pour son enseignement et sa sagesse ».

En définitive, donc, ainsi, l’argumentation vaut pour l’Evangile de S. Luc, et non pour Ben Sirach – la même argumentation, signalons-le. Contradictions. Tissu de contradictions. Nous reviendrons sur les « autres » arguments présentés par le site contre les deutérocanoniques, mais aussi, contre la Foi catholique présentée sur notre site. Mais, il faut dire que si l’argumentation adverse s’articule comme ici, sur des illusions, alors, nous ne perdrons pas davantage de temps à  répondre…

P.-S: suite à cette réfutation ci-dessus, l’auteur du site protestant tente de nous répondre – stipulant que nous serions de ‘mauvaise foi’ – , en catastrophe, terminant son article sur un hors-sujet. Nous lui avons formulé une autre réponse dans l’article suivant, qui le réfute doublement…

Saint Francois-Xavier


Francois xavierSixième enfant de Jean de Jassi, famille de grande noblesse et de petites ressources, il naît en 1506, au château de Xavier près de Pampelune. Il quitte la Navarre pour faire ses études à l’Université de Paris. Il conquiert brillamment ses grades et reçoit une chaire au Collège de Beauvais. A Paris, il partage sa chambre avec un étrange étudiant, âgé de 40 ans, Ignace de Loyola. Au début, François-Xavier supporte mal celui que la pauvreté oblige à résider avec lui. Longtemps il résiste à l’ardeur évangélique de ce nouveau converti, homme de feu, qui répète: « Que sert à l’homme de gagner l’univers, s’il vient à perdre son âme? »

François-Xavier à l’église Gesù Nuovo (jésuites) photo Claire Le GuenConquis, lui aussi, ils prononcent ensemble des vœux, le 15 août 1534 et fondent la Compagnie de Jésus, les « Jésuites ». Lorsque le Pape demande des missionnaires pour l’Inde, François Xavier dit simplement: « Eh bien, me voici! » En 1541, il part pour Goa, ville portugaise, qu’il ramène à la Foi. Pendant une dizaine d’années, il travaille à la conversion des Paravers, pêcheurs de perles, près de Ceylan. Son ardeur et les nombreux miracles ont un succès extraordinaire. Pour porter plus loin l’Évangile, il s’adresse plus difficilement aux Musulmans des îles Moluques, puis fonde les premières communautés chrétiennes au Japon (Histoire de l’Eglise catholique au Japon – 1543 1944 – Conférence épiscopale japonaise – site en anglais et en japonais). Son désir de faire connaître Jésus-Christ est si grand qu’il projette d’aller en Chine, mais il meurt, le 2 décembre, à l’île Sancian, en vue de la côte chinoise.

Canonisé en 1622, il est avec Sainte Thérèse de Lisieux, patron des missions. Mémoire de saint François Xavier, prêtre de la Compagnie de Jésus, évangélisateur des Indes. Né en Navarre, il fut à Paris l’un des premiers compagnons de saint Ignace. Poussé par l’ardeur de répandre l’Évangile, il se dépensa sans compter pour annoncer le Christ à des peuples innombrables en Inde, dans les Moluques et d’autres îles, et de là au Japon, convertissant beaucoup à la foi. Enfin, consumé par la maladie et les travaux, il mourut sur l’île de Sancian, aux portes de la Chine, en 1552.

Martyrologe romain

Souvent la pensée me vient d’aller dans les écoles de chez nous, criant à pleine voix, comme un homme qui a perdu le jugement, et surtout à l’université de Paris. En Sorbonne, je voudrais répéter à tous ceux qui possèdent plus de science que de volonté de tâcher d’en tirer parti. Que d’âmes ne connaissent pas le chemin de la gloire et vont en enfer à cause de votre négligence !

Saint François Xavier – Lettre aux Pères de Rome

Source : nominis.cef.fr


François Xavier naquit en Navarre. Après de brillantes études au collège Sainte-Barbe, à Paris, il enseigna la philosophie avec un succès qui, en lui attirant les applaudissements, développa l’orgueil dans son coeur. Ignace de Loyola, converti, était venu à Paris pour perfectionner ses études, et cherchant à recruter des compagnons d’élite pour jeter les bases de la Compagnie de Jésus, s’éprit d’amitié et d’admiration pour ce jeune homme, en lequel il n’eut pas de peine à reconnaître une âme capable de grandes choses: Que sert à l’homme de gagner l’univers, s’il perd son âme? disait-il souvent à Xavier, après avoir gagné sa confiance. Ce langage tout d’abord ne toucha pas le coeur du jeune ambitieux; mais un jour enfin, la grâce acheva son oeuvre, et Xavier fut terrassé comme Ignace. Le 15 août 1534, sept jeunes gens, parmi lesquels étaient Ignace et Xavier, prononçaient leurs voeux dans une chapelle souterraine de l’église de Montmartre. La Compagnie de Jésus était fondée.

Quelques années plus tard, Xavier, devenu prêtre, sanctifié par les jeûnes et l’oraison, était prêt pour sa mission providentielle. Il avait souvent été averti, par des songes mystérieux qu’il devait être l’apôtre d’innombrables idolâtres. Quelle fut sa joie quand Ignace le désigna pour la mission des Indes! En arrivant à Goa, capitale des Indes, il salua avec des larmes de joie cette terre promise après laquelle il soupirait depuis si longtemps. Xavier commença par la conversion de Goa, où les Portugais avaient déshonoré le christianisme par tous les vices. Une mission finie, une autre l’appelait; l’ambition du salut des âmes était insatiable dans son coeur.

Il rencontra des difficultés incroyables, l’ignorance des langues, l’absence de livres en langues indigènes, les persécutions, la défiance et la rivalité des ministres païens. Xavier, par son énergie et le secours de Dieu, triompha de tout; Dieu lui donna le don des langues, le pouvoir d’opérer des miracles sans nombre, parmi lesquels plusieurs résurrections de morts. Il évangélisa, en onze années, cinquante-deux royaumes et baptisa une multitude incalculable d’infidèles. Son plus beau et son plus difficile triomphe fut la conquête du Japon. Il aspirait à convertir la Chine, pour rentrer en Europe par les pays du Nord, quand Dieu appela au repos cet incomparable conquérant des âmes, qu’on a justement surnommé l’apôtre des Indes et du Japon.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.


Le bienheureux Charles de Foucauld


charlesdefoucauldSA VIE – Charles de Foucauld est né en 1858 à Strasbourg dans une famille aristocratique. En 1864, il perd ses deux parents et est confié aux soins de son grand-père maternel. Bien qu’élevé dans la religion catholique, il perd la foi vers l’âge de seize ans.

En 1876, il entre à l’école militaire. Lorsque son grand-père meurt, deux ans plus tard, il reçoit un gros héritage qu’il aura tôt fait de dilapider.

En effet, il a la réputation de mener une vie de fêtard et d’indiscipline. Il s’affiche avec une femme aux mœurs légères, Mimi, qu’il fait passer pour sa femme. Devant son refus de la répudier, il est renvoyé de l’Armée. Il réintègrera le Régiment en 1881 pour le quitter à nouveau, huit mois plus tard, afin d’entreprendre un voyage d’exploration et de reconnaissance du Maroc. Il est frappé par la foi et la prière des Musulmans.

De retour en France, il retrouve sa famille dont sa cousine Marie de Bondy, dont il est très près. Il réfléchit et s’interroge sur la spiritualité et la foi. Sa conversion a lieu dans l’église Saint-Augustin, fin octobre 1886. Étant allé y trouver l’abbé Huvelin pour recevoir des leçons sur la religion catholique, l’abbé Huvelin lui demanda de se confesser sur le champ et de communier ensuite. C’est alors que tout a basculé pour lui. Il dira plus tard : « Aussitôt que je crus qu’il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour Lui…».

En décembre 1888, Charles effectue un pèlerinage en Terre Sainte. Il est marqué par Nazareth et par la vie humble et cachée que Jésus y a vécue pendant 30 ans. Il se sent appelé à suivre le Christ sur ce chemin de pauvreté. Aussi, de retour en France, il donne ses biens à sa sœur pour chercher une communauté religieuse. La Trappe semble convenir à son idéal de pauvreté et de vie cachée. Il entre à la Trappe de Notre-Dame des Neiges, en France. Puis, plus tard, il part pour Akbès (Syrie) dans une Trappe plus pauvre. Mais cela ne ressemble pas encore assez à Nazareth pour lui. Il rédige donc un projet de congrégation religieuse pour que des religieux vivent comme il imagine que Jésus vivait à Nazareth. Il demande à être dispensé des vœux. En octobre 1896, on l’envoie à Rome pour des études et en janvier 1897, l’Abbé général des Trappistes le laisse libre de suivre sa vocation.

Deux mois plus tard, il s’engage chez les Clarisses, à Nazareth, où il mène une vie d’ermite dans une petite cabane du jardin. Solitude, prière, adoration, méditation de l’Évangile et humble travail constituent son lot quotidien. Il y reste 3 ans et retourne en France en vue de demander la prêtrise. Il est ordonné le 9 juin 1901.

À Béni Abbès, il fonde un Ermitage dans le but d’accueillir une communauté de moines. Il côtoie les Touaregs, ces « hommes bleus » du désert. Il apprend leur langue et étudie leurs chants et leurs poésies.

En 1906, un compagnon se joint à lui mais il tombe malade et repart.

En janvier 1908, il tombe malade et est sauvé de la mort par la bonté et les soins des Touaregs.

foiucauld_priere_abandonEn 1909,1911 et 1913, il fait trois voyages en France pour présenter son projet d’une association de laïcs : « Union des frères et sœurs du Sacré-Cœur ». « De fervents chrétiens de toutes conditions capables de faire connaître par leur exemple ce qu’est la religion chrétienne, et de faire “voir” l’Évangile dans leur vie ». (Règlement -Conseils) -1909-1913. À Tamanrasset, il fait construire un fort pour protéger les populations locales. C’est là qu’il meurt, le 1er décembre 1916, lors d’un pillage. Un de ses ravisseurs, affolé par l’arrivée des militaires, tire une balle qui met fin à la vie terrestre du frère Charles de Jésus.

Bien qu’il soit mort presque seul et sans communauté, il existe aujourd’hui une vingtaine de groupes différents (congrégations religieuses et associations de laïcs) qui vivent l’Évangile à travers le monde, suivant les intuitions de Charles de Foucauld.

SA SPIRITUALITE – « Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous » (Jn 1, 14). Le Christ est venu dans le monde, s’abaissant au rang de créature, Lui, le Créateur et se faisant obéissant jusqu’à la mort sur une Croix.

C’est en s’incarnant que Dieu a choisi de nous sauver. Charles de Foucault en imitateur du Christ n’a pas voulu emprunter d’autre chemin que celui du Christ… l’incarnation rédemptrice. L’imitation de la vie humble et cachée de l’ouvrier de Nazareth constitue le cœur de la spiritualité du frère Charles. Il a vécu de nombreuses année au cœur des masses, avec les Touaregs du désert, ne cherchant pas à les convertir par la parole, mais en les aimant et en partageant leur vie.

« Si vous avez de l’amour les uns pour les autres, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples. » (Jean 13, 35)

Citations

« L’heure la mieux employée de notre vie est celle où nous aimons le plus Jésus. »

« L’adoration du Saint-Sacrement est le repos, le rafraichissement, la joie. » (à Mme Bondy, 19 janvier 1903).

« De son tabernacle, Jésus rayonnera sur ces contrées et attirera à Lui des adorateurs… Ma présence fait-elle quelque bien ici ? Si elle n’en fait pas, la présence du Saint-Sacrement en fait certainement beaucoup : Jésus ne peut être en un lieu sans rayonner. »

« Nous voici aux portes de l’éternité. On s’y croit presque ici, en regardant ces deux infinis du grand ciel et du désert: vous qui aimez à voir se coucher le soleil qui en descendant chante la paix et la sérénité éternelles, vous aimeriez à regarder le ciel et les grands horizons de cette petite Fraternité. Mais le mieux, le vrai infini, la vraie paix est aux pieds du divin Tabernacle. Là, ce n’est plus en image, mais en réalité qu’est tout notre bien, notre amour, notre vie, notre tout, notre paix, notre béatitude : là est tout notre cœur et toute notre âme, notre temps et notre éternité, notre Tout. » (à Mme de Bondy, le 4 février 1903)

« Vous n’étiez pas plus près de la Sainte Vierge, pendant les neuf mois qu’elle vous porta dans son sein, que vous l’êtes de moi quand vous venez sur ma langue dans la communion ! »


Source : monasterecoeurdejesus.

Lisez également la synthèse, plus conséquente, qui se trouve sur le site de l’Abbaye Saint Benoît ici. Charles de Foucauld est béatifié le 13 novembre 2005 par le pape Benoît XVI. Il est commémoré le 1er décembre.

Le martyre de la bienheureuse Anuarite


Anuarite 1

La jeune Marie-Clémentine Anwaurite 

Anuarite [Marie-Clémentine Anuarite Nengapeta] est une enfant du pays, fille de la forêt où elle est née et a vécu pendant toute sa jeune vie. Une enfant du pays, née près de Wamba et morte à Isiro, à une centaine de kilomètres de là, à l’âge d’à peine 25 ans.

Anuarite est née le 29 décembre 1939, à Bedegao, un petit village de la forêt à 10 km du centre de Wamba, dans la Province Orientale du Congo-Kinshasa. Sa mère, Isude Julienne, était une femme douce mais tenace qui savait faire face aux difficultés de la vie. Anuarite était sa quatrième fille quand le père, Amisi Batshuru, aurait voulu au moins un garçon. Lui était un homme actif, jovial, aimant le mouvement et la vie en plein air, fier de sa personne et sûr de lui-même. Il était chauffeur de camion et faisait souvent de longs voyages (il était d’ailleurs absent lorsque naquit la petite Anuarite). En 1940, il s’enrôla dans le corps expéditionnaire qui opéra entre autre en Palestine. De là il envoya une lettre à sa femme en l’invitant à recevoir le baptême avec les enfants, qu’elles reçurent le 17 juillet 1943. La maman s’appela Julienne et les filles : Bernadette, Suzanne, Léontine et Alphonsine.

En 1956, à l’âge de 16 ans, elle fait son entrée au probandat de la Congrégation des Sœurs de la Sainte Famille (Jamaa Takatifu). En réalité, trois ans avant, comme sa mère s’opposait à son projet de vie religieuse, la jeune Anuarite s’était hissé, sur un camion qui emmenait les aspirantes, sans avertir qui que ce soit, et s’en fut ainsi à Bafwabaka, où elle demanda son admission. Mise devant le fait accompli, Maman Isude n’eut plus rien à dire. Cette anecdote nous donne un aperçu du caractère bien trempé d’Anuarite, et de sa détermination à suivre le Christ quoi qu’il en coûte.

En 1957 elle est admise au noviciat, sous le nom de Marie-Clémentine. Elle fera sa première profession le 5 août 1959, et renouvellera ses vœux temporaires jusqu’à sa mort.

Anuarite n’était pas spécialement brillante, son intelligence était limitée; mais elle brillait par ses qualités : sa bonne humeur habituelle, sa serviabilité, sa simplicité et sa vivacité. La devise qu’elle a choisie résume sa vie aussi bien spirituelle que communautaire : servir et faire plaisir. Servir Jésus et chercher toujours à lui plaire, mais aussi servir ses Sœurs et leur faire plaisir, et au-delà servir toute personne comme un frère, une sœur en Christ.

Lorsqu’éclate la rébellion des Simbas, en 1964, Anuarite vit avec ses Sœurs au couvent de Bafwabaka. C’est là que les rebelles les trouvent, le 29 novembre, quelques jours seulement après l’assassinat de Mgr Joseph Wittebols et de tous les prêtres belges, à Wamba (26 novembre 1964). Toutes les Sœurs (18 professes, 9 novices et 7 postulantes) sont emmenées à bord d’un camion, soi-disant pour les mettre en lieu sûr, à Wamba. Mais, le lendemain, après la rencontre avec le colonel Ngalo à Vube, le programme change, et le camion prend la route d’Isiro.

Arrivées à Isiro le 30 novembre après 18h, les Sœurs sont emmenées d’abord à la villa où résidaient les chefs rebelles. C’est là que les événements dramatiques se précipitèrent. Le colonel Ngalo, chef des rebelles d’Isiro, avait jeté son dévolu sur Sr. Anuarite, qu’il voulait prendre pour femme [il voulut en fait aussi abuser d’elle]. Après le refus de cette dernière, ce qui le mit en rage. Comme les autres Sœurs avaient été transportées à la Maison Bleue, le colonel Olombe, un autre chef rebelle, y emmena également Anuarite.

Après le repas, il la fit sortir à l’extérieur pour la conduire à Ngalo, mais sans plus de succès. Il voulut présenter à Anuarite les avantages de devenir la femme du grand chef des rebelles, mais elle lui répondit qu’elle était fiancée à Jésus pour qui elle devait se garder entièrement. Dans un accès de colère, il la frappa avec la crosse de son fusil, en plein front. Se redressant, Anuarite s’écria avec joie : « C’est ça que je voulais ! C’est ça que je voulais ! ». Voyant qu’elle avait une force qu’il ne maîtrisait pas (et qu’il imputait à une autre sorcellerie que la sienne), il se mit à la frapper plus violemment avec une colère grandissante. Enfin, Anuarite tomba au sol en lui déclarant : « Je te pardonne parce que tu ne sais pas ce que tu fais ». Pris d’une peur quasi mystique devant ce qu’il croyait être la manifestation d’un fétiche plus puissant, Olombe appela deux gardes du corps à son secours. L’un d’eux avait un long couteau, une baïonnette. Olombe lui ordonna de frapper Anuarite au flanc. Le soldat la transperça plusieurs fois, Anuarite gémit : « Hou ! Hou ! » Pour l’achever, Olombe prit son révolver et tira sur elle; il l’atteignit au bras gauche et lui broya l’humérus.

Olombe entra alors dans la maison ivre de colère et dit aux sœurs : « Je l’ai tuée, comme elle l’a voulu. Venez chercher son corps ». Quatre Sœurs sortirent et transportèrent la Sr Anuarite, qui était dans le coma, dans la chambre qu’on appelle aujourd’hui l’oratoire. C’est là qu’elle rendit son âme à Dieu. C’était le 1er décembre 1964, à 1h05 du matin.

Le cadavre fut enveloppé dans un pagne et transporté jusqu’au cimetière de Dingilipi où on l’enterra à côté de la fosse commune. C’est là qu’on le retrouva lors de la première exhumation, sept mois plus tard, et on put alors lui offrir une sépulture plus digne au cimetière de Kinkole (16 juillet 1965).

Depuis le premier décembre 1978 elle repose dans un caveau de la cathédrale (…)

La Sr Silvana Clerici (Missionnaire Combonienne), infirmière à l’hôpital de Wamba, témoigne de l’attachement d’Anuarite à la Mère du Sauveur :

« La Sr Anuarite aimait beaucoup la Ste Vierge Marie. Nous avions reçu des statuettes de la Vierge, d’une dizaine de centimètres, en provenance d’Italie; comme je savais qu’Anuarite aimait beaucoup Marie, je lui ai donné une de ces statuettes. Je ne peux pas oublier ses yeux brillants de joie, de respect et de politesse quand elle a reçu la statuette dans ses mains. Elle s’est tenue debout en silence, s’exclamant joyeusement : ‘ô ! Quelle très belle Vierge !’. Elle posa la statuette sur son cœur et la contempla longuement. Au moment de se séparer, elle nous remercia grandement et nous promit de toujours garder cette statuette précieusement, en disant : ‘Je la garderai toujours avec moi !’. De fait, pendant leur voyage à Isiro avec les Simba, ses consœurs savaient qu’Anuarite avait emmené avec elle, dans la poche de son jupon, sa belle ‘statuette de la Vierge’. Elle la garda toujours dans sa poche, même lorsque, à Vube, les Simba eurent arraché les chapelets et autres objets pieux aux Sœurs en les menaçant de mort. »

Ainsi, lorsqu’Anuarite est morte, ses consœurs l’ont enveloppée avec sa petite statuette, et c’est avec elle qu’elle fut enterrée. C’est cette même statuette qui permettra l’authentification du corps de la Sr Anuarite lors de la première exhumation, le 16 juillet 1965, au cimetière de Dingilipi, à Isiro (…)

Source : anuarite.org


Elle est morte martyre de la pureté. Elle est béatifiée par le pape Jean Paul II le 15 août 1985. Elle est commémorée le 1e décembre.

Imitation de Jésus-Christ, livre I, chap. 1


1. Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, dit le Seigneur. Ce sont les paroles de Jésus-Christ, par lesquelles il nous exhorte à imiter sa conduite et sa vie, si nous voulons être vraiment éclairés et délivrés de tout aveuglement du coeur. Que notre principale étude soit donc de méditer la vie de Jésus-Christ.

2. La doctrine de Jésus-Christ surpasse toute doctrine des Saints: et qui posséderait son esprit y trouverait la manne cachée. Mais il arrive que plusieurs, à force d’entendre l’Evangile, n’en sont que peu touchés, parce qu’ils n’ont point l’esprit de Jésus-Christ. Voulez-vous comprendre parfaitement et goûter les paroles de Jésus-Christ ? Appliquez-vous à conformer toute votre vie à la sienne.

3. Que vous sert de raisonner profondément sur la Trinité, si vous n’êtes pas humble, et que par-là vous déplaisez à la Trinité ? Certes, les discours sublimes ne font pas l’homme juste et saint, mais une vie pure rend cher à Dieu. J’aime mieux sentir la componction que d’en savoir la définition. Quand vous sauriez toute la Bible par coeur et toutes les sentences des philosophes, que vous servirait tout cela sans la grâce et la charité ? Vanité des vanités, tout n’est que vanité, hors aimer Dieu et le servir lui seul. La souveraine richesse est de tendre au royaume du ciel par le mépris du monde.

4. Vanité donc, d’amasser des richesses périssables et d’espérer en elles. Vanité, d’aspirer aux honneurs et de s’élever à ce qu’il y a de plus haut. Vanité, de suivre les désirs de la chair et de rechercher ce dont il faudra bientôt être
rigoureusement puni. Vanité, de souhaiter une longue vie et de ne pas se soucier de bien vivre. Vanité, de ne penser qu’à la vie présente et de ne pas prévoir ce qui la suivra. Vanité, de s’attacher à ce qui passe si vite et de ne pas se hâter vers la joie qui ne finit point.

5. Rappelez-vous souvent cette parole du Sage: L’oeil n’est pas rassasié de ce qu’il voit, ni l’oreille remplie de ce qu’elle entend. Appliquez-vous donc à détacher votre coeur de l’amour des choses visibles, pour le porter tout entier vers les invisibles, car ceux qui suivent l’attrait de leurs sens souillent leur âme et perdent la Grâce de Dieu.


Imitation de Jésus-Christ, Livre I, chapitre 1.

Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse


La rédaction de Yesus Kristus azu vous souhaite à tous une sainte fête de Notre Dame de la Médaille Miraculeuse!

27 novembre. Notre Dame de la Médaille miraculeuse. 1830.

Notre Dame de la Médaille miraculeuse. 1830.

Pape : Pie VIIIRoi de France : Charles X.

 » Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. »

Prière transmise par Notre Dame à Sainte Catherine Labouré .

Article de Baudricourt: cliquer ici

Extrait du récit de l’apparition à Sainte Catherine Labouré :

 En ce moment, je sentis l’émotion la plus douce de ma vie, et il me serait impossible de l’exprimer. La Sainte Vierge m’expliqua comment je devais me conduire dans mes peines, et, me montrant de la main gauche le pied de l’autel, elle me dit de venir me jeter là et d’y répandre mon coeur, ajoutant que je recevrais là toutes les consolations dont j’aurais besoin.

Puis elle me dit encore :

 » Mon enfant, je veux vous charger d’une mission ; vous y souffrirez bien des peines, mais vous les surmonterez à la pensée que c’est pour la gloire du Bon Dieu. Vous serez contredite, mais vous aurez la grâce, ne craignez point ; dites tout ce qui se passe en vous, avec simplicité et confiance. Vous verrez certaines choses ; vous serez inspirée dans vos oraisons, rendez-en compte à celui qui est chargé de votre âme. »

Je demandai alors à la Sainte Vierge l’explication des choses qui m’avaient été montrées. Elle me répondit :

 » Mon enfant, les temps sont très mauvais ; des malheurs vont fondre sur la France ; le trône sera renversé, le monde entier sera bouleversé par des malheurs de toutes sortes. (La Sainte Vierge avait l’air très peinée en disant cela). Mais venez au pied de cet autel : là, les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont, sur les grands et sur les petits. »

 » Un moment viendra où le danger sera grand ; on croira tout perdu. Je serai avec vous, ayez confiance ; vous reconnaîtrez ma visite, la protection de Dieu et celle de saint Vincent sur les deux communautés. Ayez confiance, ne vous découragez pas, je serai avec vous ! »

Il y aura des victimes dans d’autres communautés. (La Sainte Vierge avait les larmes aux yeux en disant cela). Dans le clergé de Paris, il y aura des victimes, Monseigneur l’Archevêque mourra (à ces mots, ses larmes coulèrent de nouveau). Mon enfant, la croix sera méprisée, on la jettera par terre, on ouvrira de nouveau le côté de Notre Seigneur ; les rues seront pleines de sang ; le monde entier sera dans la tristesse. »

(…) Je ne saurais dire combien de temps je suis restée auprès de la Sainte Vierge ; tout ce que je sais, c’est qu’après m’avoir parlé longtemps, elle s’en est allée, disparaissant comme une ombre qui s’évanouit.

Le 27 novembre 1830, qui était un samedi et la veille du premier dimanche de l’Avent, à cinq heures et demie du soir, faisant la méditation dans un profond silence, j’ai cru entendre, du côté droit du sanctuaire, comme le bruit d’une robe de soie.

J’aperçus alors la Sainte Vierge auprès du tableau de saint Joseph ; sa taille était moyenne et sa figure si belle, qu’il me serait impossible d’en décrire la beauté. Elle était debout, vêtue d’une robe blanc-aurore, de la forme qu’on appelle  » à la Vierge « , c’est-à-dire montante et à manches plates. La tête était couverte d’un voile blanc qui descendait de chaque côté jusqu’aux pieds. Elle avait les cheveux en bandeaux, et, par-dessus, une espèce de serre-tête garni d’une petite dentelle posée à plat sur les cheveux. La figure était assez découverte, et les pieds reposaient sur un globe, ou mieux, une moitié de globe ; du moins, je n’en vis que la moitié. Ses mains, élevées à la hauteur de la poitrine, tenaient d’une manière très aisée un autre globe. Elle avait les yeux élevés vers le ciel, et sa figure s’illumina pendant qu’elle offrait le globe à Notre Seigneur.

Tout à coup, ses doigts se sont remplis d’anneaux et de pierres précieuses très belles … Les rayons qui en jaillissaient se reflétaient de tous côtés, ce qui l’enveloppait d’une telle clarté, que l’on ne voyait plus ni ses pieds, ni sa robe. Les pierreries étaient plus ou moins grosses, et les rayons qui en sortaient étaient proportionnellement plus ou moins éclatants.

Je ne saurais dire ce que j’éprouvai, ni tout ce que j’ai appris en si peu de temps.

Comme j’étais occupée à la contempler, la Sainte Vierge abaissa les yeux sur moi et une voix me dit au fond du coeur :

 » Ce globe que vous voyez représente le monde entier et particulièrement la France et chaque personne en particulier. »

Et la Sainte Vierge ajouta :

 » Voilà le symbole des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent, me faisant entendre ainsi combien elle est généreuse envers ceux qui la prient. »

Dans ce moment, j’étais ou je n’étais pas … je ne sais … je jouissais ! Il se forma alors, autour de la Sainte Vierge, un tableau un peu ovale, sur lequel on lisait, écrites en lettres d’or, ces paroles :

 » Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. »

Alors une voix se fit entendre qui me dit :

 » Faites, faites frapper une médaille sur ce modèle, toutes les personnes qui la porteront recevront de grandes grâces ; en la portant au cou, les grâces seront abondantes pour les personnes qui la porteront avec confiance. »

A l’instant le tableau m’a paru se retourner où j’ai vu le revers de la médaille ; inquiète de savoir ce qu’il fallait mettre du côté du revers de la médaille, après bien des prières, un jour, dans la méditation, il m’a semblé entendre une voix qui me disait :

 » L’M et les deux coeurs en disent assez. »

Suite: http://www.laportelatine.org/apparitions/rue_du_bac/rue_du_bac.php

Remarque: On téléchargera et lira avec fruit ce livre du père Ratisbonne, Juif converti à la vraie foi par Notre Dame :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55265b et le récit de l’apparition dont Ratisbonne fut favorisé: http://www.marypages.com/ratisbonneFrancais.htm

Autre exposé bien aussi:  http://www.marypages.com/LaboureFrancais.htm

Et un historique de la médaille:

Deux ans après l’apparition, la médaille fut frappée avec l’approbation de Mgr De Quelen, Archevêque de Paris. Sa diffusion fut accompagnée de guérisons nombreuses et de conversions retentissantes. La médaille connut immédiatement une diffusion prodigieuse. D’innombrables grâces de conversion, de protection et de guérison furent obtenues. Devant tous ces faits extraordinaires, l’Archevêque de Paris, Mgr de Quélen ordonna une enquête officielle sur l’origine et les effets de la Médaille de la rue du Bac. En voici la conclusion: « La rapidité extraordinaire avec laquelle cette médaille s’est propagée, le nombre prodigieux de médailles qui ont été frappées et répandues, les bienfaits étonnants et les Grâces singulières que la confiance des fidèles a obtenus,  paraissent vraiment les signes par lesquels le Ciel a voulu confirmer la réalité des apparitions, la vérité du récit de la voyante et la  diffusion de la médaille. »

À Rome même, en 1846, à la suite de la conversion retentissante du juif Alphonse Ratisbonne, le Pape Grégoire XVIconfirmait de toute son autorité les conclusions de l’Archevêque de Paris. Si donc vous aimez la Vierge et si vous avez confiance en sa puissante intercession: Portez toujours sur vous la médaille pour vivre dans la grâce de Dieu et jouir de la protection de la Vierge Immaculée; Dites chaque jour l’invocation de la Médaille. La Vierge a voulu être ainsi saluée et invoquée: « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous » Propagez autour de vous la Médaille; donnez-la particulièrement aux malades et aux affligés.

Saine Catherine Labouré a passé toute sa vie au service des pauvres vieillards, à l’Hospice d’Enghien (77, rue de Neuilly, à Paris), où elle est morte en odeur de sainteté le 31 décembre 1876. Elle a été béatifiée le 28 mai 1933 et canonisée le 27 juillet 1947.

L’invocation de la Médaille: « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous » partout diffusée par laMédaille Miraculeuse, a suscité l’immense mouvement de foi qui a porté le Pape bienheureux Pie IX à définir, en 1854, le dogme de l’Immaculée Conception.

Quatre ans plus tard, l’apparition de Massabielle (Lourdes) confirmait cette définition romaine d’une manière inattendue. De même que Lourdes est une source intarissable de Grâces, la Médaille Miraculeuse est toujours l’instrument de l’inlassable bonté de Notre-Dame pour tous les pêcheurs et tous les malheurs de la terre.

La Vierge a aussi fait des prédictions qui se sont réalisées:

- Elle a dit que le trône serait renversé lors de sa première apparition le 18 juillet 1830, et en effet, le Roi Charles X de France a abdiqué le 2 août suivant.

- Elle a dit que l’Archevêque de Paris serait tué; et il se trouve qu’ai XIXème siècle, pas moins de trois archevêques de Paris ont été tué: Mgr Affre: tué en 1848 sur une barricade alors qu’il voulait calmer les révoltés, Mgr Sibour: poignardé alors qu’il disait la messe par un ancien prêtre déséquilibré en désaccord avec la définition du dogme de l’Immaculée Conception, et Mgr Darboy: fusillé en 1871 par la Commune de Paris.

- Elle a aussi prédit que les rue de Paris seraient pleines de sang, et en effet, elles le furent en 1830, lors de la révolte qui chassa Charles X, et encore plus, en 1848 lors de celle qui chassa Louis-Philippe et encore plus en 1871 lors de la Commune: la rébellion contre le pouvoir légal.

‘Exercices Spirituels’ de saint Bonaventure


Saint Bonaventure

Saint Bonaventure

Si vous voulez vous conserver dans la vertu, il vous faut avoir des exercices spirituels afin d’occuper votre esprit, autrement vous ne sauriez vous promettre la persévérance.

I. Exercez-vous d’abord à la prière ainsi qu’il suit , quant au temps et à la manière. Au commencement de toute action et de tout travail vous invoquerez le Seigneur et vous lui adresserez cette courte invocation : O mon Dieu! venez à mon secours. Ayez pitié de moi, mon Dieu! ou autre semblable. Vous prierez encore lorsque vous entendrez sonner la cloche ou l’horloge; mais contentez-vous de le faire intérieurement et avec ferveur, de façon que vous trouvant avec les autres, ils ne s’en aperçoivent pas.

II. Secondement, toutes les fois que la cloche sonnera , formez en général, mais de tout votre cœur, la résolution de vous corriger de vos fautes, et ajoutez-y une courte prière de la durée d’un Notre Père.

Avant toute action considérable pensez un peu comment, dans vos résolutions, vous vous étiez proposé d’agir.

Ayez toujours soin le matin d’arrêter comment vous voulez vous conduire durant tout le jour; et ensuite avant chaque action extérieure et durant cette action, vous vous rappellerez brièvement vos résolutions.

De même trois ou quatre fois le jour, renouvelez de tout votre cœur vos bonnes dispositions contre le péché d’orgueil.

III. Votre troisième exercice consistera à avoir quelque sujet particulier pour occuper votre pensée dans le temps libre. Vous en aurez un spécial pour chaque jour; vous vous en occuperez souvent et vous y reviendrez de temps à autre.

Le dimanche, pensez au royaume des cieux. Le lundi, au jugement dernier. Le mardi , aux bienfaits de Dieu. Le mercredi , à la mort. Le jeudi, aux peines de l’enfer. Le vendredi , à la Passion du Seigneur. Le samedi, à la bienheureuse Vierge, notre souveraine, et à vos péchés.

Cependant unissez chaque jour la Passion du Seigneur et le souvenir des bienfaits de Dieu au sujet ordinaire de la journée. Et à chacune des heures, comme matines, prime, tierce, etc., aimez à vous rappeler ce que le Seigneur souffrit à cette heure, après avoir pensé brièvement à votre sujet ordinaire. J’ai l’espérance qu’en méditant et en agissant de la sorte, vous passerez votre temps d’une manière convenable.

IV. Exercez-vous chaque jour à des œuvres d’humilité et d’abjection , comme de choisir toujours la dernière place, de vous mépriser vous-même du fond du cœur, de vous estimer indigne des louanges de qui que ce soit, et de tout renvoyer à Dieu. Soit qu’on vous loue ,soit qu’on vous blâme , ne vous en inquiétez pas; considérez-vous vous-même, et vous trouverez que vous ne méritez aucun éloge ; que vous êtes, au contraire, vraiment digne de tout opprobre. Et lorsque vous serez avec les autres, demeurez silencieux, modeste et plein de douceur, sans cependant sortir des limites convenables.

V. Évitez tout ce qui est un signe d’orgueil , comme de crier trop haut en parlant, et autres choses semblables.

VI. Considérez souvent en quelles fautes vous tombez dans vos diverses actions, et ne souffrez pas que le désordre le plus léger passe inaperçu et sans réprobation; car celui qui ne fait aucun cas des petites choses , tombe souvent en de plus grandes.

VII. Veillez avec un soin tout particulier à la garde de vos yeux en quelque lieu que vous soyez, car la négligence en ce point entraîne des maux infinis. Gardez-les donc par-dessus tout.

VIII. Considérez les actions des autres , soit bonnes , soit mauvaises. Lorsque vous verrez quelqu’un commettre le péché , vous penserez que si Dieu lui accordait une grâce aussi grande qu’à vous, il se corrigerait avec beaucoup plus de ferveur que vous ne le faites. Lorsque, au contraire, une bonne action viendra frapper vos regards, vous examinerez comment vous pouvez l’imiter.

IX. Tout ce que vous verrez et entendrez chez les autres, interprétez-le en bonne part; de la sorte vous ne ferez aucun jugement téméraire.

X. En quelque lieu que vous soyez, conservez un extérieur modeste et bien réglé, pour ne point donner aux autres de mauvais exemple ; car un extérieur désordonné est l’indice d’une âme sans piété.

XI. Ayez soin aussi de ne jamais rien faire, nulle part, qui puisse être une occasion de scandale ou inspirer des soupçons peu avantageux; car le mauvais exemple est toujours bien dangereux.

XII. Résistez courageusement aux tentations ; abstenez-vous des choses de la chair et rejetez-les bien loin , car le salut ne saurait se trouver en de semblables choses.

XIII. Enfin, soyez toujours dans la crainte ; conservez-vous dans la plus grande modestie , et agissez lorsque vous êtes seul comme vous feriez en présence des autres ; car Dieu est témoin de toutes vos actions.

Vous vous appliquerez à pratiquer en général ces exercices, autant que vous le pourrez ; et vous prierez instamment le Seigneur de vouloir bien vous donner la grâce dont vous avez besoin pour cela, car sans lui vous ne pouvez rien faire.

* Je passerai donc de ce qui est extérieur aux choses intérieures , et des choses intérieures je m’élèverai à celles qui sont au-dessus de moi, afin de connaître d’où je viens et où je vais. Je me demanderai ce que je suis et quelle est mon origine , afin d’arriver par la connaissance de moi-même à la connaissance de Dieu ; car plus j’avancerai dans ma propre connaissance, plus je m’approcherai de celle de Dieu. Quelle est mon origine? Selon l’homme extérieur je viens de ceux qui m’ont donné la vie; j’étais condamné avant que d’être montré au jour. Pécheurs eux-mêmes, mes parents m’ont engendré dans le péché, et coupable comme eux, ils m’ont nourri de leur péché. Que suis-je? Un homme formé d’une vile boue. J’ai été conçu , comme le reste des mortels, de la substance de l’homme; bientôt cette substance, prenant des accroissements successifs, s’est changée en chair; ensuite j’ai paru en l’exil de ce monde au milieu des larmes et des gémissements ; et devenu plus grand, je me suis trouvé rempli d’iniquités. Maintenant je vais me présenter devant le Juge sévère, et il dira de moi : Voici l’homme et ses œuvres. — Méditez toutes ces choses le plus profondément possible.


* Tout ce passage est tiré en grande partie du petit livre intitulé : Méditations de saint Bernard.

Pas de matière ni de composition en Dieu


17. IL N’Y A PAS DE MATIERE EN DIEU

Le jeune Thomas priant.

Le jeune Thomas priant.

On voit par là que Dieu n’est pas matière. La définition de la matière en effet, c’est d’être en puissance. La matière n’est pas un principe d’action. Selon l’enseignement du Philosophe, efficience et matière ne peuvent coïncider dans le même sujet. Or il revient à Dieu d’être la première cause efficiente des choses, nous l’avons dit plus haut. Dieu n’est donc pas matière. Pour ceux qui réduisaient toutes choses à la matière comme à la cause première, c’était le hasard qui présidait à l’existence des réalités de la nature, ce contre quoi s’élève le Philosophe au IIe Livre des Physiques. Si donc Dieu, qui est la cause première, est la cause matérielle des choses, il en résulte que tout n’existe que par hasard. La matière ne devient cause d’un être en acte que dans la mesure où elle est soumise à l’altération et au changement. Si donc, comme nous l’avons prouvé, Dieu est immobile, il ne peut être aucunement cause des choses comme l’est la matière. Cette vérité, la foi catholique la professe, en affirmant que Dieu n’a pas créé l’ensemble des choses de sa propre substance, mais de rien. Ainsi est confondue la folie de David de Dinant qui osait affirmer l’identité de Dieu et de la matière première, prétendant que si l’un et l’autre n’étaient pas identiques, il faudrait supposer entre eux des caractères distinctifs qui détruiraient leur simplicité: chez l’être qu’une différence distingue d’un autre, cette différence même est en effet source de composition. Une telle erreur provient de l’ignorance qui méconnaît la distinction entre différence et diversité. Comme l’explique nettement le Xe Livre de la Métaphysique, différent se dit par rapport à quelque chose, tout être différent étant différent de quelque chose. Divers traduit par contre un absolu, le fait que cette chose n’est pas la même. La différence est donc à rechercher dans les êtres qui se rencontrent en quelque chose: on doit leur assigner un certain caractère qui les distingue. Telles deux espèces qui se rencontrent sous un même genre et que des différences doivent distinguer. Chez les êtres qui ne se rencontrent en rien, il n’y a pas à chercher de différence; ils sont divers les uns des autres. Ainsi se distinguent entre elles les différences d’opposition; elles ne participent pas à un genre comme à une part de leur essence; aussi bien n’y a-t-il pas à chercher par où elles diffèrent; elles sont diverses les unes des autres. C’est ainsi que se distinguent Dieu et la matière première: l’un est acte pur, l’autre puissance pure; il n’y a entre eux aucun point de contact.

18. IL N’Y A AUCUNE COMPOSITION EN DIEU

On peut conclure de là qu’il n’y a aucune composition en Dieu. Tout être composé comporte nécessairement acte et puissance. Plusieurs éléments ne peuvent en effet former un tout si l’un n’y est acte et l’autre puissance. Des êtres en acte ne sont unis que d’une union pour ainsi dire collégiale, comparable à celle d’un rassemblement, ils ne forment pas un tout. Même chez ces êtres, les parties assemblées se tiennent comme en puissance par rapport à l’union; elles ont été unies en acte après avoir été, en puissance, capables d’union. Or en Dieu il n’y a aucune puissance. Il n’y a donc en lui aucune composition. Tout être composé est postérieur aux éléments qui le composent. L’être premier, Dieu, n’est donc en rien composé. La nature même de la composition veut que les êtres composés soient, en puissance, menacés de dissolution, bien que chez certains d’entre eux d’autres facteurs puissent s’y opposer. Mais ce qui est menacé de dissolution est en puissance de non-être. Ce ne peut être le cas de Dieu, puisqu’il lui est nécessaire d’exister. Il n’y a donc en Dieu aucune composition. Toute composition réclame un agent qui compose; s’il y a composition, il y a en effet composition de plusieurs éléments: des éléments de soi divers ne sauraient se rencontrer s’il n’y avait pour les unir un agent de composition. Si donc Dieu était composé, il requerrait un agent de composition: il ne pourrait l’être à lui-même, car rien n’est sa propre cause, puisque rien ne peut être antérieur à soi-même. Par ailleurs l’agent de composition est cause efficiente du composé. Dieu aurait donc une cause efficiente. Ainsi il ne serait pas la cause première, à l’encontre de ce qu’on a démontré plus haut. En n’importe quel genre, un être est d’autant plus noble qu’il est plus simple; ainsi, dans le genre de la chaleur, le feu, qui ne comporte aucun mélange de froid. Ce qui, dans l’ensemble des êtres, est au sommet de la noblesse, doit donc être aussi au sommet de la simplicité. Or ce qui est au sommet de la noblesse pour l’ensemble des êtres, nous l’appelons Dieu, puisqu’il est la première cause, et que la cause est plus noble que l’effet. Dieu ne peut donc être le sujet d’aucune composition. En tout composé, le bien n’est pas le bien de telle ou telle partie, mais le bien du tout; je dis: bien, par rapport à cette bonté qui est la bonté propre du tout et sa perfection: les parties, en effet, sont imparfaites par rapport au tout. Ainsi les divers membres de l’homme ne sont pas l’homme; les parties composantes d’un nombre de six unités n’ont pas la perfection de ce nombre, et de même les sections d’une ligne n’atteignent pas la grandeur totale de la ligne entière. Si donc Dieu est composé, sa perfection et sa bonté propres résident dans le tout, non en quelqu’une de ses parties. Il n’y aura donc pas en lui ce bien absolu qui lui est propre. Il ne sera donc pas le premier et souverain bien. Précédant toutes les multiplicités, il y a nécessairement l’unité. Or en tout composé, il y a multiplicité. Dieu, qui est antérieur à tout, doit donc être exempt de toute composition.

SAINT THOMAS D’AQUIN, (Somme Contre les Gentils, Livre I, 17-18)


Note de Yesus Kristus azu : Il faut relever que, même si certaines iconographies représentent Dieu (comme homme), même si le Concile de Trente s’est opposé à la représentation du Père (pour la Trinité), il faut absolument retenir que Dieu n’est pas un être composé, mais Il est Existence, totalement simple. Les représentations ne sont qu’adaptés aux sens humains. Le Fils est représenté en tant qu’il a assumé la nature humaine ; mais dans l’Absolu, Dieu est SIMPLE !

Sola scriptura : ‘suicide’ d’un site protestant 1/2


Bible et Esprit (symbolisé par la Colombe)

Bible et Esprit (symbolisé par la Colombe)

Nous avons déjà mille et une fois abordé le problème du « Sola scriptura », principe protestant par excellence. Après mille et une fois avoir soutenu que cette doctrine est fausse, nous voulons, aujourd’hui, laisser la parole à un site protestant afin qu’il nous explique mieux ce qui échapperait à nos esprits. C’est donc, ici, l’argumentation d’un site protestant concernant le sola scriptura. Il s’agit du site GotQuestions, un autre site qui n’a pas très bien compris, ni approfondi la Foi catholique, d’où une rubrique consacrée au Catholicisme (qui trouvera aisément une réfutation en bonne et due forme sur le site Yesus Kristus azu). Le lien du site, est consultable à ce lien…

Le site GotQuestions affirme ce qui suit :

« Sola scriptura signifie que seules les Ecritures font autorité en ce qui concerne la foi et la pratique du chrétien. La Bible est complète, bien informée, et vraie. « Toute Ecriture est ‘inspirée de Dieu’ (donnée par l’inspiration de Dieu) et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice… » (2 Timothée 3:16) (…) Le premier argument catholique contre la sola scriptura, c’est que la Bible ne l’enseigne pas explicitement. Selon les Catholiques, “la Bible ne dit nulle par[t] qu’elle est le SEUL guide faisant autorité pour la foi et la pratique.” Bien que cela soit vrai – elle refuse de reconnaître une question d’importance capitale. Nous savons que la Bible est la Parole de Dieu. La Bible se déclare être inspirée de Dieu, inhérente et d’autorité. Nous savons également que Dieu ne change pas Sa pensée ou ne Se contredit pas. Alors, bien que la Bible elle-même ne soutienne pas explicitement la ‘sola scriptura’ elle n’accepte sans aucun doute pas les traditions qui contredisent son message. La Sola scriptura est moins un argument contre la tradition qu’elle ne l’est contre les doctrines non bibliques et/ou anti-bibliques. La seule manière de savoir exactement ce que Dieu attend de nous, c’est de rester fidèle à ce qui a été, en notre connaissance, révélé par Lui – la Bible. Nous pouvons savoir, sans l’ombre d’aucun doute, que les Ecritures sont vraies, d’autorité, et fiables. Il n’en est pas de même pour la tradition ».

Avez-vous observé des incohérences ? Pas vraiment ? Or, non seulement 1° le site protestant se « suicide » littéralement, 2° mais aussi, d’un point de vue Logique, ce texte est un véritable désastre… Lorsque nous parlons de « suicide » et de désastre logique, nous attirons l’attention sur la phrase suivante – nous soulignons : « (…) Selon les Catholiques, “la Bible ne dit nulle par[t] qu’elle est le SEUL guide faisant autorité pour la foi et la pratique.” Bien que cela soit vrai – elle refuse de reconnaître une question d’importance capitale (…) ». Le site protestant reconnaît donc que La Bible Elle-même ne remplit pas la prétention énoncée par la doctrine du sola scriptura, la Bible ne dit nulle part qu’elle est le SEUL guide faisant autorité pour la foi et la pratique. Ayant obtenu cet AVEU phénoménal – qui détruit littéralement la doctrine, il faut demander la chose suivante : mais alors, comment prétendre que seules les Ecritures font autorité en ce qui concerne la foi et la pratique du chrétien, si justement une telle affirmation n’est pas enseignée dans la Bible ? On est, de toute évidence devant un vice dans le raisonnement… Car, si le sola scriptura est vraie, la définition qu’on lui donne doit pouvoir être justifiée par la Bible elle-même. Or, il n’en est rien ! L’argument biblique évoqué est souvent II Timothée 3, 16 : qui, en fait, ne montre en aucun cas le sola scriptura… mais parle de Toute Ecriture, et non de Seule l’Ecriture… Et même si c’était le cas, il faudrait alors se poser la question de savoir de quelles Ecritures dont il est question. Il en ressort donc que le sola scriptura n’est rien de plus qu’un postulat, un principe non démontré, toutefois utilisé pour construire une théorie – dans ce cas une doctrine : ce n’est rien de plus qu’un paralogisme qu’on nomme petitio principii. Ainsi, nous voyons que le site protestant s’auto-réfute… d’abord en reconnaissant que la critique des Catholiques est fondée, ensuite s’auto-flagellant logiquement, en s’auto-réfutant donc. De fait, voilà comment le Protestantisme s’auto-réfute.

Si nous continuons la lecture du texte, rien n’est plus désolant. Nous lisons en effet : « (…) Nous savons que la Bible est la Parole de Dieu. La Bible se déclare être inspirée de Dieu, inhérente et d’autorité. Nous savons également que Dieu ne change pas Sa pensée ou ne Se contredit pas. Alors, bien que la Bible elle-même ne soutienne pas explicitement la ‘sola scriptura’ elle n’accepte sans aucun doute pas les traditions qui contredisent son message. La Sola scriptura est moins un argument contre la tradition qu’elle ne l’est contre les doctrines non bibliques et/ou anti-bibliques. La seule manière de savoir exactement ce que Dieu attend de nous, c’est de rester fidèle à ce qui a été, en notre connaissance, révélé par Lui – la Bible. Nous pouvons savoir, sans l’ombre d’aucun doute, que les Ecritures sont vraies, d’autorité, et fiables. Il n’en est pas de même pour la tradition ».

Nous savons que la Bible est la Parole de Dieu… Cette affirmation totalement gratuite n’a ABSOLUMENT aucun sens ! Car, rien ne nous permet d’établir cela ! La Bible a pu être écrite par des imposteurs… Ce qui nous assure l’intégrité de la Bible, n’est rien d’autre que l’Autorité de l’Eglise ! A relever qu’aucune Tradition catholique ne s’oppose pas au message évangélique, tel que semble le soutenir l’auteur de l’article. Plus loin, comment savoir ce qui a été révélé par Dieu, si la Bible ne nous est pas tombée du Ciel ? Puisque en fait, le présupposé protestant serait valide UNIQUEMENT si nous admettons que la Bible est tombée du Ciel, déjà toute faite ; loin de toutes les disputes sur le Canon qui ont eu lieues dans les premiers siècles, nous nageons en pleine philosophie apriorique – qui n’a rien à voir avec la philosophie réaliste – seule qui tient la route (de tradition aristotélicienne), soutenue par saint Thomas d’Aquin et d’autres… Enfin, dire que Nous pouvons savoir, sans l’ombre d’aucun doute, que les Ecritures sont vraies, d’autorité, et fiables, n’est rien de plus (encore une fois) qu’un postulat, car, répétons-le, rien ne permet d’établir une telle phrase avec autorité, si ce n’est l’Autorité de l’Eglise ! Nous sommes encore une fois dans l’ordre des affirmations gratuites… En fait, dire que Nous pouvons savoir, sans l’ombre d’aucun doute, que les Ecritures sont vraies, d’autorité, et fiables, n’est vrai que si on veut reconnaître l’Autorité de la Tradition, puisque que la Foi est non seulement une Grâce de Dieu, mais aussi une TRANSMISSION (Tradition donc…), des Saints Apôtres, et de ceux qui les suivent (les saints Pères de l’Eglise, entre autres) : remarquez d’ailleurs que la Bible Elle-même est déjà une Tradition. Mais, le site protestant semble avoir en répugnance toute Tradition (donc la Bible Elle-même qui est Tradition), seul et unique principe qui pouvait valider sa thèse… Encore une fois, un véritable désastre logique…

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